Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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hidradénome nodulaire l.m.

chondroid syringoma, eccrine acrospiroma, eccrine sweat gland adenoma of the clear cell type, nodular hidradenoma, solid cystic hidradenoma

Tumeur cutanée bénigne, rare, reproduisant la portion profonde des glandes sudorales (tube excréteur ou glomérule sécréteur) apocrine ou eccrine, réalisant un nodule ferme, souvent kystique, de teinte bleutée, siégeant dans le derme profond.
Histologiquement elle est faite d'amas cellulaires monomorphes creusés de cavités glandulaires, ou de digitations anastomosées, tassées les unes contre les autres ou séparées par des fentes plus ou moins réduites. Le stroma prend souvent un aspect hyalin. On peut parfois observer une double assise cellulaire au niveau des végétations ou de la paroi kystique. La tumeur peut prendre des aspects particuliers dus à des phénomènes divers tels que :
a) la présence de cellules claires riches en glycogène : c'est l'image appelée hidradénome à cellules claires ou myoépithéliome à cellules claires de Lever (obs.) ;
b) une prolifération myoépithéliale ;
c) une métaplasie malpighienne partielle ;
d) un remaniement du stroma évoluant vers un aspect chondroïde ou myxoïde (épithélioma à stroma remanié ; syringome chondroïde). L'évolution de la tumeur est favorable, quoique de rares cas avec métastases aient été décrits.

P. Masson, anatomopathologiste français en activité au Canada, membre de l'Académie de médecine (1880-1959) ; J. C. Grynfeltt, chirurgien français (1840-1913)

Étym. gr. hidros : sueur ; adên : glande ; ôma : tumeur

Syn. adénome sudoripare de Masson (obs.), adénoépithéliome de Grynfeltt (obs.)

épithélioma à stroma remanié, syringome chondroïde

[J1,F5]

Édit. 2015

hormonothérapie du cancer du sein l.f.

breast cancer hormonal treatment

L'hormonothérapie du cancer du sein consiste à empêcher l'action stimulante des hormones féminines sur les cellules cancéreuses.
Elle n’est active que si les cellules cancéreuses possèdent des récepteurs hormonaux ce qui est rencontré dans près de 70% des cas. Ces récepteurs sont des protéines, situées à la surface de la cellule cancéreuse,, qui détectent et captent les œstrogènes ou la progestérone du sang circulant. Plus le taux des récepteurs est élevé , plus la tumeur réagit à une hormonothérapie.  
Les traitements médicamenteux agissent par voie générale, c'est-à-dire dans l'ensemble du corps, sur toutes les cellules sensibles aux hormones. Les principaux produits utilisés sont des anti-ostrogènes, des agonistes de la LHRH, des inhibiteurs des aromatases. C'est un traitement au long cours administré soit sur plusieurs années à titre adjuvant d’une forme localisée pour prévenir le développement des métastases, soit dans les formes évoluées jusqu’à son échec. Un échec d’une première hormonothérapie ne préjuge pas de l’inefficacité d’une autre. Plus rarement on fait appel à la castration chirurgicale, en irradiant les ovaires.

G. T. Beatson, Sir, chirurgien britannique (1896)

agonistes de la LHRH, anti-aromatases, anti-oestrogènes, cancer du sein, castration, hormones, récepteur hormonal

[F2, G3, G5]

Édit. 2020

hydroxyproline n.f.

hydroxyproline

Acide hydroxypyrrolidine-2-carboxylique.
Il existe deux isomères de l’ hydroxyprolins :
- la L-4-hydroxyproline est un acide aminé cyclique, qui a été isolé des hydrolysats de gélatine et qui ne se trouve pratiquement que dans le collagène, dont il constitue environ 10% des acides aminés. Sa biosynthèse s'effectue par hydroxylation de la proline au sein de la molécule de collagène ;
- la L-3-hydroxyproline, rencontrée en moindre quantité.
L'excrétion urinaire d'hydroxyproline reflète le métabolisme osseux. Elle est en moyenne de 240 µmol/24h chez l’enfant et l’adulte, 520 µmol/L chez l’adolescent en phase de croissance, 160µmol/L chez la personne âgée. Elle augmente dans diverses affections osseuses (métastases de cancer, maladie de Paget), les hyperparathyroïdies et les hyperthyroïdies. L’excrétion urinaire d’hydroxyproline dépend toutefois fortement du régime alimentaire.

collagène, proline

[C3,L1]

Édit. 2015

hypertension intracrânienne l.f.

intracranial hypertension

Elévation de la pression intracrânienne au-dessus de 20 mm Hg, secondaire à une augmentation de volume du contenu de l’enceinte durale craniorachidienne.
L'hypertension intracrânienne chronique est annoncée par de violentes céphalées rebelles à prédominance occipitale, par des vomissements en jet lors des changements de position et lors du réveil, par divers signes nerveux, par une hypertension artérielle avec bradycardie, par une diplopie et parfois même par des douleurs abdominales d'allure chirurgicale. L’examen du fond d'œil découvre souvent une stase, un œdème papillaires et la radiographie du crâne met en évidence des impressions digitiformes accompagnées d'une érosion de la selle turcique ou, chez l'enfant, d'une disjonction des sutures.
L'hypertension aigüe débute plus brutalement mais les signes sont moins évocateurs (troubles de la conscience, accès de bradycardie avec hypertension artérielle, mydriase). Chez un nourrisson le bombement de la fontanelle est caractéristique. Elle peut laisser des séquelles graves ou entraîner la mort par ischémie ou engagement du cerveau.
Les formes décompensées, sont liées à des phénomènes ischémiques, (causes d’un coma aréactif, d’une aréflexie du tronc cérébral), ou à des engagements (central, temporal ou des amygdales cérébelleuses) entraînant des troubles de la vigilance, des réactions motrices et des perturbations neurovégétatives.
Les principales causes d'augmentation de la pression intracrânienne sont :
- une lésion expansive intracérébrale : tumeurs gliales malignes et métastases, abcès, hématome, œdème cérébral ;
- des traumatismes cranio-encéphaliques graves (très fréquemment en cause), à l’origine d’un hématome extra-dural, sous-dural, intra-cérébral, d’un œdème vasogénique, etc.. ;
- un trouble vasculaire extracérébral : forte hypertension artérielle générale, hématome sous-dural ou extradural, gène du retour veineux par augmentation de la pression veineuse centrale ou par strangulation (entraînant une congestion cérébrale) ;
- une anomalie de la circulation du liquide céphalorachidien : hypersécrétion, trouble de la résorption, obstacle sur cette circulation (cause d'hydroencéphalie aigüe ou chronique) ;
- une hypoxie (lors de séjours en altitude par ex.) ou une intoxication (cyanure par ex.) entraînant un œdème cérébral.
- une infection bactérienne ou virale (méningite, encéphalite)
En cas de lésion localisée il peut exister des écarts de pression entre les différentes parties de l'encéphale. On peut observer des variations cycliques de la pression intracrânienne, notamment chez des traumatisés crâniens (ondes en plateau de Lundberg). Ces fluctuations seraient liées à des variations de vasomotricité des artères intracérébrales.
La forte augmentation de la pression intracrânienne compromet l'irrigation du cerveau. L'ischémie cérébrale qui en résulte bloque le métabolisme cellulaire entraînant une nécrose progressive des neurones et un arrêt de la pompe à Na à l’origine d’un œdème cellulaire qui aggrave la situation. L'organisme réagit par une hypertension artérielle, mais quand la pression intracrânienne devient supérieure à la pression artérielle systolique, la circulation s'arrête complètement. Lorsque la nécrose devient trop étendue, la mort cérébrale est définitive : aucun médicament ne peut pénétrer dans la boite crânienne.
La surveillance permanente de l'hypertension intracrânienne est possible par mise en place de capteurs extraduraux ou ventriculaires, avec une surveillance de la pression artérielle.
Le traitement vise à diminuer la pression soit directement (soustraction de liquide céphalorachidien par drain intraventriculaire), soit en luttant contre l'œdème cérébral par des diurétiques osmotiques (mannitol, acétazolamide) ou par l'oxygénation et l’hyperventilation (cette dernière amène une hypocapnie qui favorise la diminution du débit sanguin cérébral par vasoconstriction artériolaire). La protection cérébrale est assurée par l'hypothermie et mise en position proclive pour améliorer le retour veineux.
Le traitement chirurgical est indiqué devant toute lésion intracrânienne expansive (hématome, abcès, tumeur).

N. Lundberg, neurochirurgien suédois (1960)

Sigle HTIC

œdème cérébral, ponction lombaire, pression intracrânienne, pression intracrânienne (monitorage)

[H2]

hypophysectomie fonctionnelle l.f.

functional hypophysectomy

Ablation de la glande hypophysaire normale, indiquée dans les cancers du sein et de la prostate au stade de métastases douloureuses, ainsi que dans les rétinopathies diabétiques graves évoluant vers la cécité.
Elle est réalisée par voie extracrânienne trans-sphénoïdale. Autrefois plus fréquentes, les indications sont devenues très exceptionnelles.

iode radioactif l.m.

radio iodine

En médecine, 131I l'un des isotopes radioactifs de l'iode stable (élément 53 de la classification de Mendeleieff) émetteurs β et γ, ayant une importance particulière, à la fois diagnostique (γ) et thérapeutique (β), en pathologie thyroïdienne.
L'iode (stable) constituant essentiel des hormones thyroïdiennes, s'accumule préférentiellement dans les cellules qui constituent les vésicules de la glande. La concentration de l'iode y est plus de mille fois supérieure à celle des autres tissus. En découlent d'importantes applications diagnostiques, telles que le test de fixation, la scintigraphie ou l'étude de la vitesse de production d'hormones marquées. L'iode radioactif (essentiellement l'isotope 131) est utilisé en thérapeutique pour le traitement de certaines hyperthyroïdies et des cancers différenciés de la thyroïde.
Divers isotopes de l'iode peuvent être incorporés à des molécules d'utilisations variées : isotopes à vie courte de l'iode 123I (photons de 180 KeV ; période physique 15 h), pour obtenir des radiopharmaceutiques à usage diagnostique; émetteurs bêta à vie plus longue dont l'iode 131 (période 8 jours) pour marquer ces molécules en vue d'une radiothérapie métabolique (maladie de Basedow, métastases de cancer thyroïdien) ; l'iode 125 (émetteur de photons de faible énergie, de période 60 jours) employé surtout pour l'obtention en biologie de molécules marquées utilisées en radio-analyse et en expérimentation animale.
L'iode 131 est, en outre, l'un des principaux radiotoxiques émis à l'occasion d'accidents nucléaires.

iodoradiothérapie n.f.

iodine radiotherapy

Irradiation par voie métabolique à l'aide d'un isotope radioactif, introduit par voie intraveineuse et électivement capté par la cible.
L'exemple le plus connu est la fixation thyroïdienne préférentielle de l'iode radioactif 131I, utilisé pour le traitement de certaines formes d’hyperthyroïdie, de certains cancers de la thyroïde et de leurs métastases lorsqu'elles sont iodofixantes. Des contrôles scintigraphiques, espacés dans le temps, permettent de juger de l'efficacité thérapeutique.

Ishizuka (score d') l.m.

Ishikuza’s score

Méthode chiffrée d’appréciation de la gravité de la maladie trophoblastique.
Elle fait intervenir l’évolution des éventuelles grossesses antérieures (môle, avortement ou accouchement), le siège de la tumeur primitive, le temps de latence, l’existence de métastases, leur aspect et leur nombre, le taux des prolans, l’aspect de la courbe de température et l’interprétation de l’artériographie pelvienne.

T. Ishizuka, gynécologue obstétricien japonais (1983)

Krukenberg (tumeur de) l.f.

Krukenberg's tumour

Tumeur maligne de l'ovaire, solide, ovoïde, réniforme ou nodulaire, souvent bilatérale, caractérisée par la présence de cellules « en signet » ou en « chaton de bague ».
Dans 80% des cas, ce sont des métastases d'un cancer digestif, du pylore ou de l'estomac, et dans 20% des cas elles sont primitives.

F. E. Krukenberg, anatomopathologiste allemand (1896)

kyste amygdaloïde l.m.

branchial cyst, lateral cervical cyst, amygdaloid cyst

Kyste bénin siégeant à la partie antéro-externe du cou et se développant aussi bien sur les vestiges des arcs branchiaux que sur des inclusions embryologiques de glandes salivaires au sein de ganglions cervicaux.
Quelle que soit leur origine, ce sont des kystes de 2 à 5 cm de diamètre, bordés d’un épithélium malpighien régulier kératinisant, stratifié ou pseudostratifié, reposant sur un chorion contenant de très nombreux follicules lymphoïdes, ce qui les a fait improprement appeler amygdaloïdes. Ils contiennent du mucus et parfois des produits de desquamation. Ils doivent être distingués des métastases ganglionnaires à forme kystique d’un épithélioma amygdalien.

Étym. gr. amugdalé : amande

Syn. kyste du sinus cervical, kyste branchial, kyste de la deuxième fente

appareil branchial

léiomyoblastome n.m.

leiomyoblastoma

Tumeur musculaire lisse résultant d'une prolifération de cellules rondes ou polygonales, à cytoplasme clair et abondant, dites "cellules épithélioïdes".
Le terme de léiomyoblastome tient à l'aspect dit "embryonnaire" des cellules tumorales. La dénomination de léiomyome épithélioïde est maintenant souvent préférée.
Cette tumeur rare peut s'observer au niveau des parties molles, du corps utérin, du tractus gastro-intestinal. Dans ce dernier cas, la tumeur peut être localisée n'importe où sur le tube digestif, mais l'atteinte gastrique est de loin la plus fréquente. Le traitement de cette tumeur est chirurgical. Elle est généralement bénigne mais, histologiquement, le pronostic est difficile à établir. Des récidives ou des métastases peuvent survenir à distance du lieu de l'exérèse.

Étym. grec : leios: lisse ; mus : muscle ; blastos : germe ; ôma : tumeur

Syn. tumeur myoïde, léiomyome, léiomyosarcome épithélioïde.

léiomyosarcome cutané l.m.

cutaneous leiomyosarcoma

Tumeur cutanée maligne rare d'origine musculaire lisse, survenant à tout âge mais principalement après la cinquantaine, avec prédilection pour le sexe féminin et siégeant le plus souvent sur la cuisse, mais aussi à la tête, au bras, au tronc.
Sur la base de l'origine cellulaire et du pronostic, deux types différents peuvent être distingués : a) le léiomyosarcome dérivé des muscles arrecteurs pileux, de pronostic relativement favorable, dit léiomyosarcome cutané, qui se manifeste sous forme d'un ou de plusieurs nodules cutanés dont l'image histologique consiste en faisceaux enchevêtrés de cellules fusiformes un peu plus volumineuses que les cellules musculaires lisses et contenant des noyaux aux extrémités émoussées; b) le léiomyosarcome émanant de la tunique musculaire lisse des vaisseaux, encore appelé léiomyosarcome souscutané, de pronostic plus réservé : du point de vue histologique, il comprend des formations vasculaires entourées de cellules fusiformes plus ou moins atypiques ainsi que des cellules musculaires lisses disposées sans ordre. Au cours de l'évolution, la formation de métastases est rare dans la première forme, mais fréquente dans la seconde. Le traitement est chirurgical

Étym. gr. leios : lisse ; mus: muscle ; oma : tumeur

Leishmania brasiliensis

Leishmania braziliensis

Agent de leishmaniose cutanée ou cutanéo-muqueuse répandue en Amérique latine, surtout au Brésil.
Il s'agit d'une leishmaniose fréquente et sévère. Après une incubation d'environ trois mois, l'atteinte est d'abord cutanée : lésion primaire d'aspect nodulaire, papillomateux, ulcéré ou ulcéro-végétant, souvent sur la face ; puis elle s'étend aux muqueuses : muqueuse nasale, lèvres, palais, pharynx, …entraînant des mutilations importantes avec destruction des parties molles et du cartilage (
espundia). Des métastases sont possibles par dissémination lymphatique ou sanguine. Le traitement fait appel aux antimoniés. Cette maladie est largement répandue en Amérique latine, de l'Amérique centrale à l'Argentine ; elle tend à s'étendre au milieu sub-urbain, dans des foyers où le Chien pourrait constituer un réservoir domestique. Toutefois, le réservoir naturel de germes est constitué de différents mammifères forestiers sauvages, particulièrement de rongeurs, des marsupiaux, des carnivores. Les vecteurs sont nombreux, les principaux semblant être Lutzomyia wellcomei et L. whitmani.

leishmaniose, Leishmania, leishmaniose tégumentaire sud-américaine, leishmaniose cutanée, espundia, antimoniés pentavalents

[D1, D3, J1, P1]

Édit. 2019

Leydig (tumeur à cellules de) l.f.

Leydig's cell tumour, interstitial cell testicular tumour

Tumeur testiculaire souvent bénigne développée à partir des cellules de Leydig.
Cette tumeur du stroma gonadique est sécrétante (androgènes chez l'enfant, œstrogènes chez l'adulte), souvent révélée par une gynécomastie chez l'adolescent et l'adulte, une macrogénitosomie chez l'enfant, avec des taux élevés de divers stéroïdes. Elle peut être uni- ou bilatérale. Environ 10 % de ces tumeurs peuvent être considérées comme malignes, sur le critère de métastases ultérieures. Le traitement est l'orchidectomie, mais sous certaines conditions une exérèse conservatrice peut être envisagée.

F. von Leydig, anatomopathologiste allemand (1821-1908)

lipomyxosarcome n.m.

myxoid liposarcoma

Variété histologique la plus fréquente du liposarcome présentant histologiquement un remaniement myxoïde important.
L'évolution est fonction du degré de différenciation de la tumeur, les formes bien différenciées ne s'accompagnant que rarement de métastases, tandis que les tumeurs peu différenciées ont un pronostic sévère.

Étym. gr. lipos : graisse ; myxa : mucosité ; sarkôma : excroissance de chair

liposarcome n.m.

liposarcoma

Tumeur maligne d'origine mésenchymateuse et à différenciation adipocytaire de degré variable, pouvant se développer à tout âge, principalement chez l'adulte.
Les liposarcomes peuvent siéger au contact des organes profonds, comme le tube digestif ou le rein. Ils représentent les plus fréquents des sarcomes rétro-péritonéaux.
La tumeur est souvent volumineuse, ses limites souvent imprécises. Sur le tégument, elle siège fréquemment aux cuisses et à la région périnéo-fessière, se présentant comme une infiltration nodulaire diffuse du tissu sous-cutané. La chirurgie d'exérèse élargie n'empêche pas des récidives locorégionales fréquentes et le pronostic est mauvais.
L'aspect histologique est variable : on distingue des tumeurs bien différenciées - encore appelées sarcomes lipocytaires de Masson ou liposarcomes adultes de Enzinger - des tumeurs peu différenciées présentant souvent un remaniement myxoïde et des tumeurs à cellules pléiomorphes. Contrairement aux tumeurs bien différenciées, ces dernières s'accompagnent fréquemment de métastases qui ont un pronostic sévère.

lipomyxosarcome

lymphangio-sarcome n.m.

lymphangiosarcoma

Tumeur maligne se développant à partir de l’endothélium de vaisseaux lymphatiques, généralement sur un lymphœdème préexistant.
Cliniquement elle forme sous le revêtement cutané œdémateux des élevures bleutées ou rougeâtres qui tendent à fusionner en réalisant une masse tumorale hémorragique qui peut s’ulcérer.
Les cas les plus fréquents surviennent sur les lymphœdèmes du membre supérieur consécutifs à une mastectomie avec curage ganglionnaire pour cancer du sein, réalisant alors le syndrome de Stewart-Treves : il est communément admis qu'il s'agit de tumeurs sarcomateuses indépendantes du carcinome du sein, bien que certains l'aient interprété comme des métastases tardives de la tumeur cancéreuse prenant un aspect pseudo-vasculaire en raison de l'œdème chronique dans lequel elles se développent. Beaucoup plus rarement, le lymphangiosarcome peut survenir sur un lymphœdème congénital ou un syndrome de stase veino-lymphatique chronique. Dans tous les cas, l'image histologique est celle d'une prolifération anarchique de lacunes vasculaires plus ou moins bien différenciées bordées de cellules endothéliales atypiques et séparées les unes des autres par des faisceaux de cellules fusiformes. Le pronostic est sévère malgré une intervention précoce.

F. W. Stewart, anatomopathologiste et N. Treves, chirurgien américains (1948)

Étym. lat. lympha : lymphe ; gr. aggeion : vaisseau ; sarkôma : excroissance de chair

Syn. lymphangio-endothéliome malin, lymphangio-endothéliosarcome

angiosarcome, Stewart-Treves (syndrome de)

lymphangite carcinomateuse médiastinale l.f.

mediastinal lymphangitic carcinomatosis

Métastases endo- et périlymphatiques dans le tissu médiastinal, secondaires le plus souvent à un carcinome bronchique de diagnostic assez facile.
Une forme très particulière est celle observée chez une femme traitée de nombreuses années avant pour un cancer du sein. Le tableau clinique est celui d'une médiastinite chronique apparemment primitive révélée par une dysphagie ou une voix bitonale d'installation très lente, sans signes radiologiques patents. La tomodensitométrie révèle un aspect de médiastinite chronique.
Les antécédents de carcinome mammaire traité antérieurement doivent faire évoquer le diagnostic et pratiquer des prélèvements du tissu médiastinal.

lymphangite carcinomateuse pulmonaire l.f.

pulmonary lymphangitic carcinomatosis

Métastases interstitielles pulmonaires endo-lymphatiques et péri-lymphatiques, provenant le plus souvent d'un carcinome du sein, d'un carcinome bronchique primitif, ou d'une tumeur maligne de l'estomac ou du pancréas.
La lymphangite carcinomateuse entraîne un épaississement diffus de l'espace interstitiel pulmonaire qui est dû à l'intrication de plusieurs causes. La présence d'amas carcinomateux dans la lumière lymphatique crée un engorgement et une distension des canaux lymphatiques. L'extension tumorale péri-lymphatique infiltre l'espace interstitiel. Un œdème interstitiel et une réaction inflammatoire dans le tissu interstitiel se développent secondairement. L'importance de l'atteinte interstitielle explique que la plupart des malades ayant une lymphangite carcinomateuse pulmonaire ont une altération marquée des fonctions respiratoires.
Les images radiologiques : opacités réticulées et réticulonodulaires, lignes de Kerley, sont caractéristiques d'une lésion interstitielle. Elles sont souvent diffuses et bilatérales, parfois localisées à un seul poumon ou à un lobe, ce qui s'observe fréquemment au cours des carcinomes bronchiques primitifs ; mais les anomalies radiographiques sont inconstantes et une image pulmonaire normale ne permet pas d'écarter le diagnostic de lymphangite carcinomateuse. Des adénopathies pédiculaires et/ou médiastinales s'observent dans 25 % des cas. Les épanchements pleuraux, uni- ou bilatéraux, sont fréquents.
La fibroscopie bronchique est l'examen-clé avec biopsies systématiques des éperons, biopsies transbronchiques et lavage broncho-alvéolaire.

malignité (signes histologiques de) l.m.p.

Ensemble des caractères morphologiques, observés en microscopie optique, permettant de porter le diagnostic de tumeur maligne.
Outre les signes cytologiques de malignité, on note une infiltration par les cellules malignes des tissus environnants qui se trouvent ainsi progressivement détruits après effraction de la membrane basale dans le cas des cancers épithéliaux, et extension dans les tissus conjonctifs interstitiels. Au niveau de ces derniers, les cellules tumorales se trouvent au contact d’un riche réseau vasculaire qu’elles vont pénétrer après effraction de la membrane basale des vaisseaux, ce qui peut permettre la diffusion de la tumeur et l’apparition de métastases. Le tissu tumoral, parfois métaplasique, peut offrir des degrés variables de différenciation ; les proliférations tumorales les plus indifférenciées, voire anaplasiques, peuvent orienter vers la malignité ; à l’opposé, certaines tumeurs authentiquement malignes sont très différenciées et parfois même le siège d’une maturation signalée p. par exemple par la production de mucus pour les cancers glandulaires, ou de kératine pour les cancers épidermoïdes.

Étym. lat. malignus : méchant

mélanurie n.f.

melanuria

Présence de mélanines dans l'urine.
La mélanurie apparaît au cours des métastases de mélanomes (malins). Les mélanines peuvent se former par oxydation à l'air de composés précurseurs indoliques mélanogènes.

Étym. gr. melas : noir ; ouros : urine

méta-iodobenzyl-guanidine (MIBG) l.f.

meta-iodobenzyl guanidin

Substance organique de synthèse, qui se fixe sur certains récepteurs des catécholamines en raison de leurs analogies structurales avec elles ; marquée à l'iode radioactif, elle est destinée à l'imagerie des tissus neuroendocrines pathologiques, voire à leur irradiation thérapeutique.
Un radio-isotope de l'iode est fixé sur le radical benzyl à la place de l'iode ordinaire, en général 123I, parfois 131I. La MIBG marquée est concentrée par certains tissus neuroendocrines tumoraux, principalement les phéochromocytomes et les neuroblastomes et sert à les visualiser scintigraphiquement. Elle permet de localiser aisément et de façon spécifique un phéochromocytome sur surrénale ectopique ou ses métastases en cas de malignité. La MIBG a été aussi utilisée en scintigraphie myocardique, l'insuffisance cardiaque semblant  entraîner un déficit en récepteurs catécholaminergiques.

métastase cardiaque l.f.

heart metastasis

Tumeur maligne du cœur, secondaire, observée à un stade généralement avancé des cancers et habituellement associée à d’autres métastases viscérales ou osseuses.
La tumeur primitive est le plus souvent sarcomateuse (mélanome malin, lymphomes malins non hodgkiniens) plus rarement épithéliomateuse (bronches, sein).

Étym. gr. metastasis : changement de place, d’après : méthistèmi : changer de place

métastase cérébrale l.f.

brain metastasis

Tumeur résultant de la migration d'embolies tumorales par voie sanguine et de leur arrêt dans le cerveau, où elles vont se développer.
L'incidence de ces tumeurs métastatiques est d'environ 20% de toutes les tumeurs intracrâniennes et de 5% des tumeurs malignes, avec une incidence supérieure chez l'homme.
Uniques ou plus souvent multiples, intra-parenchymateuses ou méningées, bien limitées, de taille variable, souvent nécrosées, voire hémorragiques, elles sont plus fréquentes dans les hémisphères que dans le cervelet et peuvent se compliquer d'œdème cérébral et d'hydrocéphalie.
Microscopiquement, leurs limites sont moins nettes que ne le suggèrent les données macroscopiques. Leur degré de différenciation est proche de celui de la tumeur primitive. L'utilisation de marqueurs immunohistochimiques peut aider à identifier celle-ci. Certaines localisations sont uniquement méningées, mais peuvent s'étendre dans le tissu cérébral. Le diagnostic peut être fait par l'examen du LCR. Les points de départ les plus fréquents sont les carcinomes bronchiques et mammaires, le mélanome malin, les carcinomes digestifs chez l'adulte, les tumeurs indifférenciées et embryonnaires chez l'enfant. L'imagerie permet de reconnaître la fréquence du caractère multiple des métastases.
La survie est souvent brève, mais certains cas sont améliorés, notamment en cas de lésion unique, si la chirurgie permet l'ablation de la métastase et du foyer primitif.

Étym. gr. metastasis : changement de place d’après : méthistèmi : changer de place

métastase cutanée l.f.

cutaneous metastasis

Au sens strict, envahissement de la peau par des produits pathologiques provenant d'un point quelconque de l'organisme situé à distance ; en fait, correspondant le plus souvent à un processus tumoral malin dont la dissémination se fait par voie sanguine ou lymphatique et même à une propagation directe de proche en proche vers la peau.
Les localisations les plus fréquentes sont le cuir chevelu, la tête, le cou, le thorax, l'abdomen. L'aspect clinique est le plus souvent celui de nodules durs, en « grain de plomb », non douloureux. Histologiquement, la prolifération tumorale se situe dans le derme et épargne l'épiderme; la structure cellulaire dépend du type de la tumeur primitive et du degré de différenciation de la métastase. L'apparition de métastases cutanées au cours d'un processus cancéreux est le présage d'une évolution rapidement fatale de la maladie.

Étym. gr. metastasis : changement de place d’après : méthistèmi : changer de place

Syn. tumeur cutanée secondaire

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