Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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cheveux n.m.p.

capilli (TA)

hairs of head

Poils longs recouvrant les régions supérieure, latérales et postérieure de la tête.
Ils apparaissent au cours du sixième mois de la vie fœtale.

[J1]

cheveux tournés l.m.p.

twisted hair

→ pili torti

[J1]

Chiari (ostéotomie de) l.f.

Technique d’ostéotomie de l’os iliaque au ras de la capsule articulaire coxo-fémorale, permettant de refouler le cotyle vers la ligne médiane;

La surface de section du segment supérieur améliore de ce fait la couverture de la tête fémorale.

Karl Chiari, chirurgien orthopédiste autrichien (1955)

[I2]

chiasma tendineux des doigts de la main l.m.

chiasma tendinum digitorum manus (TA)

tendinous chiasm of fingers of hand

Entrecroisement des deux bandelettes tendineuses terminales de chacun des tendons du muscle fléchisseur superficiel des doigts au-devant de la première articulation interphalangienne correspondante et en arrière du tendon terminal homologue du muscle fléchisseur profond des doigts.

P. Camper, anatomiste, anthropologue et chirurgien néerlandais (1722-1789)

Syn. anc. chiasma tendineux de Camper

[A1]

Édit. 2015

Chilomastix mesnili

Chilomastix mesnili
Protozoaire flagellé, parasite de l’intestin, cosmopolite, surtout fréquent chez l’enfant.
Chilomastix mesnili existe sous deux formes : kystique et végétative. La forme végétative (14 à 20µm de long sur 5 à 6µm de large) est piriforme et très mobile. L’extrémité antérieure qui contient un noyau volumineux est arrondie, alors que l’extrémité postérieure est effilée et légèrement arquée. La partie médiane du corps cellulaire présente un sillon de torsion. L’appareil locomoteur comporte trois flagelles antérieurs libres et un quatrième situé à l’intérieur d’une dépression antérieure du cytoplasme. Le kyste est lui aussi piriforme, de 8µ de long sur 5 à 7µ de large, prolongé dans sa partie rétrécie par un petit mamelon caractéristique.

[D1]

chimioprévention n.f.

Prophylaxie faisant appel à l’emploi de substances médicamenteuses en vue de protéger des sujets sains exposés à une contagion.
Il s’agit le plus souvent d’une prophylaxie spécifique, par exemple l’absorption de nivaquine pour la prévention du paludisme. Cette méthode n’est pas sans inconvénient, elle risque de sensibiliser le sujet aux antibiotiques, de développer la résistance des bactéries ou des parasites au produit, etc.

Syn. chimioprophylaxie

[G5,D ]

chimioprophylaxie n.f.

chemoprophylaxis

Utilisation d’un médicament à titre protecteur ou préventif contre une maladie transmissible (paludisme en particulier).

[G5,D ]

chimiotaxie n.f.

chemotaxis

Déplacement orienté d'une cellule mobile ou d'un être vivant déclenché par une substance chimique envers laquelle existe un chimiotactisme.

Étym. chimio ; gr. taxis : arrangement

→ chimiotactisme

[C3 ]

Chiray, Foix, Nicolesco (syndrome de) l.m.

Chiray, Foix, Nicolesco's syndrome

Syndrome supérieur du noyau rouge par infarctus du territoire thalamo-perforé.
Il associe un hémi-syndrome cérébelleux, des mouvements choréo-athétosiques et un tremblement d'intention, sans paralysie oculomotrice car le noyau du moteur oculaire commun est plus caudal.

M. Chiray, membre de l'Académie de médecine et C. Foix, médecins français, I. Nicolesco, histologiste roumain (1923)

Syn. syndrome du pédicule thalamo-perforé

[H1 ]

chiropraxie n.f.

chiropractic

Méthode thérapeutique consistant en diverses manipulations manuelles sur les articulations, principalement la colonne vertébrale et se proposant de remédier à certaines affections de l'appareil locomoteur et parfois viscérales.
La chiropraxie a été proposée aux Etats Unis, presque à la même époque que l’ostéopathie, par Daniel David Palmer (1845-1913) qui imagina cette technique après avoir prétendument guéri un sourd par une simple manipulation vertébrale, et en avoir attribué l’effet à la correction d’une « subluxation vertébrale » responsable de la maladie. Suivant sa théorie, cette subluxation intervient en comprimant les nerfs ; les fonctions chimiques et physiques de l’organisme humain sont contrôlées par l’énergie vitale transmise par le système nerveux ; la correction des anomalies vertébrales permet de supprimer les interférences des courants nerveux et de rétablir dans les nerfs un courant électrique normal, nécessaire à la concentration des solutions tissulaires. Le côté spirituel est évoqué par Barlett Joshua Palmer : le corps humain est le temple de Dieu ; chaque cellule cérébrale envoie son message par un câble, la fibre nerveuse, qui aboutit à un récepteur, la cellule tissulaire. En fondant son école, Daniel D.Palmer insiste sur l’orientation scientifique qu’il souhaite lui donner notamment par l’étude approfondie de l’anatomie, ce que confirme le livre de Mabel H. Palmer. Au terme de leur formation, identique à celle que dispensent les écoles de médecine, mais avec l’application des théories de Palmer et l’interdiction de prescrire des médicaments, les étudiants ont le titre de docteur en chiropratique (CD). Certains y ajouteront PhD, après avoir passé une thèse d’université.
A partir des Etats Unis, l’ostéopathie et la chiropratique se sont considérablement développées en Europe, en commençant par l’Angleterre, avec une préférence du monde anglo-saxon pour les chiropraticiens, jugés plus scientifiques, alors que l’ostéopathie devenait de plus en plus populaire en France.
La première reconnaissance officielle de la chiropraxie intervient avec l’article 75 de la loi du 4 mars 2002 : « L’usage professionnel du titre d’ostéopathe ou de chiropracteur est réservé aux personnes titulaires d’un diplôme sanctionnant une formation spécifique à l’ostéopathie ou à la chiropraxie délivrée par un établissement de formation agréé par le ministre chargé de la santé dans des conditions fixées par décret ».
Il faut attendre le décret du 7 janvier 2011 en application de la loi pour que soient précisés les actes et les conditions d’exercice de la chiropraxie :
-Article 1 – Les praticiens justifiant d’un titre de chiropracteur sont autorisés à pratiquer des actes de manipulation et mobilisation manuelles, instrumentales ou assistées mécaniquement, directes et indirectes, avec ou sans vecteur de force, ayant pour seul but de prévenir ou de remédier à des troubles de l’appareil locomoteur du corps humain et de leurs conséquences, en particulier au niveau du rachis, à l’exclusion des pathologies organiques qui nécessitent une intervention thérapeutique, médicale, chirurgicale, médicamenteuse ou par agents physiques. Ils exercent dans le respect des recommandations de bonnes pratiques établies par la Haute Autorité de santé.
Ces actes de manipulation et mobilisation sont neuro-musculo-squelettiques, exclusivement externes. Ils peuvent être complétés par des conseils ou des techniques non invasives conservatrices et non médicamenteuses à visée antalgique.
-Article 2 – il précise les conditions dans lesquelles un chiropracteur non médecin doit orienter son patient vers un médecin.
-Article 3 –
I – Le praticien justifiant d’un titre de chiropracteur ne peut effectuer les actes suivants : 1° manipulation gynéco-obstétricale – 2° touchers pelviens
II – Après un diagnostic établi par un médecin attestant l’absence de contre-indication médicale à la chiropraxie, le praticien justifiant d’un titre de chiropracteur est habilité à effectuer les manipulations du crâne, de la face et du rachis chez le nourrisson de moins de six mois.
III – Les actes de manipulation du rachis cervical sont réalisés, par le praticien justifiant d’un titre de chiropracteur, sous réserve des restrictions prévues en annexe.
IV – Les dispositions prévues aux points I à III ci-dessus ne sont pas applicables aux médecins ni aux autres professionnels de santé lorsqu’ils sont habilités à réaliser ces actes dans le cadre de l’exercice de leur profession de santé et dans le respect des dispositions relatives àleur exercice professionnel.
-Les articles 4 à 16 précisent les conditions d’acquisition et d’usage du titre de chiropracteur tant pour les ressortissants français que pour les ressortissants d’un état membre de l’Union Européenne ou d’un autre Etat partie à l’accord sur l’Espace économique européen.
-Une annexe au décret du 7 janvier 2011 spécifie les circonstances dans lesquelles une manipulation ou une mobilisation cervicale ne doit pas être pratiquée en chiropraxie.
Le décret du 20 septembre 2011  «  relatif à la formation des chiropracteurs et à l’agrément des établissements de formation en chiropraxie » et l’arrêté du 24 mars 2014 « relatif aux dispenses d’enseignement susceptibles d’être accordées en vue de la préparation au diplôme permettant d’user du titre de chiropracteur », complètent cette réglementation.
Biblio. – Thérapies complémentaires – acupuncture, hypnose, ostéopathie, tai-chi – leur place parmi les ressources de soins – rapport 13-04 de D. Bontoux, D. Couturier, C-J. Menkès au nom d’un groupe de travail, devant l’Académie Nationale de Médecine le 5 mars 2013 –Bull.Acad. Natle Méd., 2013, 197, n°3, 717-757

Étym. gr. kheir : main ; praxis : action, mouvement

→ chiropraticien, chiropracteur, ostéopathie, médecine manuelle de Robert Maigne

[G5 ]

chirurgie rénale ex situ l.f.

bench surgery, ex vivo surgery

Technique chirurgicale qui enlève un rein par une néphrectomie ménageant particulièrement les éléments du pédicule vasculaire, traite les lésions rénales sur le rein isolé, refroidi et perfusé, et se termine par une autotransplantation.
Elle est adaptée à la chirurgie de l'artère rénale et de ses branches, de certaines lithiases complexes, et des tumeurs sur rein unique.

Syn. chirurgie extracorporelle, chirurgie ex vivo, chirurgie hors du corps

→ autotransplantation

[M2]

chlordiazépoxide n.m.

Anxiolytique appartenant à la classe des benzodiazépines.

→ benzodiazépines

[H3,G5 ]

Édit. 2017

chlorhexidine n.f.

→ antiseptique

[G3]

chlorure de chaux l.m.

Hypochlorite de calcium impur utilisé en hygiène pour une désinfection en urgence d’un emplacement destiné à la distribution de soins médicaux ou chirurgicaux en particulier dans des circonstances de catastrophe à effets multiples.

[G5,D]

choc apexien l.m.

heart apical beat

Mouvement systolique de la pointe du cœur perçu normalement par la palpation du 4e ou 5e espace intercostal gauche.
Il peut être difficile à percevoir chez l’obèse. Certains états pathologiques modifient le choc apexien soit dans son siège, soit dans son aspect (choc en dôme, choc étalé, choc en masse).

[N1,K2]

choc toxi-infectieux l.m.

→ choc septique, choc bactériémique

[G1,D1]

choc toxique l.m.

toxic shock syndrome

Choc d'origine toxique ou septique, dû notamment au staphylocoque.

J. K. Todd, pédiatre américain (1978)

[G1,D1]

choc toxique staphylococcique l.m.

toxic shock syndrome

Syndrome associant un état de choc, une fièvre et une éruption scarlatiniforme, dû à l'exotoxine (entérotoxine F) du Staphylococcus aureus, survenant chez des patients ayant un foyer staphylococcique et, en particulier, chez des femmes utilisant des tampons vaginaux.
L'éruption, qui évolue en 8-15 jours vers une desquamation en grands lambeaux, est fréquemment associée à un œdème des extrémités, à une langue framboisée et à une conjonctivite. L'atteinte viscérale, notamment digestive, musculaire, rénale, hépatique, etc., est responsable d'une mortalité d'environ 10%. Les hémocultures sont négatives. Le traitement associe antibiothérapie antistaphylococcique, suppression du foyer initial, traitement du choc.

J. K. Todd, pédiatre américain (1978)

→ choc septique, défaillance multiviscérale, toxémie

[G1,D1]

choc toxique streptococcique l.m.

septrococcic toxic shock

État de choc d'évolution fulminante survenant au cours d'une infection par des streptocoques du groupe Aβ hémolytique, de localisation variable (infection gynécologique, obstétricale, cutanée, des parties molles, angine), parfois favorisé par une varicelle.
Les symptômes sont : douleurs des extrémités, douleurs abdominales, myalgies, hyperthermie, frissons, diarrhée. Un rash éruptif n'est pas constant. La mortalité est élevée (30%).

→ choc septique, défaillance multiviscérale

[G1,D1]

choix psychique invisible l.m.

invisible psychical choice

Conditions psychologiques rencontrées à la base de certaines crises ou décompensations hystériques, amenant le sujet à une fuite ou à un état d'agitation (tempête motrice) face à un danger réel ou vécu comme tel sur le plan affectif (E. Kretschmer).
Le "choix forcé" constitue selon J. Lacan la pierre angulaire de la construction du sujet. C'est celui de tout sujet inscrit dans le symbolique, soit dans le signifiant auquel, par contrecoup, il est aliéné. Par ce choix forcé, se construit la structure névrotique et sont articulés et liés symbolique, réel et imaginaire. Au contraire, dans la psychose, le défaut d'inscription du signifiant fondamental ne permet pas que puisse se nouer cette construction stable.

E. Kretschmer, psychiatre allemand (1888-1964)

[H3,H4]

cholangite biliaire primitive l.f.

primary biliary cholangitis

La cholangite biliaire primitive est une maladie chronique caractérisée par une inflammation chronique et une destruction des canaux biliaires interlobaires.
Il s’agit d’une cholangite destructrice chronique non suppurative. La maladie atteint surtout les femmes d'âge moyen. Une majorité de patients sont asymptomatiques. Le bilan biologique montre une cholestase : élévation de l'activité des phosphatases alcalines sériques et de la gammaglutamyltranspeptidase. L’élévation de la bilirubine reflète une forme évoluée. Les manifestations incluent une fatigue, un prurit. Plus tard peuvent apparaître une mélanodermie, des xanthomes et un xanthélasma, une ostéopénie, et les complications de toute cirrhose. Des manifestations associées auto-immunes sont fréquentes : syndrome sec, syndrome de Raynaud, sclérodermie (syndrome CREST), thyroïdite notamment. L'ictère a une valeur pronostique défavorable. Les anticorps antimitochondries de type M2, détectés dans plus de 90 % des cas, associés à la cholestase et à une élévation préférentielle des IgM sériques sont très évocateurs du diagnostic lorsque leur titre est significatif et permettent souvent de poser le diagnostic sans biopsie de foie. Ils sont dirigés contre le composant E2 du complexe de la pyruvate deshydrogénase. Les anticorps antinucléaires anti gp 210 (anti glycoprotéine) et anti sp 100 (anti protéine soluble) peuvent être positifs. Leur sensibilité est faible, 25 % de positivité, leur spécificité est élevée dans un contexte d’hépatopathie cholestatique. Ils ont une valeur pronostique péjorative.
L'examen histologique d'une biopsie hépatique montre des lésions irrégulières, associant variablement une inflammation portale péricanalaire à prédominance lymphocytaire, parfois granulomateuse, des lésions épithéliales canalaires, une fibrose d'abord portale puis porto-porte, une raréfaction des canaux biliaires, une prolifération néoductulaire, et une cholestase. Il s’agit donc pour synthétiser d’une cholangite destructrice lymphocytaire. Les lésions histologiques sont classées en 4 stades de gravité croissante, le stade 4 correspondant à une cirrhose constituée.
Le traitement symptomatique associe la cholestyramine et, l’acide ursodésoxycholique, une supplémentation en vitamines ADEK et en calcium. La transplantation hépatique dont les résultats sont excellents doit être discutée en cas d'hyperbilirubinémie supérieure à 100 µmol/L, de prurit intraitable, ou de complications sévères de l'hypertension portale.

Syn. cirrhose biliaire primitive, ne doit plus être employé. Cette locution, de caractère anxiogène pour les malades, recouvrant des cirrhoses et des non cirrhoses, n'est pas adaptée à tous les cas de pronostic très différents.

→ paucité des canaux biliaires, cirrhose hépatique

[L1]

Édit. 2018

cholécystopexie n.f.

cholecystopexy

Fixation chirurgicale de la vésicule biliaire à la paroi abdominale.
Elle est réalisée en règle lors d’un drainage biliaire par la vésicule biliaire.

V. Czerny, chirurgien allemand originaire de Bohème (1842-1916)

cholestase extrahépatique l.f.

Syndrome ictérigène résultant d’une altération de la sécrétion de bile à l’extérieur du foie, c’est-à-dire par obstruction anatomique de la voie biliaire principale, du canal hépatique commun, de la vésicule et du cystique, du canal cholédoque.
L’obstruction est le plus souvent le fait d’un calcul ; mais il peut s’agir de parasites, de caillots sanguins, de fragments tumoraux ou de compression de voisinage.

→ hépatite cholestatique 

[L1]

cholestases fibrogènes familiales l.f.

fibrogenic cholestasis family

Syn. cholestases intrahépatiques familiales, cholestases intrahépatiques progressives familiales (PFIC : progressive familial intrahepatic cholestasis) dont il existe trois formes : PFIC 1, PFIC 2 et PFIC 3

→ cholestase intrahépatique progressive familiale de type 1, cholestase intrahépatique progressive familiale de type 2, cholestase intrahépatique progressive familiale de type 3

choléstéatome du conduit auditif externe l.m.

Cholesteatoma of external ear

Bouchon épidermique volumineux s’accompagnant d’une dilatation de la partie profonde osseuse du conduit auditif externe.
Les formes bilatérales doivent faire craindre une dilatation des bronches dans le cadre d’un syndrome de Mounier-Kuhn ou de Kartagener

P. Mounier-Kuhn, otorhinolaryngologiste français (1932) ; M. Kartagener, médecin interniste suisse (1933)

→ Mounier-Kuhn (syndrome), Kartagener (syndrome)

[F5,P1]

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