Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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état septique non septicémique l.m.

sepsis without septicaemia

Syndrome de réponse inflammatoire généralisée causé par certaines toxines ou certains médicaments tels ceux utilisés en chimiothérapie.
Ce syndrome se voit surtout dans les services de réanimation chez les patients victimes d'une agression traumatique ou chirurgicale.
sepsis, syndrome de réponse inflammatoire généralisée.

[D1,N1]

Édit. 2018  

état végétatif l.m.

vegetative state

Coma profond après destruction plus ou moins complète des structures encéphaliques, mais avec conservation suffisante des structures du tronc cérébral pour permettre la ventilation spontanée.
Il s’agit d’un état chronique caractérisé par une perte de conscience de tout stimulus externe ou interne, une absence très vraisemblable des fonctions cognitives, mais avec persistance des fonctions végétatives.
Succédant habituellement à un coma prolongé, il est occasionné par des lésions hémisphériques étendues prédominant, selon les cas, sur le cortex ou la substance blanche sous-corticale.
Les yeux ouverts donnent une apparence d'éveil. L'activité motrice est très rudimentaire. Les fonctions végétatives sont respectées, parfois excessives, notamment la respiration spontanée et les régulations cardiovasculaires, en particulier tensionnelles. La perceptivité est le plus souvent nulle, y compris celle des sensations douloureuses. Une vie mentale non extériorisée pourrait cependant parfois persister. D'autres activités du tronc cérébral sont retrouvées quasi-constamment (rythme nycthéméral) ou fréquemment (réflexes cornéens, oculovestibulaires, photomoteurs). L'EEG est souvent de type thêta delta diffus.
Quelle que soit l’étiologie (lésion aigüe traumatique ou non, affection dégénérative ou métabolique, malformation encéphalique), l’espérance moyenne de vie est de deux à cinq ans. Une réversibilité devient peu probable après douze mois chez les traumatisés crânio-encéphaliques et trois mois dans les autres cas.
La récupération de la conscience et même des fonctions élémentaires de relation est exceptionnelle. La nutrition doit être assurée de manière artificielle. La difficulté est que cet état ne correspond pas vraiment à une mort cérébrale et ces patients restent à charge dans les services de réanimation sans espoir de convalescence.

mort cérébrale, respiratoire (centre)

[H1]

Édit. 2018  

état végétatif persistant l.m.

persistent vegetative state

État de perte de conscience caractérisé par la persistance de signes d'éveil, avec maintien des fonctions végétatives (notamment respiratoires, circulatoires et digestives), mais avec une abolition prolongée (pendant au moins trois mois) de toute fonction de relation ou cognitive.
Contrairement au coma (réversible ou aboutissant à la mort cérébrale), un rythme nycthéméral persiste, fait de phases d'éveil et de sommeil. Pendant les phases d'éveil, les yeux sont ouverts, des mouvements des globes oculaires, des mâchonnements, des bâillements, des déglutitions peuvent se produire. Mais le patient a perdu toute communication avec son entourage, toute expression verbale, il ne répond pas aux ordres simples, n'a aucune activité gestuelle finalisée ou organisée. Presque toujours il existe une hypertonie avec rétraction tendineuse.Les réflexes du tronc cérébral et de la moelle sont variables, les réflexes archaïques (de succion, mastication, déglutition, bâillement) de même les réflexes pupillaires à la lumièresont généralement présents.
Les causes de cet état sont variées : traumatiques, anoxiques (arrêt cardiaque), infectieuses, métaboliques, toxiques. Le pronostic est désastreux : il est exceptionnel qu'un retour à la conscience, même fragmentaire, survienne après une durée de trois mois.
Le traitement ne peut être que symptomatique.
éthique en réanimation d'adulte, éthique en réanimation pédiatrique

B. Jennett, neurochirurgien britannique et F. Plum, neurologue américain (1972) ; J. B. Posner neurologue américain (2007)

[H1]

Édit. 2018  

état septique l.m.

sepsis

Etat inflammatoire accompagnant une infection cliniquement vraisemblable ou bactériologiquement prouvée.
L'état septique chez les patients hospitalisés est le plus souvent d'origine respiratoire, abdominale ou veineuse (infection d'un cathéter). Des stades sont maintenant universellement adoptés:
1) sepsis "simple" : association à une infection des signes inflammatoires (SIRS,systemic inflammatory reponse syndrome, SRIS, syndrome de réponse inflammatoire généralisée) ;
2) choc septique: association d'une infection et d'une hypotension sévère ;
3) syndrome de défaillance multiviscérale : association d'une infection et de défaillances organiques : rénale, circulatoire, neurologique.
Le pronostic est d'autant plus sévère que l'état septique progresse. La mortalité augmente de 20% à plus de 50 % du premier au dernier stade.

R. C. Bone, médecin interniste américain (1992)

état septique, septicémie, bactériémie, choc septique, défaillance multiviscérale, syndrome de réponse inflammatoire généralisée

[D1,N1]

Édit. 2018

état mixte l.m.

mixed manic-depressive syndrome

Syndrome rare, où coexistent symptômes maniaques et dépressifs, qui se manifeste au cours d'une maladie bipolaire (syndrome maniaco-dépressif), habituellement pendant la phase de transition d'un accès mélancolique vers un accès maniaque ou vice-versa.
Sa survenue peut révéler un état schizophrénique chez l'adolescent et l'adulte jeune, ou être la première manifestation d'un processus d'affaiblissement intellectuel à expression dysthymique au-delà de la cinquantaine.
L'état mixte apparaissant dans le cours d'une psychose maniacodépressive révèle souvent une pathologie où domine le fond dépressif. Il constitue une bonne indication de sismothérapie.

maladie bipolaire, schizophrénie, dysthymie, sismothérapie

[H3]

Édit. 2018

état hypnoïde l.m.

hypnoid state

Type particulier de dissolution de la conscience survenant en dehors du sommeil, dans lequel les contenus de la pensée sont analogues à ceux du rêve.
Terme d'abord employé (1) pour désigner un état hystérique de conscience analogue à celui créé par l'hypnose.  S. Freudl pensait notamment que les représentations qui surviennent alors sont coupées du "trafic associatif" donc de toute "élaboration associative". Il voyait dans le clivage, introduit de ce fait au sein de la vie psychique, la condition de l'hystérie. Freud ne tarda pas à limiter la portée de ces conceptions, puis à les réfuter, et il dégagea la notion de mécanismes de défense.
Il reste que nombreux sont les états de ce type, plus ou moins marqués, rencontrés dans les manifestations hystériques. On les observe également lors de la prise de certaines drogues, cannabis p. ex.

(1) P. J. Möbius, neuropsychiatre allemand (1853-1907) ; (1) J. Breuer, neurologue et physiologiste autrichien (1842-1925) ; S. Freud, psychiatre autrichien (1856-1939)

trouble dissociatif,  hystérie, état second

[H3]

Édit. 2018

état dangereux dangerous state agressivité et criminologie, dangerosité en psychiatrie l.m.

dangerous state

agressivité et criminologie, dangerosité en psychiatrie

[H3]

Édit. 2018

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