consolidation médicolégale l.f.
Passage du stade lésionnel au stade fonctionnel conformément à la classification de Wood.
→ date de consolidation médicolégale
[E3]
conus n.m.
conus
1) En embryologie, segment du cœur de l’embryon interposé entre le bulbe cardiaque et le tronc artériel.
L’évolution normale du conus comporte une torsion et une involution de sa portion sous-aortique, plaçant l’aorte au-dessus du ventricule gauche, cependant que le développement de la portion sous-pulmonaire du conus forme l’infundibudum du ventricule droit.
Les anomalies de torsion et d’involution du conus rendent compte de la plupart des malformations cardiaques, et sont à la base de leur classification.
2) En ophtalmologie, croissant scléral congénital de la papille siégeant habituellement sur le bord inférieur de la papille, qui paraît dédoublé par un croissant scléral ou conus, tandis que le bord supérieur paraît net.
Il n’évolue pas contrairement à ce qui se passe dans le conus myopique
[P2,O6]
Cori (classification des)
Cori’s classification
Classification des glycogénoses en 7 types.
Type I : maladie de von Gierke ; type II ou IIa: maladie de Pompe; type IIb ou maladie de Danon ou pseudo-maladie de Pompe ; type III: maladie de Forbes; type IV: maladie d’Andersen : type V : maladie de McArdle-Schmid-Pearson ; type VI : maladie de Hers ; type VII : maladie de Tarui.
Carl et Gerty Cori, biochimistes américains d’origine tchèque (1958), prix Nobel de physiologie et médecine en 1947 ; E. von Gierke, anatomopathologiste allemand (1929) ; J. C. Pompe, anatomopathologiste néerlandais (1932) ; M. J. Danon, neurologue américain (1981) ; B. G. Forbes, pédiatre américain (1953) ; Dorothy Hansine Andersen, pédiatre et anatomopathologiste américaine (1956) ; B. McArdle, neuropédiatre britannique (1951) ; R. Schmid, médecin interniste et biochimiste américain (1959) ; C. L. Pearson, médecin rhumatologue américain (1961) ; H. G. Hers, biochimiste belge (1963) ; S. Tarui, médecin interniste japonais (1965)
→ glycogénose, von Gierke (maladie de), Pompe (maladie de), Danon (maladie de), Forbes (maladie de), Andersen (maladie d'), McArdle (maladie de), Hers (maladie de), Tarui (maladie de)
[R1]
corps « en fagot »d'Auer l.m.
Auer’s rods, Auer’s bodies, "fagot" cells
Corps abondants disposés en faisceaux ou en bottes dans le cytoplasme des promyélocytes, signant la nature promyélocytaire ou LAM3 de la leucémie dans la classification franco-américano-britannique de la leucémie aigüe myéloblastique.
Reconnus par leur coloration rouge par la technique de May-Grünwald-Giemsa, ils correspondent à une précipitation anormale de lysosomes contenant certaines peroxydases et une phosphatase acide. Le pourcentage de blastes contenant un corps d'Auer est généralement faible, sauf dans les LAM3, ou leucémies aigües promyélocytaires, où les corps d'Auer se regroupent parfois dans le cytoplasme pour former un aspect en « fagots »
J. Auer, pharmacologiste et physiologiste américain (1906)
Syn. bâtonnets d’Auer
→ leucémie aigüe promyélocytaire
Creutzfeldt-Jakob (prévention de la transmission de la maladie de) l.m.
safety against CJ disease transmission
La prévention contre la transmission iatrogénique de la maladie de l'encéphalopathie spongiforme est obligatoire en France (Circulaire de la Santé DGS/DH, N° 100 du 11-12-1995).
C'est un grave sujet de préoccupation pour les chirurgiens, les anesthésiologistes et les endoscopistes. Aussi, pour préciser les risques, les tissus ont-ils été classés en quatre catégories en fonction de leur infectiosité (classification OMS, établie par analogie avec les ovins - Circulaire de la Santé du 11-12-1995)
Prévention : il est très difficile de désinfecter un objet souillé par des prions et la solution qui consiste à n'employer que des instruments jetables est difficile à envisager pour des appareils onéreux comme les endoscopes. Aussi, lors de la consultation pré-anesthésique, le médecin doit interroger soigneusement le patient afin de rechercher une présomption de MCJ.
C'est pourquoi le Ministère de la Santé a défini les «sujets considérés comme particulièrement à risque (risque = 1%)» - (Circulaire 11-12-1995) afin que des précautions spéciales soient prises au cours de l'intervention :
Sujets considérés comme particulièrement à risque de transmission de la MCJ :
- a : Ceux ayant des signes évocateurs de la MCJ après élimination des autres causes.
- b : Ceux ayant reçu de l'hormone de croissance extractive, des gonadotrophines extractives ou de la glucocérébrosidase.
- c : Ceux dont un membre de la famille, surtout apparenté au premier degré (père, mère, fratrie), est mort de MCJ confirmée ou suspectée.
- d : Ceux qui ont subi une intervention neurochirurgicale, en particulier la pose d'une greffe de dure-mère intracrânienne.
H. G. Creutzfeldt, neuropathologiste allemand (1920) ; A. M. Jakob, neurologue allemand (1921)
→ Creutzfeldt-Jakob (maladie de), encéphalopathie spongiforme, prion, infectiosité des tissus aux prions
[C1,D1,D5,E1,H1 ]
Édit. 2017
criminalité psychiatrique l.f.
psychiatric criminality
Ensemble des crimes réalisés sous l'emprise d'un trouble psychique.
Les recherches de psychiatrie criminelle consistent à évaluer le risque criminel en fonction de chaque pathologie mentale décrite dans une classification. On sait p. ex. que les psychotiques et les déprimés peuvent devenir des meurtriers, et que le psychopathe utilise souvent une violence plus légère ou s'attaque aux biens.
La question n'est pas résolue de savoir si, statistiquement, le malade mental est plus souvent criminel que le sujet dit normal. De plus, le crime résulte toujours de multiples facteurs, dont l'éventuel trouble mental n'est pas toujours le plus important ni le plus spécifique.
→ personnalité criminelle, facteur criminogène
[H3]
crise néonatale l.f.
neonatal fit, seizure
Crise de nature épileptique survenant pendant la période néonatale (quatre premières semaines de la vie).
Ces crises peuvent être : cloniques, localisées, lentes, contemporaines d'une décharge EEG des régions centrales, crises multifocales, migratrices, plus rarement hémi-convulsives ou axiales ; myocloniques, généralisées ou localisées ; toniques, généralisées ou localisées ; enfin d'expression plus discrète, avec ouverture simple des yeux, clignements des paupières, mouvements oscillatoires et rotatoires des globes oculaires, mouvements plus ou moins coordonnés des membres, mâchonnements, épisodes apnéiques, modifications du rythme cardiaque. Les états de mal généralisés ou localisés sont très fréquents.
Sur le plan nosologique, on distingue actuellement :
1) Des formes symptomatiques : l'encéphalopathie anoxo-ischémique responsable de 50 à 75% des convulsions néonatales ; les hémorragies intracrâniennes (15%) ; les hématomes et infarctus cérébraux, à l'origine d'états de mal focalisés ; les infections nerveuses centrales surtout bactériennes ; des causes métaboliques fréquentes et classiques comme l'hypocalcémie, l'hypoglycémie, les troubles hydro-électriques, l'hypo ou l'hypernatrémie (déficit en pyridoxine) et certaines erreurs innées du métabolisme ; des malformations cérébrales sévères ; des causes toxiques, rares (drogues, alcool) ; etc.
2) Des formes idiopathiques ou cryptogénétiques, ensembles syndromiques plus ou moins bien individualisés et reconnus par la classification internationale des syndromes épileptiques, parmi lesquelles sont différenciées : les convulsions bénignes idiopathiques, survenant autour du 5e jour de la vie, d'étiologie encore inconnue, d'évolution favorable, s'accompagnant le plus souvent d'un EEG inter-critique de type "thêta pointu alternant" ; les convulsions familiales bénignes, observées autour des 2e et 3e jours, avec des antécédents familiaux de convulsions néonatales ou d'épilepsie, un EEG habituellement sans anomalies et une évolution favorable, bien qu'une épilepsie secondaire puisse se développer dans 11% des cas.
Crosti (réticulose de) l.f.
primary cutaneous follicular centre-cell lymphoma, Crosti's lymphoma
Variété de lymphome cutané B se manifestant habituellement par un ou plusieurs nodules rouge-violacé situés dans le dos et pouvant évoluer lentement durant plusieurs années, actuellement intégré sous l'intitulé de lymphome cutané à cellules centrogerminales (ou centrofolliculaires) dans la classification des lymphomes cutanés.
L'examen histologique montre un infiltrat de cellules centrofolliculaires localisé dans le derme superficiel, dans les lésions récentes, puis diffusant jusqu'au tissu sous-cutané dans les lésions tardives. Le traitement de choix est la radiothérapie.
A. Crosti, dermatologue italien (1951)
Syn. réticulohistiocytome du dos de l'adulte
[F1,J1]
Dallenbach-Hellweg (classification de) l.f.
Dallenbach-Hellweg’s classification
Classification des états précancéreux de l'endomètre en trois stades de gravité croissante : hyperplasie glandulokystique, hyperplasie adénomateuse et carcinome in situ.
Gisella Dallenbach-Hellweg, anatomopathologiste allemande (1969)
DeBakey (classification de) l.f.
DeBakey’s classification
Classification proposée par DeBakey pour les dissections aigües de l'aorte.
Type 1 : la dissection commence aux valves aortiques et intéresse toute l'aorte thoracique et toute ou partie de l'aorte abdominale.
Type 2 : la dissection commence et se limite à l'aorte ascendante.
Type 3 : la dissection commence au-delà de l'artère sous-clavière gauche et s'étend en aval. Cette dissection de type 3 peut s'étendre en rétrograde intéressant l'aorte ascendante.
M. DeBakey chirurgien américain (1965)
déficience motrice l.f.
motricity deficiency
Déficience portant sur l'une ou plusieurs des actions dépendant de l'appareil moteur.
Dans la classification internationale des "handicaps" déficiences, incapacités et désavantages", la déficience motrice se distingue des déficiences des organes internes, sensitives, sensorielles, esthétiques, etc.
Étym. lat. deficiens de deficere : manquer
→ capacité
dégénérescence axonale l.f.
axon degeneration
Phénomène observé au cours des neuropathies périphériques, lié à la très étroite interdépendance structurale et fonctionnelle entre l'axone, dont la vie dépend de l'apport de substances synthétisées dans le corps neuronal (transport axonal), et les cellules de Schwann.
Due à une interruption de l'axone, la dégénérescence se développe en quelques jours sur la partie distale d'une fibre qui a été séparée du corps cellulaire. Elle progresse sur un mode centrifuge. À cette dégénérescence, qui entraîne une disparition des fonctions de conduction en quelques jours, s'associe une dédifférenciation de la gaine de Schwann.
Dans la dégénérescence distale rétrograde, la vie cellulaire du neurone est dégradée, diminuant l'amplitude du potentiel du nerf.
Primitivement démyélinisante, la névrite segmentaire périaxile résulte d'une atteinte primitive des cellules de Schwann. Elle provoque une réduction d'amplitude du potentiel du nerf par bloc de conduction de certaines fibres et un ralentissement de la vitesse de conduction sur d'autres, entraînant un retard et une dispersion du potentiel d'action.
En fait, l'union entre neurone et gaine de Schwann atténue les distinctions entre ces diverses formes de dégradation de la fibre nerveuse. Si bien qu'une classification des neuropathies périphériques fondée sur leur topographie et leur étiologie, et non sur la physiologie, reste utilisée.
Étym. lat. degenerare : dégénérer
Dehaene (classification de) l.f.
Dehaene’s classification
Classification des manifestations du syndrome d'alcoolisme fœtal.
On distingue :
- type 0 : hypotrophie fœtale sans dysmorphie,
- type I : forme d'atteinte légère comprenant un ou deux éléments dysmorphiques sans malformation majeure,
- type II : forme moyenne avec dysmorphie complète associée à une ou deux malformations,
- type III : forme sévère comprenant une dysmorphie importante avec nanisme et une ou plusieurs malformations,
Ph. Dehaene, pédiatre français (1995)
délire chronique (structure d'un) l.m.
structure notion of a chronic delusion
Classification des délires chroniques fondée, non plus sur la notion d'hallucinations ou d'interprétations, mais sur celle de structure, considérée comme une forme d'organisation globale fonctionnelle de l'activité psychique, inspirée des concepts "dynamiques" de H. Jackson (H. Claude et H. Ey).
À partir d'un essai de démembrement du groupe des psychoses hallucinatoires chroniques, ont été décrits trois types de structures délirantes : paranoïaque, bien construite, systématisée ; paraphrénique, fantastique, dont la construction part dans tous les sens ; paranoïde, incohérente et dissociée, comme dans les schizophrénies.
Mais pour la plupart des auteurs français, l'extension aux délires chroniques du cadre des états schizophréniques est critiquable. De plus, le démembrement de la psychose hallucinatoire chronique ainsi entrepris n'a pu être que partiel.
J. H. Jackson, neurologue britannique (1835-1911) ; H. Ey et H. Claude, membre de l'Académie de médecine, neuropsychiatres français (1932)
Étym. lat. delirium : délire
→ jacksonisme, organodynamisme
déontologie médicale l.f.
medical ethics
La déontologie, science qui traite des devoirs à remplir, est pour les médecins l’ensemble des règles qui régissent les rapports des confrères entre eux et avec leurs patients ainsi qu’avec les autres professions médicales.
L’éthique et la déontologie sont souvent considérées comme deux notions équivalentes.
Leurs domaines sont, cependant, distincts bien qu’inséparables : la déontologie ne saurait édicter des règles qui ne seraient pas basées sur la morale.
Seule, la déontologie médicale remonte à l’Antiquité sous la forme du serment d’Hippocrate que le médecin jurait de respecter : « par Apollon médecin, par Esculape, par Hygie et Panacée, par tous les dieux et toutes les déesses, les prenant à témoin ».
Le terme déontologie est utilisé pour la première fois en France en 1825 à la suite de la publication du livre du philosophe anglais Jeremy Bentham « Essai sur la nomenclature
et la classification des principales branches d’Art et de Science » dans lequel il écrit « L’éthique a reçu le nom plus expressif de déontologie ».
Le premier Code de déontologie médicale date du 27 juin 1947. Sa refonte complète est intervenue le 6 septembre 1995. Celle-ci s’avérait indispensable en raison d’une part, des changements qui se sont produits dans les mentalités individuelles ainsi que dans le fonctionnement de la société civile et d’autre part, des progrès considérables réalisés par la science médicale grâce aux multiples découvertes de la technologie.
Quelques articles de ce nouveau texte ont subi depuis des modifications, les deux dernières en date étant du 29 janvier 2010 et du 7 mai 2012.
Divers organismes participent à l’élaboration du Code de déontologie médicale :
- le Conseil national de l’Ordre des médecins, conformément à l’article L 4127-1 du Code de la Santé publique (CSP) ;
- les ministères intéressés : Santé et Justice ;
- le Conseil d’Etat ;
- en dernier ressort, le Conseil des ministres.
Le Code de déontologie médical, décret publié au Journal Officiel, signé par le Premier ministre, le ministre de la Santé et le Garde des Sceaux, correspond aux articles R 4127-1 à R 4127-112 du CSP.
Il est divisé en cinq parties :
- devoirs généraux des médecins,
- devoirs envers les patients,
- rapports des médecins entre eux et avec les membres des autres professions de santé,
- exercice de la profession,
- dispositions diverses.
L’article 1er du Code de déontologie médicale est ainsi rédigé :
« Les dispositions du présent Code de déontologie s’imposent aux médecins inscrits au tableau de l’Ordre, à tout médecin exécutant un acte professionnel dans les conditions prévues à l’article R 4127-7 ou par une convention internationale ainsi qu’aux étudiants en médecine effectuant un remplacement ou assistant un médecin dans le cas prévu à l’article R 4127-87. Conformément à l’article L 4122-1 du CSP, l’Ordre des Médecins est chargé de veiller au respect de ces dispositions. Les infractions à ces dispositions relèvent de la juridiction disciplinaire de l’ordre ».
Étym. grec. deon – ontos : ce qu’il faut faire ; logos : discours
dépendance n.f.
dependency
La dépendance se définit par le besoin d’aide dans les actes essentiels de la vie quotidienne.
Elle exprime l’idée de ne pas pouvoir effectuer physiquement les prestations de base de la vie quotidienne sans l’action ou une intervention externe (personne ou domotique). La notion de dépendance inclut la participation sociale, l’appartenance à un groupe ou collectivité et la solidarité intergénérationnelle. La dépendance résulte de l’interaction entre une déficience ou trouble de la santé cause d’incapacités et de limitations d’activité avec un environnement au sens large, composé de facteurs personnels (habitudes de vie, genre, éducation, culture, profession, etc.) et de facteurs contextuels (normes, institutions, géographie, climat, habitat, environnement humain, etc.). Cette définition est celle donnée par la Classification Internationale du Fonctionnement humain, du handicap et de la santé (CIF 2001).
dépression et démence l.f.
depression and dementia
Des symptômes thymiques, dépressifs ou expansifs, peuvent annoncer ou marquer l'évolution de tableaux démentiels, notamment vasculaires et psycho-organiques frontaux.
Tout premier épisode dépressif après 50 ans doit faire rechercher l'existence d'un processus organique sous-jacent.3 La dépression peut aussi réaliser des tableaux cliniques pseudodémentiels réversibles sous l'effet du traitement antidépresseur.
La classification de T. Feinberg et B. Goodman (1984) distinguait quatre types d'intrication dépression-démence.
T. E. Feinberg et B. Goodman, neuropsychiatres américains (1984)
Étym. lat. de : en dehors de ; mens : esprit
Darier-Ferrand (dermatofibrosarcome de) l.m.
dermatofibrosarcoma protuberans
S’étendant le long des travées conjonctives du tissu adipeux sous-cutané, il est omposé de cellules fusiformes et uniformes, formant des faisceaux courts à disposition tourbillonnante ou storiforme, mal limité.
Tumeur superficielle de faible grade (tumeur « intermédiaire » dans la classification OMS de référence), à potentiel agressif local, elle survient le plus souvent chez l’adulte d’âge moyen, au niveau du dos et de la racine des membres, sous la forme d’une plaque ou d’une masse uni- ou pluri-nodulaire.
Le dermatofibrosarcome est associé (90% des cas) à une translocation équilibrée t(17 ;22)(q22 ;q13) (fusion des gènes COL1A1 et PDGFB1), en majorité sous la forme de chromosomes surnuméraires en anneaux ou de dérivés linéaires, plus rarement à des translocations t (2 ;17) ou t (9 ;22). L’activation autocrine résultant de la transformation de la protéine de fusion est responsable du développement tumoral.
L’agressivité se manifeste par des récidives locales qui peuvent être itératives d’où la nécessité d’une exérèse large (latéralement et en profondeur). Les métastases sont très rares, survenant après des récidives multiples ou d’une transformation fibrosarcomateuse.
Les formes localement évoluées non résecables ou métastatiques peuvent bénéficier d’un traitement ciblé par inhibiteurs des thyrosine-kinases.
J. Darier, membre de l'Académie de médecine et M. Ferrand, dermatologistes français (1924)
Syn. dermatofibrome progressif et récidivant, tumeur de Darier et Ferrand, dermatofibrosarcoma protuberans, fibrome envahissant, fibrosarcome cutané
Sigle angl. DTSP
→ fibrosarcome, inhibiteur de la thyrosine-kinase, COL1A1 gene
[F2]
Édit. 2019
déterministe adj.
determinist
Qualifie un phénomène tel que les lois physiques qui le déterminent sont des lois simples et parfaitement connues, autorisant une totale prévisibilité.
Par opposition aux phénomènes aléatoires, un phénomène déterministe répond à une évolution qu'on peut considérer comme parfaitement connue et prévisible. On peut donc indiquer, si on a connaissance de l'état du système à l'instant t, quel sera son comportement à l'instant t+dt. Beaucoup de lois physiques répondent à une telle définition, du moins en première approximation. Citons p. ex. la loi d'Ohm, qui donne la différence de potentiel régnant dans un circuit électrique de résistance connue parcouru par un courant d'intensité déterminée.
Toutefois, une telle classification peut s'estomper si on resserre les critères d'interprétation. P. ex., qu'en est-il de la loi d'Ohm si on considère le comportement individuel des électrons ? Ceci nous conduit donc à la conception actuelle résumée comme suit:
"Est dit déterministe tout phénomène aléatoire dont la prévisibilité peut être assurée par la connaissance de son premier moment statistique, à savoir sa moyenne d'ensemble ou sa moyenne temporelle."
Étym. lat. determinatio : fixation d’une limite
Di Guglielmo (maladie de) l.m.
Di Guglielmo disease, acute Di Guglielmo syndrome, pure erythroid leukaemia
Hémopathie aigüe marquée par la prolifération maligne des précurseurs érythroblastiques.
Cette entité a été identifiée par Di Guglielmo en 1917 qui en a précisé les caractéristiques et en a proposé la dénomination d’érythrémie aigüe. Celle-ci traduit une lésion primitive du système érythropoïétique marquée par une hyperplasie et un arrêt de maturation des éléments érythrocytaires : une érythrémie aigüe. Leur mécanisme pathogénique est analogue à celui des leucémies aigües myéloblastiques.
« Maladie aigüe, fébrile, profondément anémiante avec hépatosplénomégalie, à terminaison mortelle, avec normo-érythroblastose prépondérante avec de rares mégaloblastes basophiles, aussi bien dans le sang périphérique que dans les organes hémopoïétiques avec une prolifération active des éléments du système réticulo-endothélial. L’infiltration érythroblastique de la moelle est prépondérante (90 à 95% des cellules) et les mitoses sont fréquentes. »
Cette maladie est identifiée comme le type 6B de la classification FAB.
G. Di Guglielmo, hématologue italien (1917, 1928)
Syn. érythrémie aigüe, érythroleucémie
→ érythroleucémie, érythrémie aigüe, méthylation
disopyramide n. m.
disopyramide
Antiarythmique du groupe I de la classification de Vaughan Williams, avec une action vagolytique marquée, prescrit dans la prévention des récidives d’arythmies supraventriculaires.
Présenté sous forme de capsules actives par voie orale (100mg) et sous forme d’ampoules .à 100mg, injectables en perfusion lente
E. M. Vaughan Williams, pharmacologue britannique (1970).
dispositif médical l.m. (DM)
device, handling
Désigne à l’exception des produits d’origine humaine, « tout instrument, appareil, équipement (y compris les accessoires et logiciels intervenant dans leur fonctionnement), matière, ou autre article employé seul ou en association, destiné par le fabricant à être utilisé chez l’Homme à des fins médicales et dont l’action principale recherchée n’est obtenue ni par des moyens pharmacologiques ou immunologiques, ni par métabolisme », mais dont la fonction peut être assistée par de tels moyens.
Les DM qui sont conçus pour être implantés en totalité ou en partie dans le corps humain ou placés dans un orifice naturel, et qui dépendent pour leur bon fonctionnement d’une source d’énergie électrique ou de toute source d’énergie autre que celle générée directement par le corps humain ou la pesanteur, sont dénommés « DM implantables actifs ».
Ces DM sont destinés à être utilisés à des fins :
- de diagnostic, de prévention, de contrôle de traitement ou d’atténuation d’une maladie ;
- de diagnostic, de prévention, de traitement, d’atténuation ou de compensation d’une blessure ou d’un handicap ;
- d’étude, de remplacement ou modification de l’anatomie ou d’un processus physiologique ;
- de maîtrise de la conception.
Pour pouvoir être utilisé dans l’Union européenne, un D.M. doit obtenir une autorisation qui se traduit par l’apposition du «marquage CE » garantissant le respect des performances et de sécurité demandé par les autorités directives européennes (Article L5211-1 du code de santé publique - Ordonnance n° 2001-198 du 1 mars 2001 art. 1 Journal officiel du 3 mars 2001).
L’éventail des DM, stériles ou non, implantables ou non, est extrêmement étendu. Il s’agit en particulier des matériels dits consommables ou d’usage unique (seringues, préservatifs, dispositifs intra-utérins, de matériels dits d’équipement (lit médical, stérilisateur, scanner…), de prothèses oculaires, mammaires, articulaires.
La différence administrative entre un dispositif médical et un médicament est très faible et parfois subtile : ainsi est un DM une compresse imprégnée d’une substance pharmacologiquement active, une endoprothèse (stent) coronaire également imprégnée, d’un ciment osseux comportant des antibiotiques, une solution pour hémodialyse tandis que sont des médicaments un stylo injecteur d’insuline ou d’héparine, prérempli, ou un dispositif transdermique imprégné…
Certains gaz sont des médicaments (protoxyde d’azote et oxygène) et d’autres sont classés parmi les DM (argon pour laser, hélium pour IRM), tandis que le « vide »est présent au lit de réanimation sans classification…
Les frontières sont également incertaines avec des produits cosmétiques (pour le blanchiment dentaire), les équipements de protection individuelle (masques, gants de laboratoire, doigtiers), les biocides à action désinfectante, et les dispositifs pour diagnostic in vitro (lecteur de glycémie).
Tous ces matériels sont placés sous la responsabilité de la Commission nationale de matériovigilance.
Les récipients collecteurs d’objets piquants (aiguilles) ou tranchants (lames de scalpels) utilisés, donc éventuellement souillés et contaminants ne sont pas considérés comme DM et leur surveillance est assurée par la Direction générale de la santé…
dissection aortique l.f.
aortic dissection
Anévrisme disséquant de l'aorte, affection rare mais gravissime résultant d'une hémorragie intramurale en rapport avec le clivage longitudinal de la paroi aortique au sein de la média (tunique moyenne) du vaisseau.
Provoquée par l'hématome au sein d'une paroi artérielle fragilisée par une altération congénitale ou acquise de la média, la dissection se développe à partir d'une brèche de l'intima (porte d'entrée) et s'étend vers l'aval et, éventuellement, vers l'amont par progression hélicoïdale, sans jamais devenir totalement circonférentielle. Deux cylindres s'individualisent, d'où un aspect angiographique à double chenal. L'hypertension artérielle et le syndrome de Marfan (par dégénérescence kystique de la paroi) sont d'importants facteurs prédisposants. La rupture aortique au cours des premiers jours de l'évolution fait courir un risque mortel qui justifie l'intervention chirurgicale. La symptomatologie est dominée par la douleur intense, dorsale ou simulant l'infarctus du myocarde, mais migrant au cours de l'évolution. L'hypertension artérielle est habituelle, par contre un collapsus annonce le plus souvent la rupture de l'anévrisme entraînant un hémothorax, un hémopéricarde, un hémomédiastin ou un hémopéritoine. L'abolition d'un ou plusieurs pouls est un signe essentiel, de même que l'apparition soudaine d'un souffle diastolique.
La classification de De Bakey, entre autres, en trois types permet d'estimer les possibilités de traitement: type I, dissection étendue à l'aorte ascendante et au-delà ; type II, dissection limitée à l'aorte ascendante ; type III, dissection limitée à l'aorte descendante.
M. E. DeBakey, chirurgien américain (1965)
Étym. lat. dissectio : séparation comme après une coupure
dissection de la carotide interne l.f.
dissecting internal carotid aneurysm
Clivage de la paroi de l’artère par un hématome au niveau de la média.
La classification en dissections traumatique ou spontanée est difficile car les antécédents traumatiques sont inconstants ou douteux et les deux dissections ont une présentation identique. L’hématome survient habituellement en zone de transition histologique (terminaison du bulbe) et peut ou non communiquer avec la lumière artérielle. L’étendue de la dissection est variable en longueur et en diamètre. Affection survenant en moyenne vers 40-50 ans, la dissection peut être observée aussi dans l’adolescence. Elle associe des signes ischémiques, cécité monoculaire transitoire ou durable et des signes locaux : céphalées typiquement orbito-frontales ipsilatérales, cervicalgies latéro-cervicales irradiant à l’angle de la mâchoire, dysphagie douloureuse, acouphènes pulsatiles, signe de Claude Bernard-Horner, larmoiement, souffle cervical. L’artériographie permet le diagnostic.
DNCB sigle m. pour DiNnitroChloroBenzène
Allergène très puissant utilisé pour tester la réactivité cellulaire à lymphocyte T (allergie de type IV de la classification de Gell et Coombs) et les moyens de défense de l’organisme, notamment en cas de cancer (mélanome malin en particulier) et en cas de maladie susceptible de donner un déficit immunitaire.
Les tests au DNCB sont souvent utilisés en cancérologie notamment cutanée.
P. Gell et R. Coombs, immunologistes britanniques (1963)