Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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DeBakey (signe de) l.m.

DeBakey’s signe

Signe clinique permettant d'évoquer la localisation sous les artères rénales d'un anévrisme de l'aorte, lorsque le bord de la main peut s'insinuer entre le rebord costal et le pôle supérieur de l'anévrisme.

M. DeBakey, chirurgien américain (1906-2006)

débranchement (épreuve de) l.f.

disconnecting test

Épreuve d'hypercapnie utilisée au cours du sevrage d'une ventilation mécanique de longue durée pour voir si le patient reprend des mouvements ventilatoires spontané après arrêt de l'appareil.
Si la reprise est trop longue à venir, il faut réduire le réglage de la ventilation pour éviter l'alcalose.
En dehors de toute action médicamenteuse ou toxique, si la reprise ne se fait pas en 15 min, c'est un signe de destruction des centres respiratoires et de mort cérébrale.
L'épreuve doit se faire sous oxygène pur, elle est significative si les mouvements respiratoires ne reprennent pas au bout de 15 min ou lorsqu'on atteint une PaCO2 = 60 mm de Hg. Pour conforter la valeur médicolégale de cette épreuve certains enregistrent le spirogramme du patient.

apnée (oxygénation sous), mort cérébrale

décollement prématuré du placenta normalement inséré l.m.

abruptio placentae, premature placental separation

Détachement de la plaque basale du placenta par rapport à la caduque utérine avant l'expulsion du fœtus par le fait d’un hématome rétroplacentaire.
Il est dû à la formation d'un hématome par rupture d'un sinus veineux périphérique, l’hématome décidual marginal, ou d'une artère centrale, l’hématome décidual basal. Le décollement physiologique du placenta ne se produit normalement qu'après l'expulsion du fœtus, lors de la délivrance. C'est un accident aigu de la grossesse, complication d'une toxémie gravidique, d'un traumatisme ou d'une intoxication par le tabac, la cocaïne, ou de l'accouchement après rétraction brutale du myomètre suivant la vidange d'un hydramnios ou l'expulsion d'un premier jumeau. La symptomatologie est dominée par une douleur abdominale brutale, des métrorragies de sang noir incoagulable et un état de choc disproportionné par rapport aux pertes sanguines vaginales. A l'examen, le signe principal est l'hypertonie utérine, l’utérus de bois. Le diagnostic est conforté par l'existence d'une protéinurie. L'hématome rétroplacentaire présente des degrés de gravité variable, avec des formes mineures ou latentes et survie du fœtus, et des formes graves avec état de choc et mort fœtale. Son traitement nécessite une extraction par césarienne en urgence lorsque l'enfant est vivant et une évacuation utérine rapide lorsque l'enfant est mort.

A. Couvelaire, gynécologue obstétricien français, membre de l'Académie de médecine (1912) ; E. W Page, gynécologue obstétricien américain (1954)

Couvelaire (syndrome de), Page (classification de) , hématome décidual basal, hématome décidual marginal

[O3]

Édit. 2018

déflexion intrinsécoïde l.f.

intrinsicoid deflection

Portion de l’électrocardiogramme correspondant à l’activation de la zone myocardique située directement en face de l’électrode exploratrice : le début de la déflexion intrinsécoïde correspond au pic de l’onde R de l’électrocardiogramme.
Le délai de son apparition (temps écoulé entre le début du complexe QRS et le pic de l’onde R) est normalement inférieur à 0,05 sec en V5 et V6 et à 0,03 sec. en V1 et V2. Son augmentation modérée est un signe d’hypertrophie ventriculaire franche elle est habituellement due à un bloc de branche.

Étym. lat. deflectare : fléchir

dégénérescence cérébelleuse paranéoplasique (DCP) l.f.

paraneoplastic cerebellar degeneration

Manifestations habituellement subaigües, voire aigües, généralement sévères, qui précèdent la découverte d'un cancer dans plus de la moitié des cas.
Des troubles à la fois statiques et cinétiques s'associent à une importante dysarthrie et à un nystagmus. L'atrophie cérébelleuse est inconstante et tardive à l'imagerie. Le LCR est en règle anormal. La survie peut durer plusieurs années.
Les formes avec anticorps anti-Yo fixés sur les cellules de Purkinje sont féminines, liées en majorité à un cancer gynécologique ou du sein. Plus fréquentes chez les hommes, les formes sans anticorps anti-Yo peuvent aussi concerner d'autres affections malignes (cancer bronchopulmonaire, maladie de Hodgkin, etc.)
Une DCP peut n'être qu'un élément d'une encéphalomyélonévrite paranéoplasique, parfois dominée cliniquement par un autre signe que cérébelleux et comportant en tout cas des anticorps anti-Hu (lors d'un cancer du poumon à petites cellules le plus souvent). Un syndrome myasthéniforme de Lambert-Eaton associé est également possible.
T. Hodgkin, anatomopathologiste britannique (1832) ; E. Lambert, physiologiste L. M. Eaton, neurologue américains (1956) ; Étym.lat. degenerare : dégénérer

dégénérescence maculaire juvénile l.f.

macular degeneration juvenile

Dystrophie maculaire juvénile isolée, lentement évolutive, avec dépigmentation maculaire, silence choroïdien de Bonnin et image maculaire angiographique en œil de bœuf.
L'affection débute vers sept ans avec un fond d'œil qui paraît encore normal. En quelques mois l'acuité visuelle diminue considérablement pour, en cinq ans, chuter à 1/10. L'ERG est au début normal, mais il est ensuite altéré en photopique. L'angiographie fluoresceinique est précocement altérée avec, comme premier signe, le silence choroïdien (absence d'imprégnation de la choroide). L'évolution se fait avec l'apparition de taches flavimaculées plus ou moins nombreuses, une atteinte mixte de l'ERG et une extension du scotome central.
Le locus du gène (STGD1) a été localisé par J. Kaplan par clonage positionel sur le bras court du chromosome 1 en 1p13-p21. Allikmets ont identifié dans cette région le gène ABCR (ATP binding cassette retina, MIM 601691) responsable de la maladie qui code une protéine transmembranaire spécifique à la rétine. Elle appartient à la superfamille de protéines ABC. Elle est constituée de deux domaines hydrophobes transmembranaires (régulation de la protéine) et de deux domaines cytoplasmiques hydrophiles (fonctionnalité) liant l'ATP. Cette protéine est retrouvée uniquement dans les cellules photoréceptrices (hybridation in situ). L’affection est autosomique récessive (MIM 248200).

M.-P. Bonnin, ophtalmologiste française (1971) ; Josseline Kaplan, médecin généticienne française (1993) ; R. Allikmets, chercheur américain (1997) ; K. Stargardt, ophtalmologiste allemand (1909)

Étym. lat. degenerare : dégénérer

Syn. STG1, Stargardt (maladie de), dystrophie maculaire avec taches, Stargardt flavimaculée (maladie de)

fundus flavimaculatus

dégénérescences lobaires fronto-temporale s (DLFT) l.f.p.

Groupe hétérogène de maladies neurodégénératives dont le point commun est l’atteinte prépondérante du lobe frontal ou temporal.
Les premières manifestations, souvent précoce (avant 45 ans), concernent une modification progressive du caractère et du comportement (négligence physique, désinhibition comportementale, impulsivité…), des symptômes affectifs (dépression, anxiété, apathie, indifférence affective), des troubles du langage. Peu à peu, le malade devient étranger à tout ce qui se passe autour de lui. Il a de plus en plus de mal à s’exprimer. Les troubles de la mémoire sont beaucoup moins importants que dans la maladie d’Alzheimer et certaines capacités intellectuelles sont maintenues proches de la normale pendant de nombreuses années. La durée de survie après l'apparition des premiers symptômes est comprise entre 6 et 11 ans,
Les tests neuropsychologiques attestent de l’altération des fonctions exécutives (signe d'atteinte frontale), l'absence d'amnésie importante et de désorientation spatio-temporelle. Ils permettent également d'évaluer le langage.
L'imagerie par résonance magnétique met en évidence une atrophie focale et d'allure lobaire.
Les examens biologiques sanguins éliminent une cause inflammatoire ou métabolique.
Le dosage de la protéine tau (phosphorylée) et de la substance bêta amyloïde dans le liquide cérébrospinal pourraient permettre de différencier les DLFT de la maladie d'Alzheimer. Les deux types anatomopathologiques les plus répandus (environ 90 % des cas) correspondent à un dysfonctionnement de certaines protéines neuronales comme la  protéine Tau et la protéine TDP-43 (TAR DNA binding Protein 43). Les 10 % restants représentent un groupe hétérogène dans lequel ont été identifiés des cas caractérisés par une accumulation anormale de la protéine FUS (FUsed in Sarcoma). Le nombre de cas associés au dysfonctionnement d’une protéine encore inconnue, signalée par des agrégations anormales d’ubiquitine tend à se réduire du fait de l’avancée des recherches en génétique et en neuropathologie.
Les trois gènes les plus représentés sont le gène C9orf72 (retrouvé dans la majorité des DFLT associées à la sclérose latérale amyotrophique) avec un dysfonctionnement de la protéine TDP-43, le gène de la progranuline, GRN (en rapport également avec TDP-43), le gène MAPT (pathologie Tau). À eux trois ils expliquent plus de la moitié des DFLT familiales. Les gène CHMP2B, VCP, TARDBP,sont beaucoup moins représentés. Néanmoins 60% des cas semblent sporadiques.
Le premier cas a été décrit en 1892 par Arnold Pick. Cette entité a été nommée par Alois Alzheimer « maladie de Pick » en 1911.

Alzheimer (maladie d'), amnésie, protéine tau, peptide bêta-amyloïde, TDP43, protéine FUS, ubiquitine, progranuline

[H1]

Édit. 2018

délire paraphrénique l.m.

paraphrenic delusion

Groupe de délires chroniques rares, intermédiaire entre la "démence précoce" et la paranoïa qui a connu des acceptions diverses.
On observe une forte charge imaginative avec luxuriance des thèmes, féériques, fantastiques, cosmiques, ésotériques, et un langage souvent hermétique, qui peut comporter quelques néologismes sémantiques plus que phonologiques, signe précoce de chronicité. Le patient domine cette expérience et reste assez bien adapté à la réalité par une véritable "bipolarité" ou "diplopie".
Actuellement, en pratique, sont retenues quatre formes : fantastique, expansive (qui se rapprocherait de certaines manies chroniques), confabulante (voisine, avec la paraphrénie fantastique, des délires d'imagination d'E. Dupré) et mélancolique (idées de négation ou syndrome de Cotard).
Survenant après 30-40 ans, les paraphrénies peuvent poser le problème d'affections métapsychotiques ou post-processuelles ("paraphrénisation" de certaines schizophrénies, notamment).
La paraphrénie n'est pas mentionnée dans le DSM-IV, et seulement en tant que paraphrénie tardive dans la CIM 10, parmi les "troubles délirants persistants".

J. Cotard, neurologue français (1880) ; E. Kraepelin, psychiatre allemand (1915)

Étym. lat. delirium : délire

délire chronique (notion de structure d'un)

delta (agent) l.m.

delta agent

Virus défectif à tropisme hépatique, partiellement dépendant du virus de l'hépatite B pour sa multiplication et son infectiosité.
Il est constitué d'un ARN viral enroulé dans une capside d'antigène delta de la viridine qui est entourée d'une enveloppe d'antigène HBs du virus de l'hépatite B (HBV). Il est actuellement classé dans le genre Deltavirus, parmi les virusoïdes.
L'infection virale delta se rencontre principalement dans le bassin méditerranéen, en Asie et en Amérique Centrale, dans les populations européennes et nord-américaines toxicomanes ou homosexuelles. Sa transmission est parentérale, sexuelle ou materno-fœtale.
L'antigène delta n'est détecté dans le sérum que dans les 4 premières semaines suivant l'infection par l'agent delta. Des anticorps antidelta de type IgM et IgG sont ultérieurement détectables. La détection des anticorps de type IgM signe habituellement la persistance de l'infection, qui sera confirmée par la détection de l'ARN de l'agent delta dans le sérum et de l'antigène delta dans le foie. Les infections B-delta seraient plus sévères que les seules infections B.

Syn. virus de l'hépatite D

hépatite delta, hépatite B, virus de l'hépatite D, virusoïde

déontologie médicale l.f.

medical ethics

La déontologie, science qui traite des devoirs à remplir, est pour les médecins l’ensemble des règles qui régissent les rapports des confrères entre eux et avec leurs patients ainsi qu’avec les autres professions médicales.
L’éthique et la déontologie sont souvent considérées comme deux notions équivalentes.
Leurs domaines sont, cependant, distincts bien qu’inséparables : la déontologie ne saurait édicter des règles qui ne seraient pas basées sur la morale.
Seule, la déontologie médicale remonte à l’Antiquité sous la forme du serment d’Hippocrate que le médecin jurait de respecter : « par Apollon médecin, par Esculape, par Hygie et Panacée, par tous les dieux et toutes les déesses, les prenant à témoin ».
Le terme déontologie est utilisé pour la première fois en France en 1825 à la suite de la publication du livre du philosophe anglais Jeremy Bentham « Essai sur la nomenclature
et la classification des principales branches d’Art et de Science » dans lequel il écrit « L’éthique a reçu le nom plus expressif de déontologie ».
Le premier Code de déontologie médicale date du 27 juin 1947. Sa refonte complète est intervenue le 6 septembre 1995. Celle-ci s’avérait indispensable en raison d’une part, des changements qui se sont produits dans les mentalités individuelles ainsi que dans le fonctionnement de la société civile et d’autre part, des progrès considérables réalisés par la science médicale grâce aux multiples découvertes de la technologie.
Quelques articles de ce nouveau texte ont subi depuis des modifications, les deux dernières en date étant du 29 janvier 2010 et du 7 mai 2012.
Divers organismes participent à l’élaboration du Code de déontologie médicale :
- le Conseil national de l’Ordre des médecins, conformément à l’article L 4127-1 du Code de la Santé publique (CSP) ;
- les ministères intéressés : Santé et Justice ;
- le Conseil d’Etat ;
- en dernier ressort, le Conseil des ministres.
Le Code de déontologie médical, décret publié au Journal Officiel, signé par le Premier ministre, le ministre de la Santé et le Garde des Sceaux, correspond aux articles R 4127-1 à R 4127-112 du CSP.
Il est divisé en cinq parties :
- devoirs généraux des médecins,
- devoirs envers les patients,
- rapports des médecins entre eux et avec les membres des autres professions de santé,
- exercice de la profession,
- dispositions diverses.
L’article 1er du Code de déontologie médicale est ainsi rédigé :
« Les dispositions du présent Code de déontologie s’imposent aux médecins inscrits au tableau de l’Ordre, à tout médecin exécutant un acte professionnel dans les conditions prévues à l’article R 4127-7 ou par une convention internationale ainsi qu’aux étudiants en médecine effectuant un remplacement ou assistant un médecin dans le cas prévu à l’article R 4127-87. Conformément à l’article L 4122-1 du CSP, l’Ordre des Médecins est chargé de veiller au respect de ces dispositions. Les infractions à ces dispositions relèvent de la juridiction disciplinaire de l’ordre ».

Étym. grec. deon – ontos : ce qu’il faut faire ; logos : discours

ordre des médecins

détergent adj et n.m.

detergent

Substance ayant la propriété de détacher des impuretés adhérant à un tissu ou un support.
Un détergent est un composé tensioactif, ayant un pôle hydrophile et une chaîne grasse hydrophobe, capable de solubiliser sous forme micellaire l'impureté qui se trouvait adsorbée sur la surface à nettoyer.
On en distingue plusieurs types: les uns anionique (savons, sels biliaires ou détergents sulfoniques de synthèse ou syndets), les autres cationiques (saponiums et acylpyridiniums, ammoniums quaternaires), amphotères (bétaïnes, imidazolines) et les derniers non-ioniques (composés aliphatiques du polyéthylène-glycol, alcanolamines). Le pouvoir détergent est facilité par la présence d’un ion de même signe que la matière à détacher par substitution. Ces substances peuvent exercer un effet perméabilisant sur les membranes lipoprotéiniques. Elles sont utilisées en cosmétologie et en pharmacie. Elles ont un pouvoir irritant sur la peau en cas d’utilisation intensive.

Étym. lat. detergere : nettoyer

saponium, saponine, détersif

déviation phonétique l.f.

phonetic deviation

Déviation linguistique orale caractérisée par la modification phonétique (sonorisation, affrication, pseudodiphtongaison, etc.) d'un ou de plusieurs phonèmes.
Elle signe l'existence d'un trouble arthrique.

Syn. paraphasie phonétique

dysarthrie

diabète n.m.

diabetes

Affection caractérisée par une polyurie et une polydipsie.
Théoriquement diabète signifie traversée de l'organisme, et le terme a été appliqué au passage du glucose dans les urines, c’est-à-dire au « diabète sucré ». La polyurie et la polydipsie sont aussi des signes du diabète hydrique ou hydrurique, dit « diabète insipide ». Lorsque ce signe est la conséquence d'une altération des reins, on parle de diabète rénal ; lorsqu'il s'agit d'un trouble de l'hypophyse, on parle de diabète hypophysaire. Le diabète calcique est une hypercalciurie liée à une insuffisance tubulaire rénale avec une absorption intestinale excessive de calcium. Mais dans le langage médical courant « diabète » sans qualificatif est synonyme de diabète sucré.

Étym. gr. diabêtês : qui traverse

diagnostic prénatal l.m.

prenatal diagnosis

Ensemble des procédés permettant, au début d'une grossesse, d'apprécier le développement du fœtus, sa morphologie par l’échographie, ses constantes biologiques, etc.
1) Ce diagnostic utilise l'amniocentèse, le prélèvement du sang fœtal, le prélèvement de villosités choriales, etc. pour étude directe, microscopique ou immunologique.
2) Il permet p. ex. le dépistage de maladies génétiques (chromosomiques, métaboliques ou autres), et peut faire prendre éventuellement une décision d'interruption thérapeutique de la grossesse. Plus d'une centaine de maladies familiales sont accessibles à différents moyens de diagnostic anténatal.
3) Le dépistage anténatal des anomalies chromosomiques est proposé systématiquement en France aux femmes enceintes âgées de 38 ans ou plus, aux femmes ayant donné naissance à un enfant anormal, lors des grossesses où un signe d'appel échographique est détecté, aux femmes d'un couple ou d'une famille où une maladie génétique est connue, etc.

diaphragme continu (signe du) l.m.

Levin’s sign

Sur un cliché thoracique de face, visibilité de la face supérieure de la coupole diaphragmatique sur toute sa longueur, traduisant un pneumo-médiastin ou un pneumopéritoine.
Chez le sujet normal, l'image de la coupole est effacée au contact du cœur (signe de la silhouette).
En cas de pneumo-médiastin, l'air peut s'interposer entre la coupole et le cœur, entraînant la visibilité du diaphragme sur toute son étendue. Un aspect analogue est réalisé par un pneumopéritoine libre soulignant la face inférieure de la coupole, à condition que le sujet soit radiographié en orthostatisme.

B. Levin, médecin radiologue américain (1973)

Étym. gr. diaphragma : séparation, cloison

Syn. signe de Levin

diastème n.m.

diastema (TA)

diastema

Espace interdentaire agrandi congénital ou acquis.
Cette disposition fréquente serait à rattacher aux neurocristopathies. Dans la croyance populaire elle serait le signe d’une nature heureuse.

Syn. diastématie

discographie n.f.

discography

Exploration radiographique comportant l’injection d’une substance de contraste iodée dans le nucleus pulposus d’un disque intervertébral pour évaluer son altération.
Cette technique permet d'apprécier l'état de dégénérescence du disque et de préciser le niveau du conflit disco-radiculaire lorsque l'injection reproduit la douleur ressentie par le malade au cours des crises de sciatique (signe de la douleur réveillée).
La discographie peut être le premier temps d'une injection thérapeutique de glucocorticoïdes (nucléorthèse) ou de papaïne (nucléolyse).
L’imagerie par résonance magnétique a réduit les indications de cette exploration.

dissection aortique l.f.

aortic dissection

Anévrisme disséquant de l'aorte, affection rare mais gravissime résultant d'une hémorragie intramurale en rapport avec le clivage longitudinal de la paroi aortique au sein de la média (tunique moyenne) du vaisseau.
Provoquée par l'hématome au sein d'une paroi artérielle fragilisée par une altération congénitale ou acquise de la média, la dissection se développe à partir d'une brèche de l'intima (porte d'entrée) et s'étend vers l'aval et, éventuellement, vers l'amont par progression hélicoïdale, sans jamais devenir totalement circonférentielle. Deux cylindres s'individualisent, d'où un aspect angiographique à double chenal. L'hypertension artérielle et le syndrome de Marfan (par dégénérescence kystique de la paroi) sont d'importants facteurs prédisposants. La rupture aortique au cours des premiers jours de l'évolution fait courir un risque mortel qui justifie l'intervention chirurgicale. La symptomatologie est dominée par la douleur intense, dorsale ou simulant l'infarctus du myocarde, mais migrant au cours de l'évolution. L'hypertension artérielle est habituelle, par contre un collapsus annonce le plus souvent la rupture de l'anévrisme entraînant un hémothorax, un hémopéricarde, un hémomédiastin ou un hémopéritoine. L'abolition d'un ou plusieurs pouls est un signe essentiel, de même que l'apparition soudaine d'un souffle diastolique.
La classification de De Bakey, entre autres, en trois types permet d'estimer les possibilités de traitement: type I, dissection étendue à l'aorte ascendante et au-delà ; type II, dissection limitée à l'aorte ascendante ; type III, dissection limitée à l'aorte descendante.

M. E. DeBakey, chirurgien américain (1965)

Étym. lat. dissectio : séparation comme après une coupure

anévrisme

dissection de la carotide interne l.f.

dissecting internal carotid aneurysm

Clivage de la paroi de l’artère par un hématome au niveau de la média.
La classification en dissections traumatique ou spontanée est difficile car les antécédents traumatiques sont inconstants ou douteux et les deux dissections ont une présentation identique. L’hématome survient habituellement en zone de transition histologique (terminaison du bulbe) et peut ou non communiquer avec la lumière artérielle. L’étendue de la dissection est variable en longueur et en diamètre. Affection survenant en moyenne vers 40-50 ans, la dissection peut être observée aussi dans l’adolescence. Elle associe des signes ischémiques, cécité monoculaire transitoire ou durable et des signes locaux : céphalées typiquement orbito-frontales ipsilatérales, cervicalgies latéro-cervicales irradiant à l’angle de la mâchoire, dysphagie douloureuse, acouphènes pulsatiles, signe de Claude Bernard-Horner, larmoiement, souffle cervical. L’artériographie permet le diagnostic.

distance interpédiculaire (mesure de la) l.f.

interpedicular distance (measure of)

Sur une radiographie de face du rachis, mesure de la distance séparant le bord interne des pédicules vertébraux.
Des tables indiquent les chiffres normaux aux différents segments du rachis chez l'adulte et l'enfant. Au niveau lombaire, la distance augmente normalement de haut en bas; l'inverse témoigne d'un canal lombaire étroit. Un élargissement localisé doit faire rechercher un processus expansif intracanalaire (signe de Elsberg-Dyke).

C. A. Elsberg, neurochirugien et C. G. Dyke, médecin radiologue américains (1934)

distance nuque-mur l.f.

occiput to wall distance

Le sujet étant debout, l'occiput, le dos, les fesses et les talons appuyés au mur, distance régnant entre la nuque et le mur.
Ce signe mesure la raideur de la colonne cervicale dans la spondylarthrite ankylosante.
Forestier

Doege-Potter (syndrome de) l.m.

Doege-Potter’s syndrome

Accidents hypoglycémiques organiques sévères liés à une tumeur mésenchymateuse, fibroblastique le plus souvent.
Parfois il s’agit d’une tumeur musculaire, voire d’un lymphome malin.
Ces tumeurs sont grosses allant de 1 à 20 kg, de topographie intra ou juxtathoracique mais aussi rétro- et intrapéritonéale. L'hypoglycémie apparaît relativement tardivement au cours de l’évolution de la tumeur. La présence de l'hypoglycémie signe une dédifférenciation de la tumeur fibroblastique qui est en fait un fibrosarcome de bas grade. L'hypoglycémie disparaît avec l'ablation de la tumeur. Il y a un risque de récidive et de greffe locale élevé.

K. W. Doege, chirurgien américain (1930); R. P. Potter, médecin radiologiste américain (1930) ; T. M. Roy, pneumologue américain (1992)

fibrome pleural

douleur morale l.f.

moral grief, psychical pain

Sentiment pénible durable, associant tristesse, souffrance mentale et pessimisme, indépendamment des circonstances extérieures.
Rencontrée dans les états anxieux et dépressifs, cette douleur psychique est intense dans la mélancolie dont elle est un signe essentiel (J. Séglas). La conviction désespérée d'un désastre personnel mérité (voire touchant les siens), imminent, inéluctable, s'accompagne alors de très forts sentiments d'autodépréciation et de culpabilité, sans qu'il y ait conscience du pathologique. Notamment, le patient se vit comme n'étant plus capable d'aimer, ni de s'émouvoir ("anesthésie affective") et il se le reproche.
Cette souffrance extrême et peu soutenable s'accompagne habituellement d'une angoisse très vive. Le risque suicidaire est élevé.

J. Séglas, médecin aliéniste français (1895)

Étym. lat. dolor : douleur

Syn. hyperthymie douloureuse

douleur provoquée l.f.

tenderness

En sémiologie, manœuvre par laquelle l'examinateur cherche à susciter la douleur du patient en lui faisant reproduire le geste dont il se plaint, en pratiquant une manœuvre ou une palpation superficielle ou profonde de la région incriminée, etc.
P. ex. le signe de Lasègue est caractéristique de la névralgie sciatique.
La douleur provoquée, désagréable pour le sujet, est un élément d'information diagnostique souvent indispensable ; elle ne préjuge pas de la nature de la lésion et son siège ne correspond pas toujours à l'origine anatomique de la lésion.

Ch-E. Laségue, médecin interniste français, membre de l’Académie de médecine (1816-1883)

Étym. lat. dolor : douleur

Lasègue (signe de)

drusen de la tête du nerf optique l.m.p.

drusen of the disk

Formations profondes intrapapillaires vésiculeuses soulevant la papille et donnant parfois un aspect œdémateux.
Elles sont bilatérales dans 80% des cas, parfois présentes à la naissance mais le plus souvent acquises, elles évoluent en se calcifiant, en devenant plus superficielles et ophtalmoscopiquement plus évidentes. Dans les cas douteux il faut rechercher l'autofluorescence et une hyperfluorescence nodulaire tardive et diffuse en angiographie. Il n'y a pas de signe fonctionnel mais on peut trouver un élargissement de la tache aveugle et des hémorragies péripapillaires. Histologiquement il s'agit de concrétions hyalines en avant de la lame criblée dans le tissu glial, elles seraient dues au ralentissement du flux axonal dans un nerf optique au canal scléral trop étroit et secondaires à une concentration de mitochondries rejetées hors des cellules. Leur fréquence est estimée à 1/20.000. L’affection est autosomique dominante. La pénétrance et l'expressivité sont variables.

Étym. terme de géologie d’origine allemande, pluriel de druse : cavité minérale tapissée de cristaux

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