Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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glomus neuro-myo-artériel de Masson l.m.

Masson’s neuromyoarterial glomus

Petit organite neuromusculovasculaire correspondant à un court-circuit artérioveineux faisant communiquer directement une artériole cutanée subterminale et une ou plusieurs veinules, non pas par des capillaires mais par un canal de Sucquet-Hoyer qui est entouré de cellules glomiques contractiles.
Les glomus sont surtout abondants à la pulpe et dans le lit unguéal des doigts et des orteils, mais sont aussi présents aux paumes et aux plantes, aux oreilles et dans la zone médiofaciale. Ils peuvent être à l'origine de processus tumoraux appelés tumeurs glomiques.

P. Masson, anatomopathologiste français, membre de l'Académie de médecine (1924)

Étym. lat. glomus : peloton

→ glomique (tumeur), tumeur glomique cutanée, tumeur artérioveineuse acrale

glomus tympanique l.m.

glomus tympanicum (TA)

tympanic glomus

Amas de cellules paraganglionnaires situé le long du nerf tympanique.

→ paraganglion, ganglion tympanique

glucagon n.m.

glucagon

Hormone polypeptidique de 29 acides aminés, sécrétée par les cellules α ou A des îlots de Langerhans-Laguesse du pancréas.
Elle est biosynthétisée sous forme d'un précurseur, le proglucagon. Cette hormone est hyperglycémiante par son action sur des récepteurs des hépatocytes qui déclenchent la formation d'AMP cyclique dont l'effet s'exerce sur la phosphorylase responsable de la glycogénolyse. Le glucagon stimule la gluconéogénèse dans le foie et le rein à partir des acides aminés et du glycérol au cours du jeûne glucidique, du diabète et de la lipomobilisation. Dans le tissu adipeux, il agit aussi par l'intermédiaire de l'AMP cyclique sur la lipase qui assure la mobilisation des acides gras.

Étym. gr. glukus : doux ; agein : agir

glucagon-like peptide-1 l.m. angl.

Hormone entérodigestive, produite par les cellules L de l’iléon, en réponse à la présence d’aliments sucrés dans la lumière intestinale, responsable précocement d’un puissant effet insulinosécréteur, inhibiteur de la production de glucagon et de la vidange gastrique, doué d’un effet hypothalamique satiogène et anorexigène.
Le glucagon-like peptide-1 appartient à la classe des incrétines.
Des analogues du
glucagon-like peptide-1 sont utilisés par voie parentérale comme médications incrétinomimétiques (exénatide, liraglutide…) dans la prise en charge du diabète non insulinoprive,  ou parfois pour renforcer l’action des insulines.
Des inhibiteurs de la dipeptidyl peptidase-4 (DPP4), enzyme impliquée dans la dégradation du GLP1, sont utilisables par voie orale comme antidiabétiques (saxagliptine, sitagliptine, vildagliptine).
  

Sigle GLP 1

→ incrétine

[G5, R1]

Édit. 2018

glucagonome n.m.

Tumeur sécrétrice de glucagon se traduisant cliniquement par une diarrhée motrice et par une hyperglycémie due à une sécrétion inappropriée de glucagon par les cellules bêta du pancréas.
Un signe caractéristique accompagne la diarrhée et le diabète : l'érythème nécrolytique migrateur (macules, papules et bulles qui évoluent vers l'ulcération) qui se manifeste sur le tronc et les membres. Glossite et stomatite complètent le tableau digestif.
Le traitement est chirurgical ; sinon, on utilise les dérivés retard de la somatostatine, les sulfamides hypoglycémiants ou l'insulinothérapie.

→ érythème nécrolytique migrateur, glucagonome (syndrome du)

glucagonome (syndrome du) l.m.

glucagonoma syndrome, necrolytic migratory erythema

Maladie provoquée par une tumeur pancréatique sécrétrice de glucagon, se manifestant du point de vue cutané par un érythème migrateur rouge sombre et souvent érosif, à évolution centrifuge, qui touche de façon privilégiée les extrémités des membres, les régions périorale et périgénitale et réalise le tableau clinique de l' érythème nécrolytique migrateur.
L'évolution se fait par poussées guérissant en quelques semaines avec une cicatrice pigmentée. Des signes muqueux apparaissent (stomatite, glossite, chéilite, vaginite).
Le glucagonome est une tumeur maligne développée aux dépens des cellules alpha des îlots de Langerhans avec glycémie et taux sérique de glucagon élevés. L'examen tomodensitométrique ou une artériographie permettent de localiser la tumeur dont le traitement est chirurgical.

C. N. Mallinson, médecin britannique (1974)

→ érythème nécrolytique migrateur

glucocérébrosidase n.f.

glucocerebrosidase

Enzyme lysosomiale de type bêta-glucosidase catalysant l'hydrolyse des glucosylcéramides (également dénommés glucocérébrosides).
Un déficit en glucocérébrosidase est responsable de la Maladie de Gaucher, caractérisée par une accumulation de glucocérébrosides dans les cellules du système réticulo-endothélial du foie, de la rate et de la moelle osseuse.

Syn. glucosylcéramide-bêta-glucosidase

→ Gaucher (maladie de), glucocérébroside, glucosylcéramide

glucophosphomutase n.f.

glucophosphomutase

Enzyme qui catalyse de façon réversible le transfert du radical phosphorique du C1 au C6 du glucose.
Cette réaction fait intervenir une molécule de glucose-1,6-bisphosphate qui catalyse le transfert sur chacun des C des glucose-monophosphates.
La glucophosphomutase existe dans toutes les cellules et joue un rôle dans la glycogénolyse et la glycogénogénèse.

Syn. phosphoglucose-phosphomutase, et moins correctement, phosphoglucomutase

glucosamine n.f.

glucosamine

Osamine, sucre aminé présent dans de nombreuses combinaisons polyosidiques, le plus souvent sous forme acétylée, N-acétyl-glucosamine : oligosides du lait de femme, mucopolysaccharides, substances des groupes sanguins, glycoprotéines, chitine.
La biosynthèse de la glucosamine se fait par le transfert du radical NH2 de la glutamine sur le fructose-6-phosphate. La glucosamine libre est une amine toxique pour les cellules.

→ glucose, osamine

glucose dependent insulinotropic polypeptide l. angl.

Incrétine sécrétée par les cellules K du duodénum.

Sigle  : GIP (à ne pas confondre avec l’entérogastrone, gastric inhibitory peptide, inhibitrice de la sécrétion gastrique)

→ incrétine, cellule K duodénale, glucagon, adipocyte

GLUT sigle angl. pour glucose Transporter.

Système protéinique permettant le transport du glucose à travers une membrane cellulaire.
On reconnaît l'existence de plusieurs GLUT (1, 2, 3, 4) selon le tissu concerné : le GLUT1 est un transporteur constitutif de toutes les cellules, le GLUT4 est le transporteur insulinosensible du muscle et du tissu adipeux.

glutathion n.m.

glutathione

Gamma-glutamyl-cystéinyl-glycine,pseudotripeptide à fonction thiol présent dans la plupart des cellules animales et végétales.
Grâce à sa fonction thiol il joue un rôle important dans la protection des protéines et des lipides contre les peroxydes et les conséquences éventuellement nocives des radicaux libres. La voie des pentoses-phosphates génératrice de NADPH, la vitamine E et la vitamine C contribuent au maintien de la forme active (thiol) du glutathion (glutathion réduit). Sa concentration dans les globules rouges est d'environ 2mM.

Abrév. GSH (forme oxydée GSSG)

→ NADPH

glutathion-peroxydase n.f.

glutathion peroxidase

Enzyme catalysant la réduction de l'eau oxygénée par la déshydrogénation du glutathion.
Cet enzyme, dont la structure comporte du sélénium sous forme de sélénocystéine, joue un rôle essentiel dans la protection des cellules contre les peroxydes et les radicaux libres.

glycéraldéhyde n.m.

glyceraldehyde

Aldotriose métabolite présent dans les cellules surtout sous forme d'ester phosphorique : glycéraldéhyde-3-phosphate, intermédiaire de la voie de la glycolyse.
Il se forme aussi en très petite quantité à partir du fructose-1-phosphate clivé par fructose-1-phosphate aldolase.

glycérophosphate-déshydrogénase n.f.

glycerophosphate dehydrogenase

Enzyme catalysant réversiblement la déshydrogénation du L-glycérophosphate en phospho-dihydroxyacétone.
L'enzyme qui utilise le NAD comme accepteur est très répandu dans toutes les cellules animales, végétales ou microbiennes, il joue un rôle dans la biosynthèse des glycérolipides, et aussi dans le transfert d'hydrogènes de molécules de NADH cytoplasmiques à des molécules de NAD dans la mitochondrie en vue de leur oxydation par la chaine respiratoire. Il existe une autre glycérophosphate-déshydrogénase qui utilise le FAD comme accepteur et qui perd un peu de l'énergie d'oxydation en chaleur.

→ NAD, NADH, FAD

glycocalix n.m.

glycocalix, fuzzy coat

Couche filamentaire recouvrant les microvillosités au pôle apical des cellules absorbantes de l'intestin (entérocytes).
Elle forme avec les microvillosités la bordure en brosse des entérocytes, et joue probablement un rôle de barrière envers les micro-organismes et d'autres substances exogènes.

glycogène-synthétase n.f.

glycogen synthetase

Enzyme catalysant la biosynthèse du glycogène à partir de l'uridine-diphosphate-glucose (UDP-glucose), en transférant le radical glucosyle sur l'extrémité d'une chaîne préexistante de glycogène.
Cet enzyme est présent dans toutes les cellules animales. Il existe sous deux formes : la glycogène-synthétase a directement active dont l'abondance dépend de l'insuline ; et la glycogène-synthétase b inactive, forme phosphorylée de la première, mais qui peut être active en présence de glucose-6-phosphate ; la phosphorylation de la forme a est catalysée par une protéine-kinase  adénosine monophosphate cyclique (AMPc)-dépendante ; la déphosphorylation de la forme b en forme a est catalysée par une protéine-phosphatase activée par la présence de glucose.

glycopexie n.f.

glycopexis

Fixation et mise en réserve du glucose, sous forme de glycogène dans les cellules, en particulier hépatiques ou musculaires.

glycoprotéine plaquettaire IIIa l.f.

platelet glycoprotein IIIa

Glycoprotéine de 762 acides aminés avec un domaine transmembranaire, correspondant à la sous-unité de la bêta 3-intégrine.
Le gène de GPIIIa se trouve à 250 kilobases de celui de GPIIb sur le chromosome 17. La GPIIIa peut aussi s'associer à la sous-unité du récepteur de la vitronectine donnant naissance au récepteur bêta 3 présent sur les cellules endothéliales et les ostéoclastes. Elle est respectivement absente, diminuée ou anormale dans les thrombasthénies type I, II et variant et joue un rôle essentiel dans l'agrégation plaquettaire.

GMCSF sigle angl. pour Granulocyte Macrophage-Colony Stimulating Factor

Facteur stimulant la prolifération des cellules granuleuses et monocytaires.

Golgi (organe de) l.m.

Golgi's apparatus, body

Formation proprioceptive située dans le tendon musculaire, d'où partent les fibres sensitives Ib.
Celles-ci gagnent la racine postérieure puis la corne postérieure de la moelle et vont s'articuler dans la corne antérieure avec les cellules motrices, d'où nait le motoneurone alpha destiné au muscle.
L'organe de Golgi joue un rôle dans le fonctionnement du réflexe proprioceptif d'étirement, le réflexe tendineux, dit encore réflexe myotatique.

C. Golgi, anatomiste italien, membre de l'Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1906 (1886)

gonalgie n.f.

knee pain

Douleur localisée au genou quelle qu’en soit la cause.
Une douleur peut aussi être ressentie uniquement au niveau du genou alors qu’elle prend son origine au rachis lombaire ou, surtout, à la hanche. Toutes les structures anatomiques articulaires peuvent être intéressées : os, cartilage, ménisques, ligaments, tendons et synoviale.
Une gonalgie par atteinte mécanique est accrue par les mouvements tels que montée et descente d’escalier, et calmée par le repos. Une origine inflammatoire, éventuellement  infectieuse, ou tumorale donne lieu à des douleurs permanentes avec recrudescence nocturne, non calmées par le repos. En pratique, la distinction repose surtout sur l’examen du liquide synovial prélevable par ponction articulaire. Un liquide inflammatoire contient plus de 1 500 cellules par mm3, le nombre d’éléments étant conditionné par le degré d’inflammation et pouvant en atteindre plusieurs dizaines de milliers ; il est à prédominance de polynucléaires neutrophiles dans les infections locales bactériennes ou dans les accès aigus microcristallins de la goutte et de la chondrocalcinose.

→ goutte, chondrocalcinose

Goodpasture (syndrome de) l.m.

Goodpasture syndrome

Maladie rare liée à l'hypersensibilité du type II, d'étiologie inconnue, se manifestant par une pneumopathie hémorragique associée à une grave glomérulonéphrite évolutive, caractérisée par la présence dans le sang d'anticorps antimembrane basale glomérulaire et, dans la membrane basale glomérulaire, de dépôts linéaires d'immunoglobuline et de complément.
S’observant souvent chez les sujets jeunes de sexe masculin il est généralement d’étiologie inconnue, mais a aussi été décrit après des expositions prolongées à des inhalations d’hydrocarbures.
La biopsie rénale montre la fréquence de croissants extracapillaires faits de cellules épithéliales pariétales mêlées à des éléments inflammatoires et à de la fibrine, comblant l'espace de Bowman et étouffant le bouquet glomérulaire. On observe des dépôts linéaires d'immunoglobulines (Ig) et de complément (C) le long de la membrane basale capillaire glomérulaire. Les lésions pulmonaires correspondent à une pneumopathie interstitielle nécrosante et hémorragique, avec dépôt d'Ig le long de la membrane basale des septums alvéolaires. On considère que ces lésions rénales et pulmonaires sont dues à la présence d'anticorps antimembrane basale glomérulaire qui donnent lieu à une réaction croisée avec les membranes basales alvéolaires.
L'évolution est habituellement sévère. Elle a été améliorée par les corticoïdes et les plasmaphérèses. La perte de la fonction rénale nécessite le recours à l’hémodialyse. Le recours à la transplantation doit être différé tant qu'il persiste des anticorps antimembrane basale dans le sérum.

E. Goodpasture, anatomopathologiste américain (1919)

graisse n.f.

fat

Substance d'origine animale comme le saindoux, le suif ou le beurre, ou végétale comme le beurre de cacao, essentiellement constituée de triglycérides.
Les graisses ont une densité inférieure à 1 ; insolubles dans l'eau, elles forment en général une phase à part quand on en fait une émulsion dans l'eau. Dans les cellules vivantes elles sont rassemblées dans des structures vacuolaires du cytoplasme, comme dans le tissu adipeux ou les organes stéatosiques. On oppose parfois les graisses aux huiles, les premières étant solides à la température ordinaire et les autres liquides. Les graisses sont plus riches en acides gras saturés et les huiles en acides gras insaturés. Les acides gras à plusieurs doubles liaisons, dits incorrectement polyinsaturés, sont indispensables.
Le terme « graisse brune » désignant le tissu adipeux brun est incorrect.

Étym. lat. grassia : épaisseur

→ tissu adipeux, graise brune

graisse brune l.f.

brown fat, brown adipose tissue

Variété de tissu adipeux, surtout situé dans la région scapulaire, composé d'adipocytes bruns, présent chez le nouveau-né et chez les mammifères adultes qui hibernent, chez lesquels elle exerce un rôle important dans la régulation thermique.
Chez le nouveau-né humain elle maintient la chaleur corporelle pendant la période néonatale, puis subit une involution pendant la première enfance. Elle existe encore en petite quantité chez l’homme adulte, notamment autour des surrénales. Les cellules qui la constituent sont des adipocytes à noyau central qui contiennent dans leur cytoplasme de nombreuses petites gouttelettes lipidiques, leur donnant un aspect vacuolaire.
La rare tumeur développée aux dépens de ce tissu adipeux particulier est l’hibernome dont il existe une forme maligne.

→ tissu adipeux, hibernome

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