anémie et troubles psychiques l.
anemia and mental disorders
Une des causes les plus fréquentes de troubles neuropsychiques, parfois seulement psychiques (Syndrome psycho-anémique, P.E. Weil) dans laquelle la part respective des carences nutritionnelles, contribuant à l'hématopoïèse, des causes psychiatriques possibles de ces carences, du rôle d'affections associées et de l'anémie proprement dite, reste discutée.
En dehors de l'asthénie physique, psychique et des états dépressifs qui dominent, on peut distinguer plus particulièrement les troubles suivants : irritabilité, impulsivité, perversions du goût et même conduites alimentaires anormales (pica à l'extrême) propres aux carences martiales ; états confusionnels, évolutions démentielles parfois réversibles propres aux carences en folates, souvent associés à une polyneuropathie sensitivomotrice, à une sclérose combinée de la moelle, à des "jambes sans repos" ou à un syndrome cérébelleux ; modifications de la personnalité et états délirants dans les carences en cobalamines, souvent en l'absence de tout signe d'anémie de Biermer. Surtout à défaut de signes neuro-anémiques évocateurs, la réalité d'un lien de ces troubles psychiques avec une carence en vitamine B 12 (cyanocobalamine) est discutée. Entrepris à temps, des traitements si possible étiologiques et au moins substitutifs peuvent être efficaces.
Étym. gr. an privatif, haimos sang
[F1,H3,H4]
Édit. 2017
atrophie optique, cataracte, et troubles neurologiques l.f.
optic atrophy, cataract, and neurologic disorder
Association d'une atrophie optique, d'une cataracte, et de troubles neurologiques de type ataxique.
Dans une famille de 14 personnes, en 7 fratries et quatre générations, les signes neurologiques sont extrapyramidaux et très variables ; la cataracte est découverte dans la première décennie. L’affection est autosomique dominante (MIM 165300).
R. Garcin, neurologiste français, membre de l'Académie de médecine (1961)
Étym. gr. a : privatif ; trophê : nourriture
audition (troubles de l') l.m.p.
disorders of audition
Diminution uni ou bilatérale de l'acuité auditive, soit à type de transmission, liée à des lésions de l'appareil tympano-ossiculaire ou du conduit auditif externe, soit à type de perception, qui peut être endocochléaire par lésion de l'oreille interne, rétrocochléaire par lésion du nerf auditif, ou centrale par atteinte des voies centrales de l'audition.
Les hypo-acousies neurologiques sont surtout à type de perception, diminuée pour la voix chuchotée et la voix haute, déficitaire sur les aigus, avec parole déformée, conductions aériennes et osseuses altérées (Rinne positif), Weber latéralisé à l'oreille saine, et généralement sans phénomène de recrutement (qui est en faveur d'une lésion de l'oreille interne). Elles siègent sur le nerf auditif (neurinome, essentiellement, sous forme habituelle de schwannome développé à partir du nerf vestibulaire dans le conduit auditif interne et pouvant se limiter à une hypo-acousie progressive pendant plusieurs années).
Il s'agit également de lésions des voies de l'audition dans le tronc cérébral. Des lésions bilatérales de l'aire de Heschl sont responsables de la surdité corticale, ou agnosie auditive.
Étym. lat. auditio, de audire : entendre
boxeur (troubles psychiques chez un) l.m.
psychical disorders among boxers
Édit. 2017
brûlés (troubles psychiques des) l.m.
burnt persons (psychical disorders among)
Les victimes de brûlure totalisent des problèmes médicaux, chirurgicaux et psychiques : choc, douleurs, gestes médicaux urgents souvent majeurs (réanimation, trachéotomie, amputations), confinement dans un service spécialisé, éléments toxi- infectieux, greffes secondaires, détresse familiale, etc.
La phase aigüe peut s'accompagner d'un détachement émotionnel, suivi parfois d'un état confusionnel. La phase intermédiaire, de plusieurs semaines, comporte une accumulation de douleurs, d'interventions, de prises de conscience négatives, voire des réactions agressives d'autrui en cas de geste suicidaire ; elle induit un vécu dépressif et anxieux, ou même de désespoir. Parfois intégrale, surtout en cas de brûlure de la face, la réadaptation peut susciter des réactions catastrophiques. Y compris chez l'enfant et l'adolescent, dont une régression psychique profonde est possible, une relation psychiatrique préventive et curative est en général indispensable. Les associations de brûlés sont très utiles.
Étym. francique brojan : échauder, avec influence du lat. ustulo : brûler
→ brûlure
Édit. 2017
caractère (troubles du) chez l'adolescent l.m.
adolescent with character disorders
→ troubles du caractère chez l'adolescent
[H4]
caractère (troubles du) chez l'enfant l.m.
child with character disorders
E. Dupré, psychologue et psychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1862-1921)
→ troubles du caractère chez l'enfant
[H4]
Cushing (troubles psychiques du syndrome de) l.m.p.
Cushing's syndrome (psychical disorders)
Manifestations mentales le plus souvent tardives de cette endocrinopathie.
Elles sont très polymorphes, souvent graves, non spécifiques, voire inaugurales : surtout anxio-dépressives, majeures, offrant une relative résistance aux antidépresseurs ; plus rarement maniaques ; délirantes et/ou confusionnelles (ces dernières notamment chez les sujets âgés, plus ou moins oniriques) ; à type prévalent d'irritabilité sous forme d'épisodes d'un à trois jours, sans rythme net ; cognitives, principalement mnésiques ; enfin atteignant le sommeil. Il existerait une relation entre la gravité de l'affection et l'importance des troubles psychiques.
Les mécanismes d'action restent discutés. Une hyperactivité des récepteurs stéroïdiens est actuellement la plus vraisemblable.
Le traitement de l'affection causale (adénome hypophysaire, tumeur surrénalienne, carcinoïde responsable d'un Cushing paranéoplasique, etc.) est utile, en association avec le traitement symptomatique, en particulier le RU 648. Des soins psychiatriques prolongés peuvent être nécessaires.
En échange, l'hypercorticisme relevé lors de syndromes dépressifs surtout sévères pourrait contribuer à l'aggravation de la symptomatologie, à l'origine d'un cercle vicieux.
H. W. Cushing, neurochirurgien américain, membre de l'Académie de médecine (1932)
[O4,H4]
éjaculation (troubles de l') l.m.p.
ejaculation disorders
Éjaculation précoce ou, plus rarement, retardée et anéjaculation.
Étym. lat. ejicere : expulser
→ éjaculation, impuissance, éjaculation rétrograde, squeeze, éjaculation précoce, éjaculation retardée, anéjaculation
[M3]
Édit. 2019
encéphalopathie par troubles de la régulation thermique l.f.
thermic regulation disorders encephalopathy
Souffrance cérébrale pouvant atteindre le coma, liée à des variations extrêmes de la température corporelle.
Surtout chez des personnes âgées, une exposition au grand froid, une intoxication alcoolique ou médicamenteuse (barbituriques, neuroleptiques), peuvent être en cause. Mais un état apparent de mort cérébrale lié à l'hypothermie reste réversible après réchauffement.
Un "coup de chaleur" peut évoluer vers un coma, voire la mort, ou des séquelles, en l'absence de réanimation avec refroidissement et réhydratation. On différencie le coup de chaleur par température ambiante très élevée, survenant chez des personnes dont la thermorégulation est fragile (sujets sous neuroleptiques, âgés, etc.), de l'hyperthermie maligne par effort excessif.
→ hypothermie profonde, coup de chaleur exogène, hyperthermie maligne d'effort
[C2, H1]
Édit. 2019
épilepsie et troubles psychiques l.f.
epilepsy and psychic disorders
Relation dont la fréquence (actuellement de l'ordre de 2,8 à 5,5 % en milieu psychiatrique selon les auteurs) est très anciennement admise (Hippocrate, "morbidus lunaticus" du Moyen Age, etc.), mais qui est marquée par de nombreux biais possibles du fait de sa complexité, et reste discutée.
On observe principalement :
- des crises partielles, exclusivement ou principalement sensorielles (en particulier auditives ou visuelles), à type d'"état de rêve", de peur et d'angoisse, d'automatismes divers, etc. ;
- des épisodes psychiatriques aigus de quelques jours à quelques semaines, à début et fin brusques, polymorphes, pouvant comporter des éléments confusionnels, délirants, dépressifs et une agitation, surtout postcritiques, parfois apparaissant après la cessation des crises (psychoses alternatives) et/ou d'origine médicamenteuse (surdosage en particulier) ; ils sont volontiers récidivants ;
- des formes psychotiques chroniques, hétérogènes, de type schizophrénique dans la moitié des cas, souvent fluctuantes ;
- des états dépressifs de diverses formes, surtout névrotiques et réactionnels, d'étiologie souvent multiple, contribuant à la surmortalité suicidaire ;
- des troubles intellectuels dépendant, eux aussi, de facteurs divers, parmi lesquels une encéphalopathie sous-jacente mais également des médicaments anticomitiaux ;
- des anomalies de la personnalité classiquement constituées d'adhésivité à l'entourage, dite glischroïdie, de perte de la fluidité idéique (bradypsychie) et de décharges agressives (F. Minkowska, 1923), en fait sans spécificité. De plus, la réalisation d'une existence satisfaisante pour ces personnes est très possible.
Parmi les facteurs éventuels, un rejet et/ou une hyperprotection du patient, notamment par ignorance sur l'épilepsie, sont fréquents.
Franziska Minkowska-Brokman, neuropsychiatre française (1923)
Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprendre
[H1, H3]
Édit. 2020
troubles de l'équilibre l.m.p.
balance disorders
→ ataxie, vertige, équilibration posturale
[H1]
Édit. 2020
érection (troubles de l') l.m.p.
erectile dysfunction
[M3,H1]
Édit. 2018
guerre (troubles psychiques aigus de) l.m.p.
war acute psychiatric disorders
Manifestations pathologiques survenant en milieu opérationnel, mais aussi en situation d'attente ou de menace.
Dominées par l'angoisse, elles constituent des "pertes psychiques", à la différence de la peur et de l'appréhension, qui peuvent s'atténuer dans l'action.
Leurs expressions individuelles sont souvent intriquées et fluides, qu'il s'agisse de ruptures de comportement (stupeur, agitation), d'états confuso-oniriques ou délirants transitoires, de crises d'angoisse, de troubles de l'humeur (dépressifs, voire maniaques), de réactions caractérielles, de crises hystériformes ou de phénomènes psychosomatiques. Des paniques collectives peuvent s'observer.
Quelques principes : proximité, immédiateté, expectative, simplicité (T. Salmon), améliorent encore une évolution à court terme en règle transitoire (retour en service dans 50 à 80% des cas) et préviennent peut-être une névrose traumatique au long cours.
T. W. Salmon, psychiatre américain (1917)
hémodialyse et troubles psychiques l.f.p.
hemodialysis and psychical disorders
Manifestations fréquentes malgré les progrès techniques qui ont amélioré les conditions d’existence des patients soumis à une hémodialyse chronique de suppléance pour pallier le déficit total des fonctions rénales.
Les contraintes répétitives, les règles diététiques, l’asthénie chronique, les conséquences socioprofessionnelles, familiales, conjugales et sexuelles peuvent être à l’origine d’états dépressifs, d’anxiété et parfois de conduites suicidaires actives ou passives, par abandon de traitement.
Étym. gr. haima : sang ; dia : à travers; luein : dissoudre
→ hémodialyse chronique de suppléance
[M1,H3]
herpès et troubles neuropsychiques l.m.
herpes and neuropsychical disorders
→ encéphalite herpétique, neuropathies herpétiques, herpès
[D3,H3]
homocystinurie par troubles de la reméthylation et déficit en 5,10-méthylène-tétrahydrofolate-réductase l. f.
vitamin B12 metabolic defect with methymalonic-acidemia and homocystinuria
→ acidurie méthylmalonique avec homocystinurie
[R1,Q2]
hyperparathyroïdie et troubles psychiques l.f.
hyperparathyroidism and psychical disorders
Manifestations observées dans les formes primaires liées à un adénome parathyroïdien.
Elles sont diverses et d'intensité variée, avec notamment : asthénies d'aspect névrotique ou dépressives, agressivité, troubles mnésiques, états confusionnels si l'hypercalcémie est élevée. La cure de l’hyperparathyroïdie est en règle efficace sur le plan psychique.
hypoparathyroïdie et troubles psychiques l.f.
hypoparathyroidism and psychical disorders
Troubles neuropsychiques divers accompagnant une sécrétion parathyroïdienne insuffisante, d'origine iatrogène (postchirurgicale), sinon idiopathique (rare).
Syndrome caractérisé notamment par : une tétanie latente ou avérée, signe le plus constant et le plus typique, avec hypocalcémie, hypocalciurie et hyperexcitabilité neuromusculaire, cataracte, calcifications possibles des parties molles et des noyaux gris centraux, et/ou affaiblissement intellectuel qui pourra dominer la scène. Sont relevées aussi des manifestations psychiatriques intriquées, successives et variables, anxieuses surtout, névrotiques, dépressives ou même confusionnelles. Dans les hypoparathyroïdies chirurgicales, les troubles psychiques seraient un peu moins fréquents. L'efficacité d'un traitement associant calcium et vitamine D est admise.
T. Fahr, anatomopathologiste allemand (1930-1931)
identité (troubles de l') l.m.p.
ego identity disorders
Ex. trouble de l’identité sexuelle ou trans-sexualisme
instrumentaux (troubles) chez l'enfant et l'adolescent l.m.p.
instrumental learning disorders in childhood and adolescence
D'après la classification française des troubles mentaux de l'enfant et de l'adolescent, les troubles instrumentaux comprennent, isolés ou associés à une autre pathologie : retard du langage ; troubles isolés de l'articulation ; troubles complexes du langage oral ; troubles lexicographiques ; dyscal
G. Gilles de la Tourette, neurologue français (1885)
insuffisance surrénale et troubles psychiques l.
adrenal insufficiency and psychical disorders
1) Dans les formes lentes (maladie d'Addison), manifestations psychiques fréquentes, principalement dépressives, avec apathie, lenteur apparente de l'idéation, initiatives réduites, et aussi anxiété, irritabilité, insomnies éventuelles.
Les phases de niveau psychotique sont rares.
Souvent fluctuants et variables, ces troubles répondent au traitement corticoïde substitutif. Une personnalité prédisposante a été discutée.
2) Dans les insuffisances surrénales aigües et les poussées addisoniennes évolutives, possibilité d'aggravation de l'asthénie habituelle avec prostration, voire torpeur, fréquemment dans un vécu confuso-onirique qui peut être émaillé d'épisodes d'agitation intense.
Le pronostic est réservé, surtout sans traitement substitutif. Un délire aigu parfois convulsif peut être observé.
Des "formes mentales pures" (M. Laignel-Lavastine), ou plutôt à type d'encéphalopathie addisonienne, sont relevées.
T. Addison, médecin britannique (1855) ; M. Laignel-Lavastine, neuropsychiatre français, membre de l’Académie de médecine (1908)
jugement (troubles du) l.m.p.
troubles of judgement
Altérations de la capacité de peser l'importance relative de faits ou d'idées abstraites et d'en évaluer les conséquences.
Ces troubles peuvent être :
- quantitatifs, dans les arriérations intellectuelles (sottise, niaiserie) et dans l'involution et les démences ; encore que puissent s'observer des pseudodébilités ("sottise névrotique", p. ex.) ou des pseudodémences (certains états dépressifs du sujet âgé) ;
- qualitatifs, en particulier la fausseté du jugement dans les personnalités paranoïaques, le rationalisme morbide des schizophrènes et les postulats pathologiques de délirants chroniques, surtout paranoïaques ;
- temporaires, par atteinte de la vigilance, p. ex. confusionnels.
lupus érythémateux systémique (troubles psychiques du) l.m.p.
systemic lupus erythematosus and psychical disorders
Affection au cours de laquelle les manifestations psychiatriques sont les plus fréquentes (10 à plus de 50 % des cas) parmi les connectivites dont fait partie le LED.
Il s'agit surtout d'états psychotiques, principalement confusionnels, voire "schizophréniformes", et aussi dépressifs et anxieux, les uns et les autres le plus souvent précoces, correspondant à une poussée somatique, polymorphes et de bon pronostic en soi.
La part respective d'une prédisposition psychique foncière, des agressions somatiques et de leurs divers retentissements chez ces jeunes femmes, celle des traitements corticoïdes (surtout au cas d'excitation) mais aussi des antipaludiques de synthèse, sera envisagée dans chaque cas, non sans difficultés ni interrogations.
Diverses questions se posent à partir de l'observation déjà ancienne d'une "positivité associée" de la réaction de Bordet-Wasserman dans le LED et la syphilis, impliquant, constituant essentiel de cette réaction. Des voies de recherche et de discussion s’étaient ouvertes.
Dans l'état actuel le traitement de choix des complications psychiques du LED semble rester la corticothérapie, au besoin complétée par des neuroleptiques.
myasthénie (troubles digestifs de la) l.m.p.
digestive disorder of the myasthenia
Dysphagie ou troubles de la déglutition individualisés par le contexte des troubles de la motricité et essentiellement par la manométrie œsophagienne : troubles du péristaltisme, atteinte du muscle strié avec diminution des contractions pharyngées et de la pression de repos du sphincter supérieur de l’œsophage.