Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

84 résultats 

choc hypovolémique l.m.

hypovolemic shock

État de choc dû à une diminution de la masse sanguine circulante par hémorragie, plasmorragie (brûlure, écrasement, pancréatite aiguë, péritonite, dermatose exfoliante) ou déshydratation, avec en général déplétion chlorosodée associée (spoliations digestives, acidocétose diabétique, insuffisance surrénale aigüe).

collapsus circulatoire

[N1,G1]

choc irréversible l.m.

irreversible shock

Choc évoluant rapidement vers la mort en dépit de tout traitement.

[N1,G1]

choc neurogénique l.m.

neurogenic shock

État de choc survenant après un collapsus, important et prolongé, consécutif à une souffrance nerveuse (encéphalique traumatique ou toxique), à une stimulation excessive ou à une inhibition du système nerveux végétatif central et périphérique.
Il peut s'agir d'altérations réflexes par attaque vasovagale avec retentissement vasculaire (vasodilatation) et éventuellement cardiaque par stimulation vagale et inhibition sympathique à la faveur d'une douleur, d'une émotion, d'une période digestive, d'une hyperthermie, ou de manifestations hémodynamiques secondaires à une affection nerveuse centrale.

attaque vasovagale, choc traumatique, neuroplégique (médicament), rachianesthésie

[H1,G1]

choc obstétrical l.m.

obstetrical shock

Choc causé par certaines complications de la grossesse, de l'accouchement ou du postpartum : hémorragie d’un placenta prævia ou de la délivrance, hématome rétroplacentaire, infections, embolie amniotique, compression de la veine cave inférieure par l’utérus gravide, rupture utérine, etc.

[O3,G1]

choc postural l.m.

supine hypotensive syndrome

Choc survenant chez la femme enceinte en décubitus dorsal, dû à une compression de la veine cave inférieure par l’utérus gravide faisant obstacle à la circulation de retour, entraînant une diminution du volume d’éjection cardiaque avec désamorçage du cœur droit.

[O3,G1]

choc (poumon de) l.m.

détresse respiratoire aigüe de l'adulte

[K1,G1]

choc psychique l.m.

choc affectif

[H4]

choc réfractaire l.m.

choc bactériémique

[D3,G1]

choc (rein de) l.m.

shock kidney

Atteinte rénale à prédominance tubulaire, induite par un collapsus relevant de causes diverses : traumatisme, hémorragie, acte chirurgical, septicémie, etc.

Syn. rein du collapsus

néphropathie tubulo-interstitielle aigüe

[M1,G1]

choc rotulien l.m.

patella tap

Sensation de contact entre la rotule et la trochlée fémorale au travers du liquide synovial, obtenue par pression rapide et ferme sur la face antérieure de la rotule.
Le choc rotulien est caractéristique de la présence d'un épanchement intraarticulaire du genou.

[N1,I1]

choc septique l.m.

septic shock

Syndrome caractérisé par une hyperthermie, une tachycardie, une leucopénie inférieure à 4000/mL ou une leucocytose supérieure à 12 000/mL et une baisse de la pression artérielle systolique au-dessous de 90 mm de mercure non corrigée par une perfusion de soluté.
Ce choc peut évoluer vers une défaillance multiviscérale avec augmentation de l’acide lactique dans le sérum, insuffisance rénale aiguë, insuffisance cardiaque à débit élevé avec augmentation du résidu post-systolique parfois insuffisance surrénalienne. Dans le modèle le mieux étudié, ce syndrome est déclenché par l’action des endotoxines des bactéries gram négatif. Des syndromes analogues peuvent être observés lors des infections à bactéries gram-positif (par ex. par les peptidoglycanes des staphylocoques dorés). Des syndromes de même mécanisme peuvent être provoqués par des infections fongiques, virales ou parasitaires ou bien en l’absence d’infection dans le cadre du choc traumatique ou des syndromes de choc consécutif aux brulures ou aux pancréatites aiguës hémorragiques. Le syndrome de défaillance respiratoire aiguë (ARDS : acute respiratory distress syndrome) met en jeu les mêmes mécanismes mais il est caractérisé par une symptomatologie à prédominance pulmonaire avec passage de plasma dans les alvéoles. L’ensemble de ces syndromes est désigné actuellement sous le nom de syndromes inflammatoires aigus systémiques (systemic acute inflammatory syndroms).
Les mécanismes sont multiples. Ils font intervenir plus particulièrement la libération massive de cytokines de l’inflammation TNFα et IL-1, puis de chimiokines provoquant l’adhérence des leucocytes et des plaquettes à l’endothélium, l’activation des cellules endothéliales avec expression de facteur tissulaire et coagulation locale. Les autres systèmes mis en jeu sont le système des kinines et l’activation du complément. Les traitements symptomatiques comprennent l’administration de corticostéroïdes à fortes doses, d’agonistes ß adrénergiques et de dopamine. Les anticorps anti-TNF et les récepteurs solubles de TNF sont en cours d’évaluation. Les anticorps monoclonaux dirigés contre les lipopolysaccharides ont donné des résultats décevants, de même que l’antagoniste du récepteur de l’IL-1, IL-1RA. La mortalité des syndromes inflammatoires aigus systémiques demeure particulièrement élevée.

syndrome inflammatoire aigu systémique

[D1,G1]

choc spinal l.m.

spinal shock

Choc vasoplégique consécutif à la lésion des centres sympathiques paravertébraux (par fracture cervicale généralement).
Il est précédé par un collapsus cardiovasculaire avec bradycardie.

rachis (fracture du)

[H1,G1]

choc (syndrome de) l.m.

shock syndrome

Syndrome résultant d'une insuffisance circulatoire aigüe par traumatisme grave, brûlure, infection, déshydratation, chirurgie ou intoxication, et surtout après une hémorragie, un hématome rétroplacentaire ou une hémorragie de la délivrance p. ex., se traduisant par une accélération et un affaiblissement du pouls, une chute de la tension artérielle, pâleur, cyanose, peau froide, anxiété, transpiration accrue, anoxie tissulaire.

[N1,O3,G1]

choc thermique l.m.

heat shock

Agression d’un organisme ou d’une cellule par une élévation de température au-dessus du seuil qui dépend de l’espèce.

protéine du choc thermique, réponse au choc thermique, gène du choc thermique

[B1,G1]

choc toxi-infectieux l.m.

choc septique, choc bactériémique

[G1,D1]

choc toxique l.m.

toxic shock syndrome

Choc d'origine toxique ou septique, dû notamment au staphylocoque.

J. K. Todd, pédiatre américain (1978)

[G1,D1]

choc toxique staphylococcique l.m.

toxic shock syndrome

Syndrome associant un état de choc, une fièvre et une éruption scarlatiniforme, dû à l'exotoxine (entérotoxine F) du Staphylococcus aureus, survenant chez des patients ayant un foyer staphylococcique et, en particulier, chez des femmes utilisant des tampons vaginaux.
L'éruption, qui évolue en 8-15 jours vers une desquamation en grands lambeaux, est fréquemment associée à un œdème des extrémités, à une langue framboisée et à une conjonctivite. L'atteinte viscérale, notamment digestive, musculaire, rénale, hépatique, etc., est responsable d'une mortalité d'environ 10%. Les hémocultures sont négatives. Le traitement associe antibiothérapie antistaphylococcique, suppression du foyer initial, traitement du choc.

J. K. Todd, pédiatre américain (1978)

choc septique, défaillance multiviscérale, toxémie

[G1,D1]

choc toxique streptococcique l.m.

septrococcic toxic shock

État de choc d'évolution fulminante survenant au cours d'une infection par des streptocoques du groupe Aβ hémolytique, de localisation variable (infection gynécologique, obstétricale, cutanée, des parties molles, angine), parfois favorisé par une varicelle.
Les symptômes sont : douleurs des extrémités, douleurs abdominales, myalgies, hyperthermie, frissons, diarrhée. Un rash éruptif n'est pas constant. La mortalité est élevée (30%).

choc septique, défaillance multiviscérale

[G1,D1]

foie de choc l.m.

shock liver

 

Syn. hépatite hypoxique

hépatite hypoxique

[L1]

Édit. 2018

gène du choc thermique l.m.

heat shock gene

réponse au choc thermique

indice de choc d'Allgöwer l.m.

Allgöwer’s shock index

Indice proposé pour évaluer la situation des patients en état de choc éventuel.
Il est calculé par le rapport : f (fréquence cardiaque par minute)/pression artérielle systolique (en mm de Hg).

M. Allgöwer, chirurgien suisse ( 1967)

Allgöwer (indice de choc d') l.m.

Allgöwer’s shock index

Indice proposé pour évaluer la situation des patients en état de choc éventuel.
Il est calculé en prenant le rapport : F (fréquence cardiaque par minute/pression artérielle systolique en mm de Hg)

Indice d’Algöwer Etat du patient Volume sanguin circulant
0,5 normal normal
0,8 à 1 choc imminent diminué de 10 à 30%
1,11 à 1,5 choc manifeste diminué de 30 à 50%

M. Allgöwer, chirurgien suisse (1967)

Étym. lat. indicium : indication (déverbal d’indicereou indicere: indiquer)

[G1]

Édit. 2018

indice de choc d'Allgöwer l.m.

Allgöwer's shock index

Indice proposé pour évaluer la situation des patients en état de choc éventuel.
Il est calculé en prenant le rapport : F (fréquence cardiaque par minute/pression artérielle systolique en mm de Hg)
Indice d’Allgöwer Etat du patient Volume sanguin circulant
0,5 normal normal
0,8 à 1 choc imminent diminué de 10 à 30%
1,11 à 1,5 choc manifeste diminué de 30 à 50%

M. Allgöwer, chirurgien suisse (1967)

Étym. lat. indicium : indication (déverbal d'indicere ou indicere : indiquer)

néphropathie de choc l.f.

néphropathie tubulo-interstitielle aigüe

onde de choc l.f.

shock wave

Onde sonore à haute énergie qui produit des dommages matériels et corporels (lésions de blast) d'autant plus importants que la victime est plus près de la source.
Ces ondes sont généralement produites par une explosion (dans l'air ou sous l'eau).
Comme la vitesse du son dans un gaz est proportionnelle à la racine carrée de la température absolue, les ondes de choc se propagent avec une célérité plus grande que celle du son dans le milieu ambiant parce que le front d'onde, qui porte une grande énergie, est beaucoup plus chaud que le milieu ambiant. Le front de montée de l'onde est abrupt et la surpression de crête peut être considérable (plusieurs atmosphères). Si l'onde heurte un obstacle, elle se réfléchit partiellement et engendre des ondes de surface ainsi que des ondes réfractées à l'intérieur de l'obstacle. Sur la surface de l'obstacle il apparaît des ondes longitudinales (ondes de Raleigh - ex. les rides sur l'eau) et, si l'obstacle est solide, apparaissent en outre des ondes transversales (ondes de Love). A l'intérieur d'un obstacle liquide les ondes longitudinales se propagent ; mais, dans les milieux solides, les ondes transversales se propagent aussi ; elles s'amortissent rapidement dans les milieux mous. Ces ondes transversales sont de beaucoup les plus destructrices car elles produisent des cisaillements intenses ; leur passage à travers le corps cause des fractures osseuses. Les ondes aériennes passant par la bouche et la glotte ouverte, peuvent entraîner une rupture de la trachée au point de réflexion au niveau de la carène.

blast

Édit. 2017

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