Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Pick-Herxheimer (maladie de) l.f.

Pick-Herxheimer disease

acrodermatite chronique atrophiante, Lyme (maladie de)

P. J. Pick, dermatologue tchèque, membre de l'Académie de médecine (1894) et K. Herxheimer, dermatologue allemand (1902)

Syn. acrodermatite chronique atrophiante

→ acrodermatite chronique atrophiante, Lyme (maladie de)

[D1, J1]

Édit. 2019

pied hérissé l.m.

mushrooming foot

Sur une radiographie du pied, fines proliférations osseuses, prédominant aux sites d'insertions musculo-tendineuses, donnant aux os du pied un aspect hérissé.
Modifications évocatrices d'une goutte chronique, surtout quand elles s'associent à des altérations articulaires, en particulier de la métatarsophalangienne du gros orteil; devenues rares depuis l'emploi de l'allopurinol dans le traitement de l'affection.

pigeonneau n.m.

tanner's disease

Ulcération chronique et douloureuse, arrondie, ressemblant vaguement à un oeil de pigeon, à bordure nette soulignée par un bourrelet inflammatoire et située sur les faces latérales des doigts ou le dos des mains, provoquée par l'action caustique du chrome.
Elle touche les ouvriers de l'industrie métallurgique, les tanneurs, les teinturiers et les fabricants de produits d'imprimerie.

Syn. rossignol des tanneurs, tourtereau

pigmentation des chaufferettes l.f.

Forme rare de pigmentation cutanée induite par une exposition chronique à une source calorique.
Située habituellement soit sur la face interne des jambes et des cuisses, soit sur l'abdomen, avec comme responsables cheminée, brasero, chaufferette, bouillotte ou cataplasme électrique, elle réalise une pigmentation brune réticulée qui reproduit le dessin du réseau vasculaire anastomotique de la peau.

Syn. pigmentation a calore des chaufferettes

→ dermite des chaufferettes, érythème a calore

pinta n.f.

pinta, spotted sickness, cative, pannus carateus, azul, boussarole
Tréponématose non vénérienne due à Treponema carateum, endémique en Amérique centrale, contagieuse à transmission non vénérienne, survenant dans l'enfance, chronique, évoluant en trois phases : primaire faite de placards érythématosquameux localisés sur une zone découverte, secondaire avec les pintides et tertiaire comportant des nappes colorées du visage et du tronc, un aspect vitiligoïde des membres et une kératodermie palmoplantaire.
Les réactions sérologiques et le traitement sont identiques à ceux du pian.

Étym. espagnol, pinta : tache, marque peinte

Syn. caraté, mal del Pinto (Mexique), mal de los Pintos, azul, boussarole (Haïti), puru puru (Brésil)

→ pintide, tréponématose

pioglitazone , n.m.

Médicament de la classe de la thiazolidinedione actif comme hypoglycémiant dans le traitement du diabète sucré. Cependant cette molécule a, de plus, un effet antitumoral inhibiteur de la croissance cellulaire dans différents types de cancers humains et de certaines leucémies.
Des essais cliniques récents ont montré l’efficacité du pioglitazone en combinaison de la tyrosine kinase dans le traitement de la leucémie myéloïde chronique en vue de l’éradication des cellules leucémiques.

S. Prost, médecin français (2015)

→ leucémie myéloïde chronique, diabète sucré

pityriasis lichénoïde chronique l.m.

pityriasis lichenoides chronica, chronic pityriasis lichenoides
Forme chronique du pityriasis lichénoïde, c'est-à-dire du parapsoriasis en gouttes, correspondant à une dermatose inflammatoire d'origine inconnue touchant enfants et adultes jeunes, caractérisée par des poussées multiples et récidivantes de papules qui sont d'abord érythémateuses et lisses et se recouvrent ensuite d'une squame qui se détache d'un bloc, « en pain à cacheter », puis disparaissent; l'éruption, polymorphe, comporte des lésions d'âge différent et a une disposition bigarrée.
L'examen histologique met en évidence une parakératose, une exocytose d'éléments mononucléés avec de l'exosérose et un infiltrat inflammatoire dermique de densité modérée plus ou moins périvasculaire ; des hématies peuvent également se retrouver dans l'épiderme.

Syn. parapsoriasis en gouttes chronique

→ parapsoriasis en gouttes

pityriasis lichénoïde varioliforme aigu l.m.

acute varioliform pityria lichenoides

Forme aiguë rare de pityriasis lichénoïde, habituellement observée chez l'enfant, correspondant à une éruption à début brutal faite de papules qui deviennent nécrotiques ou croûteuses puis s'ulcèrent et dont la cicatrisation peut prendre un aspect varioliforme.
L'évolution, plus courte que celle des formes chroniques, dure quelques semaines, voire quelque mois. Il existe des formes suraiguës fébriles. L'image histologique est superposable à celle du pityriasis lichénoïde chronique, mais est plus marquée, avec, notamment, une réelle vascularite qui constitue probablement la lésion élémentaire.

Syn. parapsoriasis varioliforme de Mucha-Habermann

Sigle  : PLEVA

pityriasis rubra pilaire l.m.

pityriasis rubra pilaris
Affection dermatologique généralement chronique caractérisée par des papules cornées folliculaires, donnant une impression de râpe, des membres et du tronc, une hyperkératose du cuir chevelu, de la nuque, des coudes et des genoux, sous forme de placards érythématosquameux parfois psoriasiformes ou réalisant un aspect plâtreux, et une kératodermie palmoplantaire jaune orangé fissurée.
Suivant les caractères cliniques et l'évolution, elle est classée en quatre groupes, dont une forme aiguë fugace et non récidivante. L'étiologie est inconnue : facteur infectieux, transmission autosomique dominante? Le diagnostic repose sur la clinique, car l'image histopathologique, rarement caractéristique, permet surtout d'éliminer un psoriasis ou un lichen. Le traitement est à base d'émollients, de kératolytiques,  de rétinoïdes et éventuellement de méthotrexate.

A. Devergie, dermatologiste français, membre de l'Académie de médecine (1854)

Étym. gr. pityriasis : dartre farineuse ; lat. rubra : rouge

Syn. lichen ruber acuminatus de Hebra et Kaposi (obsolète)

placenta prævia (enfant né avec un) l.m.

Insertion vicieuse du placenta au bas de l'utérus, peu favorable aux échanges utéroplacentaires, et qui amène un risque de souffrance fœtale chronique.
La dilatation du segment inférieur de l'utérus et ses contractions favorisent les saignements de la mère et du fœtus en arrachant les villosités placentaires. Enfin, lorsqu'il est recrouvrant, le placenta peut être une cause de dystocie.
La naissance avec un placenta prævia peut entraîner une souffrance fœtale aigüe qui nécessite les soins en service de réanimation. Ces enfants, souvent anémiques, sont hypotrophes avec un risque d'hypoglycémie.

Étym. lat. placenta : petit gâteau plat, galette (du gr. plakous : plat, en forme de plateau) ; prae : avant ; via : voie, passage

→ anémie du nouveau-né, hypoglycémie, souffrance fœtale

pleurésie cancéreuse l.f.

malignant pleural effusion

Épanchement pleural d'origine cancéreuse habituellement métastatique.
Les métastases sont en cause dans 45% des pleurésies. Parmi les pleurésies cancéreuses métastatiques, les carcinomes des bronches, du sein et les lymphomes représentent les 2/3 de ces épanchements tumoraux
Cliniquement, c'est une pleurésie insidieuse, chronique, récidivante, pouvant devenir intarissable.
Le diagnostic repose sur l'examen radiographique fait après l'évacuation du liquide, la cytologie du liquide, complétés par la biopsie à l'aiguille. La biopsie sous pleuroscopie peut être utile en cas de négativité des examens précédents.
Le talcage pleural est proposé comme traitement symptomatique dans les formes où l'épanchement se renouvelle souvent.

pleurésie chyliforme l.f.

chylous pleurisy

Épanchement lactescent évoquant un chylothorax mais moins riche en lipides que lui, contenant surtout du cholestérol et un taux bas de triglycérides.
La cause en est habituellement une tuberculose, un syndrome néphrotique dans leur évolution chronique.

→ chylothorax

pleurotomie large l.f.

pleuracotomy

Ouverture d'une poche pleurale suppurée, chronique, collectée.
On pratique une petite thoracotomie en regard de la partie basse de la poche et l'on resèque un segment costal après incision et décollement du périoste. Un ou deux espaces intercostaux de voisinage peuvent être reséqués si nécessaire. La poche est nettoyée. On laisse en place un drain relié à un bocal. La paroi est fermée de façon étanche, plan par plan.

plomb n.m.

lead

Élément de numéro atomique 82 et de masse 207, métal bivalent dont les sels solubles sont toxiques, provoquant le saturnisme.
Métal mou gris bleuâtre, lourd, extrait de la galène. La teneur en plomb de l'organisme humain est d'environ 50 mg
Le plomb et ses composés , utilisés dans l’industrie de la récupération et dans le travail de grattage, brûlage de peintures plombifères ou d’instruments de musique métalliques à base de plomb (orgues), sont responsables en cas d’exposition massive, devenue très rare,  d’encéphalopathies aiguës,  associant au moins deux des signes suivants : hallucinations, déficit moteur ou sensitif d’origine centrale, amaurose, coma, convulsions avec une plombémie égale ou supérieure à 2000 µg/L, ou en cas d’expositions répétées, d’encéphalopathie chronique caractérisée par un ralentissement psychomoteur, une altération de la dextérité, des troubles de la mémoire et de l’attention, et confirmée par des tests psychométriques  répétés au moins 6 mois plus tard et après plus de 6 mois sans exposition  et s’accompagnant d’au moins 2 plombémies égales ou supérieures à 400 µg/L au cours des années antérieures.  Les neuropathies périphériques et la sclérose latérale amyotrophique sont prises en charge selon le tableau 18 du RA avec un délai de 3 ans.
Les encéphalopathies aiguës sont prises en charge (tableau 1 du RG et 18 du RA)  avec un délai de 30 jours  entre la fin de l’exposition et la première constatation des symptômes et un délai de un an pour les encéphalopathies chroniques.

Symb. Pb

→ saturnisme

[E2, G4]

Édit. 2018

pneumocoque n.m.

pneumococcus

Diplocoque à Gram positif, aéro-anaérobie, capsulé, appartenant à la famille des Streptococcaceae et présent dans le rhinopharynx d’environ 10% d’adultes et 30% d’enfants sains, particulièrement en saison froide.
On en distingue 84 sérotypes.
Le pneumocoque est responsable d’infections des voies respiratoires (pneumonie franche lobaire aigüe, bronchopneumonie, otites, sinusites, mastoïdites), d’infections neuroméningées (méningites purulentes), de bactériémies (pneumococcémies) et rarement d’autres localisations infectieuses (péritonite, cellulite, endocardite, etc.). Certains terrains les favorisent : âges extrêmes de la vie, insuffisance respiratoire ou cardiaque chronique, diabète, alcoolisme, infection par le VIH, splénectomie, asplénisme, immunodépressions. L’isolement et l’identification du pneumocoque s’obtiennent sur des milieux de culture non sélectifs (gélose au sang) ; la recherche d’antigènes solubles polysaccharidiques peut compléter le diagnostic dans le sang ou le liquide céphalorachidien.
Les pénicillines (amoxicilline), certaines céphalosporines injectables, les macrolides, les synergistines, les glycopeptides, certaines quinolones (lévofloxacine, moxifloxacine), la rifampicine sont les principaux antibiotiques prescrits au cours des infections à pneumocoques. Toutefois le développement de souches résistantes aux pénicillines et aux macrolides est de plus en plus fréquent.
Il existe un vaccin préventif, de type polysaccharidique, recommandé chez les sujets à risques.

Syn. Streptococcus pneumoniae

pneumopathie à éosinophiles l.f.

eosinophilic pneumonia

Pneumopathie avec éosinophilie sanguine accrue et/ou un taux d'éosinophiles supérieur à 20% dans le liquide de lavage broncho-alvéolaire, et/ou sur les biopsies pulmonaires.
Plusieurs tableaux cliniques sont individualisés :
a) L’éosinophilie pulmonaire simple ou syndrome de Löffler est peu symptomatique avec ses opacités pulmonaires à caractère migratoire et spontanément résolutif ;
b) L'aspergillose bronchopulmonaire allergique : réaction d'hypersensibilité à la présence d'un champignon (Aspergillus fumigatus) dans l'arbre bronchique d'un sujet asthmatique.
c) La pneumopathie chronique idiopathique à éosinophiles ou maladie de Carrington. Chez un sujet asthmatique, la symptomatologie fonctionnelle et générale est modérée, avec des opacités pulmonaires bilatérales, périphériques. Un traitement corticoïde est nécessaire après avoir éliminé toute parasitose.
d) La pneumopathie aigüe à éosinophiles donne un tableau de pneumopathie interstitielle diffuse aigüe, idiopathique, développée chez des sujets non asthmatiques. Elle est corticosensible avec un traitement court.
e) L'angéite allergique et granulomateuse (syndrome de Churg et Strauss). La maladie débute par un asthme ou une sinusite. Suivent des signes extrathoraciques : cardiaques, cutanés, neurologiques périphériques. La présence dans le sérum d'anticorps anticytoplasme des polynucléaires neutrophiles, de type périnucléaire antimyéloperoxidase, est fréquente. Une corticothérapie pendant un an est nécessaire.

→ aspergillose bronchopulmonaire allergique, Carrington (maladie de), Churg et Strauss (syndrome de), Löffler (syndrome de)

pneumopathie interstitielle desquamative l.f.

desquamative interstitial pneumonia

Pneumopathie interstitielle médicamenteuse, presque spécifique de la prise chronique de nitrofurantoïne.
Les malades présentent une dyspnée. La tomodensitométrie révèle un aspect de pneumopathie interstitielle en mosaïque très particulier. Le syndrome restrictif et les données du lavage bronchoalvéolaire sont variables. L'étude histologique établit le diagnostic devant l'accumulation de macrophages endoalvéolaires. Le pronostic est bon sous condition de l'arrêt définitif de la nitrofurantoïne et d'un recours temporaire aux corticoïdes.
Pour certains auteurs, ce terme s'applique aux formes récentes inflammatoires de fibrose interstitielle diffuse primitive !

pneumopathie organisée cryptogénique l.f.

organising pneumonia (angl.), organizing pneumonia (américain)

Pneumopathie chronique de cause inconnue, caractérisée par l’existences de bourgeons conjonctifs endo-alvéolaires à la biopsie pulmonaire,.
Les patients présentent souvent une clinique de « pneumopathie » récidivante malgré des traitements antibiotiques, avec un syndrome inflammatoire. 
Sur le scanner les lésions sont en général multiples, avec une base périphérique jouxtant la plèvre. Le caractère migrateur des opacités est typique à cette affection : certaines disparaissant alors que d’autres surviennent  dans d’autres territoires. Le liquide de lavage lavage bronchoalvéolaire montre une formule panachée, avec augmentation des neutrophiles, éosinophiles et lymphocytes.

Il faut éliminer une cause définie, par exemple une pneumopathie médicamenteuse, l'association à une connectivite ; la conséquences d’une radiothérapie pour cancer du sein.
Le diagnostic formel nécessite une biopsie pulmonaire. Histologiquement, les alvéoles, les canaux alvéolaires, et les bronchioles terminales sont comblés par des fibroblastes et du collagène.
Après élimination d’une cause infectieuse, le traitement repose sur la corticothérapie, dont le résultat spectaculaire confirme le diagnostic. La diminution des corticoïdes doit être progressive, les récidives étant fréquentes à la diminution ou à l’arrêt du traitement.

A. G. Davison et Margaret Turner-Warwick, médecins britanniques (1983)

Syn. pneumopathie organisée idiopathique

→ pneumopathie, lavage bronchoalvéolaire , connectivite

[K1]

Édit. 2018

POEMS (syndrome) sigle angl. pour

Syndrome de cause inconnue, défini par la présence d'une neuropathie périphérique, une anomalie des plasmocytes et d'autres manifestations paranéoplasiques, les plus fréquentes d'entre elles étant l'organomégalie, l'endocrinopathie, les altérations cutanées, un papilloedème, un oedème, des épanchements, une ascite et une thrombocytose.
Le pic d'incidence du syndrome POEMS se situe entre la 5ème et la 6ème décennie ; sa prévalence est inconnue. Il n'est pas nécessaire d'avoir tous les signes du syndrome pour en faire le diagnostic. Tous les patients auront au moins une lésion osseuse sclérosante ou une maladie de Castleman coexistante.
La neuropathie est constante, souvent révélatrice, sensitivo-motrice et symétrique épargnant les nerfs crâniens et le système nerveux autonome, avec hyperprotéinorachie sans réaction cellulaire. Elle peut s’accompagner d’un œdème papillaire au fond d'œi. Le résultat de la biopsie neuro-musculaire n'est pas spécifique. Le syndrome POEMS est fréquemment confondu avec une polyneuropathie inflammatoire démyélinisante chronique ce qui est regrettable car les thérapeutiques efficaces pour l’une ne le sont pas pour l’autre. L'organomégalie concerne la rate, les noeuds lymphatiques et le foie. L'histologie hépatique est en général normale.
L'endocrinopathie a une expression variable :
Les bases du traitement incluent une radiothérapie, des corticoïdes et des agents alkylants, comprenant une chimiothérapie à forte dose avec transplantation des cellules sanguines souches circulantes.

Syn. syndrome de Crow-Fukase, syndrome de Takatsuki, PEP syndrome ( polyneuropathy endocrinopathy plasma cell dyscrasia), Shimpo syndrome

→ Castelman (maladie de), neuropathie périphérique

poil incarné de la barbe l.m.

pseudofolliculitis barbae

Pénétration et croissance intradermique d'un poil coupé trop court, responsable d'inflammation et d'infection se manifestant cliniquement par la survenue sur une zone de rasage d'une papule érythémateuse ferme et d'une pustule.
Cette affection, chronique, est beaucoup plus fréquente sur peau noire du fait de la dureté et de l'incurvation naturelle du poil crépu. L'examen histologique montre un infiltrat inflammatoire de type granulome à corps étranger.

Syn. pili incarnati, pseudofolliculite de la barbe

→ pseudofolliculite de Behçet

POLIP syndrome l. angl. m.

Cytopathie appartenant au vaste cadre des mitochondriopathies, associant polyneuropathie, ophtalmoplégie, leuco-encéphalopathie et pseudo-obstruction intestinale, survenant avant 20 ans.
Les tableaux cliniques principaux intègrent généralement le syndrome pseudo-obstructif chronique, l'ophtalmoplégie externe progressive avec diplopie et des signes de polyneuropathie périphérique. L'atteinte de la substance blanche, asymptomatique, sus et sous-tentorielle, peut être mise en évidence par IRM. L'évolution se fait le plus souvent vers un état de dénutrition sévère, responsable du décès.
Comme beaucoup de mitochondriopathies, cette affection est de diagnostic difficile du fait de sa rareté et d'un fréquent délai de plusieurs années avant que la symptomatologie clinique ne se complète progressivement. Une biopsie musculaire montre 5 à 10% de fibres COX négatives et de fibres rouges déchiquetées ("ragged red fibers"). Les complexes I, II et IV de la chaine respiratoire sont partiellement diminués. Une mutation du gène nucléaire codant pour la thymidine phosphorylase (22q13.32-qter), responsable de délétions multiples au niveau de l'ADN mitochondrial (mt ADN), a été démontrée.

Syn. MNGIE (myo neuro gastro intestinalis encephalopathy syndrome)

→ mitochondriopathies

pollution du bloc opératoire par les gaz anesthésiques l.f.

operating room pollution

L’anesthésie générale amène un rejet de gaz et de vapeurs dans le bloc opératoire où ces polluants peuvent s’accumuler.
Les principaux polluants sont l’acide nitreux (comburant) et les vapeurs anesthésiques halogénées (peu combustibles), halothane, isoflurane, enflurane, desflurane, sévoflurane. L’oxyde d’éthyle et le cyclopropane ne sont plus employés car ils étaient source d’explosions.
On évalue l’importance de la pollution par la concentration du gaz ou de la vapeur dans l’air exprimée en parties par million en volume, ppv. Les limites réglementaires diffèrent légèrement selon les pays, elles sont en France de 25 ppv pour le protoxyde d’azote N2O et 2 ppv pour les substances  volatiles  halogénées.
L’inhalation prolongée de vapeurs anesthésiques en salle d’opération ou de réveil dépend de la durée de séjour du personnel et de sa position par rapport à la source polluante (les anesthésistes, généralement près de la tête du patient, sont les plus exposés). La toxicité aigüe (loi de Haber) ne s’observe pas en pratique car on est loin du seuil de toxicité, mais les séjours répétés en ambiance polluée accumulent les risques.
Des accidents dus à l'exposition chronique à l'oxyde nitreux ont été observés : le N2O inactive la cobolamine, cofacteur de la méthionine synthétase, nécessaire au métabolisme des folates ; cette dernière intervient dans la biosynthèse de l'ADN et donc dans la multiplication cellulaire. Ainsi les principaux troubles causés par l'inhalation prolongée de N2O touchent le fœtus à la fin du premier mois de la gestation (action abortive et tératogène). Chez l'adulte on note une atteinte de la moelle osseuse (anémie analogue à celle de Biermer) et des troubles nerveux (neuromyopathie). Tous ces troubles régressent rapidement après l'arrêt des inhalations, sauf en ce qui concerne le fœtus.
Les vapeurs halogénées produisent une irritation oculaire et bronchique et, à long terme, des atteintes hépatiques chez quelques sujets prédisposés, mais les enquêtes épidémiologiques n'ont pas démontré la toxicité hépatique ou rénale.
La prévention consiste à réduire la pollution anesthésique et à en minimiser ses effets :
- les anesthésiques volatils doivent être utilisés en circuit fermé,
- les rejets doivent être aspirés et rejetés sur l'extérieur ou absorbés sur du charbon activé,
- les blocs opératoires et les salles de réveil doivent être ventilés («l'atmosphère des salles d'opération et de réveil doit recevoir un apport en air neuf au régime minimal de 15 volumes par heure et par salle avec un apport minimum de 50 m3/h/personne»),
- le personnel ne doit pas rester plus de huit heures par jour en atmosphère polluée et les séances longues doivent être compensées par des jours de travail hors pollution.

→ Haber (loi de), oxyde nitreux

polyarthrite rhumatoïde (critères diagnostiques) l.f.

Maladie inflammatoire chronique affectant les articulations munies d'une cavité synoviale et s'accompagnant de localisations extra articulaires, telles une vascularite et des nodosités.
Le diagnostic d’une polyarthrite rhumatoïde (PR) débutante avec des radiographies normales et en l’absence de diagnostic d’une autre maladie est selon les critères ACR/EULAR de 2009 :
1) le type d’atteinte articulaire :
- une articulation moyenne ou grosse : 0,
-deux à dix articulations moyennes ou grosses : 1,
-une à trois petites articulations : 2,
-quatre à dix petites articulations : 3
-plus de dix articulations (au moins une petite articulation) : 5 ;
2) sérologie :
-ni facteur rhumatoïde ni anticorps antiprotéine citrullinée (ACPA) : 0,
-au moins un test faiblement positif. 2,
-au moins un test fortement positif : 3;
3) durée de la synovite :
- moins de 6 semaines : 0,
- plus de 6 semaines : 1 ;
3) marqueurs de l’inflammation :
- ni protéine C-réactive (CRP), ni VS élevée : 0,
- CRP ou VS élevée : 1.
Ainsi le diagnostic de polyarthrite est posé si le score est supérieur ou égal à  6.
De plus en plus, le diagnostic de polyarthrite débutante  repose   sur l’échographie qui tend à remplacer définitivement les données radiographiques qui seront toujours trop en retard.
Un mécanisme auto-immun est probablement en cause avec la présence simultanée des allèles HLA DR1 et DR4 (chez 93% des individus). Des mutations génétiques sont impliquées dans le déterminisme de la PR. Une mutation du gène PTPN22 (qui code une tyrosine phosphatase) double le risque de développer la maladie qui est aussi alors parfois plus grave.
Une mutation du gène TRAF1–C5 du chromosome 9 est aussi corrélée avec une forme aggravée de PR (avec présence d'anticorps anti-CCP : cyclic citrullinated peptide).
Les données nouvelles de la polyarthrite rhumatoïde, les succès des biothérapies ont fait reculer les indications chirurgicales (préservation de la fonction articulaire, ou si les déformations articulaires sont trop importantes).

Étym. gr. polus : nombreux ; arthron: articulation : rheuma : fluxion ; eidos : apparence

Sigle PR

→ polyarthrite rhumatoïde (clinique de la), pannus, protéine C-réactive, sérologie rhumatoïde, séropositif, polyarthrite rhumatoïde (manifestations extra-articulaires), HLA, auto-anticorps anti-citrullinés, facteur rhumatoïde, synovite, PTPN22

[I1]

Édit. 2017

polyéthylène glycol n.m.

polyéthylène glycol

Polymère d’éthylène glycol largement utilisé comme épaississant ou gélifiant dans l’industrie cosmétique et aussi comme additif alimentaire ou pour modifier chimiquement certains agents thérapeutiques.
Associé à l’interféron alpha-2b (interféron alpha-2b pégylé), il prolonge la demi-vie de celui-ci. L’interféron alpha-2b pégylé est utilisé dans le traitement de l’hépatite C chronique (une seule injection sous-cutanée par semaine), le plus souvent en association avec la ribavirine.

Abrév. Abr . PEG

→ pégylation, hépatite C, ribavirine

polyglobulie du nouveau-né l.f.

newborn's polycythaemia

Concentration d'hémoglobine dépassant 20 g/100 mL ou hématocrite supérieur à 60% chez le nouveau-né.
La polyglobulie entraîne une forte augmentation de la viscosité du sang et donc des résistances circulatoires à travers les poumons qui peut mener à une situation de détresse respiratoire. Le même mécanisme peut favoriser une thrombose des veines rénales, une entérocolite nécrosante ou causer une ischémie cérébrale.
La polyglobulie résulte en général d'une souffrance fœtale chronique, d'un diabète ou d'un mongolisme. Elle peut résulter d'une transfusion entre deux jumeaux qui partagent le même placenta.
Le traitement préventif est le plus efficace : le plus tôt possible après la naissance, il consiste à soustraire 5 mL/kg de sang et à les remplacer à volume égal par une solution d'albumine à 4%. On recommence plusieurs fois jusqu'à ramener la concentration d'hémoglobine à 13 g/100 mL. Il faut pratiquement prévoir un échange de 15 à 20 mL/kg.

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