psychopathologie n.f.
psychopathology
Terme qui a donné lieu à de nombreuses interprétations en psychologie et surtout en psychiatrie.
Qu'il s'agisse notamment d'une forme d'approche de la psychologie par la psychiatrie (Th. Ribot) ou bie, en psychiatrie, des essais de compréhension de la maladie mentale, irréductible à une psychologie normale, de l'intérieur (E. Minkowski), cette discipline dépasse la psychiatrie clinique par ses diverses démarches de réflexion sur le fait psychiatrique et la genèse de celui-ci. Même si, dans une optique littérale, l'organogenèse ne fait pas partie de son champ, la psychopathologie ne pouvait qu'être influencée par les grands courants philosophiques, voire idéologiques, successifs. Par là-même, peuvent s'expliquer certaines de ses faiblesses et de ses variations. En échange, elle dépasse un statut de simple branche de la psychologie ou de la psychiatrie pour atteindre une dimension anthropologique (G. Lantéri-Laura).
Th. Ribot, philosophe et psychologue français (1881) ; E. Minkowski, psychiatre français (1885-1972) ; G. Lantéri-Laura, psychiatre français (1930-2004)
psychose dysthymique l.f.
dysthymic psychosis
1) Classiquement état psychotique à la fois délirant et maniaque ou mélancolique. Ainsi a été introduite la notion de schizophrénie dysthymique, définie par la survenue d'épisodes dépressifs et/ou maniaques sur fond de symptomatologie schizophrénique au long cours.
Les troubles de l'humeur faisant par définition partie des symptômes dissociatifs propres à la schizophrénie, les limites du concept de schizophrénie dysthymique sont difficiles à tracer : depuis les formes délirantes de maladie maniacodépressive jusqu'aux schizophrénies chroniques dont l'évolution est émaillée de dépression ou d'excitation maniaque.
2) Pour la littérature anglosaxonne, variété de schizophrénie individualisée comme trouble schizo-affectif bipolaire ou unipolaire.
Il s'agit d'une prise de position discutable car le débat reste ouvert sur la position des psychoses dysthymiques au regard des schizophrénies, des psychoses maniacodépressives ou d'une entité psychotique spécifique. En tout cas l'évolution intermittente de ces psychoses justifie l'usage d'un traitement préventif des récurrences par des thymorégulateurs.
Syn. psychose cycloïde
psychotropes n.m.p
psychotropic agents
Médicaments dont l'effet principal s'exerce sur les fonctions psychiques et le comportement.
La classification de J.Delay et P. Deniker toujours en vigueur différencie :
1) les psycholeptiques ayant en commun d'exercer une action freinatrice :
- les nooleptiques abaissent la vigilance et facilitent ou induisent le sommeil : les barbituriques ont été les premiers somnifères aujourd'hui remplacés par des dérivés de type benzodiazépinique,
- les tranquillisants ou anxiolytiques qui réduisent les symptômes anxieux : cette catégorie est surtout représentée par les benzodiazépines (diazépam et ses dérivés),
- les neuroleptiques réduisent les symptômes psychotiques: la chlorpromazine a été le premier de ces médicaments désormais plus volontiers appelés antipsychotiques ;
2) les psycho-analeptiques produisant un effet d'activation:
- les noo-analeptiques stimulent la vigilance : les substances amphétaminiques et apparentés sont les plus puissantes,
- les antidépresseurs redressent l'humeur dépressive : l'imipramine en est le plus ancien (découvert en 1957) ;
3) les psycho-iso-leptiques ou thymorégulateurs qui préviennent les récidives de la maladie bipolaire : les sels de lithium de en sont les chefs de file.
A ces 3 catégories d'agents psychotropes il faut ajouter les psychodysleptiques (perturbateurs du fonctionnement psychique et du comportement) exceptionnellement utilisés à des fins thérapeutiques (comme antalgiques): dérivés du cannabis, kétamine, champignons hallucinogènes, acide lysergique.
Diverses molécules ne sont pas classées parmi les psychotropes malgré leurs effets psychocomportementaux parce que ceux-ci sont considérés comme secondaires : c’est notamment le cas des hormonothérapies (thyroïdienne, corticoïdes, œstrogènes), des immunothérapies et de certaines antibiothérapies.
J. Delay et P. Deniker, psychiatres français, membres de l’Académie de médecine (1957)
→ neuroleptiques, thymorégulateur, barbituriques, benzodiazépine, diazépam, imipramine, lithium, cannabis, kétamine, acide lysergique, amphétamine
[H3,G5 ]
Édit. 2017
publicité pour les médicaments l.f.
Ensemble de moyens employés pour faire connaître et faire acheter un médicament par le plus grand nombre possible de personnes.
1) Pour qu’un médicament soit mis en vente en France, les documents publicitaires qui s’y rapportent doivent avoir été approuvés par la Commission de contrôle de la publicité pour les médicaments.
2) Les médicaments faisant l’objet de publicité auprès du grand public ne sont pas pris en charge par les organismes d’assurance maladie.
punaise n.f.
bug
Insecte hémimétabole, à pièces buccales piqueuses dont la partie proximale de l’aile est sclérifiée.
Les punaises comprennent les réduvidés, punaises de grande taille dont certaines (triatomidés) sont vectrices de la maladie de Chagas et les cimicidés, dont la punaise des lits, Cimex lectularius (bed bug).
Purtilo (syndrome de) l.m.
X-linked lymphoproliferative syndrome
Maladie rare, affectant les garçons, qui résulte d'un déficit d'immunité très spécifique vis-à-vis du virus Epstein Barr ou virus de la mononucléose infectieuse.
Les enfants qui en sont atteints, lorsqu'ils contractent ce virus, développent une mononucléose grave et parfois mortelle ou un lymphome.
D. T. Purtilo, immunologiste américain (1976)
Syn. syndrome lymphoprolifératif lié à l'X
→ Epstein Barr (virus), mononucléose infectieuse
pustulose neutrophilique l.f.
neutrophilic pustulosis
Dermatose faite de poussées aiguës récidivantes de pustules apparaissant sur les avant-bras et l’abdomen, en peau saine ou érythémateuse, comportant histologiquement un infiltrat de polynucléaires neutrophiles et éosinophiles dans le derme superficiel et autour des annexes, sans atteinte vasculaire, et régressant sous corticothérapie générale.
Si certains en font une simple forme clinique de syndrome de Sweet, pour d’autres il s’agit d’une entité clinique distincte pouvant comporter de la fièvre, des manifestation musculaires et articulaires parfois associée à une maladie sérique, à une polyarthrite rhumatoïde ou à un état pathologique digestif.
R. S. Sweet, dermatologiste britannique (1964)
pustulose palmo-plantaire l.f.
palmoplantar pustulosis
Maladie chronique caractérisée par la survenue de poussées de pustules palmoplantaires amicrobiennes uniloculaires bien isolées les unes des autres, en l'absence d'antécédent de psoriasis.
Elles peuvent être associées à des lésions d'hyperostose dans le cadre du syndrome SAPHO. Ses rapports avec le psoriasis pustuleux sont discutés. L'individualisation d'une forme dite « bactérides pustuleuses d'Andrews », fondée sur l'association à un foyer infectieux latent dont la cure guérirait la pustulose, est très controversée.
pycnodysostose n.f.
pyknodysostosis
Dystrophie ostéosclérosante avec pycnodysostose et fragilité osseuse.
Le tableau clinique comporte une petite taille, une augmentation de densité des os, un crâne volumineux et déformé, un retard de fermeture des sutures avec fontanelles ouvertes, une hypoplasie du maxillaire inférieur, une acroostéolyse des phalanges distales avec mains et pieds courts et massifs et une dysplasie des clavicules. Il s’agit d’une affection lysosomiquee par déficit en cathepsine K. Il n'existe pas de déficit intellectuel. Il s’agit selon Maroteaux de la maladie dont souffrait Toulouse-Lautrec.
L’affection est autosomique récessive (MIM 265800).
P. Maroteaux, M. Lamy, membre de l'Académie de médecine, pédiatres et généticiens français (1962)
Étym. gr. puknosis : dense ; dus : difficulté ; osteon : os
pyoderma gangrenosum l.m.
pyoderma gangrenosum
Affection caractérisée par une ulcération se constituant par extension centrifuge et limitée par un bourrelet inflammatoire creusé de clapiers pustuleux et dont les formes cliniques sont nombreuses en fonction du siège, du nombre et de la taille des lésions.
Plus d'une fois sur deux, le pyoderma gangrenosum est associé à une maladie interne, telle que hypogammaglobulinémie, hémopathie maligne, colopathie inflammatoire, polyarthrite, qu'il peut d’ailleurs révéler. Il appartient au groupe des dermatoses neutrophiliques. La corticothérapie générale en est le traitement de choix.
L. A. Brunsting, dermatologue américain (1930)
Syn. pyodermite phagédénique, pyoderma gangraenosum, parfois identifié au phagédénisme géométrique de L. Brocq et son élève Clément Simon (1908-1916)
pyropoïkilocytose n.f.
pyropoikilocytosis
Maladie rare de la membrane des globules rouges, observée dans la race noire, de transmission héréditaire autosomique récessive, responsable d'une hémolyse chronique de sévérité variable.
Elle résulte de défauts de polymérisation des molécules de spectrine. La poïkilocytose, ou variabilité de la forme des hématies, y est accentuée ou déclenchée in vitro par la chaleur. La splénectomie est incomplètement efficace.
QALY sigle angl. pour Quality-Adjusted Life Year gained (année de vie gagnée pondérée par la qualité)
Indicateur économique visant à apprécier le coût de la santé en fonction de 2 critères : la prolongation de la vie et la qualité de celle-ci.
Le coût élevé de nombreux médicaments disponibles depuis peu sur le marché amène à poser la question de la nécessité de leur prescription comparée à l’argent dépensé par l’assurance maladie. Par exemple, vaut-il mieux prolonger la vie d’un patient d’une courte durée dans une situation handicapante ou engager une infirmière supplémentaire dans un service de réanimation surchargé ?
QALY offre un mode de calcul d’aide à la décision. Une année de vie en parfaite santé est notée 1. Un risque important de décès est notée 0. Entre les deux, les notes s’échelonnent selon la survie estimée et la qualité de cette survie. Le problème est de définir le coût admissible d’un QALY de valeur 1. Il faut ensuite négocier avec l’industrie pharmaceutique pour l’amener à baisser ses prix de façon à ce que le médicament puisse être prescrit dans les limites admises, c'est-à-dire à un coût annuel inférieur à la valeur retenue pour un
QALY de 1.
La solution pourrait venir d’un autre procédé de paiement d’un médicament coûteux. Il s’agit du PBRSA (« performance-based risk sharing agreement ») ou accord de partage du risque basé sur l’efficacité du médicament. Dans ce cas, le remboursement est conditionné par la performance dans un temps donné. Si, par exemple, le médicament n’a aucun effet sur une période fixée dans l’accord, il n’est pas payé à la société qui l’a conçu et l’a mis sur le marché.
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quarantaine n.f.
quarantine
Période d’isolement (autrefois de quarante jours) à laquelle étaient soumises les personnes arrivant d’un pays où sévit une maladie infectieuse contagieuse.
Queensland (fièvre du) l.f.
Queensland tick fever
Rickettsiose due à Rickettsia australis.
Transmise par des tiques, en particulier Ixodes holocyclus, cette maladie est une fièvre boutonneuse propre à l'Australie.
Syn. fièvre à tiques du Queensland
Queyrat (maladie de) l.f.
Queyrat’s disease
Erythroplasie des muqueuses oropharyngées qui évolue vers la cancérisation.
Cette maladie est actuellement considérée comme une variante du carcinome in situ.
A. Queyrat, dermatologiste français (1911)
→ érythroplasie, cancer de la tête et du cou, cancer in situ
radioleucémie n.f.
leukemia induced by ionizing radiation, radioleukemia
Leucémie apparue tardivement après exposition aux radiations ionisantes.
Cette affection peut être découverte dans un délai variable, habituellement cinq à dix ans après l'irradiation :
- chez des professionnels exposés (personnels de l'industrie nucléaire ou des laboratoires, navigants d'avions supersoniques, cosmonautes);
- chez des malades irradiés dans de grands volumes tels que radiothérapie hémicorporelle ou irradiation corporelle totale;
- chez des malades traités par association chimiothérapie-radiothérapie (cancers à petites cellules, maladie de Hodgkin, cancer du sein) ;
- chez des patients adultes traités dans leur enfance par des médicaments anticancéreux (alcoylants surtout) ou par radiothérapie ou par association les deux.
Ramsay Hunt (syndrome de) l.m.
Ramsay Hunt’s syndromes,dyssynergia cerebellaris myoclonica,dyssynergia cerebellaris progressiva,dentatorubral degeneration,or Ramsay Hunt cerebellar syndrome.
Syndrome associant myoclonies généralisées, troubles cérébelleux, tremblements et dyssynergie.
La maladie est secondaire à une lésion soit du noyau dentelé cérébelleux, soit de la région dentorubrique. Le syndrome cérébelleux est cinétique, les myoclonies peuvent être localisées sur n'importe quel muscle, le tremblement intentionnel est visible sur les membres supérieurs et il existe des épilepsies généralisées. Certains patients décrits initialement et encore vivants ont été repris par Berkovic qui a montré l'existence d'anomalies mitochondriales sur les biopsies cutanées et des fibres rouges déchiquetées ou "ragged-red-fibers" dans le muscle. Ce syndrome doit donc englober plusieurs affections de causes différentes. Les paupières peuvent être le siège de myoclonies et une cataracte présénile peut coexister. L'affection est autosomique dominante (MIM 159700).
J. Ramsay Hunt, neurologue américain (1914 et 1922) ; S. F. Berkovic, neurologue canadien (1987)
Syn. myoclonies et ataxie, dyssynergie cérébelleuse myoclonique progressive de Ramsay Hunt
→ cérébelleux (syndrome), dyssynergie, myoclonie
Raynaud (phénomène de) l.m.
Raynaud's phenomenon
Acrosyndrome déclenché par une exposition au froid, caractérisé dans sa forme typique par la succession d'une phase de vasoconstriction avec blanchiment des doigts plus souvent que des orteils, suivie d'une phase de cyanose précédant une phase d'hyperémie avec rougeur, chaleur et douleur pulsatile.
Certains malades peuvent n'avoir que pâleur et cyanose ou même seulement la cyanose.
La forme idiopathique est appelée maladie de Raynaud. Elle doit faire rechercher une collagénose, un syndrome du défilé des scalènes, la prise de médicaments vasoconstricteurs, des traumatismes locaux répétés ou une protéine cryoprécipitante.
A. G. M. Raynaud, médecin français, membre de l’Académie de médecine (1862)
Raynaud (syndrome de) l.m.
Raynaud syndrome
Locution réservée par certains aux ensembles symptomatiques dominés par le phénomène de Raynaud et relevant de causes connues, locales ou générales, par opposition à la maladie de Raynaud d'apparence primitive et idiopathique.
A. G. M. Raynaud, médecin français, membre de l’Académie de médecine (1834-1881)
réaction de dégradation l.f.
downgrading reaction
Complication d'origine immunologique, faisant partie des réactions lépreuses de type 1, survenant exclusivement dans les formes borderline tuberculoïde, borderline borderline et borderline lépromateuse qui sont des formes à réponse immunitaire instable vis-à-vis du bacille de Hansen.
Elle correspond à une diminution de cette réponse avec déplacement vers le pôle lépromateux de la maladie et est observée en l'absence de traitement antibacillaire. Elle se traduit par une extension des lésions cutanées et une aggravation de l'atteinte neurologique.
réaction du greffon contre l'hôte l.f.
graft versus host disease GVHD
La réaction du greffon contre l'hôte (GVH), survenant après une greffe de cellules souches hématopoïétiques allogéniques, est une réaction des cellules immunocompétentes du donneur contre les tissus de l'hôte.
Les lymphocytes T activés du donneur attaquent les cellules épithéliales de l'hôte suite à des réactions inflammatoires en cascade débutant lors du conditionnement. Environ 35 à 50% des patients recevant une greffe de cellules souches hématopoïétiques (SCH) développent une GVH aigüe.
Cette réaction peut être aigüe (dans les trois premiers mois de la greffe) et se manifeste par de la fièvre, des éruptions cutanées, des troubles digestifs, faits de douleurs abdominales de diarrhées, et de troubles hépatiques (ictère, hépatomégalie, augmentation de la bilirubine).Elle peut être chronique si elle se manifeste après le troisième mois. Il s'agira alors d'un syndrome de malabsorption, de manifestations cutanées de type lichénoïde, d'une hépatite chronique.
Syn. maladie du greffon contre l’hôte
[F1, G5]
Édit. 2020
réactivation n.f.
reactivation
Réapparition des manifestations d’une maladie qui semblait guérie (la tuberculose en est un exemple) ou réactivation de la virulence d’un microorganisme.
réadaptation n.f
rehabilitation
Réinsertion socioprofessionnelle d’un ancien malade ou d’un handicapé physique ou psychique ou d'un mental après la mise en œuvre des actions thérapeutiques et rééducatives fonctionnelles et professionnelles.
Ensemble des actions médicales, sociales et éducatives visant à favoriser le retour des malades améliorés, voire guéris, dans leur milieu habituel. Le niveau d'adaptation ainsi reconstruit est généralement différent de celui qui avait précédé la maladie.
Ces soins de réadaptation s’effectuent dans des établissements sanitaires ( hopital y compris hôpitaux de jour,unités ou
établissements de soins de suite et de réadaptation, accueils thérapeutiques à temps partiel…) ou médico-sociaux (atelier de réadaptation, centre d'aide par le travail) voire en milieu ordinaire par un emploi protégé ( emploi réservé à un travailleur handicapé tel que toute entreprise doit en proposer ).
En ce qui concerne les maladies mentales, la réadaptation peut faire appel à des structures d’hébergement (appartements dits thérapeutiques, placements familiaux)et des lieux facilitateurs de socialisation (groupes d’entraide mutuelle ).
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Syn. réinsertion, réhabilitation (à ne pas utiliser, franglais)
→ loi du 30 juin 1975, centre de réadaptation , réadaptation psychique des blessés, soins de suite et de réadaptation
[H3]
Édit. 2019
réanimation néonatale et relation avec les parents l.f.
neonatal intensive care and relations with the parents
Ensemble de soins dispensés à un nouveau-né en détresse, compte tenu des relations avec les parents.
Le passage d'un nouveau-né en détresse dans une unité de réanimation constitue une rupture importante du lien avec les parents, la mère en particulier.
Konrad Lorentz a montré toute l'importance de ce lien dans les premières heures de la vie. L'unité de soins intensifs et le lieu où se tient la mère doivent être fonctionnellement proches l'un de l'autre : elle doit pouvoir parler à son enfant, le toucher, voire participer aux soins. L'allaitement au sein est hautement souhaitable, à défaut le biberon au lait maternel doit être donné, non seulement pour des raisons psychologiques mais aussi nutritionnelles et pour mieux lutter contre le risque infectieux.
Même s'il est malformé, il importe que la mère puisse voir son enfant à la naissance avant qu'il n'entre en soins intensifs, cela afin qu'elle en ait une image réelle et non fantasmatique en cas de décès. Il faut lui en donner une photographie, si elle n'a pu le voir.
Quand un enfant, né prématuré ou malade, est resté longtemps hospitalisé en réanimation coupé de ses parents, cette rupture du lien parental favorise les mauvais traitements : tout se passe comme s'il n'avait pas été investi ou adopté par la famille. Si ces visites sont rares, il faut tout faire pour encourager, faciliter et stimuler les visites des parents dans un but prophylactique.
L'annonce d'une aberration chromosomique ou d'une maladie de mauvais pronostic ne doit être faite que si l'on est sûr de ce qu'on avance : une erreur peut être désastreuse car elle induit un deuil parental difficilement réversible. L'information donnée doit être adaptée à la psychologie de chacun des parents. Elle doit être loyale, éviter les détails techniques et leur épargner les angoisses quotidiennes des soignants. Il faut employer le langage qu'ils comprennent et, s'il y a lieu, leur donner les mauvaises nouvelles de façon progressive, afin d'éviter le plus possible de les troubler avec des informations divergentes. Il importe que la même personne ait une relation privilégiée avec les parents et il faut que tous les membres de l'équipe soignante connaissent l'information transmise afin qu'ils parlent tous d'une même voix s'ils sont sollicités.
En cas de décès de l'enfant, il importe de revoir les parents; il est préférable d'attendre un mois. Cet entretien doit leur permettre de poser toutes les questions qui les tourmentent. On doit essayer de lever ou d'atténuer la culpabilité qu'ils ressentent et il faut leur donner des informations utiles pour l'avenir.
Un poste de psychologue dans l'équipe de réanimation est très utile : son action auprès des familles, du personnel soignant et aussi, indirectement, des enfants, est très précieuse.
K. Lorenz, biologiste et éthologue autrichien, prix Nobel de médecine en 1973
[E3, G1, H4, O1, O6]
Édit. 2019
rechute n.f.
relapse
Réapparition des signes cliniques d’une maladie avant la guérison, pendant la phase de convalescence.