Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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biofilm (propriétés caractéristiques d'un) l. f. p.

biofilm (characteristic properties of one)

Ce sont des propriétés physiques et biochimiques qui ont des conséquences en pathologie humaine et animale et en hygiène industrielle et domestique.
Propriétés physiques : l’observation au microscope électronique à balayage montre une surface irrégulière, plus ou moins lacunaire avec la présence constante d’une matrice cellulaire qui se reconstitue rapidement en cas d’agressions par des enzymes destructrices ou des surfactants,
Propriétés biochimiques : les cellules incluses dans un biofilm survivent en milieu très pauvre, ont un métabolisme réduit, un gradient décroissant d’activité depuis la surface jusqu’au support et résistent spontanément aux antibiotiques, antiseptiques et désinfectants.

→ bactéries planctoniques, biofilm microbien,

Édit. 2017

biomédecine n.f.

biomedicine

Néologisme traduisant la rencontre de deux disciplines : la médecine qui est une application des sciences au maintien de la santé humaine et la biologie qui est une science dont la démarche est d’expliquer le fonctionnement de la vie.
Par ex. l’agence de la biomédecine est responsable de l’assistance médicale à la procréation, du diagnostic prénatal et génétique, de la recherche sur l’embryon et les cellules souches, des dons d’organes et de tissus.

→ bioéthique, service biomédical

Édit. 2017

bioréacteur n.m.

bioreactor

Enceinte où se déroule une réaction chimique catalysée par des enzymes ou des cellules vivantes et utilisée à des fins expérimentales ou industrielles.

→ biotechnologie

Édit. 2017

biotechnologie n.f.

biotechnology

1) Ensemble des méthodes et des techniques faisant appel à l'activité d'organismes vivants pour la transformation de matières premières et la production à moindre coût de molécules organiques difficiles ou impossibles à obtenir par d'autres procédés.
Les fabrications traditionnelles du vin, de la bière et du pain sont des exemples de biotechnologies.
2) Par extension, ensemble des méthodes et techniques appliquées, en milieu artificiel, à des organismes vivants pour modifier leur génotype, leur reproduction, leur biosynthèse éventuelle, etc.
La culture in vitro de cellules ou d'organes, les haplométhodes (technique qui permet d'obtenir un haploïde ou qui fait appel à l'haploïdie). L'élimination de virus par culture de tissus végétaux embryonnaires, les transformations génétiques d'espèces vivantes procaryotes ou eucaryotes, etc., constituent des biotechnologies.

→ haploïde, haplométhode

Édit. 2017

biphakie n.f.

duplication of the lens

Présence de deux cristallins.
Cette duplication vraie est à différencier des petites formations arrondies observées dans les yeux microphtalmes, entourées d'une capsule bordée de quelques cellules épithéliales ; il s'agit alors de lentoïdes, fragments de cristallin séparés de la formation principale.

Édit. 2017

Birbeck (corps de) l.m.

Birbeck’s granule

Organite décrit en microscopie électronique dans le cytoplasme des cellules de Langerhans de la peau, en forme de raquette de tennis, à partie centrale lamellaire portant des striations transversales régulières en "fermeture éclair".
Cette structure est également caractéristique des éléments cellulaires observés dans l'histiocytose X et décrite sous le nom de corps X.

M. S. Birbeck, anatomopathologiste britannique (1961), P. Langerhans, anatomopathologiste allemand (1873) 

Syn. corpuscule de Langerhans, granules de Langerhans, granules de Birbeck, corps de Langerhans, corps X

→ cellule de Langerhans, histiocytose langerhansienne

Édit. 2017

BK virus

BK virus

Virus de la famille des Polyomaviridae.
Son génome est à ADN circulaire et bicaténaire, il ne possède pas d’enveloppe et sa capside a une symétrie icosaédrique. Sa taille est d’environ 45/50 nm. Il peut être responsable d’infections rénales, de cystites chez les patients greffés du rein ou de la moelle. Comme d’autres virus de cette famille, le BK virus est oncogène chez les rongeurs et peut transformer des cellules humaines en culture. Le génome de ce virus a été détecté dans plusieurs tissus tumoraux, sans preuve formelle de son implication dans le processus malin.

Édit. 2017

Blaschko (lignes de) l.f.p.

Blaschko lines

Lignes épidermiques décrites à partir de dermatoses linéaires congénitales, correspondant peut-être au trajet de migration de cellules épidermiques embryonnaires en direction antérolatérale à partir de la crête neurale.
Elles ont au cuir chevelu une disposition en spirale centrée sur le neuropore antérieur, dans le dos un aspect en V et sur la région latérothoracique un aspect en S couché.

A. Blaschko, dermatologue allemand (1901)

Édit. 2017

blastème du centre de la vertèbre l.m.

blastema centri vertebrae (TE)
blastema of centrum of vertebra
Mésenchyme intersegmentaire de la longue colonne mésenchymateuse qui, au cours de la 4ème semaine du développement embryonnaire, se forme par migration des cellules du sclérotome pour venir entourer la moelle spinale et la chorde dorsale ; le mésenchyme intersegmentaire est la trace de l’origine segmentaire de cette colonne.
Ultérieurement se forme le corps vertébral par prolifération et condensation de la partie craniale d’un sclérotome qui s’unit à la partie caudale du sclérotome sus-jacent, incorporant le mésenchyme intersegmentaire et les artères qui l’accompagnent pour former le corps de la vertèbre. Ainsi constitué, le corps d’une vertèbre est un élément intersegmentaire.

[A4,O6]

Édit. 2017

blastulation n.f.

blastulation

Deuxième phase de l'embryogénèse, au cours de laquelle les cellules issues de la segmentation se disposent à la périphérie en ménageant une cavité centrale.
L'organisme embryonnaire formé est la blastula.

Édit. 2017

bleu de Nil l.m.

Nile blue

Colorant des graisses employé en histologie et en cytologie sous forme de sulfate en solution aqueuse à 0,1%.
Il colore les lipides en jaune-orangé. Dans le liquide amniotique, il reconnaît les cellules cutanées d'origine fœtale sur lesquelles sont adsorbées les graisses et participe ainsi au diagnostic de la rupture prématurée des membranes. Il permet aussi d'apprécier la maturité fœtale.

Édit. 2017

bocéprévir n.m.

Antiviral à action directe (AAD) contre le virus de l’hépatite C (VHC).
Il s’agit d’un des plus anciens AAD, qui a obtenu l’AMM en association avec l’interféron pégylé et la ribavirine en 2011, uniquement en cas de génotype 1. Inhibiteur de la protéase NS (non structural) 3 du virus de l’hépatite C, le bocéprévir se lie de manière covalente mais réversible à la sérine (Ser139) du site actif de la protéase NS3 par l'intermédiaire d'un groupement fonctionnel α-kétoamide afin d'inhiber la réplication virale dans les cellules hôtes infectées par le VHC. 

→ hépatite C, virus de l'hépatite C, interféron (traitement par l'), ribavirine

Édit. 2017

bombésine n.f.

bombesin

Polypeptide de 14 acides aminés, Glu-Gln-Arg-Leu-Gly-Asn-Gln-Trp-Ala-Val-Gly-His-Leu-Met, initialement isolé de la peau de certains Crapauds européens (Bombina bombina, B. variegata), qui expérimentalement stimule la sécrétion des sucs gastriques et pancréatiques.
Chez l'Homme et les mammifères, la bombésine est produite principalement dans le cerveau et le tube digestif. C'est le neurotransmetteur par lequel le nerf vague agit sur les cellules G de la muqueuse gastrique, stimulant la sécrétion de gastrine afin d'augmenter l'acidité du suc gastrique. Il majore aussi la sécrétion pancréatique, la contraction de la vésicule biliaire, relâche la jonction duodénocholédocienne. Il élève la pression artérielle. Enfin au niveau hypothalamique, il interviendrait notamment dans le contrôle de l’hormone de croissance et la glycorégulation.

V. Erspamer, pharmacologue italien (1972)

Syn. GRP (Gastrin Releasing Peptide)

→ gastrine

[C1, L1]

Édit. 2020

bordure en brosse l.f.

brush border

Extension allongée de la membrane plasmique, formée par des filaments protoplasmiques fins et serrés qui hérissent le pôle apical de certaines cellules épithéliales digestives (vésicule biliaire, intestin grêle) ou urinaires du tubule proximal dont l’aspect rappelle celui d’un tapis brosse.
Elle accroît considérablement la surface de contact et d’absorption de la région. La bordure en brosse du tubule est en contact avec l’urine. Elle contient de nombreux enzymes et transporteurs. L’augmentation de l’excrétion urinaire de plusieurs de ces enzymes peut indiquer des lésions de l’épithélium tubulaire proximal.

→ microvillosité

Édit. 2017

bortezomib n.m.

bortezomib

Inhibiteur du protéasome qui induit l’apoptose des cellules myélomateuses malignes.

→ protéasome, myélome multiple

Édit. 2017

bortésomib n.m.

Molécule inhibant le protéasome ce qui entraîne une diminution de la multiplication cellulaire.
Il s’est révélé efficace dans le traitement du myélome multiple dont c’est une indication majeure en dépit de ses effets secondaires. Il est utilisé aussi dans les lymphomes à cellules du manteau et a été proposé dans la prise en charge d’amyloses et de maladies de Randall.

→ protéasome, amylose, Randall (maladie de), myélome, lymphome à cellules du manteau

Édit. 2017

bouillie lipidique l.f.

grumous debris

Magma de lipides amorphes essentiellement fait d’esters de cholestérol et éventuellement de cristaux de cholestérol lancéolés optiquement vides, de cellules spumeuses, de débris cellulaires, de lymphocytes, qui s’observe dans l’athérome simple, remanié ou compliqué.

Syn. bouillie athéromateuse

→ athérome

Édit. 2017

Boveri (loi de) l.f.

Boveri’s principle

Principe selon lequel le nombre et la morphologie des chromosomes sont constants dans toutes les cellules des individus d'une même espèce.

T. Boveri, biologiste allemand (1909)

→ caryotype

Édit. 2017

Bowen (maladie de) l.f.

Bowen’s disease, dyskeratosis congenita

Affection chronique et fréquente du sujet âgé, pouvant se développer sur la peau et les muqueuses dont Bowen a reconnu la nature précancéreuse.
Pour certains, l'exposition solaire et la prise d'arsenic seraient des facteurs favorisants. Récemment, le virus HPV a été mis en évidence dans certaines lésions, en particulier HPV16. L'aspect clinique se caractérise sur la peau par une ou plusieurs plaques à contour arciforme recouvertes de squames et de croûtes.
La structure histologique est celle d'un carcinome intra-épithélial : l'étude au microscope révèle un épaississement de l'épiderme dont l'architecture est bouleversée avec différence de taille des cellules et des noyaux qui sont petits ou gros, irréguliers, difformes, hyperchromatiques, souvent monstrueux, et de nombreuses mitoses souvent atypiques, le terme « poïkilocarynose » (Darier) désignant l'ensemble de ces altérations nucléaires. La kératinisation précoce de kératinocytes isolés (dyskératose) est fréquente et conduit à la formation de corps ronds et de grains.
Sur les muqueuses génitales et éventuellement buccales, l'affection est une des causes de l'érythroplasie de Queyrat. Les lésions de la maladie de Bowen persistent indéfiniment. Après plusieurs années, elles peuvent toutefois donner lieu à un cancer pénétrant en profondeur et capable de métastaser : le carcinome de Bowen. Le traitement consiste en l'exérèse chirurgicale ou l'application locale de l'antimitotique 5-fluoro-uracile.

J. T. Bowen, dermatologiste américain (1912) ; L Queyrat, dermatologiste français (1911) ;  J. Darier, dermatologiste français, membre de l'Académie de médecine (1914)

Syn. carcinome intra-épidermique, carcinome in situ, dyskératose lenticulaire en disque (Darier, 1914, obsolète)

→ dyskératose congénitale de Zinsser-Engman-Cole, dyskératose congénitale de Scoggins, dyskératose héréditaire bénigne intra-épithéliale, Bowen (carcinome de), fluoro-uracile, HPV, carcinome intra-épithélial de la vulve, poïkilocarynose, dyskératose

[J1]

Édit. 2017

Boyden (chambre de) l.f.

Boyden’s chamber

Dans les tests de chimiotactisme, système constitué par deux compartiments séparés par un filtre micropore.
Les cellules sont placées dans le compartiment supérieur et l'agent chimio-attractant dans le compartiment inférieur. Après incubation, le filtre est retiré, coloré, et la migration cellulaire, au travers du filtre, est mesurée au microscope.

S. Boyden, immunologiste australien (1962)

→ chimiotactisme

Édit. 2017

BRAF gene l.angl ; pour B-Raf proto-oncogene, serine/threonine kinase

Gène, situé sur le locus chromosomique 7q34, codant pour une protéine qui aide à transmettre des signaux chimiques de l’extérieur de la cellule jusqu’au noyau cellulaire.
Cette protéine connue comme voie RAS/MAPK régule la croissance et la division cellulaire, processus par lesquels les cellules matures effectuent les fonctions spécifiques de différentiation, les mobilisations cellulaires de migration et d’autodestruction d’apoptose. Ces signalisations chimiques à travers cette voie sont essentielles pour le développement normal après la naissance. Le BRAFgène appartient à la classe des oncogènes qui lors de mutation conduit à des processus cancéreux.
Des mutations entraînent le syndrome cardio-facio-cutané, la maladie de Erdheim-Chester, l’histocytose X, la tumeur stromale gastro-intestinale, le syndrome de Noonan, le syndrome LEOPARD et interviennent dans de nombreux processus cancéreux.
Des mutations V600E du gene BRAF ont été mises en évidence dans le mélanome malin, certains carcinomes colorectaux ou bronchiques, dans des tumeurs nerveuses comme le glioblastome ou l’astrocytome pilocytique, dans 40% des carcinomes papillaires de la thyroïde, aussi dans la maladie de Hodgkin, les leucémies à tricholeucocytes. La caractérisation de ces mutations altérant la signalisation, ont été à l’origine du développement de thérapeutiques moléculaires ciblées spécifiquement dirigées contre BRAF.

Syn. 94 kDa B-raf protein, B-raf 1, B-Raf proto-oncogene serine/threonine-protein kinase, BRAF1, BRAF1_HUMAN, Murine sarcoma viral (v-raf) oncogene homolog B1, p94, RAFB1, v-raf murine sarcoma viral oncogene homolog B

→ LEOPARD syndrome, Noonan (syndrome de), cardio-facio-cutané (syndrome), histiocytose X, histiocytose langerhansienne, tumeur stromale gastro-intestinale, Erdheim-Chester (maladie d')

[Q3]

Édit. 2020

brévicane n.m.

brevican

Gros protéoglycanne à chondroïtine-sulfate exprimé dans le cerveau, en particulier par les cellules gliales et dans les structures périneuronales.
Le brévicane paraît jouer un rôle important dans la neuroplasticité cellulaire et synaptique du cerveau. 

→ protéoglycanne, chondroitine, neuroplasticité

[C1, H1]

Édit. 2020

bromocriptine (test de freinage à la) l.f.

bromocriptine suppression test

Epreuve fonctionnelle renseignant sur la nature de la sécrétion de prolactine en cas d'hyperprolactinémie sans lésion hypophysaire radiologique.
La bromocriptine est un dérivé de l'ergot de seigle qui est un agoniste des récepteurs dopaminergiques D2. Ces récepteurs existent au niveau des cellules lactotropes de l'antéhypophyse qui sécrètent la prolactine. Le principal facteur contrôlant la sécrétion antéhypophysaire de prolactine est un freinage par la dopamine. Le test à la bromocriptine consiste à voir si les taux excessifs de la prolactine circulante sont freinés à plus de 50% du taux de base par la prise de 2,5 mg de bromocriptine. Etant donné la puissance de cet agoniste dopaminergique, ce freinage est obtenu dans la plupart des cas, quelle que soit l'étiologie de l'hyperprolactinémie, ce qui rend ce test peu utilisé.

→ hyperprolactinémie

Édit. 2017

bronches (tumeur bénignes des) l.f.p.

benign bronchial tumor

Affection liée à une prolifération tumorale intrabronchique sans critère de malignité.
Elles sont nombreuses mais beaucoup plus rares que les carcinomes bronchiques. La plupart sont de nature mésenchymateuse. La plus fréquente est l'hamartochondrome, de siège périphérique. Citons aussi, chondrome, lipome, tumeur à cellules granuleuses dite tumeur d'Abrikossoff, léiomyome, angiome, etc. C'est l'analyse d'un prélèvement histologique, endoscopique ou chirurgical, qui permet leur diagnostic. Leur traitement est habituellement chirurgical avec un excellent pronostic.

A. I. Abrikossoff, anatomopathologiste russe (1926)

→ hamartochondrome, chondrome trachéobronchique, Abrikossoff (tumeur d'), lipome bronchopulmonaire

Édit. 2017

bronchioles lobulaires l.f.p.

bronchioli
bronchioles, lobular bronchioles
Éléments bronchiques pénétrant le lobule pulmonaire.
Elles ne contiennent de cellules cartilagineuses que si leur diamètre est égal ou supérieur à 1 mm. Elles se divisent en bronchioles terminales pour chaque acinus.

Édit. 2017

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