adjuvant n.m.
adjuvant
1) En pharmacie, substance inerte ajoutée à un médicament pour en faciliter l'administration au malade, par ex. pour en masquer le goût désagréable.
2) En immunologie, substance non antigénique ou mélange de substances qui, administrée en même temps et au même site qu'un antigène, accroît la réponse immunitaire à ce dernier.
Pour la majorité des vaccins inactivés (ne comportant pas de germe vivant), la présence d’adjuvants est indispensable pour permettre une réponse immunitaire entraînant une protection. L’ajout d’adjuvant dans les vaccins permet, par ailleurs, de diminuer la quantité d’antigènes par dose vaccinale, et de réduire le nombre d’injections.
L'adjuvant habituellement utilisé pour les vaccinations chez l'Homme est l'hydroxyde d'alumine Al(OH)3. Si certaines manifestations cliniques sévères ont pu paraître provoquées par des injections vaccinales (myofascite à macrophage), aucun lien de causalité n’a pu être établi, à ce jour, avec les adjuvants aluminiques, d’autant que ces manifestations paraissent limitées dans le temps (non identifiées avant 1990 et semblant en extinction depuis 2012) et dans l’espace (la France a cumulé la quasi-totalité des cas décrits dans le monde). Le squalène est parfois utilisé comme adjuvant de certains vaccins comme le vaccin grippe avec le squalane, dérivé hydrogéné du squalène.
Sur les 56 vaccins autorisés en France, 30 contiennent des adjuvants dont 90% sont des dérivés de l’aluminium (Agence du médicament - 2014). Certains vaccins, notamment ceux qui sont à base de virus vivants atténués, n’ont pas besoin d’adjuvant. Mais pour les vaccins inactivés ou subunitaires (anatoxine diphtérique ou tétanique, antigène HBs du virus de l’hépatite B…), les adjuvants sont indispensables pour obtenir une réponse immunitaire efficace.
De très nombreuses substances extraites de micro-organismes ont des propriétés adjuvantes et pro-inflammatoires.
En expérimentation animale, l'adjuvant incomplet de Freund est un mélange d'huile minérale et d'agents émulsifiants. L'adjuvant complet de Freund contient en outre des mycobactéries (Mycobacterium tuberculosis) tuées par chauffage. Différents adjuvants ont fait l'objet d'études expérimentales, en particulier des émulsions d'huile dans l'eau préparées avec du squalane (dérivé hydrogéné du squalène), de la saponine, hétéroside triterpénique extrait de l'arbre Quillaia saponaria qui, associé à la lécithine et au cholestérol, forme des particules de 35 nm de diamètre contenant l'antigène sous forme très immunogène (ISCOMS : immunostimulating complexes). Les liposomes (émulsions eau-huile) permettent de présenter des antigènes et des adjuvants sous forme de gouttelettes lipidiques ou bien en phase aqueuse. Ces liposomes sont internalisés dans les cellules présentatrices d'antigène, leur contenu est transloqué dans le cytosol et les antigènes peuvent alors être présentés sous forme de peptides associés aux molécules de classe I du complexe majeur d’histocompatibilité, permettant l'induction d'une réponse T cytotoxique, qui est nécessaire dans certaines vaccinations contre les infections virales.
Étym. lat. adjuvare : aider
→ Freund (adjuvant complet de), Freund (adjuvant incomplet de), squalène, liposome, complexe majeur d'histocompatibilité
[F3, G3]
Édit. 2020
cytotoxicité n.f.
cytotoxicity
Phénomène caractérisé par la mort d’une cellule appelée cellule-cible sous l’effet d’une agression extérieure.
La cytotoxicité peut être déclenchée par l’action du complément ou de substances formant des pores dans les membranes (saponine, détergents). Il s’agit alors d’une mort par nécrose. La cytotoxicité peut être mise en jeu par l’action de cellules cytotoxiques. Dans le cas des lymphocytes T et des cellules NK, la cytotoxicité nécessite la formation d’un conjugué par accolement des membranes entre la cellule tueuse et la cellule-cible. La mort est déclenchée par agrégation des récepteurs membranaires CD95 (Fas ou Apo-1) ou bien par la formation de pores par polymérisation de la perforine dans la membrane de la cellule-cible, suivie de l’introduction de protéinases, les granzymes, qui activent les caspases. Dans les deux cas, ceci conduit à une mort par apoptose. Enfin la cytotoxicité peut être déclenchée par différentes cellules cytotoxiques (polynucléaires neutrophiles, éosinophiles, macrophages, cellules K) possédant des récepteurs de Fc et interagissant avec la cellule-cible par l’intermédiaire d’anticorps dirigés contre des épitopes membranaires de celle-ci. Ce dernier mécanisme correspond à la cytotoxicité cellulaire dépendant d’anticorps ou ADCC.
[A2,G4]
digitonoside n.m.
digitonoside
Un des glucosides de la digitale.
C'est une saponine formée d'un pentaholoside (2 glucoses, 2 galactoses, 1 xylose) et d'une aglucone, la digitogénine.
Syn. digitonine