épanchement n.m.
effusion
Présence anormale d'un liquide ou d’un gaz dans un tissu, une cavité ou issue de ceux-ci vers l'extérieur.
L'épanchement peut se situer dans une cavité naturelle (plèvre, péricarde, péritoine), ou diffuser dans les tissus ; tous les liquides de l'organisme peuvent former un épanchement.
Étym. lat. expandicare, depuis expandere : épandre
→ œdème, transsudat, exsudat
[A3]
Édit. 2020
épanchement chyleux l.m.
chylous effusion
Présence de chyle dans une cavité séreuse.
Étym. lat. expandicare, depuis expandere : épandre
→ chyle, ascite chyleuse, péricardite chyleuse, pleurésie chyleuse
[A3, L1]
Édit. 2020
épanchement péricardique l.m.
pericardial effusion
Présence de liquide en quantité anormale dans la cavité péricardique.
Le liquide peut être diffus ou limité à certaines zones (péricardite cloisonnée), il peut être clair (hydropéricarde), citrin hémorragique (hémopéricarde), purulent (pyopéricarde).
Lorsqu’il dépasse un certain volume, il est susceptible d’entraîner des troubles de compression cardiaque (tamponnade). Un épanchement péricardique volumineux et compressif peut être évacué par ponction s’il est franchement liquide. Seuls les épanchements épais, caillotés ou cloisonnés demandent une évacuation chirurgicale. L’épanchement péricardique peut exceptionnellement être gazeux. Il est alors le plus souvent mixte (hémopneumopéricarde, pyopneumopéricarde).
Étym. lat. expandicare, depuis expandere : épandre
→ tamponnade cardiaque, hydropéricarde, hémopéricarde, pyopéricarde
[A3, K2]
Édit. 2020
épanchement pleural l.m.
pleural effusion
Étym. lat. expandicare, depuis expandere : épandre
→ pleurésie, opacité radiologique pulmonaire en nappe , opacité radiologique pulmonaire en fuseau
[A3, K1]
Édit. 2020
Morel-Lavallée (épanchement de) l.m.
Morel-Lavallée’s lesion, closed degloving injury
V. Morel-Lavallée, chirurgien français (1863)
→ décollement sous-cutané traumatique
Berlin (œdème de) l.m.
commotio retinae
traumatic retinopathy
Œdème des couches externes de la rétine, secondaire à une contusion frontale du globe oculaire.
Cet aspect d'œdème par contusion peut être associé à des hémorragies pré- et sous-rétiniennes, ainsi qu'à des ruptures traumatiques de la choroïde.
R. Berlin, ophtalmologiste allemand (1873)
Syn. maculopathie contusive, maculopathie traumatique
Édit. 2017
encéphalopathie progressive avec œdème, hypsarythmie, et atrophie optique l.f.
progressive encephalopathy with edema, hypsarhythmia, and optic atrophy syndrome
Syn. syndrome PEHO
[H1, P2, Q2]
Édit. 2019
halo d'œdème l.m.
ring of edema
1) Historiquement, en radiologie digestive, image constituée par une couronne hypodense entourant la niche gastrique ou bulbaire emplie d'opacifiant.
Cet aspect était celui d'une niche ulcéreuse vue de face, entourée de son bourrelet d'œdème, plus particulièrement visible par compression abdominale élective ou par la technique de couche mince.
2) En IRM, halo en hypersignal en T2 entourant une lésion et traduisant son caractère évolutif.
Sa transformation graisseuse milite en faveur de la régression de la lésion (lésion « regraissante » = lésion régressante). J Malghem.
J Malghem, radiologue belge.
Syn. image en cocarde
[B2,B3]
Édit. 2018
œdème n.m.
edema
Infiltration par un liquide séreux d’un tissu conjonctif de soutien, s’accompagnant souvent d’exsudation dans une cavité parenchymateuse ou séreuse, p. ex. alvéole pulmonaire, plèvre.
On distingue :
1) l’œdème inflammatoire (exsudat) dû à une fuite plasmatique d’eau, d’électrolytes et de protéines au cours de la réaction inflammatoire, à partir des vaisseaux sanguins ou lymphatiques ;
2) l’œdème hémodynamique ou de stase (transsudat) qui traduit une modification de l’équilibre défini par une augmentation de la pression hydrostatique, essentiellement dans le secteur artériolo-capillaire.
Il se développe surtout dans les tissus lâches comme le tissu conjonctif sous-cutané. Quand la pression du doigt sur la peau laisse une empreinte en godet l’œdème est dit mou ; dans le cas contraire il est dit dur. Il est mal toléré dans les tissus bridés par une enveloppe résistante, gaine ou aponévrose, comme dans le rein, le foie, les muscles ou le cerveau. Dans les cavités, il se manifeste par un épanchement séreux. Il existe des œdèmes localisés, p.ex. consécutifs à une compression veineuse ou lymphatique et des œdèmes viscéraux, p.ex. œdème pulmonaire secondaire à une défaillance cardiaque. Au cours de la toxémie gravidique, sa localisation à la face indique l’imminence d’une crise d’éclampsie.
L’œdème généralisé est un anasarque.
Étym. gr. oïdêma : gonflement (de oïdein : grossir)
→ congestion, hyperhydratation, loge (syndrome de), pression oncotique, pression osmotique, anasarque, syndrome œdémato-ascitique
Édit. 2017
œdème aigu cardiogénique du poumon l.m.
acute pulmonary oedema
Œdème aigu du poumon causé par un état d'insuffisance aigüe du cœur gauche.
L'œdème devient manifeste au bout de 30 min. quand la pression capillaire pulmonaire dépasse 30 mm de Hg, généralement à la suite d'une élévation de la pression télédiastolique du ventricule gauche ou d'un obstacle à la vidange des veines pulmonaires.
Le diagnostic repose sur les signes cliniques : le malade se tient assis, angoissé et présente une tachypnée superficielle caractéristique, accompagnée d'une toux avec expectoration mousseuse qui ne le soulage pas ; on note des signes d'insuffisance cardiaque gauche (tachycardie, bruit de galop et marée montante de râles crépitants à l'auscultation des poumons).
Le traitement consiste à administrer de l'oxygène au masque sous pression positive (CPAP) et à soulager la précharge par l'administration intraveineuse d'un diurétique d'action rapide comme le furosémide, voire d'un dérivé nitré délivré par perfusion continue à la seringue électrique (y associer les digitaliques). Sauf en urgence et faute de mieux, la saignée est abandonnée. Il ne faut jamais coucher de tels malades pendant leur transport et ils doivent être laissés assis dans leur lit.
Toutes les cardiopathies affectant le cœur gauche peuvent se compliquer d'œdème aigu du poumon : cardiopathies ischémiques, hypertensives, myocardiopathies non obstructives, cardiopathies valvulaires touchant les valves mitrales ou aortiques.
Étym. gr. oïdêma : gonflement (de oïdein : grossir)
→ filtration, IPPB, œdème, œdème aigu du poumon, orthopnée
Édit. 2017
œdème aigu du poumon l.m.
acute pulmonary oedema
Filtration brutale et anormale du plasma des capillaires pulmonaires dans les alvéoles pulmonaires entraînant la formation de mousse albumineuse qui envahit les poumons et fait obstacle à l'hématose.
Normalement, le plasma qui filtre à travers la paroi alvéolocapillaire est résorbé par les vaisseaux lymphatiques au niveau de la sortie du lobule pulmonaire : le débit de filtration est proportionnel à la pression de filtration (écart de pression alvéolocapillaire), à la perméabilité et à la surface de la membrane alvéolaire (loi de Darcy) ; le débit de résorption lymphatique est proportionnel à l'écart de pression entre alvéole et veine cave. Lorsque le débit de filtration dépasse celui de résorption, le liquide s'accumule dans les alvéoles où le va-et-vient ventilatoire de l'air le fait mousser. Cette mousse se répand dans tout l'arbre bronchique et entrave l'hématose, d'où une hypoxie grave qui peut être fatale si l'on ne maîtrise pas rapidement le phénomène. Chez le sujet debout ou assis, la pression hydrostatique est plus élevée à la base du poumon qu'à l'apex et, de ce fait, l'œdème débute aux bases (signe de «marée montante des râles») : c'est pourquoi le patient prend spontanément une position orthostatique, plus favorable pour la respiration, parce que les sommets sont alors plus libres (il y a moins d'œdème aux sommets qu'aux bases). La pression de filtration dépend de l'écart de pression hydrostatique entre l'alvéole et le capillaire et, secondairement, des écarts de pressions osmotique et oncotique, ainsi que de la pression due à la courbure de la paroi alvéolaire (loi de Laplace : pression = tension superficielle x courbure). La perméabilité aux liquides de la membrane alvéolaire dépend de l'état des cellules qui la composent : elle diminue avec l'œdème cellulaire et augmente considérablement avec les atteintes toxiques qui lèsent les cellules.
Les causes d'œdème aigu peuvent être cardiovasculaires (l'élévation de la pression capillaire pulmonaire augmente la filtration, l'élévation de la pression veineuse cave diminue la résorption lymphatique pulmonaire), pneumatique (abaissement de la pression alvéolaire dans les accidents de décompression en plongée ou en aéronautique et dans la dyspnée inspiratoire avec tirage), lésionnelle (altération de la paroi alvéolocapillaire par des agents toxiques, gaz vésicants, fumées d'incendie, etc.). Toutes les causes qui augmentent la ventilation, notamment l'exercice musculaire, aggravent la situation en sollicitant la filtration à l'inspiration. Le traitement découle de là : mettre au repos en position assise, augmenter la pression alvéolaire (IPPB en O2 pur), abaisser la pression capillaire pulmonaire et la précharge veineuse (diurétiques, saignée faute de mieux), réduire la ventilation (morphine).
Le furosémide intraveineux est un élément du traitement d’urgence.
Étym. gr. oïdêma : gonflement (de oïdein : grossir)
Sigle OAP
→ œdème, œdème aigu cardiogénique du poumon, orthopnée, filtration, indice de Miller, IPPB
Édit. 2017
œdème aigu hémorragique de la peau du nourrisson l.m.
acute hemorrhagic oedema of childhood, infantile acute haemorrhagic oedema
Affection résultant d'une vascularite aigüe du jeune enfant de 5 mois à 2 ans avec, comme facteurs déclenchants, une infection des voies aériennes supérieures, une vaccination ou la prise d'un médicament, se traduisant par une fièvre à 38-40°C et quelques signes cutanés qui associent un œdème douloureux et un purpura polymorphe avec des médaillons en cocarde, et dont l'évolution est le plus souvent favorable sans séquelles.
Il n'y a pas d'examens complémentaires discriminants ; on doit éliminer une méningococcémie.
Étym. gr. oïdêma : gonflement (de oïdein : grossir)
Syn. purpura en cocarde infantile postinfectieux de Seidlmayer
Édit. 2017
œdème aigu pulmonaire lésionnel l.m.
→ détresse respiratoire aigüe de l'adulte (syndrome de) (SDRA)
Édit. 2017
œdème angioneurotique
angioneurotic edema
Réaction œdémateuse de survenue brutale, de cause diverse, héréditaire ou non, caractérisée par un œdème cutanéomuqueux et/ou viscéral d'intensité variable, p. ex. l'œdème de Quincke.
Étym. gr. oïdêma : gonflement (de oïdein : grossir)
Édit. 2017
œdème angioneurotique héréditaire l.m.
Affection débutant le plus souvent avant l'âge de 20 ans et se manifestant par des œdèmes aigus frappant essentiellement le tissu sous-cutané, le plus souvent aux extrémités, mais aussi les organes profonds.
L’atteinte d’organes abdominaux, spécifique et se traduisant par des douleurs abdominales parfois pseudo-chirurgicales, ainsi que de l'appareil respiratoire supérieur, génère un risque d'œdème laryngé qui fait la gravité de cette maladie.
Cette affection, transmise sur le mode autosomique dominant, est aujourd'hui considérée comme due à une mutation du gène de l'inhibiteur de la C1 estérase. La prophylaxie des épisodes aigus fait appel aux androgènes atténués tels le danazol ou le stanozolol.
Étym. gr. oïdêma : gonflement (de oïdein : grossir)
Syn. angio-œdème héréditaire
Édit. 2017
œdème bleu de Charcot l.m.
Édit. 2017
œdème cellulaire l.m.
cellular oedema
Augmentation de volume d'une cellule par gonflement cytoplasmique, par surcharge d'eau ou de substance soluble, liée à un trouble de la perméabilité membranaire.
Ce terme doit être distingué de celui d'hypertrophie.
Étym. gr. oïdêma : gonflement (de oïdein : grossir)
Syn. tuméfaction iso-osmotique
Édit. 2017
œdème cérébral l.m.
cerebral oedema
Accroissement du volume du cerveau par augmentation de sa teneur en eau entraînant une inondation du tissu nerveux par défaillance de la barrière hémato-encéphalique.
Son mécanisme peut être double : avant tout, issue de plasma hors des capillaires (œdème vasogénique, de nature circulatoire), plus rarement, accumulation de liquide à l’intérieur des cellules nerveuses consécutive à des altérations des parois cellulaires le plus souvent d’origine ischémique (œdème cytotoxique).
Du fait de la situation du cerveau dans la boîte crânienne qui est inextensible, l'œdème cérébral comprime les voies vasculaires efférentes (veines, drainage lymphatique) ce qui entraîne une hypertension intracrânienne traduite par des céphalées, des vomissements, des paralysies, un coma. En imagerie par résonance magnétique, l’œdème cérébral se manifeste comme un hypersignal en T2 et en séquence FLAIR.
En cas d’infarctus massif, l’œdème régional met en jeu le pronostic vital par un mécanisme d’engagement. Un arrêt de la circulation artérielle provoquerait rapidement la mort cérébrale.
Le traitement doit rétablir au plus vite la nutrition du cerveau en abaissant la pression intracrânienne qui dépend en partie de la pression artérielle et de la pression veineuse voisine de la pression alvéolaire moyenne (d'où l'intérêt de la pression expiratoire négative) et d'autre part de la pression oncotique du sang (d'où l'intérêt des injections d'albumine ; le mannitol et le sulfate de magnésie ont aussi été préconisés). Pour le reste, il s'agit de soins de réanimation à pratiquer en unité de soins intensifs.
Étym. gr. oïdêma : gonflement (de oïdein : grossir)
→ hypertension intracrânienne, œdème, tonus membranaire, transport aqueux
Édit. 2017
œdème conjonctival l.m.
Infiltration de liquide entraînant un gonflement indolore plus ou moins translucide de la conjonctive.
Il peut être dû à un traumatisme, à une brûlure ou à une conjonctivite allergique.
Étym. gr. oïdêma : gonflement (de oïdein : grossir)
Syn. chémosis
→ chémosis
Édit. 2017
œdème cornéen l.m.
corneal oedema
Imbibition aqueuse excessive du stroma cornéen avec pour conséquence une opalescence cornéenne.
Les causes en sont multiples : atteinte de l'épithélium, du stroma mais surtout de l'endothélium cornéen.
Étym. gr. oïdêma : gonflement (de oïdein : grossir)
Édit. 2017
œdème cornéen congénital l.m.
congenital corneal oedema
→ dystrophie cornéenne endothéliale congénitale
Édit. 2017
œdème cornéen congénital héréditaire de Maumenee l.m.
congenital hereditary Maumenee’s corneal oedema
A. E. Maumenee, ophtalmologiste américain (1960)
→ dystrophie cornéenne postérieure polymorphe héréditaire (dominante), dystrophie cornéenne endothéliale congénitale (récessive)
Édit. 2017
œdème cornéen épithélial l.m.
corneal epithelial oedema
Clarification des cellules épithéliales de l'assise basale de la cornée, avec microvésicules ou bulles épithéliales.
Étym. gr. oïdêma : gonflement (de oïdein : grossir)
Édit. 2017
œdème cyclique idiopathique l.m.
idiopathic cyclic oedema
Syndrome caractérisé par un œdème hydrosodé intermittent, récidivant, rythmé par les cycles menstruels, atteignant une femme jeune habituellement auto-poly-médicalisée par des régimes, des laxatifs, des diurétiques et des sédatifs.
Ce syndrome est souvent associé à des perturbations psycho-affectives et à la prise abusive de laxatifs ou de diurétiques pour lutter contre une obésité réelle ou supposée. Le mécanisme exact des troubles reste en débat.
Étym. gr. oïdêma : gonflement (de oïdein : grossir)
Syn. syndrome de Mach
Édit. 2017
œdème de Berlin l.m.
R. Berlin, ophtalmologiste allemand (1873)
Édit. 2017