Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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angiome plan trigéminé l.m.

unilateral facial port wine stain

Angiome plan hémifacial siégeant dans le territoire des rameaux mandibulaire et ophtalmique du nerf trijumeau.
Il peut faire partie de la triade constituant le syndrome de Sturge-Weber-Krabbe : angiome plan hémifacial, angiomatose leptoméningée ipsilatérale, angiome oculaire.

Étym. gr. aggeion : vaisseau ; ôma : tumeur

Syn. angiomatose encéphalotrigéminée

[H1,J1,K4,P2]

Édit. 2017  

angiostrongylose n.f.

angiostrongylosis

Anthropozoonose provoquée par les larves d'un Nématode du genre Angiostrongylus, le plus souvent A. cantonensis, plus rarement A. costaricensis.
Suivant l'espèce en cause, le tableau clinique est celui d'une méningite à éosinophiles ou d'un syndrome abdominal aigu avec granulome éosinophile de la paroi intestinale.

→ angiostrongylose nerveuse, angiostrongylose abdominale, Angiostrongylus cantonensis, Angiostrongylus costaricensis

[D1, H1, L1]

Édit. 2020

angiostrongylose abdominale   l.f.

abdominal angiostongylosis

Anthropozoonose provoquée par les larves d’un nématode Angiostrongylus costaricensis qui sévit en Amérique centrale et du sud. Les formes paucisymptomatiques sont fréquentes.
Autrement, il s’agit d’un syndrome abdominal aigu, pseudo-appendiculaire, avec granulomes éosinophiles dans la paroi du tractus digestif.

→ angiostongylose, Angiostrongylus costaricensis

[D1,L1]

Édit. 2017

anhédonie n.f.

Déficit dans la capacité à éprouver du plaisir

On peut conceptualiser l'anhédonie soit comme un trait caractérisant la personnalité, soit comme un état rencontré dans divers troubles psychiques, par ex. le syndrome négatif des états schizophréniques ou les états de stress post-traumatique.
En particulier, cette dimension est assez symptomatique des dépressions majeures dites endogènes ou endogénomorphes, les plus sensibles aux traitements biologiques. Forme majeure de l'émoussement affectif, elle constitue alors un facteur de risque, reconnu à un an, de tentatives de suicide. À ces sujets, tout coûte et rien n'est agréable. Une anhédonie asymptomatique peut aussi traduire une vulnérabilité dépressive, mais si elle n'est que physique, elle ne semble pas constituer à elle seule, chez le sujet sain, un marqueur d'état dépressif.

Th. Ribot, philosophe et psychologue français, professeur au Collège de France (1896)

Étym. gr. hêdonê : plaisir

→ trouble conatif, hédonisme

[H3,H4]

Édit. 2017

aniridie n.f.

aniridia

Affection bilatérale présente dès la naissance, caractérisée par l'absence subtotale d'iris, toujours associée à une hypoplasie de la macula (nystagmus et malvoyance), parfois à des opacités cornéennes périphériques et souvent à une cataracte congénitale.
Dans l'enfance apparaît un glaucome (50 à 70% des cas).
L'aniridie peut être autosomique dominante ou sporadique. Dans ce cas, on doit rechercher un gonadoblastome, une ambigüité sexuelle ou un néphroblastome (tumeur de Wilms), par échographie abdominale, dans le cadre d'une délétion chromosomique 11p 1-3.
Dans l'aniridie complète il persiste un moignon irien masqué par le limbe et la vision est mauvaise. On trouve fréquemment associé un nystagmus, un pannus cornéen, un glaucome (une fois sur deux), une cataracte, une hypoplasie fovéolaire et plus rarement un retard mental (1/75) ou un néphroblastome ou tumeur de Wilms (syndrome de Wagr). Il existe, d'après les techniques de linkage actuelles, deux formes dominantes distinctes. L’altération en 11p1-3 est au niveau du gène PAX6, homéogène de l’œil. Les formes sporadiques sont souvent secondaires à une anomalie chromosomique (délétion, insertion, inversion, transversion, transition). L’affection est autosomique dominante (MIM 106200 AN1 ; 106210 AN2).

Étym. gr. an privatif; iris

Syn. AN1, aniridie de type 1, AN2, aniridie de type 2

→ PAX6 gene

[O1,P2,Q2]

Édit. 2017

aniridie, ataxie cérébelleuse et déficience mentale l.f.

aniridia, cerebellar ataxia, and mental deficiency

Syndrome associant une aniridie et une ataxie cérébelleuse.
L'aniridie est bilatérale et partielle. Les signes cérébelleux sont incoordination, tremblement intentionnel, parole scandée. On trouve également une hypotonie et un retard mental. L'affection est non évolutive ; le caryotype est normal et le bilan étiologique négatif, y compris la biopsie musculaire. L’affection est autosomique récessive (MIM 206700).

F.D. Gillespie, ophtalmologue américain (1965).

Étym. gr. an privatif; iris

Syn. Gillespie (Syndrome de)

[H1,H3,O1,P2,Q2]

Édit. 2017

anisocorie n.f.

anisocoria

Inégalité de taille des deux pupilles.
Trois éventualités sont possibles selon les réflexes photomoteurs :
- photomoteurs normaux : anisocorie physiologique ou syndrome de Claude Bernard-Horner du côté de la plus petite pupille (surtout en cas de ptosis ou de majoration de l'anisocorie dans la pénombre, et si un collyre à la cocaïne majore l'anisocorie). Une manifestation aigüe et douloureuse fait évoquer une dissection carotidienne, indiquant une IRM ;
- photomoteurs de la plus grande pupille défectueux : soit pupille d'Adie si la contraction en accommodation-convergence est bonne, soit recherche d'une atteinte compressive de la IIIème paire crânienne si cette contraction est mauvaise ;
- photomoteurs de la plus petite pupille défectueux : pupille d'Adie vieillie, pupille d'Argyll-Robertson ou diverses causes ophtalmologiques (intervention oculaire, séquelles d'uvéite, etc.)

→ mydriase, myosis

[P2]

Édit. 2017

ANKRD11 gene sigle angl. pour ankyrin repeat domain 11

Gène situé sur le locus chromosomique 16q24.3 codant pour la protéine ankyrine repeat domain 11 qui aide les protéines à interagir l’une avec l’autre et, en particulier, avec la protéine histone déacétylase, importante dans le contrôle de l’activité des gènes.
Cette protéine est située dans les neurones cérébraux. Durant le développement embryonnaire la protéine régule la prolifération des neurones et le développement cérébral.
Différentes mutations de ce gène entraînent le syndrome KBG.
Syn. : NCO-1, ANCO1, ankyrin repeat-containing cofactor 1, ankyrin repeat domain-containing protein 11, LZ16, nasopharyngeal carcinoma susceptibility protein, T13

J. Herrmann, pédiatre et P. D. Pallister, généticien américains (1975)

→ KGB (syndrome), Herrmann-Pallister (syndrome de)

[C1,C3,O6,Q1,Q4]

Édit. 2017

ankyloblépharon filiforme et fente palatine l.m.

ankyloblepharon filiform adnatum and cleft palate

Soudure filiforme des paupières, fente palatine et bec de lièvre.
Il peut aussi faire partie du syndrome fente labiopalatine, kyste paramédian muqueux de la lèvre inférieure. Associé parfois au ptérygium poplité et à des anomalies digitogénitales. La pénétrance est forte (80%). L’affection est autosomique dominante (MIM 106250).

V.N. Khanna, médecin indien (1957)

Étym. gr. agkulê : attache ; blepharon : paupière

Syn. ankyloblépharon filiforme adnatum, paupières soudées et fentes orales

[P2,Q2]

Édit. 2017

anomalie costale l.f.

Malformation, souvent localisée aux quatre premières côtes qui peut constituer une source d'erreur d'interprétation en radiologie pulmonaire

Les anomalies costales se classent en plusieurs types : synostose, hypoplasie, bifidité simulant l'absence ou la lyse d'une côte. Une côte surnuméraire, appelée côte cervicale, uni- ou bilatérale, peut naître de la 7ème vertèbre cervicale et participer au syndrome du scalène antérieur.

[A1,I2,Q2]

Édit. 2017

anomie tactile de la main gauche l.f.

left hand tactile anomia

Trouble observé dans le syndrome calleux et caractérisé par l'incapacité de dénommer des objets explorés tactilement avec la main gauche.
L'hémisphère droit identifie correctement les objets (ce dont témoigne la capacité du patient à reconnaître tactilement avec sa main gauche un objet présenté antérieurement parmi des distracteurs). Mais la lésion du corps calleux empêche le transfert de l'information à l'hémisphère gauche pour verbalisation. Il existe une disconnexion entre le cortex pariétal droit et les zones du langage de l'hémisphère gauche.

Étym. gr. a : privatif ; onoma : nom

Syn. anomie unilatérale

[H1]

Édit. 2017

anonychie n.f.

anonychia, anonichia

Absence congénitale des ongles.
L’absence peut être partielle, dite alors hyponychie, ou totale, véritable anonychie, intéressant tous les ongles ou quelques-uns.
Maladie autosomique récessive, très rare, elle est en général associée à une ostéodystrophie de la phalange distale. Elle peut s'accompagner d'autres malformations comme dans le syndrome onychopatellaire ou ostéo-onychodysplasie héréditaire (ostéodystrophies, néphropathie, anomalies oculaires). L'anonychie peut être difficile à distinguer de l'onycho-atrophie, qui est une régression partielle ou totale d'un ongle préalablement normal.

Étym. gr. an privatif ; onyx : ongle

→ onycho-atrophie

[J1,Q2]

Édit. 2017

anse borgne l.f.

one eyed handle

Segment d’intestin dont l’une des extrémités est fermée, l’autre servant à l’anastomose (jéjunojéjunale par ex. en cas d’anastomose gastrojéjunale en Y).
Le syndrome clinique peut être précoce (dans le mois postopératoire) ou tardif (correspondant à une obstruction partielle de l’anse afférente).

[L1,L2]

Édit. 2017

antagoniste des opiacés l.m.

opiate antagonist

Médicament s’opposant à l’action pharmacologique des opiacés.
Ces produits, utilisés en anesthésie (pour combattre la dépression respiratoire des opiacés) ou en toxicologie (traitement des surdoses), ont une structure chimique proche de celle des opiacés (substitution d’un radical diméthyl par un radical allyl ou méthyl-cyclo-propyl). Ils agissent par compétition au niveau des récepteurs mu : ce sont des antagonistes purs (naloxone, naltrexone) ou des antagonistes mu et agonistes kappa (nallorphine).
Ils doivent être utilisés avec prudence car, en anesthésie, ils peuvent entraîner des accidents (stimulation sympathique excessive par réapparition de la douleur) ou en toxicologie (syndrome de sevrage chez le toxicomane).

Étym. gr. ant : qui combat ; agonistes combattant

→ opiacé, surdose

[G1,G3,G5]

Édit. 2017

antiacide gastrique (médicament) l.m.

antacids drug

Médicament destiné à neutraliser l’acidité du suc gastrique, utilisé dans l’hyperchlorhydrie, l’ulcère gastroduodénal.
Ce sont des substances « tampon » fixant les ions acides du liquide gastrique (ce qui augmente le pH). Elles sont utilisées pour prévenir le syndrome de Mendelson en anesthésiologie.
Ces substances sont dites particulaires ou non, selon la composition de la solution. Les produits particulaires les plus courants sont formés par un mélange d'hydroxydes d’aluminium et de magnésium. Les antiacides non particulaires sont des sels dont l’anion fixe les ions H+ (par ex. citrate de sodium en solution 0,3 molaire). Le citrate de Na effervescent peut être associé à des antihistaminiques (anti-H2). Les antiacides agissent de façon presque instantanée mais leur action se limite au liquide présent dans l'estomac au moment de l'absorption. Il ne faut pas confondre ces antiacides avec les anti-H2 et les inhibiteurs de la pompe à protons de la muqueuse gastrique qui réduisent la sécrétion acide.

→ topique digestif

anticardiolipide n.m.

anticardiolipin

Groupe hétérogène d’immunoglobulines spécifiques de type IgG et/ou IgM et/ou IgA présents dans les membranes mitochondriales, mais aussi dans diverses bactéries, capables de s'attacher aux épitopes antigéniques de phospholipides, et plus spécialement aux cardiolipides.
Ilc peuvent être dépistés de différentes manières : le test VDRL (veneral disease research laboratory) de la syphilis, des tests d'hémostase pour la recherche d'un anticoagulant circulant, le test ELISA (enzyme linked immunosorbent assay), et la détection des anticorps antimitochondries de type V en immunofluorescence indirecte. Ils peuvent être le support biologique du syndrome des antiphospholipides et sont alors associés à des thromboses veineuses et des accidents obstétricaux. Ils sont parfois découverts chez des sujets sains, à l'occasion d'un don du sang par ex.

→ antiphospholipide

anticorps anti-ADN l.m.p.

antibody anti-DNA

Auto-anticorps réagissant avec l’acide désoxyribonucléique (ADN) présents dans le sérum de la majorité des malades atteints de lupus érythémateux disséminé dont ils constituent un marqueur sérologique quasi-spécifique.
La plupart des techniques séro-immunologiques courantes permettent la détection dans le sérum des anti-ADN que ce soit l’immunofluorescence indirecte sur préparation contenant des noyaux entiers où les anti-ADN donnent une fluorescence périphérique des noyaux et surtout les techniques utilisant de l’ADN purifié : test radio-immunologique de Farr et immuno-essais en phase solide (RIA et ELISA). L’immunofluorescence sur préparation de Crithidia luciliae qui contient une mitochondrie géante riche en ADN natif permet la détection des seuls anti-ADN natifs. Les anti-ADN sont hétérogènes, réagissant les uns avec l’ADN natif bicaténaire, les autres avec l’ADN dénaturé monocaténaire et les derniers avec les deux types d’ADN. Seuls les sérums de lupus sont riches en anti-ADN natif, le taux de ces anticorps variant avec les poussées évolutives de la maladie. Les anti-ADN que l’on rencontre dans d’autres maladies (polyarthrite rhumatoïde, sclérodermie, syndrome de Gougerot-Sjögren, hépatite chronique active, lupus induits, etc.) sont essentiellement des anti-ADN dénaturés. Les complexes immuns ADN natif-anti-ADN jouent un rôle déterminant dans la pathogénie de certaines manifestations du lupus, en particulier les glomérulonéphrites lupiques.

anticorps anti-cytoplasme des polynucléaires neutrophiles l.m.p.(ANCA)

anti-neutrophil-cytoplasmic antibodies

Auto-anticorps dirigés contre des antigènes présents dans les granules azurophiles des polynucléaires neutrophiles.
Ce sont des marqueurs diagnostiques des vascularites, dont ils ont changé le diagnostic et la classification. Ils sont également utiles au diagnostic de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin et parfois d’hépatopathies auto-immunes.
Leur recherche s’effectue en immunofluorescence sur des frottis de polynucléaires humains fixés à l’éthanol et permet de définir trois types d’anticorps en fonction de la localisation de la fluorescence :
- c-ANCA (fluorescence cytoplasmique),
- p-ANCA (fluorescence périnucléaire),
- x-ANCA (ANCA atypique).
La cible des c-ANCA est dans 95 % des cas, la protéinase 3 (PR3), plus rarement l’antigène cap57 (ou BPI : bacterial permeability increasing protein). Les c-ANCA sont décelés à un titre élevé au cours de la maladie de Wegener mais ils peuvent être négatifs au début de la maladie, lorsque celle-ci est localisée ou peu active. Ils sont également détectés dans environ 30 % des polyangéites microscopiques, 10 % des syndromes de Churg et Strauss et moins de 10 % des périartérites noueuses. Ils ne sont pas trouvés dans l’artérite de Takayasu.
Les p-ANCA sont dans la majorité des cas dirigés contre la myéloperoxydase ou contre d’autres antigènes comme la lactoferrine, la cathepsine G ou l’élastase. Ils sont décelés au cours de diverses maladies, associés ou non à des signes de vascularites : polyangéite microscopique, glomérulonéphrites, syndrome de Churg et Strauss, périartérite noueuse, maladie de Wegener, lupus érythémateux disséminé, polyarthrite rhumatoïde...
Les x-ANCA sont détectés dans 50 à 70 % des cas de rectocolite hémorragique  et dans 2 à 20 % de maladie de Crohn. Leur recherche participe, en association avec celle des anticorps anti-Saccharomyces cerevisae, au diagnostic différentiel entre la rectocolite hémorragique et la
maladie de Crohn.

Ils sont également présents dans 40 à 70 % des cas de cholangite sclérosante primitive.
auto-anticorps, antigène, vascularite, ELISA (technique), polyangéite microscopique, Churg et Strauss (maladie de), périartérite noueuse, rectocolite hémorragique Crohn (maladie de

Syn. anticorps anti-cytoplasme de polynucléaires (ACPN)

→ protéinase 3, myéloperoxydase, lactoferrine, cathepsine, élastase ; Saccharomyces cerevisiae, auto-anticorps, antigène, vascularite, ELISA (technique), polyangéite microscopique, Churg et Strauss (maladie de), périartérite noueuse, rectocolite hémorragique Crohn (maladie de)

[F3, N3]

Édit. 2019

anticorps anticardiolipine l.m.

anticardiolipin antibodies

Immunoglobuline de type G ou M de la classe des anti-phospholipides, auto-anticorps souvent associés aux anticoagulants circulants lupiques et à d'autres anticorps immuns tels que les antithyroïdiens ou les anti-peroxydases.
Ils sont responsables d'échecs de la reproduction, fausses couches à répétition, morts fœtales in utero, regroupés sous le terme de syndrome des anti-phospholipides.
On tente d’en réduire les effets par les corticoïdes, l’aspirine ou l’héparine pendant ou même avant la nouvelle grossesse.

Syn. anticorps anticardiolipide

anticorps antigangliosides (neuropathies avec) l.f.p.

neuropathies with antiganglioside antibodies

Atteintes auto-immunes du système nerveux, liées à la présence d'anticorps dirigés contre des gangliosides qui sont des glycolipides de la classe des sphingosidolipides, caractérisés par la présence d'une molécule d'acide neuraminique (le plus souvent N-acétylé, c'est-à-dire acide sialique), attachée à une molécule de galactose d'une chaîne oligosidique d'un sphingolipide.
Sont distingués principalement les gangliosides GM1, GD1a, GD1b et GT1b.
Les principales neuropathies en cause sont les neuropathies avec bloc de conduction persistant, les neuropathies motrices pures, mais aussi le syndrome de Guillain-Barré, surtout dans ses formes axonales avec Campylobacter jejuni, les polyradiculonévrites chroniques et certaines formes de sclérose en plaques.

anticorps antinucléaires dans la sclérodermie l.m.p.

antinuclear antibodies in the scleroderma

Anticorps antinucléaires présents dans le sérum de 60% ou plus des sérums de sclérodermie.
La spécificité des anticorps antinucléaires de la sclérodermie est variable. Suivant les cas il s’agit d’anticorps antinucléolaires, d’anticorps anti-centromères rencontrés surtout au cours du syndrome CREST, d’anticorps anti-topoisomérase I (anti-Topo I et anti-Scl 70) ou, d’anticorps anti-PM-Scl rencontrés dans les syndromes de chevauchement sclérodermie/polymyosite.

anticorps anti-RNP l.m.

anti-RNP antibody

Auto-anticorps réagissant avec un antigène nucléaire soluble de nature ribonucléoprotéinique, présent à un titre élevé dans le sérum de la plupart des malades atteints de connectivite mixte et à titre plus faible dans le sérum de certains malades atteints de lupus érythémateux disséminé, syndrome de Gougerot-Sjögren, polyarthrite rhumatoïde et sclérodermie.
En immunofluorescence indirecte sur préparation contenant des noyaux entiers, les anticorps anti-RNP donnent une fluorescence mouchetée. Leur présence dans le sérum peut être confirmée par réaction de précipitation en gel ou par immunotransfert. Les études immunochimiques ont montré qu’ils réagissent avec une ribonucléoprotéine nucléaire soluble de petite taille ou U1snRNP faite de plusieurs protéines liées à du U1-ARN. Les épitopes avec lesquels réagissent les anti-RNP sont portés par la protéine 70kDa de U1snRNP.

→ lupus érythémateux disséminé, connectivite mixte, Gougerot-Sjögren (syndrome de), polyarthrite rhumatoïde, sclérodermie.

anticorps anti-SS-A l.m.

anti-SS-A antibodies

Auto-anticorps présent dans le sérum de 40 à 60% des cas de syndrome de Gougerot-Sjögren, 25 à 35% des cas de lupus érythémateux disséminé, de certaines connectivites indifférenciées et très rarement (moins de 1% des cas) chez le sujet sain.
Au cours du lupus érythémateux disséminé, les anti-SS-A sont surtout le fait des formes cutanées subaigües de la maladie, des formes associées à un déficit en C2, C4 et C1 et des formes dites séronégatives c’est-à-dire sans anticorps antinucléaires. Les grossesses survenant chez une femme lupique ayant des anticorps anti-SS-A comportent pour le fœtus un risque élevé de lupus néonatal et de bloc auriculo-ventriculaire congénital ; la présence d’anticorps anti-SS-B est souvent associée ici à celle d’anti-SS-A. Les anti-SS-A réagissent avec des ribonucléoprotéines solubles qui ont la particularité d’être trouvées aussi bien dans le cytoplasme des cellules que dans leur noyau. Il s’agit de complexes constitués d’un RNA de faible poids moléculaire et d’une ou plusieurs protéines fixées sur ce RNA porteuses des épitopes avec lesquels réagissent les anticorps.

Syn. anti-Ro

→ lupus érythémateux disséminé, Gougerot-Sjögren (syndrome de)

antidiurèse n.f.

antidiuresis

État caractérisé par l'émission d'une urine concentrée et peu abondante.
L'antidiurèse s'observe en cas de restriction hydrique, de pertes extrarénales abondantes d'eau et dans le syndrome de Schwartz-Bartter qui s'accompagne de la sécrétion en excès d'hormone antidiurétique.

→ Schwartz Bartter (syndrome de), hormone antidiurétique

antifolique n.m.

antifolic

Composé qui s'oppose à l'action de l'acide folique.
Les antifoliques sont des analogues structuraux de l'acide folique, comme l'aminoptérine ou l'améthoptérine, qui agissent en inhibant la synthèse d’acide folique par compétition de la dihydroptéroate-synthétase. Ils se comportent comme des antivitamines, en se substituant à l'acide folique dans les systèmes enzymatiques qui en font un coenzyme.
Ils peuvent être utilisés dans le traitement de certaines leucémies et de certains cancers, mais provoquent une aplasie médullaire.
En pathologie infectieuse, ils sont actifs contre Toxoplasma gondii et, pour certains, contre les Plasmodium. On distingue les antifoliques d’action rapide (sulfadiazine), les sulfamides semi-retard (sulfaméthoxazole qui est associé au triméthoprime dans une spécialité très utilisée, en particulier pour la chimioprophylaxie des réactivations toxoplasmiques chez les sidéens) et les sulfamides retard comme la sulfadoxine, synergique de la pyriméthamine (à laquelle elle est associée dans une spécialité pharmaceutique). Les sulfamides exposent à des effets secondaires hématologiques et cutanés, parfois graves (syndrome de Lyell).

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