méningo-encéphalite n.f.
meningoencephalitis
Infection ou inflammation, aigüe ou chronique, de l’encéphale et des méninges.
De nombreux micro-organismes (bactéries, virus, parasites, levures) peuvent en être responsables.
Étym. gr. meningx : membrane ; en : dans ; enkephalê : tête ; -ite : suffixe indiquant l’inflammation
métaprotérénol n.m.
Bronchodilatateur agoniste des récepteurs β-adrénergiques qui stimule les muscles lisses du poumon et de l’utérus en particulier.
La stimulation des récepteurs β-adrénergiques entraîne l’activation de l’adénylate cyclase intracellulaire et par voie de conséquence le relâchement du muscle lisse bronchique et l’inhibition de la libération par le mastocyte des médiateurs de l’hypersensibilté immédiate. Le métaprotérénol est utilisé dans le traitement des symptômes associés à l'asthme, à la bronchite chronique, à l'emphysème et à d'autres affections pulmonaires, car il libère les voies aériennes et facilite la respiration. L’administration de ce médicament nécessite une attention particulière chez les patients souffrant d’hypertension artérielle, de troubles du rythme cardiaque et de diabète.
Syn. orciprénaline
méthémoglobine (aspect IRM de la) l.f.
methemoglobin
Produit d'oxydation de l'hémoglobine dans lequel le fer, à l'état ferrique, a perdu le pouvoir de fixer l'oxygène.
La proportion de méthémoglobine dans le sang normal est inférieure à 1%. Elle augmente au cours de certaines intoxications (par dérivés nitrés ou chloronitrés des carbures benzéniques, aniline, nitrates) et dans certaines maladies congénitales portant sur la molécule d'hémoglobine ou sur les systèmes enzymatiques qui assurent la réduction de la méthémoglobine qui se forme normalement en permanence dans les hématies.
De la méthémoglobine peut se retrouver dans les tissus en cas d’hématome. L’aspect IRM de ces derniers varie en fonction de leur taille, du champ magnétique, du type de séquence, mais surtout de leur ancienneté. Hématome suraigu (premières heures) : hyposignal T1, hypersignal T2 ; hématome aigu (quelques heures à quelques jours) : hypo ou isosignal T1, hyposignal T2 ; hématome subaigu (quelques jours à quelques emaines) : hypersignal T1, hyposignal T2 ; hématome chronique (quelques semaines ou mois) : couronne en hyposignal entourant un centre en hypersignal en T1 et surtout en T2, parfaitement contrastée entre les hyposignaux de l'œdème périphérique en dehors et de la méthémoglobine extracellulaire en dedans
Étym. gr. méta- : indique le changement ; haïma : sang : globus : boule
Abrév. MetHb
[B2,B3]
Édit. 2018
métopite n.f. (inusité)
Tuméfaction hypertrophique chronique du front entrant dans le cadre de l'extension d'une macrochéilite granulomateuse.
E. G. Melkersson, médecin suédois (1928) ; C. Rosenthal, neuropsychiatre allemand (1931)
Étym. gr. metopé : métope, terme d'architecture
→ syndrome de Melkersson-Rosenthal
microbiote intestinal l.m.
intestinal microbiota
Ensemble des populations microbiennes qui, dès la naissance, colonisent le tractus intestinal et jouent un rôle physiologique majeur et de sorte que le microbiote intestinal peut être considéré comme un organe à part entière qu’il est essentiel de préserver.
L’intestin héberge dix fois plus de microbes que le corps humain ne compte de cellules somatiques ou germinales. Il représente une diversité génique (microbiome) 100 à 150 fois plus élevée que celle du génome humain. La masse de ces bactéries est d’environ 1 kg. La flore intestinale s’enrichit de l’estomac qui contient 102 à 103 bactéries/g, du duodénum (104 à 105 bactéries /g), de l’intestin grêle (105 à 108 bactéries/g) jusqu’au colon (1010 à 1011 bactéries/g).
Le microbiote intestinal assure des fonctions bénéfiques :
- fonction trophique sur la muqueuse intestinale avec développement du système immunitaire (en son absence le système immunitaire ne mature pas normalement),
- fonctions métaboliques, telles la fermentation des résidus alimentaires, la synthèse d’acides gras, d’acides aminés indispensables, de vitamines,
- fonction de barrière contre les bactéries pathogènes.
Le déséquilibre de la flore intestinale, appelé dysbiose, est associé à des conséquences néfastes pour l’hôte. Les principales causes de dysbiose sont une infection virale, bactérienne ou parasitaire, un changement d’environnement ou d’alimentation, un déficit immunitaire, une prise médicamenteuse en particulier d'antibiotique.
La dysbiose est impliquée dans le déterminisme de nombreux états pathologiques. Des maladies aussi diverses que l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires, la colite à Clostridium difficile, des maladies intestinales chroniques, l’hépatite pseudo-alcoolique ou NASH, certains cancers, la polyarthrite rhumatoïde, l’asthme, l’eczéma, des maladies neurologiques,… ont été associées à des perturbations quantitatives et qualitatives du microbiote intestinal.
Le microbiote des obèses, moins diversifié que celui des sujets qui ne le sont pas, compte moins de Bacteroïdes et plus de Firmicutes. Surtout, la flore des patients obèses se répartit selon une courbe bimodale, permettant de différentier des individus avec un faible compte de gènes et ceux avec un fort portage. Ceux avec un faible compte de gènes ont un microbiote caractérisé par une prévalence élevée en bactéries pro-inflammatoires et cette moindre diversité génique est associée à une insulinorésistance, un diabète, une dyslipidémie…. Le microbiote de l’autre groupe est caractérisé par un pourcentage important de bactéries anti-inflammatoires parmi lesquelles Faecalibacterium prausnitzii. Les études expérimentales ont apporté de forts arguments en faveur du caractère transmissible de l’obésité. Les masses grasses totales et périgonadiques (tissu étudié pour son activité métabolique et sa sensibilité à l’insuline) de souris conventionnelles, hébergeant un microbiote non sélectionné, sont supérieures à celles de souris axéniques (élevées en dehors de tout contact microbien et dépourvues de tout germe) de même âge et de même souche. La colonisation de ces souris sans germes avec le microbiote intestinal de souris conventionnelles aboutit à une augmentation de leur masse grasse en dépit d’une réduction des apports alimentaires. En transférant en parallèle le microbiote de souris minces et de souris transgéniques déficientes pour le gène de la leptine (souris ob/ob hyperphages et obèses) à des souris axéniques, il a été constaté une augmentation significativement plus importante de la masse grasse chez les souris colonisées par le microbiote de souris obèses. Le microbiote module aussi l’extraction énergétique des aliments. Ainsi, l’étude calorimétrique montre moins d’énergie résiduelle dans les selles des souris obèses que dans celles des souris minces.
La colite à Clostridium difficile, souvent déclenchée par un traitement antibiotique à l’origine d’une perturbation de la flore intestinale, est une pathologie fréquente, pouvant être grave et à risque de récidive. La transplantation fécale de microbiote de sujets sains a démontré son efficacité et peut être proposée, en cas d’échec de traitement conventionnel et en l’absence d’alternative thérapeutique, selon un protocole rigoureux et standardisé des donneurs afin de prévenir la transmission d’agents pathogènes infectieux.
Le microbiote des personnes atteintes d'une maladie chronique inflammatoire des intestins (maladie de Crohn et rectocolite ulcéro-hémorragique) est globalement déséquilibré avec augmentation de certaines familles comme les Entérobactéries, les Fusobactéries et les Pasteurella, avec réduction des Firmicutes, en particulier Clostridium et F. prausnitzii. Etablir une relation causale entre la modification du microbiote et certaines maladies est parfois difficile, en particulier pour les maladies chroniques inflammatoires des intestins. Il est difficile de prouver que le changement du microbiote précède l’apparition de la maladie. Cependant, même si la dysbiose n’est pas à l’origine de la maladie, elle peut être un facteur pour la perpétuer.
Le microbiote intestinal pourrait être impliqué dans la progression de la stéatose non alcoolique (NAFLD : non alcoholic fatty liver disease) vers l’hépatite pseudo-alcoolique (NASH : non alcoholic steatosis hepatitis) et le carcinome hépatocellulaire.
A côté des nombreuses maladies suscitées au cours desquelles la dysbiose du microbiote intestinal pourrait jouer un rôle, il faut insister sur l’implication directe des micro-organismes lors des 1 000 premiers jours de vie (pour 270 jours de grossesse et 2 x 365 premiers jours de vie), qui se sont révélés être une période cruciale potentiellement propice au développement de maladies chroniques. Le fœtus humain vit dans un milieu stérile, ; la primo-colonisation de son tube digestif dépend de la voie d’accouchement : par voie basse, l’enfant est colonisé par des bactéries qui reflètent la flore vaginale, par césarienne la flore cutanée ; or l’accouchement par césarienne est caractérisé par une dysbiose et un microbiote moins important que par voie vaginale. Après la naissance, le microbiote se met en place sous l’influence de nombreux facteurs environnementaux déterminés par l’alimentation, le mode de vie et les traitements. Il existe un lien entre une prise précoce d’antibiotiques et le développement ultérieur de maladies dans l’enfance, asthme, développement d’une obésité, maladie de Crohn, diabète de type 1, allergie.
L’exploration des fonctions du microbiote intestinal comportant les réponses immunitaires de l’hôte a été développée suivant une approche moléculaire globale : la métagénomique. Une méthode de criblage fonctionnel à haut débit a été établie utilisant la stratégie des gènes rapporteurs afin d’étudier les interactions microbiote-hôte impliquant la régulation du facteur de transcription NF-κB, un élément clef de la réponse immunitaire et inflammatoire. Cette méthode repose sur l’utilisation de cellules épithéliales coliques humaines exprimant un système rapporteur de l’activation de NF-κB. . Après avoir été caractérisées, ces cellules ont été utilisées pour des criblages de banques métagénomiques du microbiote intestinal humain et de collections de souches commensales humaines cultivables afin d’identifier des capacités modulatrices de NF-κB. Sur 2640 clones métagénomiques testés, 171 clones modulateurs de l’activité NF-κB ont été identifiés.
Compte tenu du volume du champ de recherche, l’étude du microbiote intestinal n’aurait pu se faire sans l’apport des sciences omiques.
Étym. gr. micros : petit ; bios : vie
Syn. anc. flore intestinale
→ flore intestinale, leptine, dysbiose, microbiome intestinal, métagénomique, métagénome, microbiote, NF-κB (facteur de transcription), omiques (sciences)
[C3,D1,L1,Q1,Q3]
microlithiase alvéolaire pulmonaire l.f.
pulmonary alveolar microlithiasis
Maladie caractérisée anatomiquement par la présence dans les alvéoles des deux poumons de petits calculs de 100 à 200 μm, formés d'une mucoprotéine surchargée de calcium (calcosphérites).
Affection rare, familiale dans 35% des cas, de cause inconnue.
L'image radiologique est pathognomonique, faite d'une miliaire pulmonaire diffuse, très fine, de densité minérale, prédominant dans les régions hilaires et aux bases, soulignant la bordure pleurale et les scissures.
Longtemps cliniquement latente, la maladie s'aggrave progressivement, entraînant une insuffisance ventilatoire restrictive qui aboutit à l'insuffisance respiratoire, au cœur pulmonaire chronique et à la mort.
Étym. gr. mikros : petit ; lithos : pierre
microphakie n.f.
microphakia
Anomalie isolée du cristallin qui est trop petit, trop sphérique, bien transparent et donnant un vice de réfraction myopique d'environ 15 dioptries.
C'est la courbure excessive du cristallin qui donne une myopie ; après dilatation on voit bien son équateur et le ligament suspenseur toujours atrophique. La sphéricité peut parfois mettre en contact le pôle antérieur de la lentille avec la cornée, il est parfois ectopique et même ballant et peut s'enclaver dans la chambre antérieure. Il peut exister un iridonésis, une atrophie de l'épithélium pigmenté irien. L'hypertonie est une complication qui apparaît soit par luxation soit de façon chronique. D'autres malformations, telles que la mégalocornée et corectopie, peuvent accompagner la microsphérophakie. L'anomalie peut être également présente dans de nombreux syndromes, tels que le syndrome de Weill-Marchesani, la maladie de Marfan, l'homocystinurie, le syndrome d'Alport, et la maladie de Klinefelter.
L’affection est autosomique dominante ou autosomique récessive (MIM 251750) avec une grande hétérogénéité génétique ; une mutation homozygote par insertion en 14q24.1-q32.12 a été notée sur le gène LTP2, modifiant la protéine LTP2, suggérant son rôle dans le développement du cristallin ( A. Kumar, 2010)
B. Fleischer, ophtalmologiste allemand (1916) (1874-1965) ; A. Kumar, médecin indien (2010), G. Weill, ophtalmologiste français (1932) ; O. Marchesani, ophtalmologiste allemand (1939) ; A. Marfan, pédiatre français, membre de l'Académie de médecine (1896) ; A. C. Alport, médecin interniste sud-africain (1927) ; H. F. Klinefelter Jr, médecin interniste américain (1942)
Étym. gr. mikros : petit ; phakos : lentille
Syn. microsphérophakie, sphérophakie
Milroy (maladie de) l.f.
Milroy’s disease
Lymphœdème chronique diffus en rapport avec une malformation congénitale des capillaires lymphatiques, plus fréquente aux membres inférieurs.
Trois formes sont distinguées : I- lymphœdème réversible, parfois régressif la nuit ; II- lymphœdème irréversible évoluant vers la fibrose ; III- forme avec altération cutanée : hyperkératose et papillomatose. L’affection est autosomique dominante à pénétrance variable et liée à une atteinte du facteur de croissance VEGF-3 (Vascular Endothelial cell Growth Factor), intervenant dans la lymphogénèse.
W. F. Milroy, médecin américain (1892) ; M. Nonne, neurologue allemand (1891)
Syn. trophœdème chronique diffus de Milroy
→ lymphangiome diffus éléphantiasique, lymphangiome congénital de Milroy-Meige
monocytose n.f.
monocytosis
Excès du nombre de monocytes circulants défini par un chiffre de monocytes en valeur absolue supérieure à 1,0 x 109/litre.
Les causes de monocytose sont très variées, généralement réactionnelles d'origine infectieuse ou inflammatoire. Une monocytose chronique pure isolée requiert des investigations à la recherche d'une hémopathie maligne.
Étym. gr. monos : seul ; kutos : cellule
monoxyde de carbone l.m.
carbon monoxide
Produit de la combustion incomplète du carbone, gaz incolore et inodore à la température ordinaire, de densité légèrement plus faible que celle de l'air, de formule CO, toxique en raison de son affinité pour l'hémoglobine, ainsi que pour la cytochrome-oxydase.
Il est capable de se combiner avec l'hémoglobine en formant un composé stable, la carboxyhémoglobine, impropre au transport de l'oxygène (le coefficient d'affinité du CO est 250 fois plus fort que celui du dioxygène O2). Très facilement absorbé par inhalation, le monoxyde de carbone est la cause de nombreux accidents mortels. Il provient surtout de la combustion incomplète du charbon : il est présent dans la fumée de tabac.
Le CO traverse très rapidement la paroi alvéolaire, son passage dans le sang dépend de la concentration du gaz dans l'alvéole : sous forte concentration l'intoxication est foudroyante, l'arrêt cardiaque survient après quelques mouvements respiratoires. Dans ce cas la réanimation n'est efficace qu'en utilisant d'urgence l'oxygène à gros débit pendant le massage cardiaque. À plus faible concentration la mort survient lorsque les deux tiers de l'hémoglobine sont bloqués. Pour des concentrations encore plus faibles un équilibre s'établit entre l'oxyhémoglobine et la carboxyhémoglobine ce qui permet aux secours d'agir efficacement (oxygénation, éventuellement sous pression barométrique élevée), pour une concentration de l'ordre du millième (1 000 ppm) la survie est très prolongée. L'intoxication chronique fait partie des nombreux effets indésirables des combustions mal ventilées, le cas le plus typique est celui du chauffe-eau à gaz installé sans ventilation suffisante (il est la principale cause de plusieurs centaines de morts par an en France) : les signes en rapport avec une exposition à des concentrations de 100 ppm sont des céphalées, une asthénie musculaire et une fatigue générale. Le seuil de tolérance est de l'ordre de 50 ppm. Le monoxyde de carbone est le polluant atmosphérique le plus abondant dans l'air des villes où la concentration moyenne, sans danger identifiable, est de l'ordre de 10 ppm.
En médecine du travail l'intoxication subaiguë est prise en charge comme maladie professionnelle (tableau 64 du RG, 40 du RA) avec un délai de 30 jours i entre la fin de l’exposition et la première constatation des symptômes.
Syn. oxyde de carbone (déconseillé)
→ cytochrome-oxydase, carboxyhémoglobine
[C1, E2, F1, F2, H1]
Édit. 2018
Moraxella
Moraxella
Genre de coccobacilles à Gram négatif, aérobies, de la famille des Neisseriaceae, faisant partie de la flore commmensale des voies respiratoires supérieures.
La principale espèce pathogène chez l’Homme est Moraxella catarrhalis, responsable d’otites moyennes, de surinfections de bronchite chronique, de pneumopathies aigües parfois nosocomiales, de conjonctivites et plus rarement d’infections systémiques et de bactériémies.
Mowat-Wilson (syndrome de) l.m.p.
Mowat-Wilson’s syndrome
Syndrome rare, considéré comme une maladie orpheline (ORPHA 2152) associant, en proportions variables, des malformations céphaliques, cardiaques, urogénitales, voire oculaires, auriculaires et dentaires, à un retard mental, à des crises d’épilepsie et à une maladie de Hirschsprung marquée par une constipation chronique d’intensité variable.
Dans la symptomatologie on note une dysmorphie faciale particulière, une agénésie du corps calleux et une atrophie corticale en rapport avec une microcéphalie.
Chez certains patients, le syndrome est lié à des néomutations hétérozygotes ou à des délétions du gène ZFHX 1B situé sur le chromosome 2q21-23, gène codant un facteur de transcription intervenant dans le développement des cellules et tissus dérivant des crêtes neurales, cette haplo-insuffisance expliquant les anomalies constatées.
Classé parmi les maladies dominantes (MIM 235730), ce syndrome est le plus souvent sporadique et comporte donc un faible risque de récurrence.
D. R. Mowat et M. J. Wilson, médecins généticiens australiens (1998)
mucopolysaccharidose de type IX l.f.
mucopolysaccharidosis type IX
Affection caractérisée, chez un adolescent de petite taille, par des petites masses dans les tissus mous périarticulaires constitués de dépôts d’acide hyaluronique sans élimination urinaire de mucopolysaccharides et liée à un déficit en hyaluronidase.
L’œdème et les masses périarticulaires sont douloureuses, une otite chronique est fréquente ; il n’y a pas de signes neurologiques, l’intelligence est normale. Le diagnostic est fait sur l’élévation importante de l’acide hyaluronique plasmatique ; le dosage enzymatique de l’activité de l’hyaluronidase montre que cette activité est nulle.
L’affection est liée à une mutation du gène HYAL 1 codant pour la hyaluronidase 1, locus en 3p21.2-3.
M. R. Natowicz, médecin généticien américain (1996 et 1999 voir Triggs-Raine B.)
Étym. lat : mucus ; gr. polus : nombreux ; sakkharos : sucre
Syn. MPS IX M
muguet n.m.
thrush, mycotic stomatitis
Candidose aigüe pseudomembraneuse de la bouche pouvant survenir à tout âge mais plus fréquente dans l'enfance ou à un âge avancé et chez les sujets débilités, faite de dépôts blanchâtres, détachables avec un abaisse-langue, apparaissant sur une muqueuse érythémateuse inflammatoire.
Cette infection, nommée ainsi à cause de son aspect blanc comme la fleur du muguet, répond bien aux antimycosiques locaux ; chez les sujets débilités, un traitement par voie générale est parfois nécessaire pour éviter des récidives ou une évolution chronique.
Münchhausen (syndrome de) l.m.
Münchhausen's syndrome
Trouble factice chronique dont la caractéristique essentielle est la présentation par le sujet de symptômes physiques (surtout de type chirurgical, mais aussi neurologique et hémorragique) d'une manière suffisamment plausible pour obtenir et faire durer des hospitalisations multiples.
En particulier, de nombreuses cicatrices, surtout abdominales, sont fréquemment relevées par suite d'une revendication itérative d'interventions, le sujet changeant d'hôpital quand il est démasqué (manie chirurgicale des polyopérés).
Un large éventail de personnalités, plus rarement d'affections psychiatriques évolutives, semble intervenir. Mais des entretiens de cet ordre sont rarement acceptés par ces sujets qui fuient obstinément le psychiatre. Une dimension sadomasochiste n'est pas exclue.
R. A. Asher, endocrinologue et hématologue britannique (1951)
Étym. baron von Münchhausen, célèbre par ses fanfaronnades (1720-1797)
mycétome n.m.
mycetoma
Pseudotumeur souscutanée ou profonde, chronique, progressive, avec présence d’abcès et de fistules laissant s’écouler un pus qui renferme des grains filamenteux dont la couleur dépend de l’agent étiologique.
Cette affection peut être provoquée par la prolifération d’un champignon (mycétome fongique ou eumycétome ou encore maduromycétome) ou d’une bactérie filamenteuse, un Actinomyces (actinomycétome). Les mycétomes sont surtout observés dans les régions intertropicales. On admet généralement qu’ils font suite à un traumatisme qui permet l’introduction de l’agent potentiellement pathogène dans l’organisme.
Étym. gr. mukês, mukêtos : champignon ; -ome : suffixe exprimant la tumeur
Mycobacterium xenopi
Mycobacterium xenopi
Mycobactérie appartenant au groupe II à croissance lente et scotochromogène.
Cette espèce est souvent responsable d'infection pulmonaire chronique en Europe du Nord et en Australie. En France, elle est en troisième place derrière Mycobactérium tuberculosis et Mycobacterium bovis.
Elle colonise volontiers d'anciennes cavités pulmonaires détergées et guéries, p. par exemple d'anciennes lésions tuberculeuses excavées.
Xenopi n'est souvent pigmenté qu'à la primoculture. Il pousse plus vite à 42° qu'à 37°, donnant de petites colonies de longs bacilles.
myélodysplasie n.f.
myelodysplastic syndromes
Ensemble de maladies de la moelle osseuse dont la production est insuffisante et anormale.
Elles sont en général révélées par une diminution d'une ou plusieurs des lignées sanguines (anémie, granulopénie, thrombopénie) et reconnues devant des anomalies de forme et de répartition des cellules de la moelle osseuse étudiées par le myélogramme ; elles sont plus nombreuses qu'à l'état normal mais n'aboutissent pas au stade de maturation.
Elles résultent des troubles de maturation des lignées myéloïdes que l'on peut apprécier par la détection d'anomalies de croissance in vitro, (cultures de progéniteurs), de cinétique de production (avortement médullaire), d'anomalies cytogénétiques, enzymatiques et fonctionnelles exprimées par toutes les lignées sanguines. Certaines entités sont mieux définies comme l'anémie réfractaire avec ou sans excès de myéloblastes, l'anémie sidéroblastique ou constituent des états de transition avec les syndromes myéloprolifératifs comme la leucémie myélomonocytaire chronique. L’anémie réfractaire avec délétion du bras long du chromosome 5 (délétion 5Q) comporte une image clinique et hématologique caractéristique qui lui confère une identité propre., Dans l'ensemble, l'évolution est lente, marquée par l'accentuation de l'anémie et la nécessité de transfusions, la granulopénie et le risque d'infections, la thrombopénie et son risque de saignement, surtout la possibilité d'une transformation en leucémie aigüe.
2) En neurologie,
myelodysplasia
Malformation congénitale de la moelle épinière par trouble du développement.
Souvent discrète, cette anomalie peut être associée à des malformations périphériques des membres ou des organes et à des troubles fonctionnels variés, en particulier urinaires.
Étym. gr. muelos : moelle ; dus : difficulté ; plassein : former
→ syringomyélie (aspects anatomiques), myéloméningocèle
myélofibrose n.f.
myelofibrosis
Apparition dans la moelle osseuse d'un réseau de fibres constituant un aspect de mailles de filet, enserrant d'abord, désorganisant ensuite, la structure normale de la moelle.
Selon l'épaisseur des fibres et leur affinité tinctoriale, on peut distinguer la fibrose réticulinique et la fibrose collagène. Une myélofibrose est observée dans de nombreuses maladies myéloïdes dont l'aspect le plus caricatural est constitué par la splénomégalie myéloïde (myélofibrose primitive, souvent associée à des anomalies mégacaryocytaires) et dans l’évolution des autres syndromes myéloprolifratifs tels que la leucémie myéloïde chronique et la polycythémie vraie
Étym. gr. muelos : moelle ; lat. fibra : fibre
→ myélosclérose, leucémie aigüe à mégacaryo cytoblastes
myéloprolifératif (syndrome) l.m.
myeloproliferative syndromme
Maladie hématologique clonale le plus souvent d’origine médullaire osseuse, l'anomalie d'une cellule souche multipotente entraînant la prolifération de cellules appartenant à plusieurs lignées, cette prolifération anormale s'accompagnant de différenciation jusqu'aux stades les plus matures.
Les principaux syndromes myéloprolifératifs sont la leucémie myéloïde chronique, la polyglobulie primitive ou maladie de Vaquez, la thrombocytémie essentielle, la splénomégalie myéloïde. Ces syndromes peuvent tous, à des degrés divers, évoluer vers une leucémie aigüe.
Les hémorragies cérébrales sont des complications souvent sévères des leucémies quel qu'en soit le type et des polyglobulies. Les accidents ischémiques cérébraux compliquent tous les syndromes myéloprolifératifs.
W. Dameshek, hématologue américain (1951)
Étym. gr. muelos : moelle
Syn. désordre myéloprolifératif
myocardites n.f.p.
myocarditis
Atteintes inflammatoires ou infectieuses du myocarde, pouvant revêtir une évolution aigüe, subaigüe ou chronique, dont les lésions peuvent être parenchymateuses (atteinte des fibres musculaires) ou interstitielles.
Les causes en sont nombreuses, permettant un classement étiologique :
- myocardites spécifiques (rhumatismales, syphilitiques, tuberculeuses) en voie de disparition ;
- myocardites infectieuses, bactériennes (cocci, diphtérie, typhoïde, spirochétose, rickettsiose) mycosiques et fongiques exceptionnelles ;
- myocardites parasitaires, maladie de Chagas (due à Trypnanosoma cruzi) est la plus fréquente mais d’autres agents peuvent être responsables : Echinococcus granulosus, Taenia solium, Strongyloides stercoralis, Ascaris lumbricoides, Giardia lamblia ;
- myocardites toxiques ou par agents physiques ;
- myocardites sériques, allergiques ;
- myocardites virales qui endossent une forme fulminante, aigüe et subaigüe et semblent jouer un rôle dans la survenue des cardiomyopathies dilatées ;
- myocardite des maladies auto-immunes : maladie cœliaque ;
- myocardite à cellules géantes.
Certaines myocardites demeurent de causes inconnues. Les myocardites doivent être distinguées des myocardiopathies.
Étym. gr. mus : muscle, souris ; cardia : cœur ; -ite :suffixe indiquant l’inflammation
→ myocardite rhumatismale, myocardite infectieuse, maladie de Chagas, myocardite des dermatomyosites, myocardite lupique, myocardite à cellules géantes, échinococcose cardiaque, Echinococcus granulosus,Taenia solium, Strongyloïdes stercoralis, lumbricoides, Giardia
[D1,K2]
Édit. 2018
myopathies (troubles digestifs des) l.m.p.
Ensemble de manifestations de souffrances digestives survenant au cours de myopathies.
En dehors des troubles digestifs de toute myopathie (atteignant surtout le domaine œsophagien) le syndrome digestif le mieux individualisé est celui de la pseudo-obstruction intestinale chronique (POIC).
Cliniquement le tableau évoque l’obstruction mécanique de l’intestin, mais aucune lésion macroscopique obstructive n’est retrouvée. Il peut s’agir :
- soit d’une atteinte du tissu musculaire lisse intestinal, réalisant une véritable myopathie viscérale. C’est ici le cadre des troubles digestifs de la sclérodermie, de l’hypothyroïdie et de l’hypoparathyroïdie, de l’amylose, du déficit en vitamine E (brown bowel syndrome), des troubles digestifs des dystrophies de Steinert ;
- soit d’une atteinte du système nerveux central ou du système nerveux extrinsèque (maladie de Parkinson, diabète, dysautonomie primitive, POIC postvirale).
Étym. gr. mus : souris, muscle ; pathos : maladie
myringite n.f.
myringitis
Inflammation de la membrane tympanique, apparemment isolée, évoluant sur un mode aigu ou chronique.
Les myringites aigües se manifestent très rapidement par de violentes douleurs liées à la formation de vésicules, d’aspect séreux ou hématique, soulevant la couche épidermique de la membrane tympanique et empiétant souvent sur la peau du conduit. Elles s’accompagnent d’une atteinte infectieuse de l’oreille moyenne et parfois de l’oreille interne. La symptomatologie semble liée à une exotoxine microbienne et non pas à une origine virale qui a fait parfois assimiler ces otites phlycténulaires à des otites virales. Elles doivent être considérées comme des otites moyennes aigües et traitées comme telles.
Les myringites chroniques se manifestent par une zone non épidermisée de la membrane tympanique, avec prolifération du tissu conjonctif, donnant souvent un aspect granuleux (myringite granuleuse). Elles peuvent évoluer pendant des années provoquant une simple gène sans douleur et une légère baisse de l’audition. Le traitement est uniquement local.
Étym. lat. myringa : tympan, corruption du gr. menigx : membrane ; -ite : suffixe indiquant l’inflammation
mystiques (idées délirantes) l.f.p.
mystical delusional ideas
Thèmes délirants messianiques et prophétiques (sujet élu par Dieu, voire son égal), qui n'englobent donc pas la totalité des manifestations psychiatriques comportant des éléments religieux.
Ces troubles peuvent s'observer dans la généralité des états psychotiques : folie systématisée chronique des classiques (évolution décrite comme superposable à celle de la folie de persécution par P. Chaslin, qui relevait aussi une fréquente intrication avec des éprouvés érotiques) ; psychoses délirantes aigües ; schizophrénies ; troubles psychiques de l'épilepsie ; après absorption de substances psychédéliques (T. Leary et la "God Divination"). L'existence de psychoses mystiques collectives pose des problèmes parfois graves.
Du moins en dehors des états paroxystiques de vécu transcendantal, qui peuvent être analogues à des expériences pathologiques, les mystiques considérés comme "authentiques" paraissent se différencier notamment par un bon indice de réalité et par leur constance, leur sérénité et leur rayonnement. Néanmoins, M. Dide (1913) les mettait au nombre des idéalistes passionnés. Les cas les plus embarrassants sont constitués par les hystériques.
Ph. Chaslin (1912) et M. Dide (1913), psychiatres français ; T. F. Leary, psychologue américain (1988)
Étym. gr. mysticos de mustês (lat. mysticus) : initié
→ collective (psychose), extase, idéalisme passionné, religion (psychiatrie et)
nanisme rénal l.m.
renal dwarfism
Retard du développement statural secondaire à une insuffisance rénale chronique apparue avant la puberté.
Il est souvent, mais non toujours, associé à des lésions ostéodystrophiques. Il est la conséquence de perturbations métaboliques complexes concernant notamment l'absorption intestinale du calcium et du phosphore, le métabolisme de la vitamine D, l'équilibre acidobasique et l'état nutritionnel. Il peut être partiellement prévenu et traité par l'administration de sels calciques et de dérivés de la vitamine D, une alcalinisation adéquate, des apports protidiques suffisants. La croissance demeure généralement ralentie malgré l’hémodialyse.