agnosie chromatique l.f.
chromatic agnosia
Trouble spécifique acquis de la reconnaissance des couleurs d'origine corticale.
Le patient voit les couleurs mais ne les reconnaît pas. Il est incapable de désigner et de nommer les couleurs qu'on lui propose. Il ne peut les classer selon leur teinte, ni apparier des couleurs semblables, ce qui distingue ce trouble d'une atteinte de la dénomination des couleurs (anomie des couleurs).
L'agnosie des couleurs succède le plus souvent à une lésion de la jonction temporo-occipitale gauche. Son association à une alexie pure et à une hémianopsie latérale homonyme est fréquente.
Étym. gr. agnôsia : ignorance (a : privatif ; gnôsis : connaissance)
[H1]
Édit. 2017
agnosie d'extensité l.f.
amorphognosia
Trouble acquis du traitement des formes et de leur disposition spatiale (obs.).
Étym. gr. agnôsia : ignorance (a : privatif ; gnôsis : connaissance)
→ amorphognosie, astéréognosie
[H1]
Édit. 2017
agnosie d'intensité l.f.
ahylognosia
Trouble acquis de la différenciation des matières (obs.).
Étym. gr. agnôsia : ignorance (a : privatif ; gnôsis : connaissance)
[H1]
Édit. 2017
agnosie des couleurs l.f.
color agnosia
[H1]
Édit. 2017
agnosie des physionomies n.f.
Syn. prosopagnosie, agnosie des visages
[H1]
Édit. 2018
agnosie des visages l.f.
inability to recognize faces, prosopagnosia
[H1]
Édit. 2017
agnosie digitale l.f.
finger agnosia
Trouble acquis caractérisé par l'incapacité de reconnaître, de désigner ou de nommer les différents doigts de sa propre main ou de celle d'un examinateur.
Secondaire à une lésion pariétale gauche, l'agnosie digitale est le plus souvent intégrée à un syndrome de Gerstmann.
Étym. gr. agnôsia : ignorance (a : privatif ; gnôsis : connaissance)
[H1]
Édit. 2017
agnosie du corps l.f.
body agnosia
[H1]
Édit. 2017
agnosie spatiale unilatérale l.f.
unilateral spatial agnosia
Déficit de la connaissance de l'espace extracorporel latéralisé du côté opposé à la lésion.
Liée à des atteintes de topographies diverses : cortex associatif pariétal ou frontal, thalamus, tubercules quadrijumeaux, la sémiologie diffère selon que la localisation est gauche (troubles de l'analyse des éléments de l'hémi-espace) ou droite (déficit de synthèse de l'hémi-environnement).
Différentes modalités sont touchées, allant de la négligence visuelle et auditive à la somesthésie, de l'hémi-inattention à la négligence motrice, de l'atteinte de l'espace juxtacorporel à celle de l'espace lointain.
La sémiologie est généralement due à la résultante des actions d'inhibition-stimulation de chaque hémisphère.
Étym. gr. agnôsia : ignorance (a : privatif ; gnôsis : connaissance)
Syn. négligence spatiale unilatérale.
→ négligence spatiale unilatérale
[H1]
Édit. 2017
agnosie tactile l.f.
tactile agnosia
Trouble de la reconnaissance tactile des objets en l'absence d'atteinte sensitive superficielle ou proprioceptive élémentaire.
L'agnosie tactile est observée dans les lésions pariétales, en particulier celles touchant la pariétale ascendante. Sa réalité est discutée en tant qu'agnosie pure pour le tact. Ses relations avec l'astéréognosie et l'asymbolie tactile sont subtiles.
Étym. gr. agnôsia : ignorance (a : privatif ; gnôsis : connaissance)
[H1]
Édit. 2017
agnosie visuelle l.f.
visual agnosis
Trouble cognitif défini en tant qu'incapacité à identifier des objets ou leur représentation comme les images, les symboles graphiques, les visages, l'espace ou encore les couleurs, alors que les fonctions intellectuelles sont normales et les fonctions visuelles intègres.
Ces déficits sont observés dans des lésions des aires péristriées et associatives (aires 18 et 19 de Brodmann). Les lésions gauches entraînent des difficultés d'identification des objets avec des troubles de leur dénomination ; les lésions droites entraînent des difficultés visuospatiales et de reconnaissance des visages (prosopagnosie). De tels troubles sont décrits dans les lésions pariéto-occipitales, notamment les infarctus de l'artère cérébrale postérieure.
Étym. gr. agnôsia : ignorance (a : privatif ; gnôsis : connaissance)
[H1]
Édit. 2017
agnostérol n.m.
agnosterol
Stérol présent à côté du lanostérol dans la graisse de laine.
Étym. lat. agnus : agneau
[C1]
Édit. 2017
agonie n.f.
agony
1) Lutte désespérée du patient contre la mort avant qu'il ne soit inconscient et immobile, particulièrement visible lors de l'arrêt circulatoire (affres de la mort).
2) Par affaiblissement du sens du mot, période précédant la mort.
Étym. gr. agônia : concours de lutte dans les jeux
[N1]
Édit. 2017
agoniste adj.
agonist
Se dit d’une action qui concourt au même effet qu’une autre ou d’un organe qui agit en synergie avec un autre.
1) En physiologie musculaire, un muscle qui provoque un mouvement est agoniste de celui qui, susceptible de s’opposer à ce mouvement est dit antagoniste : ex. dans la flexion de l’avant-bras sur le bras les muscles brachial et biceps brachial sont synergiques et agonistes du muscle triceps brachial qui, extenseur de l’avant-bras sur le bras, est leur antagoniste.
2) En pharmacologie, se dit d'une substance, endogène ou exogène qui active le même récepteur cellulaire entraînant les mêmes effets que ceux observés lors de l'activation du récepteur par le médiateur endogène normal. La fixation sur le récepteur est le plus souvent réversible et plus ou moins spécifique. Cette spécificité est plus ou moins grande selon le sous-type de récepteur, par ex. les différents bêta-mimétiques agissent plus ou moins spécifiquement sur les récepteurs cardiaques bêta1 ou bronchiques bêta 2.
De très nombreux agonistes sont utilisés en thérapeutique : par ex. les agonistes des récepteurs muscariniques, nicotiniques, sérotoninergiques, opiacés et adrénergiques alpha ou bêta. L'utilisation prolongée d'un agoniste amène la désensibilisation progressive des récepteurs selon un mécanisme (internalisation des récepteurs) qui n'est pas bien élucidé. Cela se traduit par l'affaiblissement progressif de l'effet du médicament amenant à augmenter progressivement les doses, phénomène proche de la tachyphylaxie, qui a été surtout décrit en réanimation lors de l'utilisation prolongée des sympathomimétiques en administration intraveineuse continue.
Le terme « agoniste » est également utilisé comme adjectif.
Étym. gr. agos : combattant ; lat. ago, agere : mettre en mouvement
Ant. antagoniste
[C2,G3,G5]
Édit. 2019
agoniste adrénergique l.m.
adrenoreceptor agonist
Stimulant des récepteurs alpha et bêta de la noradrénaline.
Les récepteurs alpha sont divisés en sous-types alpha 1 et alpha 2. Ex. d'agonistes des alpha 1 : adrénaline, noradrénaline, phényléphrine ; des alpha 2 : noradrénaline, clonidine, guanfacine.
Les récepteurs béta sont répartis en trois sous-types, béta 1 au niveau du cœur, béta 2 en particulier au niveau des fibres musculaires lisses, des bronches, de l'utérus, béta 3 au niveau du tissu adipeux. Ex. d'agonistes des béta 1 : dobutamine, des béta 2: salbutamol, des béta 3 : de nombreux antagonistes béta 1 et béta 2 stimulent les récepteurs béta 3.
Étym. gr. agos : combattant ; lat. ago, agere : mettre en mouvement
[C2,C3,G3]
Édit. 2017
agoniste cholinergique l.m.
cholinergic agonist
Substance ayant les mêmes actions que celles de l'acétylcholine (stimulation des récepteurs muscariniques ou nicotiniques).
Les agonistes cholinergiques de synthèse utilisés en clinique sont le carbachol, la métacholine et le béthanéchol. Leur emploi en thérapeutique est réduit. La pilocarpine est utilisé en collyre comme antiglaucomateux.
Les anticholinestérases sont des agonistes cholinergiques indirects par blocage de la dégradation de l'acétylcholine qui s'accumule au niveau de la fente synaptique. Ils sont utilisés pour faciliter la motilité gastro-intestinale et vésicale, pour améliorer la transmission neuromusculaire et, en ophtalmologie, comme antiglaucomateux.
Les anticholinestérasiques utilisés en thérapeutique ont une action réversible. Les principaux sont la tacrine (Cognex®) qui traverse la barrière hématoencéphalique, elle est utilisée dans le traitement de la maladie d'Alzheimer, l'ésérine (physostigmine), la néostigmine, la pyridostigmine et l'édrophonium.
Les anticholinestérasiques irréversibles (organophosphates) utilisés dans l'agriculture comme pesticides (parathion, malathion) sont la cause d'intoxications humaines, ils ont été utilisés comme gaz de combat. La pralidoxime, qui est capable de réactiver l'acétylcholinestérase est utilisée pour traiter ces intoxications.
Les champignons toxiques de l'espèce inocibe et clitocibe produisent des syndromes muscariniques d'apparition précoce.
→ acétylcholine, accident précoce par ingestion de champignons
[C1 C2,G3,G4,G5]
Édit. 2017
agoniste de la LH-RH l.m.
LH-RH agonist
Décapeptide analogue de la LH-RH, qui s'en distingue par la nature d'un ou deux acides aminés.
Il sature les sites récepteurs de la LH-RH, notamment sur l'hypophyse qu'il désensibilise. Il produit ainsi un hypogonadisme hypogonadotrophique qui interrompt temporairement la sécrétion des gonadotrophines, mis à profit pour obtenir la baisse de l'œstradiol ovarien, ou dans le sexe masculin l’inhibition de la sécrétion de testostérone. Les indications thérapeutiques en sont l'endométriose, les fibromes utérins, les inductions d'ovulation, la cancer de la prostate. La médication peut induire une ostéoporose et être responsables d’effets indésirables pénibles analogues aux signes cliniques survenant lors de l’installation de la ménopause.
Étym. gr. agos : combattant ; lat. ago, agere : mettre en mouvement
→ analogue de la LH-RH, hypogonadisme
[C1, C3, O3, O4]
Édit. 2020
agoniste dopaminergique l.m.
dopaminergic agent
Stimulant des récepteurs présynaptiques et postsynaptiques de la dopamine.
Généralement, ils sont localisés dans l'encéphale (système nigro-striatal, système mésolimbique, système tubéro-infundibulaire) et au niveau périphérique (rein, vaisseaux). Ces agonistes sont divisés en deux principaux sous-groupes D1 et D2. Parmi les agonistes des récepteurs D2, on range l'apomorphine et la bromocriptine d’autres médications apparentées comme le quinagolide et la cabergoline.
Étym. gr. agos : combattant ; lat. ago, agere : mettre en mouvement
→ apomorphine, bromocriptine, quinagolide, cabergoline
[C2, C3, O4]
Édit. 2020
agoniste et antagoniste adj.
agonist and antagonist
Sens général : se dit d'une action opérant dans le même sens qu'une autre ou qui est en opposition avec elle.
En physiologie, muscle qui concourt ou s'oppose à un mouvement (par ex. dans le bras, le muscle triceps brachial est l'antagoniste du muscle biceps brachial).
En pharmacologie, substance ou système qui renforce ou neutralise l'action d'une autre substance ou système (par ex. les systèmes sympathique et parasympathique sont antagonistes).
L'affinité d'une substance active sur le plan pharmacologique est la tendance ou degré de stéréospécificité d'un ligand agoniste ou antagoniste à se combiner à un récepteur. Cette affinité est mesurée par l'étude de la liaison d'agonistes ou d'antagonistes radio-actifs sur le site du récepteur.
Étym. gr. agos : combattant ; lat. ago, agere : mettre en mouvement ; antagônistês : adversaire
[C2,G3,I3]
Édit. 2017
agoniste inverse l.m.
inverse agonist
Composé agissant sur le même récepteur que l’agoniste en se fixant sur un site différent et entraînant ainsi un changement de conformation du récepteur qui empêche ce dernier de fixer l’agoniste.
Un agoniste inverse est différent d’un antagoniste qui a le même site de fixation que l’agoniste et, en l’occupant, empêche ce dernier de se fixer. Par exemple, le récepteur de l’histamine H3 possède une activité intrinsèque propre inhibée par les antihistaminiques et amplifiée par les agonistes inverses.
→ agoniste, antagoniste, histamine, antihistaminique
[C1]
Édit. 2019
agoniste partiel l.m.
partial agonist
Substance capable d'activer un récepteur cellulaire comme un agoniste entier mais dont l'effet pharmacodynamique est moins intense que celui d'un agoniste entier.
Il se comporte comme un antagoniste vis-à-vis de l'agoniste entier correspondant.
Étym. gr. agos : combattant ; lat. ago, agere : mettre en mouvement
[C1,C2,C3]
Édit. 2017
agoniste-antagoniste des opiacés l.m.
opiate agonist-antagonist
Substance opiacée antagoniste des récepteurs mu, mais analgésique par action sur les récepteurs kappa et en partie sur les récepteurs mu.
L'effet dépend de la dose et de la présence éventuelle d'un agoniste.
Les principaux sont la pentazocine, le butorphanol, la nalbuphine et la buprénorphine.
Étym. gr. agos : combattant ; lat. ago, agere : mettre en mouvement
→ opiacés
[G3,G4]
Édit. 2017
agoraphobie n.f.
agoraphobia
Trouble qui concerne étymologiquement la peur des espaces découverts mais inclut actuellement un ensemble de phobies apparentées comme la peur des foules, celle de ne pouvoir se réfugier facilement en un lieu sûr, celle des grands magasins et des endroits publics, la crainte de quitter le domicile.
Les manifestations anxieuses et les conduites d'évitement qui en découlent sont de fréquence et d'intensité variables selon les patients, parfois très invalidantes, au point que certains sujets restent confinés à leur domicile.
Plus souvent observée chez la femme que chez l'homme, l'agoraphobie peut être associée à des symptômes dépressifs, obsessionnels, des phobies sociales et des attaques de panique.
L'évolution est souvent chronique en l'absence de traitement. Celui-ci est médicamenteux (antidépresseurs) et psychothérapique (thérapie cognitivo-comportementale).
D'autres phobies spatiales peuvent en être rapprochées : acrophobie (vertige des hauteurs), claustrophobie (peur des espaces confinés).
Étym. gr. agora : place publique, phobos : crainte
→ acrophobie, claustrophobie, dépression, névrose obsessionnelle
[H3,H4]
Édit. 2017
agotomie sélective de la masse des cellules pariétales l.f.
Syn. vagotomie suprasélective
[L2]
Édit. 2019
agrafage n.m.
stapling
1) Ostéosynthèse par agrafes, essentiellement dans l’os spongieux, en particulier pour fixer les fragments d’une ostéotomie métaphysaire ou d’une résection-arthrodèse.
2) Technique d’épiphysiodèse.
L’agrafage du cartilage de croissance, variété technique d’épiphysiodèse consiste à placer une série d’agrafes à cheval sur le cartilage de croissance pour en arrêter l’activité, de façon provisoire ou définitive.
W.P. Blount et G.R Clarke, orthopédistes américains (1949)
[I2]
Édit. 2017