Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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mitochondriopathies n.f.p.

mitochondriopathies

Groupe pathologique encore hétérogène, touchant les mitochondries qui possèdent leur propre ADN (mtADN), codant notamment pour certaines protéines de la chaîne respiratoire, mais avec participation de l'ADN nucléaire à ce codage.
Ces cytopathies peuvent avoir une hérédité mendélienne classique ou exclusivement maternelle puisque le mtADN est hérité seulement de la mère.
Schématiquement, malgré des discussions, des chevauchements et de probables aménagements ultérieurs, ces affections peuvent être classées selon les critères suivants :
- altérations de l'ADN nucléaire, avec notamment le déficit en pyruvate-décarboxylase de l'encéphalite nécrosante subaigüe de Leigh, ou en complexe IV de la chaîne respiratoire dans le POLIP syndrome (polyneuropathie, ophtalmoplégie, leucoencéphalopathie, pseudo-obstruction intestinale) ;
- mutations ponctuellles du mtADN, avec en particulier la neuropathie optique héréditaire de Leber, MERRF (Myoclonus Epilepsy with Ragged Red Fibers) et MELAS (Mitochondrial myopathy, Encephalopathy, Lactic Acidosis, Stroke-like episodes) ;
- remaniements étendus du mtADN avec p. par exemple délétions, voire duplications, comme dans le syndrome de Kearns-Sayre ou dans certaines myopathies, surtout oculaires ;
- syndromes ou maladies comportant des altérations des mitochondries, dont l'origine mitochondriale est possible mais incertaine, tels que la dégénérescence neuronale progressive avec polydystrophie d'Alpers, la maladie de Menkes ou trichopoliodystrophie et la malaie de Canavan ou idiotie amaurotique avec dégénérescence spongieuse du névraxe de L. van Bogaert et I. Bertrand.

B. J. Alpers neurochirurgien américain: (1931) ; J. H. Menkes, pédiatre américain (1962) ;
Myrtelle May Canavan, neuropathologiste américaine (1879-1953) (1931) ;T. P. Kearns neuro-ophtalmologiste américain et G. P. Sayre, ophtalmologiste américain (1958) : T. K. von Leber., ophtalmologiste allemand (1869) ;
D. Leigh, neuropsychiatre britannique (1951) ; L. van Bogaert, baron, neuropathologue belge et I. Bertrand neurologue français, membres de l’Académie de médecine (1949)

Étym. gr. mitos : filament ; chondros : grain : pathos : maladie

→ Leigh (maladie de), Leber (atrophie optique de), MERRF, MELAS, Kearns-Sayre (maladie de), Canavan (maladie de)

mitofusine n.f.

mitofusin

Enzyme localisé sur le feuillet externe de la membrane des mitochondries et intervenant dans leur fusion.
Des deux formes 1 et 2, la mitofusine 2  est la plus étudiée : cet enzyme comprenant un domaine N-terminal GTPase (guanosine-triphosphatase) intervient dans la fusion des membranes des mitochondries et, par son action de phosphorylation oxydative, dans la production d’ATP et d’énergie indispensable à la chaîne respiratoire mitochondriale.
Le gène MFN2 codant la mitofusine 2  est localisé dans le chromosome 1 (en 1p36.22) ; plus de 50 mutations y ont été décelées, elles sont de novo dans un cas sur cinq.  Une mutation du gène de la mitofusine 2 a été identifiée dans 10% à 20% des formes axonales de la maladie de Charcot-Marie-Tooth type 2A.

Étym. gr. mitos : fil, peloton ;  lat. fusum : part. de fundere : fondre, répandre

→ Charcot-Marie-Tooth (syndrome de)

mitralite n.f.

inflammation ot the mitral valve

Atteinte infectieuse ou plus souvent inflammatoire de l’orifice auriculoventriculaire gauche et de sa valvule (mitrale).
La plus fréquente est la mitralite rhumatismale, génératrice de séquelles valvulaires (rétrécissement mitral, insuffisance mitrale, maladie mitrale).

Étym. en forme de mitre ; du gr. et lat. mitra : bandeau, coiffe ; -ite : indique l’inflammation

mitsugumine 53 () n.f.

Ubiquitine ligase de 53 kD, appelée encore TRIM 72 parce qu’elle contient un motif répétitif tripartite (d’où le nom de TRIM), présente dans le muscle strié et le muscle cardiaque, ciblant pour la dégrader après liaison de l’ubiquitine une protéine substr

La mitsugumine 53 dont le gène se trouve dans le chromosome 16 joue un rôle majeur dans différents domaines dont la réparation de la membrane cellulaire, l’exocytose, l’activité de la pompe à calcium SERCA1, le syndrome métabolique et la résistance à l’insuline. Son expression est élevée dans le muscle strié et le muscle cardiaque dans de multiples modèles de syndrome métabolique. Elle intervient en dégradant le récepteur de l’insuline et le substrat 1 du récepteur de l’insuline par ubiquitination. Elle bloque ainsi la voie de signalisation de l’insuline. L’invalidation de son gène prévient le développement d’un syndrome métabolique. L’ensemble de ces  résultats définit la MG53 comme une nouvelle cible thérapeutique pour le traitement des troubles métaboliques et des complications cardiovasculaires associées. De la même façon, en dégradant la pompe à calcium SERCA1, son inhibition favoriserait la recapture du calcium dans le réticulum sarcoplasmique, ce qui pourrait avoir un intérêt thérapeutique dans la maladie de Brody.

→ Brody (maladie de), SERCA

Mizuo-Nakamura (phénomène de) l.m.

Mizuo-Nakamura's phenomenon

Coloration jaune du fond d'œil qui disparaît après un séjour en obscurité de deux à trois heures.
Observé dans la maladie d'Oguchi et la dystrophie des cônes liée au sexe avec reflet rétinien jaune-vert.

G. Mizuo,(1913), B. Nakamura, (1914) ophtalmologistes japonais ; C. Oguchi, ophtalmologiste japonais (1907)

→ Oguchi (maladie d'), dystrophie des cônes liée au sexe avec reflet rétinien jaune-vert

[P2]

Édit. 2018

Moebius (syndrome de) l.m.

Moebius’ syndrome

Diplégie congénitale du nerf facial (n. facialis) et du nerf oculomoteur externe (n. abducens) associée à des anomalies squelettiques et digitales.
Le faciès est figé, la bouche ouverte, il existe souvent une bave excessive, les paupières ne se ferment qu’incomplètement et les mouvements oculaires latéraux sont impossibles. La maladie est parfois associée à d'autres signes, une hypotonie, un retard de la marche, une arthrogrypose, un retard mental dans 10 p.cent des cas, une atteinte d’autres paires crâniennes, une hypoplasie cérébelleuse et des anomalies squelettiques : pieds bots, syndactylies. La plupart des cas sont sporadiques mais l’affection est bien autosomique dominante (MIM 157900), hétérogène, composée de plusieurs éléments, et pleiotropique avec des caractères différents multiples déterminés par un seul gène.  Le locus du gène (MSB) est en 13q12.2- q13.
La diplégie faciale congénitale familiale isolée par aplasie du noyau du nerf facial a été décrite par E. Brissaud en 1887.

P. Moebius, neurologue allemand (1888 et 1892), Marcia Margolis Wishnick, pédiatre généticienne américaine (1981, 1983) ; E. Brissaud, neurologue français, membre de l'Académie de médecine (1852-1909)

Syn. diplégie faciale congénitale

→ arthrogrypose

Mohr-Tranebjaerg (syndrome de) l. m.

Mohr-Tranebjaerg syndrome, X-linked dystonia-deafness syndrome

Maladie neurodégénérative comportant un retard mental, une dystonie, ou une ataxie, une surdité progressive, une atrophie optique avec cécité.
Affection dégénérative du système nerveux central, elle débute vers 10 ans par une surdité progressive, des troubles neurologiques : dystonie, paralysie spastique, et des troubles du comportement. Vers 20 ans apparaît une atrophie optique avec cécité progressive. Une démence se développe vers 40 ans.
Elle est récessive liée au sexe, plus fréquente chez le garçon ; elle est due à une mutation du gène TIMMB8A localisé sur le chromosome X, ou à une délétion d’environ 22kb en Xq22 du gène DDP1, codant pour un peptide DDP1 (Dystonia Deafness Peptid 1) localisé dans la membrane interne de la mitochondrie et intervenant dans l’importation des pré-protéines nucléaires.

J. Mohr, médecin généticien norvégien (1960), Lisbeth Tranebjaerg, médecin généticienne danoise (1992)

molybdène-cofacteur (déficit en) l.f.

molybdenum cofactor deficiency

Affection neurologique sévère, avec encéphalopathie myoclonique, convulsions, retard mental, ectopie du cristallin et lithiase xanthique.
La maladie est rarissime, elle débute dès la naissance. Aux anomalies neurologiques, il faut ajouter dysmorphie, microcéphalie et parfois malformations cérébrales. L'ectopie du cristallin pratiquement constante apparaît dans les deux premières années, elle est probablement due au même mécanisme que dans l'homocystinurie et la sulfocystéinurie (fibres zonulaires composées d'une glycoprotéine avec forte concentration en cystéine). Il existe un déficit en sulfite-oxydase, en xanthine-déshydrogénase et en aldéhyde-oxydase et on trouve des sulfites dans les urines et une uricémie effondrée (diagnostic au sulfitest). Il s’agit d’un déficit en molybdène-cofacteur qui est le coenzyme de la sulfite-oxydase (qui catalyse l’oxydation de sulfite en sulfate, réaction du catabolisme des acides aminés soufrés) et de la xanthine-oxydase. Le décès survient le plus souvent dans les premières années; en cas de survie, le déficit intellectuel est profond. L’affection est autosomique récessive (MIM 252150).

J. L. Johnson, médecin biologiste américain (1980)

Syn. déficit en sulfite-oxydase, déficit en molybdoptérine

Mönckeberg (maladie de) l.f.

Mönckeberg arteriosclerosis, medial calcific sclerosis

Forme particulière du rétrécissement aortique caractérisée par une calcification de la média des artères, qui provoque un rétrécissement calcifié de la valvule aortique, lésion primitive et d’origine inconnue.
C’est une dégénérescence du tronc valvulaire aortique prédominant chez l’homme et d’apparition généralement tardive.
Elle est due à des dépôts extracellulaires graisseux puis calcaires débutant sur la face aortique des valvules sigmoïdes et volontiers extensifs, transformant l'appareil valvulaire en un bloc massivement calcifié dont l'orifice devient un défilé rigide, très rétréci, souvent légèrement incontinent. Les calcifications peuvent devenir friables, s'ulcérer et donner lieu à des embolies. Ce processus dégénératif survient chez l'adulte âgé, le plus souvent sur des valves tricuspides mais parfois aussi sur des bicuspides, avec, dans ces cas, une évolution sténosante accélérée. C’est le cas de la maladie observée chez des sujets moins âgés ; il s’accentue progressivement et la sténose valvulaire entraîne une surcharge puis une défaillance du ventricule gauche. Elle peut alors être traitée chirurgicalement par résection de la valvule calcifiée et mise en place d’une prothèse valvulaire.
Les problèmes diagnostiques et thérapeutiques sont ceux posés par les rétrécissements aortiques serrés.

J. G. Mönckeberg, anatomopathologiste allemand (1903)

Syn. mediacalcinose, médiacalcose

→ rétrécissement aortique, calcinose

Monge (maladie de) l.f.

- une coloration rouge de la peau qui vire à la cyanose pour un effort minime,

- un certain degré de torpeur, une asthénie, des maux de tête et une polycythémie apparaissant après un séjour continu en altitude au-dessus de 3 500 m environ.
La maladie s'installe insidieusement et se manifeste surtout entre 40 et 70 ans chez les autocthones. Le retour en basse altitude guérit ces symptômes.

C. Monge-Medrano, médecin péruvien (1925 et 1928)

→ mal des montagnes

monoamine-oxydase (inhibiteur de la) (IMAO) l.m.

monoamine oxydase inhibitor

Médicaments disponibles depuis 1957 (iproniazide), ne constituant pas une famille homogène, mais qui ont en commun de bloquer l'action de la monoamine-oxydase, enzyme impliquée dans la dégradation des monoamines cérébrales. Ainsi serait conditionnée l'action thérapeutique, qui ne deviendrait maximale qu'avec un taux d'inhibition supérieur à 80%.
Les IMAO classiques (iproniazide et nialamide) sont non spécifiques et irréversibles : ils inhibent de manière absolue les deux enzymes MAO-A et MAO-B. Ceci conditionne la durée de l'inhibition (égale à 21 jours) et les précautions obligatoires (régime pauvre en tyramine, interactions dangereuses, notamment avec les vasopresseurs). Ils sont en principe réservés à certains états dépressifs qui ne répondent pas aux autres antidépresseurs. Leur intérêt dans les dépressions dites atypiques (avec hypersomnie, hyperphagie, hyperesthésie aux situations sociales) a été montré plus récemment.
Les nouveaux IMAO (spécifiques de la MAO-A et réversibles en quelques heures) tels que la toloxatone et le moclobémide ne nécessitent pas les mêmes précautions hygiènodiététiques. Les IMAO-B (spécifiques de la MAO-B et réversibles) tels que le déprényl sont indiqués dans le traitement de la maladie de Parkinson.

monosomie 9p l.m.

9p monosomy syndrome, 9p- syndrome, Alfi’s syndrome

Délétion partielle du bras court du chromosome 9, caractérisée morphologiquement par une trigonocéphalie, une obliquité des fentes palpébrales en haut et en dehors et une lèvre supérieure longue.
Il existe également une implantation basse des oreilles, un hypertélorisme, une ensellure nasale large et plate, des sourcils arqués et haut perchés ("air surpris" caractéristique de la trigonocéphalie). On trouve aussi : ptérygium coli, anomalies génitales (micropenis), malformations cardiaques, omphalocèle. Le retard mental est net et, en dehors de malformations cardiaques sévères, la maladie est compatible avec la survie.

O. S. Alfi, médecin généticien américain (1973)

Étym. gr. monos : un, unique ; sôma : corps

monoxyde de carbone l.m.

carbon monoxide

Produit de la combustion incomplète du carbone, gaz incolore et inodore à la température ordinaire, de densité légèrement plus faible que celle de l'air, de formule CO, toxique en raison de son affinité pour l'hémoglobine, ainsi que pour la cytochrome-oxydase.
Il est capable de se combiner avec l'hémoglobine en formant un composé stable, la carboxyhémoglobine, impropre au transport de l'oxygène (le coefficient d'affinité du CO est 250 fois plus fort que celui du dioxygène O2). Très facilement absorbé par inhalation, le monoxyde de carbone est la cause de nombreux accidents mortels. Il provient surtout de la combustion incomplète du charbon : il est présent dans la fumée de tabac.
Le CO traverse très rapidement la paroi alvéolaire, son passage dans le sang dépend de la concentration du gaz dans l'alvéole : sous forte concentration l'intoxication est foudroyante, l'arrêt cardiaque survient après quelques mouvements respiratoires. Dans ce cas la réanimation n'est efficace qu'en utilisant d'urgence l'oxygène à gros débit pendant le massage cardiaque. À plus faible concentration la mort survient lorsque les deux tiers de l'hémoglobine sont bloqués. Pour des concentrations encore plus faibles un équilibre s'établit entre l'oxyhémoglobine et la carboxyhémoglobine ce qui permet aux secours d'agir efficacement (oxygénation, éventuellement sous pression barométrique élevée), pour une concentration de l'ordre du millième (1 000 ppm) la survie est très prolongée. L'intoxication chronique fait partie des nombreux effets indésirables des combustions mal ventilées, le cas le plus typique est celui du chauffe-eau à gaz installé sans ventilation suffisante (il est la principale cause de plusieurs centaines de morts par an en France) : les signes en rapport avec une exposition à des concentrations de 100 ppm sont des céphalées, une asthénie musculaire et une fatigue générale. Le seuil de tolérance est de l'ordre de 50 ppm. Le monoxyde de carbone est le polluant atmosphérique le plus abondant dans l'air des villes où la concentration moyenne, sans danger identifiable, est de l'ordre de 10 ppm.
En médecine du travail l'intoxication subaiguë est prise en charge comme maladie professionnelle (tableau 64 du RG, 40 du RA) avec un délai de 30 jours i entre la fin de l’exposition et la première constatation des symptômes.

Syn. oxyde de carbone (déconseillé)

→ cytochrome-oxydase, carboxyhémoglobine

[C1, E2, F1, F2, H1]

Édit. 2018

morbidité n.f.

morbidity

1) Etat d’un individu ou d’une population jugée, subjectivement ou objectivement, comme n’étant pas celui de bien-être physiologique et/ou psychologique.
2) Fréquence d’une maladie chez un individu ou un groupe d’individus exprimée en terme de prévalence par rapport à une population ou en terme d’incidence dans un temps donné, ordinairement un an.

Étym. lat : morbidus : morbide  de morbus : maladie

→ fréquence, prévalence, mortalité, multi

Morbillivirus

Morbillivirus
Genre de virus à ARN, appartenant à la famille des Paramyxoviridae.
Ces virus, qui ont une taille de 120 à 150 nm, subissent une réplication dans le cytoplasme et le noyau des cellules qu'ils infectent. Ce genre comprend de nombreux virus animaux (virus de la maladie de Carré, de la peste des petits ruminants, de la peste bovine aujourd'hui éradiqué, etc.) mais la seule espèce pathogène pour l’Homme est le virus de la rougeole (virus morbilleux).

→ rougeole, panencéphalite sclérosante subaigüe de la rougeole (PESS), Paramyxoviridae

Morquio de type non excréteur de kératosulfate (syndrome de) l.m.

Morquio’s syndrome, nonkeratosulfate-excreting type

Nanisme du tronc avec dysmorphie faciale, hyperlaxité ligamentaire, déformation des membres, opacités cornéennes fines du stroma, léger hypertélorisme.
Tous les signes du syndrome de Morquio sont présents mais sans excrétion de kératosulfate dans les urines.
La maladie est secondaire à une anomalie du métabolisme mucopolysaccharidique et il n’y a pas d'anomalie des fibroblastes. L’hérédité est autosomique récessive (MIM 252300).

V. A. McKusick, pédiatre généticien américain, membre de l'Académie de médecine (1960)

→ Morquio (maladie de)

morsure (infection transmise par une) l.f.

bite (infection after)

Infection secondaire à une morsure animale, d’espèces variées, telles que le rat (sodoku, haverhilliose) le chien ou le chat (infections à staphylocoques, à streptocoques, à bactéries anaérobies, pasteurelloses).
La rage (rage sauvage des carnassiers, rage canine, rage des chiroptères) se transmet aussi par morsure. On peut citer aussi les morsures de tiques, à l’origine de la maladie de Lyme, de la fièvre boutonneuse méditerranéenne, de certaines encéphalites virales.

mort n.f.

death

Cessation totale et définitive des fonctions organiques et tissulaires animant l'organisme.
Dans le langage courant la mort se définit par l'arrêt évident et définitif de toutes les fonctions vitales : perte de conscience, de toute réaction à un stimulus quelconque et de tout mouvement spontané, arrêt respiratoire, arrêt cardiaque primitif (mais quelle que soit la cause de la mort, il y a toujours arrêt cardiaque).
En médecine légale on distingue habituellement :
- la mort naturelle, à la suite d'une évolution normale de la vie, expliquée par une maladie, connue ou évidente, ou par l'anomalie ou l'arrêt d'une fonction essentielle, par par exemple l'arrêt cardiaque ;
- la mort violente, où une inspection détaillée permet d'identifier un meurtre un suicide ou un accident ;
- la mort suspecte, dont les conditions de survenue ne permettent pas d'affirmer les causes sans un examen complet avec autopsie et contrôle toxicologique.
La mort peut survenir subitement, en quelques minutes, ou faire suite à une agonie plus ou moins longue dont la durée dépend des moyens de réanimation mis en œuvre .
La définition de la mort implique un certain délai pour affirmer l'irréversibilité du processus. La conviction de l'observateur annonçant la mort est donc justifiée par le temps écoulé entre l'apparition de l'arrêt d'une fonction vitale (annulation de la grandeur cardinale caractérisant cette fonction), l'extension progressive de l'arrêt aux autres fonctions vitales et le constat de l'irréversibilité au bout d'un temps suffisant.
La mort cérébrale autorise le prélèvement d'organes et l'arrêt de la réanimation : la pratique des greffes utilisant des organes a montré que la plupart d'entre eux ont une capacité de retrouver des fonctions naturelles plusieurs minutes voire plusieurs heures après le constat de la mort de l'individu. Ainsi la mort de nombreuses cellules est beaucoup plus tardive que celle de l'individu mais elle est variable selon les tissus : la nécrose des cellules cérébrales survient la première.

Étym. lat. mors : mort (de l'étrusque : Morta, était l'une des trois Parques, homologue de l'Atropos grecque, celle qui coupe le fil de la vie)

→ cardinale (grandeur), mort cellulaire, mort cérébrale, mort (signes de la)

mort subite du nourrisson l.m.

child's sudden death

Décès d'un nourrisson, jusqu'alors en bonne santé ou ne présentant que des troubles mineurs, trouvé inanimé.
Mode de décès le plus fréquent chez le jeune enfant, en Europe, il frappe deux garçons pour une fille. La mortalité présente un pic de fréquence entre 2 à 4 mois. En général l'enfant est découvert dans le berceau où il dormait. Des enfants ont pu être sauvés par des manœuvres de secourisme efficaces faites immédiatement. Malheureusement la découverte et l'intervention efficace sont en général trop tardives. Dans un tiers des cas on peut fournir une explication cohérente aux parents, le plus souvent un reflux gastro-œsophagien sur un terrain vagotonique ; dans d'autres cas une virose respiratoire, une méningite, un traumatisme du crâne, accidentel ou non, une hypocalcémie, une intolérance au lait de vache, une myocardiopathie ou une maladie métabolique. Ces informations sont très utiles pour donner un conseil génétique. Le mode de couchage du nourrisson joue un rôle : depuis qu'une campagne de propagande recommande de ne plus coucher les enfants sur le ventre, le nombre de morts subites a diminué.
Drame familial avec sa charge de peines et de suspicion, la mort subite du nourrisson impose une prise en charge psychologique des personnes impliquées.

→ apnée, enfant battu, reflux gastro-œsophagien

mort violente l.f.

violent death

Mort brutale survenant à la suite d’une intoxication massive ou d’une ou plusieurs lésions traumatiques évidente.
La mort violente s’oppose à la mort dite naturelle survenant à la fin de l’évolution d’une maladie.
Les morts violentes succèdent le plus souvent à un suicide, crime ou accident. Le code civil, en cas de mort violente signalée par le médecin sur le certificat de décès, n’autorise l’inhumation qu’après l’intervention d’un officier de police.

→ mort suspecte.

Morumbi (virus)

Morumbi (virus)

Virus à ARN du genre Phlebovirus (famille des Orthobunyaviridae), responsable, en Amazonie brésilienne, de syndromes fébriles et algiques entrant dans le cadre des fièvres à phlébotomes.
Ce virus entraîne, chez l'Homme, une maladie bénigne associant fièvre, frissons, céphalées, myalgies, photophobie durant 4 à 5 jours.

Morvan (maladie de) l.f.

Morvan’s chorea, fibrillary chorea

Affection neuropsychiatrique associant un état d’agitation, de confusion, de délire à des fasciculations musculaires, des sudations profuses, une tachyarythmie à 150, une insomnie rebelle ( agrypnia excitata).
Les fasciculations s’étendent des membres inférieurs au tronc et aux membres supérieurs en respectant le cou et la face. L’hyperexcitabilité de la fibre musculaire a fait considérer la maladie comme secondaire à un mécanisme immunologique semblable à celui de la neuromyotonie. Une conséquence pratique a été l’effet curateur des thérapeutiques immunosuppressives : plasmaphérèse ou immunoglobuline. L’évolution peut se faire vers la mort en quelques semaines ou lentement vers la guérison.

A. M. Morvan, médecin neurologue français, membre de l'Académie de médecine (1890)

Syn. syndrome de Morvan, chorée fibrillaire de Morvan, chorée de Morvan

→ chorée fibrillaire de Morvan

morve n.f.

glanders, farcy

Maladie infectieuse du cheval due à Burkholderia mallei, parfois transmise à l'Homme en zone tropicale, contagieuse, associant des nodules cutanés évoluant vers l'ulcération à des manifestations respiratoires et à des signes généraux.
Le traitement des formes symptomatiques fait appel aux carbapénèmes, à la ceftazidime, ou à l’association pipéracilline-tazobactam. Le traitement prophylactique post-exposition utilise le triméthoprime-sulfaméthoxazole.

Étym. lat. probablement de morbus : maladie

Syn. farcin (forme ulcérée de morve), equinia, malleus, glanders

→ mélioïdose

mouche n.f.

1)Insecte (angl. fly) diptère nématocère dont certaines espèces sont directement parasites et agents des myiases, d’autres étant des vecteurs de diverses parasitoses (glossines ou mouche tsé-tsé, agents vecteurs de la trypanosomose africaine ou maladie du sommeil, simulies, hôtes-intermédiaires et vecteurs d’Onchocerca volvulus).
2) En obstétrique (angl. uterin pain) douleur abdominale fugace, comparable à une piqûre d’insecte accompagnant parfois les contractions utérines en début de travail.

Étym. lat ; musca : mouche

mucinose n.f.

mucinosis

Maladie cutanée caractérisée par l'accumulation de mucine en excès dans le derme (mucinose dermique) ou dans les follicules pileux (mucinose folliculaire).
L’accumulation pathologique de mucine se produit aussi lors du myxœdème généralisé, du myxœdème prétibial, au cours du lichen myxœdémateux, de la mucinose réticulaire, de la mucinose cutanée juvénile, du sclérœdème et dans les mucinoses secondaires
Sur les coupes histologiques la mucine est colorée en bleu par le bleu alcian à pH 2,5.

Étym. gr. muxa : mucosité ; lat. mucus : morve

→ mucinoses secondaires, érythème réticulé avec mucinose

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