Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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bicarbonate standard l.m.

standard bicarbonate

Teneur du sang en bicarbonates, qui permet d'estimer la capacité du plasma à lutter contre un apport d'acide.
Elle est définie par la concentration de l'ion CO3H- en mmol/L du sang total qui a été équilibré à une pCO2 de 5,3kPa (40 mm Hg) et à 37°C. Elle est normalement comprise entre 21 et 25 mmol/L, et s'abaisse en cas d'acidose fixe.

Édit. 2017

bicarbonates digestifs l.f.p.

digestive bicarbonates

Sels de l'acide carbonique, dont l'anion est HCO3- , qui ont leurs sources dans les sécrétions biliaire, pancréatique et de la muqueuse duodénale et participent à la neutralisation du suc gastrique acide.
La remontée du pH du chyme intestinal aux alentours de 7 sous l’effet de la sécrétion bicarbonatée permet aux enzymes digestifs, notamment pancréatiques, de ne pas être inactivés et de fonctionner à leur niveau optimal.

[C1, C2]

Édit. 2020

bicarbonates sériques (concentration en) l.f.

serum concentration of bicarbonate

Concentration des bicarbonates sériques, habituellement exprimée en mmol/L.
L'élévation des bicarbonates sériques est un marqueur de l’alcalose métabolique et son abaissement, de l’acidose métabolique.

réserve alcaline, acidose, alcalose

[C1, C2]

Édit. 2020

bicarnésine n.f.

dicarnitin

Dimère de la carnitine, forme synthétique plus stable utilisée en thérapeutique préférentiellement à la carnitine.

carnitine

Édit. 2017

bicaténaire adj.

double-stranded

Constitué de deux chaînes.

Syn. double brin pour désigner les acides nucléiques constitués de deux chaînes hybrides.

Édit. 2017

bichorial adj.

bichorial

Dans les grossesses gémellaires, définit le type de placenta ou de grossesse par la présence de deux placentas et de deux poches amniotiques.
Les jumeaux dizygotes ou faux jumeaux ont toujours des placentas bichoriaux, parfois fusionnés, alors que les jumeaux monozygotes ont des placentas bichoriaux dans seulement 30% des cas.
Le diagnostic peut être fait en début de grossesse, entre 8 et 15 semaines d'aménorrhée, par échographie : il repose sur l'identification de deux poches, l'aspect de la cloison interovulaire, la reconnaissance des sites d'insertion placentaire, le signe du lambda, aspect en patte d'oie de la cloison interovulaire au niveau de son raccordement pariétal, la détermination des sexes fœtaux. Le diagnostic de certitude est obtenu lors de l'accouchement par l'examen du placenta et de la membrane interamniotique. Les principaux risques des grossesses bichoriales sont la prématurité, les lésions vasculaires maternelles, la toxémie gravidique et l'hypotrophie fœtale.

Syn. dichorial

Édit. 2017

bichromate n.m.

dichromate

Sel de l'acide dichromique.
Les bichromates sont des agents oxydants irritants et toxiques, très allergisants,  utilisés dans l'industrie et dans les laboratoires. Il constitue sous forme de bichromate de potassium le principal allergène du ciment (chrome hexavalent). Il est présent aussi dans le cuir tanné au chrome.
Le bichromate de potassium est un des allergènes les plus fréquemment rencontrés faisant partie des batteries standard d’allergènes.

Édit. 2017

Bickers et Adams (syndrome de) l.m.

Bickers-Adams’ syndrome

Forme familiale, liée au chromosome X, d'hydrocéphalie par sténose de l'aqueduc de Sylvius.
Le diagnostic prénatal est possible sur la constatation d’une dilatation triventriculaire et d’une position des pouces en adduction flexion. L’affection atteint les garçons ; elle est récessive, liée à une mutation du gène L1CAM en Xq28.

D. S. Bickers et R. D. Adams, neurologues américains (1949)

cytomégalovirus, Epstein Barr (virus d')

Édit. 2017

Bickerstaff (encéphalite de type) l.f.

Bickerstaff’'s type encephalitis

Groupe d'affections caractérisées par des signes d'encéphalite du tronc cérébral (rhombencéphalite), survenant principalement chez des enfants, des adolescents ou des adultes jeunes de sexe masculin.
Le début se marque par des céphalées avec fièvre, vomissements et épisodes vertigineux. Une paralysie oculomotrice et des troubles de la vigilance apparaissent ensuite. Une atteinte de la plupart des nerfs crâniens est fréquente et des signes pyramidaux et extrapyramidaux sont possibles. Une pléiocytose lymphocytaire est relevée dans le liquide céré bro-spinal.
Après deux à trois semaines, l'évolution est notée comme régressive dans la généralité des cas.
Le diagnostic différentiel doit porter sur les affections à virus Epstein-Barr et à cytomégalovirus, qui réclament un traitement urgent.

E. R. Bickerstaff, neurologue britannique (1951)

cytomégalovirus, Epstein Barr (virus d')

Édit. 2017

bicourbe adj.

bi-curve

Se dit de la face antérieure ou postérieure d'une lentille de contact lorsqu'elle est composée de deux zones adjacentes de courbure différente.

Édit. 2017

bicuspide adj.

bicuspid

Se dit d’un orifice muni de deux valves.

bicuspidie

Édit. 2017

bicuspidie n.f.

bicuspidy

Anomalie congénitale d’une valve cardiaque, aortique ou pulmonaire, qui, au lieu de sa structure tricuspide normale, ne comporte que deux cuspides, tantôt parfaitement égales et symétriques (bicuspidie vraie) tantôt coexistant avec une 3ème cuspide très hypoplasique (fausse bicuspidie).
La bicuspidie n’entraîne pas en principe par elle-même un trouble hémodynamique. Mais elle prédispose au développement plus précoce de lésions dystrophiques ou dégénératives (sténoses, calcifications, insuffisances). Elle est fréquemment associée aux sténoses congénitales de l’isthme de l’aorte.

J. Mönckeberg, anatomopathologiste allemand (1903)

Mönckeberg (maladie de)

Édit. 2017

bicuspidisation n.f.

bicuspidization

Procédé chirurgical de plastie d’une valvule cardiaque tricuspide, consistant à réduire l’anneau valvulaire par plicature où résection d’une cuspide, de façon à la transformer en valvule bicuspide.
Cette technique, qui n’est plus guère utilisée, a été proposée pour le traitement conservateur de certaines insuffisances valvulaires par dilatation de l’anneau.

Édit. 2017

BIDS (syndrome) sigle angl. pour

Short stature
Syndrome congénital complexe dû à une carence en protéines riches en soufre et associant une trichothiodystrophie, un retard mental, une hypofertilité et un nanisme.

IBIDS (syndrome), PIBIS (syndrome)

Édit. 2017

Bielschowsky (appareil de) l.m.

Bielschowsky's apparatus

A. Bielchowsky, ophtalmologiste américain d'origine allemande (1938)

test de Héring

Édit. 2017

Bielschowsky (manœuvre de) l.f.

Bielschowsky's test

Manœuvre clinique utilisée dans le diagnostic des hypo-actions des muscles obliques en particulier le grand oblique, et consistant à incliner la tête du sujet successivement sur chaque épaule.
On observe une augmentation de l'hypertropie de l'œil atteint quand on incline la tête sur l'épaule du même côté et une diminution ou une disparition de cette hypertropie quand on incline la tête sur l'épaule du côté opposé.
S'il y a un élément en V associé, il s'agit d'une hypo-action du grand oblique du côté de l'œil le plus haut ; s'il y a un élément en A, il s'agit d'une hypo-action du petit oblique du côté de l'œil le plus bas. La manœuvre peut être utilisée pour aider au diagnostic d'une hyperaction des muscles petits ou grands obliques.

A. Bielchowsky, ophtalmologiste américain  (1938)

test de Héring

Édit. 2017

Bielschowsky (phénomène de) l.m.

Bielschowsky’s phenomenon

A. Bielschowsky, ophtalmologiste américain (1938)

Bielschowsky (manœuvre de)

Édit. 2017

Biemond (syndrome II de) l.m.

Biemond’s syndrome

Syndrome proche du syndrome de Bardet-Biedl avec retard mental, obésité, hypogonadisme, polydactylie postaxiale, dystrophie mixte rétinienne et colobome de l'iris.
Il existe également des anomalies génitales et une absence de caractères sexuels secondaires. L'héméralopie et la rétinite pigmentaire apparaissent comme dans le syndrome de Bardet Biedl. L’affection est autosomique récessive (MIM 210350).

A. Biemond, neurologue néerlandais (1934)

Bardet-Biedl (syndrome de)

Édit. 2017

bien-être n.m.

Etat d’esprit qui associe à un état de santé convenable des sentiments de bonheur, de satisfaction et de plénitude.
Il est issu des capacités intrinsèques de l’individu, de ses aptitudes fonctionnelles et des conditions de vie dans son environnement.

capacités intrinsèques d'un individu, aptitudes fonctionnelles des personnes âgées, environnement

[H4,I3,N1]

Édit. 2017

Biermer (anémie de) l.f.

pernicious anemia, Biermer’s disease

Anémie sidéroblastique macrocytaire par carence en vitamine B12 due à un tarissement de la sécrétion du facteur intrinsèque par l'estomac empêchant l'absorption de la vitamine B12.
Mécanisme auto-immun, plus fréquent chez les femmes âgées de 40 à 50 ans, par destruction des glandes du corps et du fundus gastriques qui secrètent l’acide chlorhydrique et le facteur intrinsèque. Dans l'estomac, la cobalamine, forme active de la vitamine B12, est libérée de complexes protéiques sous l'action de l'acide chlorhydrique et de la pepsine. Il y a une malabsorption de la vitamine B12 avec baisse de sa concentration sérique par tarissement de la sécrétion du "facteur intrinsèque", une glycoprotéine, nécessaire à son absorption.
La vitamine B12 est nécessaire à la synthèse de l'ADN et les signes de l'affection sont d'abord visibles au niveau de l'épithélium digestif (régénération rapide) avec hypochlorhydrie, glossite de Hunter, stomatite, dysphagie.
Cette maladie auto-immune peut s’associer à d’autres affections auto-immunes : thyroïdite auto-immune, diabète de type 1, polyendocrinopathie auto-immune de type 1 et 2, vitiligo.
Il existe une baisse du nombre d'hématies et de leur teneur en hémoglobine (CCMH) avec augmentation du volume globulaire moyen (VGM).Les formes sévères s’accompagnent d’une leuconeutropénie et une thrombopénie ; l’examen du frottis sanguin découvre quelques mégaloblastes.
Les lésions neurologiques sont liées à une démyélinisation progressive centrale et périphérique, parfois avec atteinte axonale : troubles sensitifs profonds (ataxie, incoordination), irritation pyramidale, paresthésies réalisant des tableaux de sclérose combinée de la moelle, de neuropathies périphériques et d'atteintes encéphaliques associant troubles visuels, état démentiel, altérations de l'humeur et du comportement. Le diagnostic neurologique est clinique, mais l'EMG montre le plus souvent des aspects de neuropathie axonale, ou axono-myélinique. L'IRM, notamment médullaire, met en évidence parfois des hypersignaux en T2, régressifs dans certains cas après correction de la carence vitaminique. Le protoxyde d'azote, gaz anesthésiant, peut être neurotoxique par inactivation de la vitamine B12, expliquant des manifestations neurologiques aigües ou subaigües après chirurgie sous anesthésie générale. Il n'est que le révélateur d'une maladie de Biermer méconnue.
L’atteinte oculaire réalise un scotome central et centrocoecal (rare), des hémorragies rétiniennes au centre blanc, une névrite ou une atrophie optique, une cataracte, et une paralysie oculomotrice du III (rare).
L'affection n'est pas communément héréditaire mais secondaire à la présence d'anticorps antifacteur intrinsèque et/ou d'anticellules pariétales gastriques, mais l'hypothèse héréditaire a été envisagée à plusieurs reprises (MIM 170900). Deux formes familiales récessives sont actuellement connues : l'une congénitale avec défaut de facteur intrinsèque (MIM 261000) et l'autre juvénile, le syndrome d'Imerlund-Gräsbeck, avec malabsorption intestinale de vitamine B12 (MIM 261100 bis).
Avant la découverte de la vitamine B12, l'anémie de Biermer était une maladie mortelle. Le diagnostic biologique repose sur une anémie macrocytaire, une mégaloblastose médullaire, une concentration plasmatique très basse de vitamine B12. La mise en évidence dans le sérum d’anticorps anti-facteur intrinséque, d’anticorps anticellules pariétales gastriques et un test de Schilling positif affirment traditionnellement le diagnostic. Le test de Schilling, basé sur l’administration d’une gélule de Vitamine B12 radio-marquée ne se pratique plus. La recherche d’une achlorhydrie gastrique ne se pratique plus. En revanche la mise en évidence d’une hypergatrinémie constitue précocement la pierre angulaire du diagnostic. Histologiquement, il existe au niveau du fundus de l’estomac une gastrite atrophique. Cette gastrite fundique auto-immune est un terrain qui favorise la survenue de tumeurs endocrines gastriques par prolifération de cellules ECL (enterochromaffin-like cells), ce qui impose un contrôle endocopique gastrique biennal.

A. Biermer, médecin allemand (1868)

Syn. anémie pernicieuse, anémie pernicieuse progressive, Biermer (syndrome de), Addison-Biermer (maladie d'), anémie hyperchrome mégalocytique, Imerslund-Najman- Gräsbeck (syndrome d')

avitaminose B12, facteur intrinsèque, hypochlorhydrie, Hunter (glossite de), thyroïdite d’Hashimoro, diabète de type 1, polyendocrinopathie auto-immune, vitiligo, encéphalopathies par carence vitaminique, neuroané thyroïdite mique (syndrome), sclérose combinée de la moelle (syndrome de), vitamine B12 (carence en), Imerlund-Grassbeck (syndrome d’)

[F1]

Édit. 2018

Biesenberger (opération de) l.f.

Biesenberger's procedure

Technique de mammoplastie de réduction, pouvant être réalisée pour la correction d'une hypertrophie ou d'une ptose mammaire.
Elle comporte une exérèse cutanée à la fois dans le sens vertical et horizontal, associée à une exérèse glandulaire, laissant une cicatrice en ancre de marine dont la branche inférieure se situe dans le sillon sous-mammaire.

H. Biesenberger, chirurgien autrichien (1928)

Édit. 2017

Biett (collerette de) l.f.

Biett’s collarette

Desquamation périphérique observée autour de certaines lésions cutanées de la syphilis secondaire.

L. Biett, dermatologue français d'origine suisse, membre de l'Académie de médecine (1784-1840)

Édit. 2017

Bietti (dystrophie cornéenne héréditaire de) l.f.

Bietti’s hereditary corneal dystrophy

Opacités cornéennes punctiformes stromales et périphériques associées à une rétinopathie.

G. Bietti, ophtalmologiste italien (1937)

dystrophie cristalline marginale, dégénérescence cristalline marginale

Édit. 2017

Bietti (rétinopathie cristalline de) l.f.

Bietti’s crystalline retinopathy

 Édit.2017

G. Bietti, ophtalmologiste italien (1937)

rétinopathie cristalline de Bietti

bifidité n.f.

bifidity

État de ce qui est fendu en deux parties.
Toute extrémité dans l’organisme peut être bifide. P. ex : la pointe du nez, la luette, l’appendice xiphoïde, etc. Aux membres la bifidité est plus fréquente au pouce ; elle peut être localisée à la partie toute distale du pouce ou intéresser une partie plus ou moins importante du doigt, de façon symétrique ou asymétrique. Quand la totalité de la colonne externe de la main est intéressée, il s’agit de duplication du pouce (type 6 de Wassel) parfois difficile à distinguer d’un pouce surnuméraire.

Étym. lat. bifidus : fourchu, séparé en deux

duplication du pouce

Édit. 2017

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