Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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myotonie atrophique l.f.

myotonic dystrophy

Myopathie avec myotonie associée à des troubles oculaires, endocriniens, cardiaques et à une détérioration mentale.
La myotonie est moins forte que dans la maladie de Thomsen et elle apparaît habituellement plus tardivement, mais il y a anticipation avec les générations et cette anticipation peut aller jusqu'à la forme néonatale. L'atrophie musculaire débute aux extrémités et sur la face et se généralise lentement. Le visage est inexpressif, avec une inertie, une apathie, souvent une calvitie, des troubles de conduction cardiaque, un hypogonadisme et une impuissance. La détérioration mentale vient progressivement. L'examen ophtalmologique montre : ptosis bilatéral, hypotonie, difficultés à relâcher une convergence forcée ou soutenue, pupillotonie, cataracte capsulaire postérieure ou cataracte de Vogt (stellaire) ou en écusson ou polychrome. L'ophtalmoplégie est exceptionnelle ; on peut trouver au fond d'œil une pigmentation réticulée de la macula.
Le gène responsable, DMPK, est situé sur le chromosome 19 (gène de la protéine kinase) en 19q13.2-q13.3. Il s'agit d'une mutation dynamique avec répétition instable au niveau du gène d'un codon CTG, et corrélation clinique entre le nombre de copies et la gravité de la maladie ; ce qui permet de dépister les porteurs par simple PCR (normal jusqu'à 35 triplets, pathologique de 90 à 500 ou plus). L'anticipation est corrélée à l'augmentation du nombre de triplets et la transmission maternelle constitue un biais défavorable puisqu'elle donne plus de risque pour l'apparition de forme néonatale. L’affection est autosomique dominante (MIM 160900) à pénétrance variable.

G. I. Rossolimo, neurologue russe (1902) ; H. G. Steinert, anatomopathologiste allemand (1909) ; A. J. Thomsen, médecin danois (1875/76)

Étym. gr. mus : muscle ; tonos : tension ; atrophia (a- privatif et trophein : nourrir, développer) :  atrophie

Syn. Steinert (maladie de), dystrophie myopathique myotonique de Steinert, dystrophie myotonique, myopathie myotonique

myotonie de Thomsen

myotubularine  n.f.

myotubularin

Protéine phosphatase intervenant dans le tansport membranaire, l’endocytose, la fonction des mitochondries et des muscles.
La myotubularine est codée par le gène MTM1, porté par le chromosome X (Xq27.3-q28). Son absence d’activité  liée à la mutation du gène est responsable d’une myopathie myotubulaire. Son interaction avec la desmine  fait envisager son rôle dans les desminopathies.

Étym. gr. mus : souris, muscle ; lat. tubulatus, de tubus : tube

nanisme thanatophore l.m.

thanatophoric dwarfism, lethal dwarfism

Ostéochondrodysplasie congénitale rapidement létale, qui associe un nanisme avec des membres très courts, un thorax en entonnoir, des vertèbres écrasées, une macrocéphalie et des côtes courtes.
Deux types sont décrits : le type 1 a des déformations importantes : des os très courts et incurvés ; le type 2 moins déformé, avec le crâne en trèfle.
L’hérédité est autosomique dominante par mutation de novo du gène du récepteur du facteur de croissance des fibroblastes FGFR3,  locus en 4p16.3 dont la mutation au codon 650 dans le deuxième domaine de la tyrosine kinase de la protéine est spécifique du type 2. D’autres mutations du gène sont responsables de l’achondroplasie et de l’hypochondroplasie.

P. Maroteaux et M. Lamy, membre de l'Académie de médecine, pédiatres français (1967)

Étym. gr. thanatos : la mort ; phorein : porter

Syn. Maroteaux-Lamy (syndrome de), dysplasie thanatophore

achondroplasie, hypochondroplasie, FGFR3 gene

Nav1.1 . sigle angl.

Protéine codée par le gène SCN1A, pour le canal sodique voltage-dépendant, essentiel pour la création et la propagation des potentiels d’action, principalement dans les nerfs et les muscles.

Syn. sodium channel, voltage-gated, type I, alpha subunit (SCN1A)

NBEAL2 gene sigle angl. pour neurobeachin like 2

Gène situé sur le locus chromosomique 3p21.31 codant pour une protéine qui joue un rôle dans le développement des granules alpha.
Ces granules alpha contiennent des facteurs de croissance et d’autres protéines dont le rôle est primordial dans la coagulation sanguine et la guérison des plaies.
Au moins 35 variétés de mutations sont responsables du syndrome des plaquettes grises.

Syn. BDPLT4, GPS, KIAA0540, neurobeachin-like 2, neurobeachin-like protein 2

plaquettes grises (syndrome des)

nébuline n.f.

nebulin

Protéine de masse moléculaire d'environ 500 kDa présente dans les myofibrilles (bande 3) des muscles striés, jouant un rôle dans l'élasticité du muscle et dans l'alignement axial des filaments.
Elle paraît spécifiquement altérée chez les myopathes.

nécrostatine n.f.

necrostatin

Famille de petites molécules de synthèse inhibitrices de la nécroptose.
La plus étudiée est la nécrostatine-1 (Nec-1). Elle inhibe le fonctionnement de la protéine kinase RIPK1

nécroptose, RIPK

nectinepsine n.f.

nectinepsin

Protéine de la famille des protéines d'adhérence, douée de propriétés protéasiques, présente dans la matrice extracellulaire de tissus tels que les ganglions et la rétine.

némaline n.f.

nemalin

Protéine musculaire anormale présente dans les fibres musculaires d'une myopathie congénitale, dite myopathie à bâtonnets.

Étym. gr. nema : bâtonnet

NEMO acr. angl. m. pour NF-kB essential modulator.

Protéine qui fait partie de cascades de signalisation cellulaires à partir du facteur nucléaire NF-kB.
Ce facteur fait partie des kinases inhibitrices et est aussi appelé IKKg, sigle pour IkB-kinase.

néorétinène n.m.

neoretinene

Isomère du rétinène dans lequel une ou plusieurs doubles liaisons ont la configuration cis.
On connait les néorétinènes : a (13-cis), b (11-cis), c (11,13-dicis). Le néorétinène b est la forme active du pigment du pourpre rétinien, liée à une protéine, l'opsine ; la lumière provoque l'isomérisation de ce néorétinène en rétinène trans, qui se détache de l'opsine.

Syn. néorétinal

NPH1 gene, sigle anglais pour nephrocystin 1

Gène situé sur le locus chromosomique 2q13, codant pour la nephrocystin 1.
Cette protéine joue un rôle au niveau des cils situés à la surface des cellules qui participent à la transmission des signaux au niveau des reins, du système respiratoire et de la rétine.
Les mutations de ce gène entraînent le syndrome de Joubert, la néphronophtise familiale juvénile, le syndrome de Senior et Løken.

Syn. JBTS4, juvenile nephronophthisis 1 protein, nephrocystin-1, nephronophthisis 1 (juvenile), NPH1, SLSN1

Joubert (syndrome de), néphronophtise familiale juvénile, Senior et Løken (syndrome de)

néphrine n.f.

nephrin

Protéine transmembranaire de 1241 acides aminés codée par le gène NPHS1 situé sur le chromosome 19 et exprimée essentiellement dans les diaphragmes de fente (slit diaphragm) qui relient les pieds des cellules épithéliales du glomérule ou podocytes.
La néphrine appartient à la superfamille des immunoglobulines. Les mutations du gène NHPS1 sont à l’origine du syndrome néphrotique congénital de type finlandais à transmission autosomique récessive dont la fréquence est considérablement accrue en Finlande par rapport au reste du monde. La néphrine est indispensable au bon fonctionnement de la barrière glomérulaire comme le prouve l’existence d’une protéinurie élevée chez les enfants atteints par ce syndrome néphrotique. Avec la podocine, elle servirait de lien entre la membrane et le cytosquelette des podocytes. La maladie débute in utero, est apparente dès la naissance et résiste à la corticothérapie et aux traitements immunosuppresseurs. Elle est habituellement létale dans les deux premières années de la vie, le seul traitement efficace étant la transplantation rénale.

syndrome néphrotique congénital de type finlandais, podocyte, podocyne

NPHS1 gene sigle anglais pour nephrin

Gène localisé sur le locus chromosomique 19q13.1, codant pour la nephrin.
Cette protéine située à la surface des podocytes des glomérules rénaux joue un rôle au niveau des diaphragmes de fente, (slit diaphragm) retenant les protéines et filtrant les ions et le glucose. Plusieurs centaines de variétés de mutations entraînent le syndrome néphrotique congénital.

Syn. CNF, nephrin, nephrin precursor, nephrosis 1, congenital, Finnish type (nephrin), NPHN, NPHS1 nephrin, renal glomerulus-specific cell adhesion receptor

syndrome néphrotique congénital

nétrine n.f.

netrin

Protéine jouant un rôle chimiotropique pour l'orientation et le cheminement des tubes nerveux en cours de développement.
Deux types de nétrine sont identifiés : nétrine-1, de masse 78 kDa, sécrétée par la « plaque du plancher » (ou floor plate), et nétrine-2, de masse 75 kDa, sécrétée par les cellules de la région ventrale du tube neural.

neurexophiline n.f.

neurexophilin

Protéine secrétée par des neurones capable de se fixer sur une bêta-neurexine (et non sur une alpha-neurexine) présente sur la membrane d’un neurone voisin et jouant un rôle dans la formation de jonctions intercellulaires.

NF2 gene sigle angl. pour neurofibromin 2

Gène situé sur le locus chromosomique 22q12.2 codant pour la protéine merline, synthétisée par les cellules de Schwann, qui joue un rôle dans les mouvements cellulaires et les communications intercellulaires.
Elle a également un rôle de suppresseur de tumeur qui prévient le développement et la croissance exagérée cellulaire.
Des mutations de ce gène sont responsables de la neurofibromatose de type 2 et de certaines tumeurs.

Syn. ACN, BANF, MERL_HUMAN, merlin, Moesin-Ezrin-Radixin-Like Protein, Neurofibromatosis 2 Gene Product, Neurofibromatosis Type 2 Protein, Neurofibromin 2, neurofibromin 2 (bilateral acoustic neuroma), neurofibromin 2 (merlin), SCH, Schwannomerlin, Schwannomin

neurofibromatose de type 2

neurofibromatose de type II (NF-2) l.f.

neurofibromatosis type II

Phacomatose caractérisée par des taches « café au lait » peu nombreuses, par de nombreux neurinomes (schwannomes) en particulier des nerfs acoustiques, des racines nerveuses et des nerfs périphériques et par des méningiomes.
De nombreuses mutations ont été décrites. Il n’existe en général pas de taches "café au lait", et les nodules iriens de Lisch sont absents. On trouve très fréquemment une cataracte présénile sous-capsulaire postérieure et nucléaire. L'atteinte du facial (VII), proche du neurinome, peut donner une lagophtalmie, une hypoesthésie et une opacification cornéenne secondaire. Plusieurs familles ont été décrites avec hamartomes rétiniens. L’hérédité est dominante autosomique (MIM 101000), mais dans la moitié des cas il s’agit chez le cas index d’une mutation de novo. Gène de la NF2 en 22q12.2. , la protéine exprimée est la schwannomine (ou merline). 50% des cas sont dus à des mutations de novo.

W. R. Kanter, neurologue et R. Eldridge, médecin généticien américains (1980)

Syn. neurinome bilatéral du nerf cochléaire (VIII), neurofibromatose de type central

phacomatose, neurinome, neurinome de l'acoustique, schwannome

neuromoduline n.f.

neuromodulin

Protéine, actuellement mieux connue sous le nom de GAP-43 et autrefois également dénommée B-50, exprimée dans les cônes de croissance des axones.
La neuromoduline est un médiateur de la croissance neuronale intervenant au cours du développement du système nerveux central. Des délétions du gène Gap-43 sont la cause d’agénésies du corps calleux et de certains retards mentaux sévères.

Syn. GAP-43, B-50

[C1,C3,H1]

Édit. 2018

neuropathie amyloïde familiale portugaise l.f.

Forme autosomique dominante la plus fréquente de neuropathie amyloïde familiale, qui débute habituellement vers l'âge de 30 ans par une polyneuropathie d'aggravation progressive, et dont le pronostic est sévère.
L'anomalie biochimique est constituée par une modification structurale de la transthyrétrine (préalbumine : protéine de 127 acides aminés, synthétisée par le foie). Les signes dermatologiques sont discrets sinon absents. Le gène TTR est situé sur le chromosome 18.

C. Andrade, neurologue portugais (1952)

Syn. neuropathie amyloïde héréditaire de type I, paramyloïdose portugaise, paramyloïdose polynévritique des portugais, polyneuropathie amyloïde familiale

amylose, TTR gene

[H1,N3,Q2]

Édit. 2017

neurturine n.f.

neurturin

Protéine impliquée dans le développement du système nerveux, reconnue comme ligand du récepteur de l'endothéline 3 (RET), et dont une mutation est associée à une anomalie pathologique de nerfs intestinaux, comme dans la maladie de Hirschsprung.

NF1 gene sigle angl. pour neurofibromin 1

Gène situé sur le locus chromosomique 17q11.2 codant pour la neurofibromine. Cette protéine produite par les oligodendrocytes et les cellules de Schwann forme une gaine de myéline protectrice des cellules nerveuses et agit également comme suppresseur de tumeur.
Des mutations de ce gène provoquent la neurofibromatose de type 1 et certains cancers.

Syn. Neurofibromatosis-related protein NF-1, Neurofibromatosis Type 1 Protein, neurofibromin 1 (neurofibromatosis, von Recklinghausen disease, Watson disease), NF1-, AP-Related Protein, NF1 GRP, NF1 Protein, NF1_HUMAN

neurofibromatose de type 1

NOV acr. angl. pour Nephroblastoma overexpressed

NOV (ou CCN3) est une protéine de la famille CCN, initialement isolée d’un néphroblastome aviaire, normalement exprimée chez l’Homme au cours du développement embryonnaire pour stimuler la prolifération cellulaire, l’angiogenèse et la différenciation cellulaire.
En pathologie, son expression a été également impliquée dans les processus fibrotiques et dans certains cancers.

protéines CCN

NPC1gene sigle angl. pour NPC intracellular cholesterol transporter 1

Gène situé sur le locus chromosomique 18q11.2 codant pour une protéine localisée dans la membrane des lysosomes et des endosome et dont la fonction n’est pas encore définie.
Plus de 370 variétés de mutations sont reconnues dans la maladie de Niemann-Pick pour la variété C.

Syn. Niemann-Pick disease, type C1, NPC

Niemann-Pick (maladie de)

NPC2 gene sigle angl. pour NPC intracellular cholesterol transporter 2

Gène situé sur locus chromosomique 14q24.3, codant pour une protéine localisée dans les lysosomes, se lie au cholestérol et joue un rôle important dans la mobilisation de ce dernier et d’autres lipides.
Plus de 20 mutations sont connues dans la maladie de Niemann-Pick, variété C2.

Syn. epididymal secretory protein, HE1, MGC1333, Niemann-Pick disease, type C2, NP-C2, NPC2_HUMAN

Niemann-Pick (maladie de)

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