Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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microdélétion n.f

microdeletion

Suppression d’un très petit segment de chromosome ou d’une séquence d’ADN souvent indécelable par le simple caryotype et nécessitant une méthode de marquage particulière comme la technique FISH (Fluorescence In Situ Hybridisation) ou MLPA (Multiplex Ligation dependent Probe Amplification).
De telles délétions ont été trouvées dans de nombreux syndromes malformatifs : par exemple le syndrome de Di George en 22q11.2, de Williams en 7q1.23, de Phelan-Mac Dermid en 22q13, de Prader-Willi  et d’Angelman en 15q11-q13, la maladie du cri du chat en 5p15.2,etc.

Étym. gr. mikros : petit ; lat. deletio : destruction

→ FISH, MLPA

microscopie monophotonique  l.f.

monophotonic microscopy, one-photon microscopy

Technique de microscopie utilisant un faisceau laser pour provoquer la fluorescence des substances à étudier : cellules ou molécules.
Certaines protéines cellulaires sont spontanément fluorescentes (fluorescence intrinsèque ou primaire). Les cellules ou molécules non fluorescentes spontanément sont marquées par des produits fluorescents ( fluorochromes) ayant une affinité avec la substance ou les molécules à observer qui deviennent fluorophores.
Le faisceau laser donne une lumière d’excitation dont la longueur d’onde doit correspondre à la sensibilité du fluorophore. Cette excitation au niveau atomique entraîne une émision de photons dont la lumière est observée directement ou transformée par un détecteur en signal électrique.
Pour bien localiser la zone à explorer, le microscope comporte une fenêtre (iris confocal) placé devant le détecteur et l’utilisation d’un système confocal qui évite la diffusion en dehors de la zone d’examen en concentrant le faisceau laser uniquement sur le foyer d’observation. La longueur d’onde utilisée (λ= 150μm) ne permet pas une grande pénétration dans les tissus et présente le risque de d’altérer les fluorophores (blanchiement, angl. photobleaching) et de léser les cellules, inconvénients que ne présente pas la microscopie biphotonique.

Étym. gr. micros : petit : scopein : voir ; monos : seul, unique ; phos, photos : lumière 

→ microscopie biphotonique, microscopie confocale, immunofluorescence, fluorochrome, fluorophore

MLTC sigle angl. pour Mixed Lymphocyte Tumor Culture

mixed lymphocyte tumor culture

Culture mixte de lymphocytes et de cellules tumorales.
L’expansion clonale de lymphocytes T dans ces conditions expérimentales démontre la présence de cellules T spécifiques d’antigènes exprimées par les cellules tumorales. Cette technique est à l’origine de la découverte d’antigènes spécifiques de tumeurs reconnus par les lymphocytes T de l’hôte.

→ immunosurveillance

mobilisation des cellules souches hématopoïétiques de la moelle osseuse n.f.

Technique permettant d’augmenter le passage des cellules souches hématopoïétiques des niches de la moelle osseuse, qui les contiennent, vers le compartiment sanguin par administration du facteur de stimulation des colonies de granulocyte (« granulocyte

Cette technique est utilisée pour obtenir à partir d’un recueil de sang les cellules souches en vue d’une greffe de cellules souches hématopoïétiques. Elle a été également utilisée pour cultiver ces cellules in vitro afin de les transformer en hématies pouvant être transfusées. Le sang recueilli à cet effet est appelé « sang mobilisé ».

→ greffe de moelle osseuse, facteur stimulant la prolifération des cellules de la lignée granuleuse, facteur stimulant la prolifération des cellules granuleuses et monocytaires

[F1]

Édit. 2017

mode B ultrasonographie l.m.

B-mode ultrasonography

Méthode d’exploration échotomographique, associant la représentation en coupe de la structure étudiée à la représentation de l’intensité des échos en brillance.
De pratique courante en ophtalmologie cette technique permet l’étude des différentes structures de l’œil et de l’orbite.

Étym.  lat. modus : manière, mesure ; ultra : au-delà ; sonus : son ; gr. graphein : écrire

Syn. mode temps-brillance

modelage urétéral l.m.

ureteral tailoring

Régularisation chirurgicale du calibre d'un uretère.
Cette technique est surtout employée dans la chirurgie du méga-uretère ; elle comporte résections et sutures de la paroi urétérale ; elle est souvent réalisée pour permettre une bonne réimplantation urétérovésicale antireflux. Sa difficulté est le respect de la vascularisation urétérale.
Le modelage de certaines sténoses urétérales acquises peut être obtenu par la mise en place et le maintien prolongé d'une endoprothèse urétérale.

Étym. lat. modulari : modeler, régulariser ; gr. ouron : urine

modeling (thérapie par) l.f.

modeling therapy

Technique utilisée en thérapie comportementale, visant à modifier le comportement d'un sujet par le biais de la mise en sa présence d'un modèle plus compétent (A. Bandura).
La dimension de l'identification au modèle détermine en grande partie l'efficacité de cet apprentissage vicariant par imitation. Le modèle est ainsi largement imité quand il existe une similarité de sexe et d'âge avec le sujet, et lorsque sa compétence n'est pas trop éloignée, permettant au sujet de se reconnaître davantage en lui.
Le "modeling" de participation est employé dans des indications variées, pour modifier les comportements inadaptés du sujet (évitements des troubles phobiques, rituels des obsessionnels-compulsifs, comportements passifs et agressifs). Rarement utilisées seules, ces thérapies nécessitent la plupart du temps l'association à d'autres stratégies comportementales.

A. Bandura, psychologue américain (1969)

Moloy et Steer (méthode de) l.f.

Moloy and Steer's method

Technique radiologique permettant d'évaluer le pronostic de l'engagement de la tête fœtale à l'aide d'un disque calqué sur la tête fœtale et confronté aux diamètres du bassin.
Elle n'est plus utilisée actuellement depuis l'avènement de l'échographie.

H. C. Moloy et C. M. Steer, gynécologues américains (1951)

[B2, O3]

Édit. 2018

momification n.f.

mummification

1) Ancienne technique égyptienne de conservation des cadavres.
Désigne par extension des situations où des tissus morts n'évoluent pas vers la putréfaction.
2) En obstétrique : dessiccation des tissus d'un fœtus mort et conservé in utero à un stade précoce de la grossesse.
Il s'agit souvent d'un jumeau qui ne sera expulsé que lors de l'accouchement de son frère, fœtus papyraceus ou compressus.

Étym. lat : mumia : momie, de l’ar. moûmîa ;  facere : faire,

motricité œsophagienne (étude de la) l.f.

Technique manométrique utilisée pour l'étude des variations de l'activité motrice de l'œsophage : sphincter supérieur, corps et sphincter inférieur.
En pratique clinique, la manométrie œsophagienne est utilisée pour l'exploration des symptômes de reflux gastro-œsophagien, des dysphagies d'origine motrice et des douleurs thoraciques d'origine non cardiaque. Cet examen est souvent couplé à la mesure de l'acidité dans le corps de l'œsophage (pHmétrie).

mucographie n.f.

mucography

En imagerie médicale  exploration, habituellement en double contraste, de la muqueuse d'une cavité naturelle : pharynx, tube digestif, vessie, etc.
Avant l'endoscopie, elle constituait une technique majeure ; actuellement, elle s'applique surtout au côlon (lavement baryté en double contraste).

Étym. lat. mucus ; gr. graphein : écrire

Mulvany (opération de) l.f.

Mulvany's operation

Technique chirurgicale de cure de l'incontinence urinaire d'effort chez la femme.
Elle consiste en une vésico-urétrolyse antérieure, partant du principe que l'urètre proximal libéré de ses connexions rétrosymphysaires peut alors se couder à l'effort, préservant ainsi la continence.

J. H. Mulvany, chirurgien urologue britannique (1951)

Musset (technique de péritonisation de) l.f.

Musset's procedure for broad ligament suture

Technique de repéritonisation de la face postérieure du ligament large.
Un canal est creusé à travers le mésosalpinx, permettant d'attirer le bord antérieur de l'incision de l'aileron antérieur pour l'apposer sur la zone à repéritoniser.

R. Musset, gynécologue français (1969)

Musset (technique de réparation des fistules de) l.f.

Musset's procedure for fistula repair

Technique chirurgicale de cure des fistules rectovaginales, en deux temps, utilisée principalement pour le rectum pathologique atteint de maladie de Crohn ou de rectocolite hémoragique et pour les fistules d'origine infectieuse.
Le premier temps consiste en une périnéotomie médiane sectionnant d'un coup de ciseau la totalité des tissus sous-jacents à la fistule, sphincters anal compris. Ce débridement expose les tissus granuleux et les foyers purulents. On laisse alors la plaie se cicatriser d'elle-même par adossement des muqueuses rectale et vaginale stérilisant ainsi les foyers infectieux et diminuant la sclérose inflammatoire. Le second temps ne doit pas être entrepris avant deux mois, pendant lesquels la cicatrice a le temps de s'assouplir et de devenir moins vasculaire ; il consiste en une cure de déchirure compliquée ancienne selon Musset.

R. Musset, gynécologue français (1963)

Musset (technique de réparation périnéale de) l.f.

Musset's procedure for perineal repair

Technique chirurgicale permettant la cure des séquelles compliquées du périnée, de type bride cicatricielle, aggravées ou non de fistule recto-vaginale.
Le principe de cette intervention est d'éviter une dissection trop étendue et de ne pas laisser de tissu cicatriciel dans la suture. L'abord périnéal est précédé de la pose de quatre fils repères qui permettent de présenter de façon stable l'incision pratiquée transversalement au rebord inférieur de la bride. Un décollement rectovaginal économique permet un avivement des berges de la brèche anale. La reconstruction du canal anal en un plan total est complétée ultérieurement par celle du sphincter. Il faut auparavant exciser la bride sur son versant cutané et vaginal, permettant ainsi la saisie, grâce à la « manœuvre de Musset », du sphincter anal non disséqué des plans superficiels puis sa suture. La fermeture périnéale, après excision des tissus cicatriciels, se fait plan par plan. La fourchette vulvaire étant reconstituée, on peut fermer la peau. Cette intervention techniquement bien codifiée a un excellent taux de succès.

R. Musset, gynécologue français (1912-2011)

Musset et Lamy (opération de) l.f.

Musset and Lamy procedure

Technique chirurgicale de cure de prolapsus chez la femme.
Intervention en trois temps, pratiquée par voie basse exclusive, avec conservation de l'utérus. Le temps antérieur comporte successivement : la fixation de la vessie, la dissection suture du fascia de Halban et la colporaphie antérieure. Le temps moyen se décompose en une section des ligaments cardinaux et utérosacrés avec transposition en avant du col, amputation du col, recouvrement du col restant par l'artifice de Sturmdorf. Le temps postérieur est une colpopérinéoraphie. Cette intervention réparatrice permet dans la mesure du possible de préserver toutes les fonctions de la région et des organes concernés.

J. Ravina, R. Musset et C. Lamy, gynécologues français (1957)

Mustard (opération de W.T.) l.f.

Mustard’s procedure

Technique opératoire de transfert du muscle psoas iliaque (iliopsoas) sur le grand trochanter pour le traitement des paralysies du muscle moyen fessier (m. gluteus medius).

W. T. Mustard, chirurgien cardiaque canadien (1952)

Musto (coloration de) l.f.

Musto coloration

Technique de coloration à imprégnation argentique, dérivée de la méthode de Gomori-Grocott et utilisée pour le diagnostic de la pneumocystose.

Linda Musto, anatomopathologiste américaine (1982)

myélographie gazeuse l.f.

gas myelography

Examen radiologique de la moelle épinière à l'aide d'un produit de contraste gazeux.
L'examen était pratiqué, le malade en décubitus latéral tête en bas, sur un tomographe incliné d'une trentaine de degrés. On remplaçait le liquide cérébrospinal par de l'air et on effectuait des coupes tomographiques du canal vertébral. L'air permettait d'obtenir un bon moulage de la moelle, tout en ayant l'avantage d'être résorbable. L'apparition de contrastes iodés hydrosolubles tolérés par voie intrathécale, a rendu caduque cette technique, qui avait l'inconvénient d'être très pénible pour le malade.

Étym. gr.  muelos : moelle ; graphein : écrire

→ myélographie

myélopathie des cervicarthroses et sténoses du canal rachidien l.f.

myelopathy of cervical spine arthrosis and stenosis

Affection médullaire cervical relativement rare au regard de la fréquence d'une étroitesse anormale du canal rachidien par arthrose après la cinquantaine, surtout chez l'homme.
Il ne s'agit pas de compression directe, mais du retentissement des microtraumatismes subis par la moelle lors des mouvements du cou, avec leurs incidences circulatoires.
Le patient, dont les antécédents de névralgie cervico-brachiale sont fréquents, se plaint de fatigabilité à la marche, perte de l'aisance des mains et/ou paresthésies des membres, lentement aggravées les unes ou les autres. Un syndrome pyramidal très spastique, bilatéral mais volontiers asymétrique, est associé à une atteinte radiculaire possible aux membres supérieurs, discrète ou atypique, traduisant une zone plutôt qu'un niveau strict. Les déficits sensitifs objectifs sont habituellement peu marqués. Un signe de Lhermitte (sensation de décharge électrique à la flexion de la nuque) est fréquent. Un syndrome "mains malhabiles-astéréognosie" peut traduire une atteinte cervicale haute. Un syndrome de Brown-Séquard s'esquisse parfois.
Dans cette symptomatologie protéiforme, des formes atypiques, voire trompeuses sont fréquentes : amyotrophiques ; évoluant par poussées pseudomultiloculaires ; ataxo-spasmodiques, à type de sclérose combinée, etc.
Parmi les investigations complémentaires : le LCR est normal ou paranormal ; les clichés de première intention montrent une arthrose cervicale, souvent un canal rachidien étroit et parfois une malformation de la charnière, un bloc cervical ou un rétrolisthésis ; l'IRM permet une appréciation fine des divers éléments en cause.
L'évolution est habituellement lente, par paliers, au fil des années, et de plus en plus invalidante.
Après le fréquent échec de la mise au repos complet, de tractions légères et du port d'une minerve, la chirurgie peut devenir indispensable dans la mesure où l'état du patient le permet, avec pour objectif de rétablir un espace suffisant autour de la moelle, quelle que soit la technique utilisée (discectomie, arthrodèse intercorporale, laminectomie d'arcs postérieurs, etc.).

C-É. Brown-Séquard, neurologue français, membre de l’Académie de médecine (1851) ; J. Lhermitte, neurologue français, membre de l’Académie de médecine (1924)

→ Brown-Séquard (syndrome de)

Nahmanovici (technique de) l.f.

Nahmanovici’s technique

Technique chirurgicale de ligature tubaire qui consiste à extérioriser la trompe sous contrôle cœlioscopique puis à pratiquer une résection partielle.

C. Nahmanovici, gynécologue français (1978)

nécrose rétinienne aigüe l.f.

acute retinal necrosis

Syndrome de nécrose rétinienne aigüe d’évolution sévère, qui se traduit par une hyalite majeure avec réaction inflammatoire du segment antérieur et des foyers jaunâtres de nécrose rétinienne, en moyenne périphérie du fond d’œil.
Le diagnostic, avant tout clinique, est conforté par le calcul du coefficient de Goldman et Witmer (positif quand il est supérieur à 4) ou par la mise en évidence du génome (technique de PCR).
Le traitement repose sur les thérapeutiques antivirales et les corticoïdes.

Sigle  : ARN syndrome

néphrectomie sous-capsulaire l.f.

subcapsular nephrectomy

Modalité technique particulière de néphrectomie, peu usitée, consistant à passer dans le plan qui sépare la convexité du parenchyme et la capsule rénale.
Elle était autrefois préconisée en cas de périnéphrite inflammatoire importante et de difficultés opératoires rendant l'abord du pédicule impossible ou dangereux. Ce plan de clivage est surtout utilisé de nos jours dans les trans-plantectomies.

néphropathies du transplant l.f.p.

transplant nephritis

Ensemble de la pathologie rénale observée après homo-transplantation.
Les troubles succèdent le plus souvent aux lésions rénales de cause immunologique induites par une réaction de rejet hyperaigüe, aigüe ou chronique, mais également aux diverses atteintes parenchymateuses consécutives à l'ischémie requise par la technique de la transplantation, aux anomalies éventuelles de la voie excrétrice, à la néphrotoxicité de certains médicaments, notamment immunosuppresseurs et antibiotiques, enfin à la récidive de l'affection rénale primitive ou à une glomérulonéphrite de novo relevant de causes multiples.

→ nécrose corticale du transplant, rejet du transplant

neuropathie allantoïdienne l.f.

Neuropathie héréditaire dont la transmission autosomique dominante est liée à une délétion sur le chromosome17.
Cette dénomination (de même que celle de tomaculaire) a été proposée pour souligner l’existence de lésions segmentaires d’une myélinisation exagérée (hypermyélinisation) avec enroulements myéliniques, qui ont un aspect en saucisse, sur la technique des fibres dissociées (" teasing "). Néanmoins, cette lésion caractéristique mais non spécifique n’est pas constamment retrouvée sur les biopsies nerveuses.
Chez un sujet jeune, plutôt de sexe masculin, on observe des épisodes de paralysie tronculaire indolores, régressifs et récidivants, avec hypersensibilité à la pression. Des paralysies et amyotrophies de l’épaule sont possibles.
Des lésions de myélinisation accrue (hypermyélinisation) identiques mais plus rares et
non prédominantes ont été également décrites dans d’autres contextes génétiques ou acquis: maladie de Charcot-Marie (type I), neuropathie au cours d’une dysglobulinémie monoclonale, etc.

Étym. gr. allantos, ou lat.tomaculum : saucisse ; eidos : forme

Syn. neuropathie sensible à la pression , neuropathie tomaculaire

→ hypermyélinisation

[H1,Q2]

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