Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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épimysium n.m.

epimysium (TA)

epimysium

Enveloppe engainant un muscle composé plurifasciculaire.
Elle est constituée par du tissu conjonctif fibreux, riche en fibres collagènes et élastiques, pauvre en cellules. L’épaisseur de l’épimysium est fonction de la grosseur du muscle.

Étym. gr. epi : sur ; mus : muscle

Syn. anc. périmysium externe

[A1, A2]

Édit. 2020

épinèvre n.m.

epineurium (TA)

epineurium

Tissu conjonctif lâche, parfois riche en cellules adipeuses, qui comble tous les espaces interfasciculaires dans un nerf composé.
Il est parcouru par les vaisseaux sanguins.

Étym. gr. epi : sur ; neuron : nerf

Syn. anc. périnèvre, gaine lamelleuse, nevrilème

[A1, A2, H1]

Édit. 2020

épiréguline n.f.

epiregulin

Protéine mitogène pour les cellules musculaires lisses des vaisseaux sanguins, dont la sécrétion est induite par l’angiotensine II, par l’endothéline I et par la thrombine.

→ angiotensine II, endothéline, thrombine

[C1, C2]

Édit. 2020

épissage alternatif l.m

alternative splicing

Mécanisme principal à l’origine de la diversité de nos cellules consistant à produire plusieurs ARN messagers avec des contenus en exons différents à partir d’un seul gène codant.
L’épissage alternatif touche la majorité (90%) des gènes codants incluant plusieurs exons avec, en moyenne, 6 à 8 transcrits différents par gène. En outre, l’épissage admet des variantes; d’où le nom d’épissage alternatif. Cela explique en grande partie le décalage entre le nombre de gènes codants (21000) et celui de protéines (plus de 100000). La première étape de la transcription est la formation d’un ARN prémessager. Une machinerie complexe, le splicéosome, faite de protéines, dont des ribonucléoprotéines, va reconnaître les sites d’épissage 3’ et 5’ sur la séquence des ARN prémessagers, assurer l’excision des introns et la ligature des exons et aboutir à la production de transcrits avec des contenus en exons différents. Lorsqu’un transcrit présente un codon stop prématuré, il est dégradé et ne produit pas de protéine. De nombreuses maladies rares sont dues à des altérations de l’épissage. Par exemple dans la dystrophie musculaire de Duchenne (DMD) touchant les garçons (1/3300), des mutations impliquant des sites 3’/5’ d’épissage aboutissent à la production d’une protéine tronquée. Les essais thérapeutiques consistent à fixer un oligonucléotide antisens sur un site d’épissage pour l’exclure et restaurer, ainsi, la production d’une protéine fonctionnelle.

→ épissage, Duchenne (dystrophie musculaire progressive de), ARN messager, exon, splicéosome, transcrit

[Q1]

Édit. 2020

épithélioma colloïde du sein l.m.

colloid carcinoma of the breast

Néoplasie mammaire, caractérisée par la présence de cellules tumorales de type mucipare dispersées dans une abondante quantité de mucus.
Ce type d'épithélioma colloïde se retrouve aussi dans l’estomac ou le côlon.

Étym. gr. epi : sur ; thêlê : mamelon

Syn. adénocarcinome colloïde du sein

[A3, F5, O5]

Édit. 2020

épithélium n.m.

epithelium (TA)

epithelium

Tissu de revêtement constitué de cellules juxtaposées, disposées en une couche (épithélium simple) ou plusieurs couches (épithélium stratifié).
C’est le tissu superficiel du tégument externe et du tégument interne des muqueuses. Il peut intervenir dans des échanges et des processus sécrétoires.

Étym. gr. epi : sur ; thêlê : mamelon

[A1, A2, J1]

Édit. 2020

épithélium cornéen l.m.

corneal epithelium

Épithélium pavimenteux stratifié non kératinisé comportant cinq à sept couches de cellules, situé en avant du stroma cornéen, limité en avant par le film lacrymal, en arrière par la membrane basale de l'épithélium, reposant sur la membrane de Bowman.
Il représente 10 % de l'épaisseur cornéenne.

Étym. gr. epi : sur ; thêlê : mamelon

→ épithélium

[A1, A2, P2]

Édit. 2020

épithélium cornéen primitif l.m.

primary corneal epithelium

Couche de cellules ectoblastiques en avant de la vésicule cristallinienne présente à la 5ème semaine, formée de deux assises cellulaires, une profonde basale limitée en dedans par la lame basale et une superficielle.

Étym. gr. epi : sur ; thêlê : mamelon

→ épithélium

[A1, A2, P2, O6]

Édit. 2020

épithélium du cristallin l.m.

epithelium lentis (TA)

lens epithelium

Masse épithéliale centrale du cristallin faite de fibres qui sont de très longues cellules.
Cette masse est entourée par la capsule du cristallin (anciennement cristalloïde antérieure et postérieure) sur ses deux faces.

[A1, A2, P2]

Édit. 2020

épithélium germinatif interne l.m.

internal germinal epithelium

Composante corticale de l'ovaire, à partir de laquelle se sont formées les cellules de la lignée germinale, qui subissent une évolution dont le terme final est le follicule de De Graaf.

R. de Graaf, médecin et anatomiste néerlandais (1641-1763)

Étym. gr. epi : sur ; thêlê : mamelon

→ De Graaf (follicule de)

[A1, A2, C2, O3]

Édit. 2020

Epstein-Barr (virus d') l.m.

Epstein-Barr virus

Virus de la famille des Herpesviridae, sous-famille des Gammaherpesviridae, découvert dans des lignées de cellules de lymphomes de Burkitt africains.
Le génome de ce virus est un ADN linéaire et bicaténaire. Le virus possède une enveloppe et sa capside est de symétrie icosaédrique (polyèdre à 20 faces). L’EBV est responsable de la mononucléose infectieuse. Il est aussi associé à des tumeurs comme le lymphome de Burkitt ou le carcinome indifférencié du nasopharynx. Chez l’immunodéprimé, l’EBV peut être présent dans diverses pathologies : lymphome de Burkitt, lymphomes malins non hodgkiniens (LNH), maladie de Hodgkin et leucoplasie orale chevelue.

M. A. Epstein, Sir, et Yvonne Barr, pathologiste et virologistes britanniques (1964) ; D. P. Burkitt, chirurgien britannique (1959)

Sigle EBV

→ mononucléose infectieuse, Burkitt (lymphome de), sida

[D1]

Édit. 2018 

érastine n.f.

erastin

Molécule de synthèse découverte à l’occasion d’un criblage cherchant à identifier des molécules à activité anti-cancéreuse.
L’érastine induit la ferroptose dans les cellules cancéreuses porteuses d’une mutation de l’oncogène Ras (Ras V12).

→ ferroptose, oncogène

[C1,F2,G3]

Édit. 2018 

érection n.f.

erection

Augmentation de volume, durcissement et redressement du pénis (ou du clitoris).
Ces modifications morphologiques sont dues à l’effet conjugué de l’irruption de sang artériel dans les espaces sinusoïdes des corps caverneux (ce qui entraîne la dilatation de ceux-ci),  de la restriction du drainage veineux et de la contraction des muscles ischiocaverneux. Ce mécanisme est commandé par le système nerveux autonome (parasympathique facilitateur et sympathique inhibiteur) en réponse à différents stimuli mécaniques, chimiques, psychologiques… Le monoxyde d’azote largué par les terminaisons nerveuses des corps érectiles et leurs cellules endothéliales joue un rôle important dans l’érection, de même que plusieurs neuromédiateurs centraux, des influences corticales (aire préoptique médiane), etc… L’érection peut être réflexe en réponse à une stimulation génitale avec un relais nerveux sacré, psychogène d’origine supraspinale, coïtale associant les deux précédentes ou nocturne, encore mal connue.
Le priapisme est une érection involontaire, douloureuse, maintenue plus de quelques heures. C’est une urgence médicale.
Les troubles érectiles (impuissance) peuvent être d’origine vasculaire (athérome des artères pudendales…), secondaires à une atteinte neurologique centrale ou périphérique, à un traumatisme local (chirurgie, radiothérapie..), d’origine endocrinienne (diabète…), iatrogène (psychotropes…), psychologique…

Étym. lat. erectio : action de dresser, érection

→ érectile (tissu), priapisme, impuissance

[C2, H1, H4, K4, M3, O3]

Édit. 2020

érythème actinique l.m.

sunburn

Dommage cutané induit par l'action du rayonnement solaire qui, selon l'intensité de l'exposition, varie du simple érythème rosé à un érythème cyanique œdémateux douloureux avec desquamation et pigmentation durable, voire à la formation de phlyctènes avec altération de l'état général.
Histologiquement l'érythème actinique est caractérisé par l'existence de cellules photodyskératosiques épidermiques. Les rayons ultraviolets, A et B, sont, dans le spectre de la lumière naturelle, les plus érythémogènes dans leur longueur d’onde maximale. Il s’agit d’une réaction phototoxique induite par l'interaction des ultraviolets avec les structures cutanées, de mécanisme discuté, et pouvant varier en fonction du type de rayons ultraviolets impliqués.

Étym. gr. érythêma : rougeur ; aktis : rayon

Syn. coup de soleil, érythème solaire

[J1]

Édit. 2018 

érythroblaste n.m.

erythroblast

L'une des cellules nucléées précurseurs des hématies de la moelle hématopoïétique.
La lignée érythroblastique comporte différents stades de maturation successifs reconnus en microscopie optique après coloration : le proérythroblaste, l'érythroblaste polychromatophile et l'érythroblaste acidophile, ce dernier étant le précurseur immédiat du réticulocyte.

Étym. gr. eruthros : rouge ; blastê : germe, bourgeon

[F1,A2]

Édit. 2018 

érythrodermie bulleuse avec épidermolyse l.f.

toxic epidermal necrolysis, Lyell's syndrome

Éruption douloureuse débutant à la face, formée de placards infiltrés qui se couvrent rapidement de bulles.
Cette dermatose évolue comme une brûlure grave, parfois mortelle surtout chez l'adulte, laissant la peau à vif lorsqu'elle se décolle. La surface corporelle atteinte est de 10 à 70 % et les lésions peuvent s'étendre aux muqueuses.
Le syndrome apparaît sur un terrain génétique particulier (souvent corrélé à l'antigène HLA A29, B 12 et DR7). Dans 70 % des cas il est consécutif à l'absorption de médicaments, tels que des sulfamides ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens : il semble qu'une déficience des mécanismes de détoxification de ces molécules favorise la nécrose des cellules basales de l'épiderme, cause du syndrome. Des atteintes infectieuses (staphylocoques ou virales) ont été évoquées, surtout chez l'enfant.
Les troubles électrolytiques dus à la perte de plasma et à la surinfection de la surface lésée entraînent une atteinte grave de l'état général.
Le traitement est celui des grands brûlés.

A. Lyell, dermatologue britannique (1956)

Étym. gr. eruthros : rouge ; derma : peau

Syn. syndrome de Lyell

→ érythrodermie, brûlure

[J1,N1]

Édit. 2018 

érythrophagocytose n.f.

erythrophagocytosis

Englobement des hématies par des cellules phagocytaires telles que monocytes, macrophages ou granulocytes.
L'érythrophagocytose physiologique des hématies se trouvant en fin de vie est le fait des macrophages surtout médullaires. Celle faite par les monocytes, les granulocytes ou les macrophages hépatospléniques est en rapport avec une maladie telle que l'hémolyse immunologique.

→ hémophagocytose

[F1,A2,C2]

Édit. 2018 

érythroplasie n.f.

erythroplasia

Forme de leucoplasie caractérisée par la présence de cellules atypiques et d’une dysplasie plus ou moins marquée au niveau du revêtement épithélial d’une muqueuse malpighienne.
Le chorion sousjacent est le siège d’une réaction inflammatoire avec congestion capillaire, ce qui donne à la lésion sa coloration rougeâtre.
Dans l’érythroplasie de Queyrat survenant sur le gland et le prépuce, la dysplasie peut être sévère et donner naissance à un carcinome invasif.

L. Queyrat, dermatogue français (1911)

Étym. gr. eruthros : rouge ; plassein : façonner

→ Queyrat (érythroplasie de)

[J1]

Édit. 2018 

érythropoïétine n.f.

erythropoietin

Hormone glycoprotéinique de masse 30 kDa sécrétée physiologiquement par le rein et accessoirement par le foie sous l'influence de l'hypoxie cellulaire.
Son rôle physiologique est de stimuler à la fois la prolifération et la différenciation des cellules progénitrices érythropoïétiques.
La structure moléculaire, le gène et le récepteur de l'érythropoïétine sont connus. L'hormone est produite sous forme recombinée permettant son utilisation thérapeutique en particulier dans le traitement de l'anémie de l'insuffisance rénale. La sécrétion augmentée ou inappropriée d'érythropoïétine est responsable des polyglobulies secondaires dans les insuffisances cardiorespiratoires et certains cancers, notamment les adénocarcinomes du rein et diverses tumeurs hépatiques et méningées.

Sigle EPO

[F1,C1,O4,G5]

Édit. 2018 

examen des crachats l.m.

sputum examination

Examen de l'expectoration ayant pour but d'en préciser la cause.
L'examen du crachat doit toujours commencer par son aspect macroscopique. Les crachats nummulaires se rencontrent souvent dans la tuberculose pulmonaire. Les crachats perlés caractérisent l'expectoration qui termine la crise d'asthme. Les crachats rouillés évoquent la pneumonie à pneumocoques.
Le recueil quotidien de l'expectoration dans un verre gradué permet d'en apprécier l'abondance (souvent extrême dans la dilatation des bronches), l'odeur (particulièrement fétide dans les infections à anaérobies) et les trois composantes : séreuse, muqueuse et purulente. La viscosité, l'adhérence aux parois du crachoir, doivent être notées. Des crachats hémoptoïques sont l'équivalent d'une hémoptysie et imposent la même enquête diagnostique.
L'étude cytologique de l'expectoration qu'il est souvent utile de répéter après une endoscopie bronchique, recherche surtout des cellules tumorales. Elle peut être aussi utile pour préciser le degré d'une suppuration bronchopulmonaire (nombreux polynucléaires altérés), l'existence d'une allergie respiratoire (nombreux éosinophiles), la présence d'inclusions endogènes ou exogènes (pneumopathies lipidiques avec inclusions graisseuses, corps ferrugineux de l'asbestose, etc.).
L'examen bactériologique de l'expectoration est souvent d'interprétation difficile : il peut être délicat de distinguer, au sein d'une flore microbienne, les agents pathogènes de la flore commensale. Il est rare de pouvoir identifier directement les parasites (débris de kyste hydatique, nématodes) dans les crachats.
Tout examen bactériologique des crachats nécessite la recherche systématique des BK par l'examen direct et la culture sur milieu de Löwenstein.

E. Löwenstein, bactériologiste autrichien (1878-1950)

→ tuberculose pulmonaire commune, asthme, pneumonie franche lobaire aiguë, dilatation des bronches (clinique et traitement des), hémoptysie, Löwenstein-Jensen (milieu de)

[B3,K1]

Édit. 2018  

exclusion allélique l.f.

allele exclusion

Expression génique d'un seul des allèles, maternel ou paternel, l'autre étant totalement silencieux.
Ce phénomène est rare, et l'on ne connait actuellement que le cas d'un des deux chromosomes X qui est totalement exclu et celui des lymphocytes B capables de ne fabriquer qu'un seul type d'anticorps après leur différenciation.
Chez les sujets hétérozygotes l'expression des immunoglobulines sur la membrane des cellules B est codée par un seul des deux allèles des chaines H et L. Si le réarrangement VJ de gènes κ conduit à l’expression d’un gène fonctionnel, les premières molécules κ synthétisées inhibent les réarrangements de l’autre locus κ et du locus λ. Si le gène formé n’est pas fonctionnel, les réarrangements se poursuivent dans l’ordre κ puis λ. Le mécanisme d’exclusion allélique est fonctionnel pour les chaines ß des TCR mais pas pour les gènes α de sorte qu’environ 30 % des lymphocytes T périphériques expriment deux espèces moléculaires de TCR constituées d’une même chaine ß et de deux chaines α différentes.

→ site de combinaison antigénique

[Q1]

Édit. 2018  

exclusion d'entrée l.f.

surface exclusion, entry exclusion

Phénomène empêchant, dans une population bactérienne, le transfert d'un plasmide conjugatif entre deux cellules possédant ce plasmide ou un plasmide très voisin.
P. ex., le transfert du plasmide F entre deux F+ ou Hfr. Cette exclusion dépend de l'activité de certains gènes du plasmide conjugatif.

→ incompatibilité plasmidique

[Q1]

Édit. 2018  

extrusion n.f.

extrusion

Emission de sécrétion par les cellules.

[C3]

Édit. 2020

facilitation active l.f.

active facilitation

Procédé permettant d’éviter le rejet d’une greffe en injectant préalablement des cellules du donneur au receveur.

[F3]

Édit. 2017

facteur d'activation des plaquettes l.m.

1-hexadécyl-2-acétyl-glycérol-3-phosphoryl-choline

Facteur produit par les cellules activées : polynucléaires, basophiles et éosinophiles ; les monocytes, les macrophages, les plaquettes et les endothéliums vasculaires.
Il entraîne l’agrégation et la dégranulation des plaquettes, le chimiotactisme, l’augmentation de l’adhésivité, la libération des enzymes lysosomiques et la production d’anions peroxydes par les neutrophiles, les monocytes et les macrophages. Il provoque une vasodilatation cutanée et, à forte dose, une vasoconstriction, des effets sur les systèmes pulmonaire et cardiovasculaire : arythmie, hypotension systémique, pression artérielle pulmonaire et ventriculaire droite élevées : œdème, diminution de la compliance.

P. M. Henson, médecin américain (1971) ; D. J. Hanahan, biologiste américain (1986)

[F1]

Édit. 2017

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