Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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bilharziome n.m.

Schistosoma polyp

Syn. polype bilharzien

bilharziose, bilharziome urinaire, schistosome

Édit. 2017

bilharziome urinaire l.m.

Schistosoma polyp , urinary bilharzioma
Pseudotumeur inflammatoire granulomateuse de la voie excrétrice urinaire, arrondie, pédiculée ou sessile, située dans la muqueuse et la sous-muqueuse de la paroi vésicale ou urétérale, provoquée par les amas ovulaires de Shistosoma haematobium et la réaction cellulaire qui les entoure.
Les tumeurs apparaissent à un stade relativement avancé de la bilharziose urinaire. Elles sont causes d'hématuries, de douleurs et d'infection. Des troubles de vascularisation leur donnent souvent un aspect cystoscopique de "tumeur framboisée". Elles peuvent régresser parfois par le traitement médical, mais exigent souvent l'exérèse endoscopique.
Ces lésions sont considérées comme le point de départ possible de cancers épidermoïdes de la vessie.

Syn. polype bilharzien, polype ovulaire, tumeur framboisée

bilharziose, bilharziose urogénitale, schistosome, Shistosoma haematobium

Édit. 2017

bilharziose n.f.

bilharziasis, schistosomiasis

Infection par des vers trématodes du genre Schistosoma.
Il existe plusieurs types de bilharzioses dont la répartition géographique et la symptomatologie sont différentes. La bilharziose urinaire à Schistosoma haematobium est africaine et malgache, la bilharziose intestinale à Schistosoma mansoni est fréquente aussi bien en Afrique et sur la côte est de Madagascar qu’en Amérique Latine (Brésil) et Centrale (Antilles), la bilharziose à Schistosoma intercalatum est centro-africaine, enfin, les bilharzioses hépatospléniques à Schistosoma japonicum ou à Schistosoma mekongi sont Extrême-Orientales. Ces différences de répartition géographique sont liées à la présence du mollusque qui, pour chaque espèce de schistosomes, est l’hôte intermédiaire spécifique. La contamination humaine est transcutanée, par pénétration des larves (furcocercaires) émises par le mollusque hôte intermédiaire, à l’occasion d’une baignade en eau douce. La symptomatologie varie avec l’espèce parasitaire en cause.

T. Bilharz, médecin allemand (1851)

Syn. schistosomose

schistosome, Schistosoma mansoni, Schistosoma haematobium Schistosoma intercalatum, Schistosoma japonicum, Schistosoma mekongi  

Édit. 2017

bilharziose asiatique l.f.

Asian schistosomiasis

Bilharziose provoquée par Schistosoma japonicum, répandue en Extrême-Orient, notamment en Chine, au Japon et aux Philippines.
Cette anthropozoonose se développe également chez les bovidés et chez d’autres animaux qui sont des réservoirs de germes.
Le parasite adulte vit dans le système veineux mésentérique. La contamination est réalisée par des larves se développant chez certains dulçaquicoles. Ces larves (furcocercaires) sont libérées dans l’eau et pénètrent par voie transcutanée (baignade, travail dans des rizières inondées). Cette bilharziose est marquée par un état toxi-infectieux grave, des troubles dysentériques, une hépatosplénomégalie et une hyperéosinophilie sanguine. Elle entraîne diverses complications hépatospléniques ("cirrhose" bilharzienne) d’évolution parfois mortelle.
N'existant que dans quelques foyers du Sud-est asiatique, la bilharziose à Schistosoma mekongi est caractérisée par la sévérité de son évolution (complications hépatiques).

Syn. schistosomose

 bilharziose, schistosome, Schistosoma japonicum, Schistosoma mekongi

Édit. 2017

bilharziose intestinale l.f.

intestinal schistosomiasis

Bilharziose provoquée par Schistosoma mansoni, existant au Proche-Orient, dans la plupart des pays africains, sur la côte est de Madagascar, ainsi qu’en Amérique du Sud (Brésil particulièrement) et dans certaines îles des Antilles.
Le parasite responsable se développe chez certains mammifères et en particulier chez des rongeurs qui jouent le rôle de réservoir de germes. L’infestation est produite par la pénétration transcutanée de larves infestantes (furcocercaires) qui se sont développées chez un hôte intermédiaire, un mollusque d’eau douce particulier (planorbe). Les vers adultes vivent dans les veines mésentériques. L’affection est caractérisée par des troubles digestifs variés et par une splénomégalie, sa gravité résultant surtout des complications hépatospléniques (cirrhose bilharzienne, syndrome d’hypertension portale).
Schistosoma intercalatum a une symptomatologie surtout rectale et sa zone d’endémie est l’Afrique centrale.

Syn. schistosomose

 bilharziose,schistosome, Schistosome mansoni

Édit. 2017

bilharziose neurologique l.f.

neurological bilharziasis

Parasitose due à des trématodes, les bilharzies ou schistosomes, dont plusieurs espèces sont pathogènes pour l'Homme (Schistosoma haematobium, S. mansoni, S. intercalatum, S. japonicum etc.).
Les atteintes neurologiques sont rares. Les localisations encéphaliques comportent un tableau d'encéphalite aigüe ou un tableau subaigu, voire chronique d'hypertension intracrânienne avec signes focaux. Les localisations méningomyélo-radiculaires dues à S. mansoni et S. haematobium réalisent soit un tableau de myélite aigüe ou subaigüe, notamment de type transverse, de la moelle dorsolombaire, soit un tableau de compression du cône terminal. L’IRM peut montrer des images évocatrices de granulome bilharzien, notamment un élargissement et des irrégularités de ce dernier avec hypersignal hétérogène en T1 et T2. Le diagnostic repose sur la notion de séjour en pays d'endémie, avec notion de bains en eau douce, des manifestations urogénitales, hépatospléniques et cutanées de l'affection, une éosinophilie inconstante, la recherche d'œufs dans les selles ou dans les urines et surtout en biopsie rectale et cystoscopie, ainsi que sur des réactions sérologiques inconstamment positives.
Le traitement est le plus souvent médical, utilisant les nouveaux antibilharziens (praziquantel) et les glucocorticoïdes, voire médicochirurgical.

Syn. schistosomose

bilharziose, schistosome

Édit. 2017

bilharziose pulmonaire l.f.

lung bilharziasis

bilharziose, schistosome, schistosomose pulmonaire

Édit. 2017

bilharziose urinaire l.f.

urinary schistosomiasis

Parasitose provoquée par Schistosoma haematobium, observée en Afrique Continentale, sur la Côte ouest de Madagascar, à la Réunion et au Moyen-Orient.
En revanche, la bilharziose urinaire est absente de l’Amérique du Sud et des Antilles, où n’existe pas le mollusque particulier (Bulinus), hôte intermédiaire spécifique du parasite. Les parasites adultes sont présents dans les veines périvésicales. Les principales manifestations cliniques comprennent des troubles fonctionnels urinaires et une hématurie d’importance variable. Cette parasitose peut entraîner diverses complications, notamment rénales ou vésicales (cancer).

Syn. schistosomose urogénitale

bilharziose, schistosome, Schistosoma haematobium

Édit. 2017

bilharziose urogénitale l.f.

urogenital bilharziasis, urinary shistosomiasis

Maladie parasitaire provoquant des lésions des voies excrétrices urinaires et de l'appareil génital de l'Homme, due à une variété de shistosome (Shistosoma haematobium).
Elle existe à l'état endémique dans de nombreux pays tropicaux Afrique continentale, Madagascar, Réunion et Moyen-Orient. L’affection est absente de l’Amérique du Sud et des Antilles, où n’existe pas le mollusque particulier (Bulinus), hôte intermédiaire spécifique du parasite. Les vers adultes vivent dans les veines périvésicales. Les lésions de la voie excrétrice, principalement de la vessie, sont provoquées par la migration des œufs. Les principales manifestations cliniques sont des troubles fonctionnels urinaires et une hématurie d’importance variable. Le diagnostic est parasitologique (œufs dans les urines), sérologique, radiologique, endoscopique (lésions spécifiques). Un traitement médical efficace existe, mais des actes de chirurgie réparatrice peuvent être nécessaires sur les lésions de la voie excrétrice, principalement scléreuses et sténosantes. Les lésions bilatérales du haut appareil peuvent menacer la fonction rénale ; le risque vésical est celui de tumeurs malignes.bilharziose, cystite bilharzienne, urétérite bilharzienne, schistosome, Schistosomahaematobium  schistosomose, bilharziome urinaire, sclérose bilharzienneÉdit. 2017

Syn. schistosomose uro-génitale

bilharziose, cystite bilharzienne, urétérite bilharzienne, schistosome, Schistosoma haematobium, schistosomose, bilharziome urinaire, sclérose bilharzienne

[D1, M2]

Édit. 2019

bili-IRM l.f.

MR cholangiography

Edit. 2018

cholangio-IRM

[B2,B3,L1]

biliaire adj.

biliary

Qui se rapporte à la bile.
P. ex. les acides biliaires, les pigments biliaires.

Édit. 2017

biliaire (acide) l.m.

bile acid

acide biliaire

Édit. 2017

bilieuse hémoglobinurique (fièvre) l.f.

bilieuse hemoglobinurique fever

fiévre bilieuse hémoglobinurique

Édit. 2017

bilifuscine n.f.

bilfuscin

Produit secondaire du catabolisme de la bilirubine constitué de deux noyaux pyrroles.
Les bilifuscines se trouvent dans les selles et les urines en cas d'ictère ainsi que dans la composition de certains calculs biliaires.

Édit. 2017

biligénèse n.f.

biligenesis

Formation de la bile par le foie.

Édit. 2017

biligraphie n.f.

biligraphy

cholangiographie

Édit. 2017

biligraphie intraveineuse n.f.

Syn. cholangiographie intraveineuse

cholangiographie intraveineuse

[B2, L1, L2]]

Édit. 2020

bilirubinamnie n.f.

amniotic bilirubin

Présence de bilirubine fœtale dans le liquide amniotique prélevé par amniocentèse.
Son étude nécessite des précautions de transport, le liquide amniotique devant être placé à l'abri de la lumière. Son dosage est réalisé par la méthode d’absorption de la lumière ultraviolette : le taux est lié à l'intensité de l'hémolyse fœtale, et moins à l'anémie proprement dite. La principale indication de son dosage est l'appréciation de la gravité de l'atteinte fœtale dans les iso-immunisations fœtomaternelles. Cet examen peut être réalisé à partir de 22 semaines d’aménorrhée si nécessaire ; il est surtout fiable entre 28 et 36 semaines d'aménorrhée et permet de déterminer trois zones correspondant à des degrés d'atteinte variable : nulle ou légère, intermédiaire, ou grave. Ce dosage a également été proposé pour le diagnostic échographique d'obstruction duodénale. Par ailleurs, la bilirubinamnie permet d'apprécier la maturité hépatique du fœtus : sa concentration diminue régulièrement avec la maturation fœtale.

Édit. 2017

bilirubine n.f.

bilirubin

Pigment biliaire, produit principal du catabolisme de l'hème, constituant de la bile et de certains calculs biliaires, présent dans les fèces et les urines sous forme conjuguée avec l'acide glucuronique.
La bilirubine résulte de l'ouverture par oxydation de l'hème en biliverdine, qui est ensuite réduite en bilirubine. Elle est insoluble dans l'eau et les liquides biologiques si elle n'est pas conjuguée, ou transportée par une protéine comme la sérum-albumine.
La forme non conjuguée est appelée bilirubine libre. Après passage dans le foie, elle est glucuronoconjuguée, puis éliminée par les voies biliaires.
La forme conjuguée de la bilirubine est dosée par la réaction directe d'Hijmans van den Bergh. Elle est, pour cette raison,  appelée aussi « bilirubine directe ». La bilirubine non conjuguée n’est, pour sa part, dosable qu’après addition d’alcool ou d’une solution de caféine (solvants de miscibilité), ce qui lui a valu  la dénomination de « bilirubine indirecte ».
Une augmentation de la bilirubine dans le plasma au-delà de 50 µmol/L s’accompagne de l’apparition d’un subictère conjonctival puis d’un ictère cutané d’intensité progressive. La quantité accrue de bilirubine dans les urines explique leur hypercoloration brunâtre. Dans les selles, l’accroissement de la bilirubine rend compte de leur aspect pléïochromique dans les ictères préhépatiques, tandis que sa diminution explique l’aspect banc mastic des selles des ictères cholostatiques.
La bilirubine libre (valeur normale : 3 à 12 µmol/L, soit 2 à 7 mg/L de plasma) est augmentée dans les ictères pré-hépatiques, notamment dans les syndromes hémolytiques. La bilirubine glucurono-conjuguée (valeur normale < 1 µmol/L, soit 0,5 mg/L de plasma) l'est dans les ictères post-hépatiques, notamment dans les cholestases. Les ictères d’origine intra-hépatique donnent des ictères à bilirubine à prédominance conjuguée le plus souvent ou à bilirubine mixte par exemple dans les cirrhoses.La bilirubine est captée au pôle sinusoïdal des hépatocytes par un transporteur appartenant à la famille des OATPs (organic anion transporter proteins) et se fixe sur des protéines appelées ligandine et protéine Z. La bilirubine est ensuite transportée dans le réticulum endoplasmique, est conjuguée à l’acide glucuronique pour former des mono et des diglucuronides. L’enzyme responsable de la conjugaison de la bilirubine libre en bilirubine glucuroconjuguée est l’uridine diphosphoglucuronate-glucuronyltransférase (UDP-GT). Le gène UGT1A1, situé dans la région q37 du chromosome 2, code pour cette enzyme qui permet la conjugaison de la bilirubine libre à l’acide glucuronique.
La bilirubine glucuro-conjuguée est ensuite excrétée dans le canalicule biliaire. La plus grande partie est excrétée par MRP2 (multidrug resistance proteine 2), transporteur canaliculaire qui assure l’excrétion de composés sulfatés, glucuronidés ou conjugués au glutathion. Une petite fraction est prise en charge par la protéine MRP3 située à la membrane sinusoïdale et rejetée dans le sang. Ce transport reverse explique la présence de bilirubine conjuguée dans le sang en très petite quantité.
La conjugaison et le transport canaliculaire sont positivement régulés par 2 facteurs de transcription, le PXR (pregnane X receptor) et le CAR (constitutive androstane receptor). La bilirubine stimule sa propre clairance en activant CAR. La Rifampicine est un puissant activateur de PXR et le phénobarbital de CAR.

Hijmans van den Bergh, médecin hollandais (1913)

acide glucuronique, Hijmans van den Bergh (réaction d'), OATPs, ligandine, UDP-GT, UGT1A1 gene, MPR2, MPR3, PXR, CAR, protéine z

Édit. 2017

bilirubine conjuguée l.f.

conjugated bilirubin

Produit de la conjugaison de la bilirubine libre avec l'acide glucuronique grâce à la glucuronyl-transférase hépatique, qui synthétise deux dérivés, mono et surtout di-glucuronosyl-bilirubine.
C'est une forme soluble de la bilirubine dans les liquides biologiques qui permet l'excrétion de ce pigment, produit principal du catabolisme de l'hème.

Syn. bilirubine directe

Ant. bilirubine indirecte

bilirubine, acide glucuronique, glucuronyl-transférase hépatique

Édit. 2017

bilirubine directe l.f.

direct-reacting bilirubin

Forme conjuguée de la bilirubine, qui donne une diazoréaction avec le réactif de Hijmans van den Bergh directement, sans qu'il soit nécessaire de détacher la bilirubine des protéines au préalable.

Ant. bilirubine indirecte

bilirubine, bilirubine conjuguée

Édit. 2017

bilirubine indirecte l.f.

Bilirubine non conjuguée qui n’est dosable qu’après addition d’alcool ou d’une solution de caféine (solvants de miscibilité), ce qui lui a valu  la dénomination de « bilirubine indirecte ».

Syn. bilirubine non conjuguée

Ant. bilirubine directe

bilirubine

Édit. 2017

bilirubine libre l.f.

Syn. bilirubine non conjuguée, bilirubine indirecte

bilirubine, bilirubinémie

Édit. 2017

bilirubine non conjuguée l.f.

Syn. bilirubine indirecte

Ant. bilirubine directe

bilirubine, bilirubine indirecte

Édit. 2017

bilirubinémie n.f.

bilirubinemia

Concentration de la bilirubine dans le plasma.
On trouve normalement dans le plasma quasi exclusivement de la bilirubine non conjuguée, à une concentration généralement comprise entre 3 et 12 µmol/L, et inférieure à 17 µmol/l soit 2 à 7 mg/L. L'augmentation de la bilirubinémie qui caractérise les ictères correspond à une teneur supérieure à 50 µmol/L. La présence de bilirubine conjuguée est en faveur d’un ictère intra ou extrahépatique et élimine un ictère préhépatique, hémolytique en particulier.

bilirubine

Édit. 2017

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