Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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uréthroscope n.m.

urethroscope

Endoscope rigide destiné à l'exploration du canal uréthral.
L'appareil comprend une optique, la transmission lumineuse d'une source externe et une gaine assurant l'irrigation. Son champ visuel doit être à vision foroblique (30°) ou directe (0°).

→ uréthroscopie

uréthroscopie n.f.

urethroscopy

Examen visuel de la lumière du canal uréthral à l'aide d'un endoscope.
Ce dernier peut être rigide ou souple ("fibroscopie" uréthrale).

→ uréthroscope

uréthroskénite n.f.

uretroskenitis

Infection de l'urèthre et des glandes de Skene.

A. Skene, gynécologue américain (1838-1900)

→ urèthre, Skene (glandes de)

uréthrosténie n.f.

urethrostenia

Rétrécissement de l'urèthre dû au gonocoque ou à un traumatisme.

→ rétrécissement uréthral, gonocoque

uréthrostomie périnéale n.f.

perineal urethrostomy

Abouchement de l'urèthre bulbopérinéal à la peau du périnée.
Cette méthode de dérivation externe des urines était utilisée autrefois soit en prévision d'une chirurgie uréthrale réparatrice d'aval, soit comme solution transitoire ou définitive de restauration des mictions en amont de lésions uréthrales jugées incurables, soit comme voie d'abord plus directe de l'urèthre postérieur (surtout chez l'enfant).
Elle n'est plus guère utilisée aujourd'hui en tant qu'intervention isolée, mais elle est réalisée de fait lors de la mise à plat de l'urèthre en un premier temps d'uréthroplastie cutanée.

→ uréthroplastie cutanée

uréthrotome n.m.

urethrotome

Instrument permettant de réaliser une uréthrotomie interne.
Les anciens uréthrotomes étaient aveugles, mais conçus soit pour ne couper que la zone rétrécie (uréthrotome de Maisonneuve), soit pour établir un calibre uréthral déterminé (uréthrotome d'Otis). Ils sont actuellement endoscopiques et permettent de sectionner, sous contrôle de la vue, le rétrécissement soit à la lame "froide", soit par tout autre moyen physique : électrosection, laser, etc.

J. Maisonneuve, chirurgien français (1809-1897) ; F. N. Otis, chirurgien urologue américain (1825-1900)

→ uréthrotomie

uréthrotomie n.f.

urethrotomy

Incision longitudinale de la paroi de l'urèthre pratiquée pour traiter un rétrécissement, ou au cours de toute intervention uréthrale à visée d'exérèse ou restauratrice.
On distingue l'uréthrotomie externe, incision chirurgicale de dehors en dedans par voie périnéale ou pénienne, aujourd'hui peu usitée, et les uréthrotomies internes, de dedans en dehors. Celles-ci d'abord pratiquées grâce aux uréthrotomes aveugles, sont devenues maintenant endoscopiques.

→ uréthrotome

urgence n.f.

emergency

1) Dans le domaine médical, situation d'un patient à soigner sans délais.
La notion médicale fait intervenir deux acteurs antagonistes, celui qui appelle à l'aide et celui qui est sollicité : chacun apprécie différemment la situation.
L'appellant ressent l'urgence de façon surtout subjective, c'est l'urgence ressentie. Celui qui est sollicité apprécie plus objectivement et cherche à distinguer l'urgence vraie de la fausse urgence.
Après avoir obtenu les renseignements permettant un  premier bilan fonctionnel et lésionnel, le médecin apprécie si l'urgence est vraie et, si oui, quel est le temps nécessaire pour être efficace. Compte tenu de ces données, il met en œuvre son intervention en fonction des risques estimés et des moyens disponibles. Selon ces critères on peut décrire :
- l'«urgence absolue» qui correspond à une situation de détresse vitale,
- l'«extrême urgence» (urgence immédiate) qui évolue très vite vers l'urgence absolue.
Les extrêmes urgences sont bien souvent intransportables.
- l'«urgence relative» qui peut attendre,
- l'«urgence potentielle» qui nécessite seulement une surveillance attentive.
A partir de la notion de transportabilité, certains auteurs subdivisent l'urgence relative en :
- «première urgence», état grave mais ventilation spontanée efficace, patient à transporter couché,
- «deuxième urgence», conscience conservée, hémorragies arrêtées, patient à transporter couché,
- «troisième urgence», éclopés, blessures minimes, patient pouvant être transporté assis.
Mais d'autres classifications sont encore utilisées par les organismes civils ou militaires chargés des secours : les militaires, par exemple, regroupent les extrêmes urgences et les premières urgences, sous le terme d'urgence absolue.
Toutes ces classifications permettent aux organismes responsables de préciser leur tactique pour la mise en œuvre des secours. Mais les réalités médicales rentrent mal dans un cadre aussi formel et les études épidémiologiques permettent de mieux cerner les choses en fonction de la nature des affections. Elles ont conduit à instituer des services de soins intensifs et de structures d'accueil des urgences dans les hôpitaux ainsi que des SMUR pour intervenir lors des urgences extrahospitalières. Ces services se sont équipés d'appareillages spécialisés (défibrillateurs cardiaques portables, respirateurs mécaniques autonomes, matelas coquille, pantalon anti-G, etc.) et ils ont été conduit à former des secouristes spécialisés (« paramedics» aux É.U., équipes spécialisées de pompiers en France).
2) Par ellipse et au pluriel, service d'accueil des urgences.
3) En procédure civile ou administrative la notion d’urgence sévit également.
80% des missions d’expertise judiciaire en responsabilité médicale le sont par une procédure d’urgence appelée procédure de référé, avant dire droit, c'est-à-dire avant que l’affaire ne soit portée en jugement au fond devant un tribunal. Dans 80% des cas de référés en médecine les parties s’accordent sur le rapport de l’expert et règlent le litige par une transaction.

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

→ défibrillateur, détresse, matelas à dépression, pantalon anti-G, SAMU, SMUR, urgence (épidémiologie de l'), urgences (service d'accueil des), urgent

urgence (deuxième) l.f.

second degree emergency ('expression inusitée en anglais)

Blessé dont la conscience est conservée, et dont les hémorragies sont arrêtées.
Il doit être transporté couché.

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

→ urgence

urgence (fausse) l.f.

false emergency

Situation considérée comme urgente par les appelants mais qui ne l'est pas en réalité.

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

→ urgence

urgence (première) l.f.

first degree emergency (expression inusitée en anglais)

Situation d'un blessé grave mais dont la ventilation spontanée est efficace et dont la conscience subsiste plus ou moins (au contraire un patient présentant une extrême urgence est souvent très dyspnéique voire au bord de l'asphyxie).

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

→ urgence

urgence (troisième) l.f.

third degree emergency (mais l'expression n'est pas usitée en anglais)

Éclopé dont les blessures sont minimes et qui peut être transporté assis.

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

→ urgence

urgence absolue l.f.

EU, urgent hard

Situations d'un patient évoluant spontanément vers de très graves complications, voire la mort, s'il n'est pas traité au plus vite.
Une urgence absolue (détresse vitale) n'est transportable en principe qu'après mise en conditions avec des soins de réanimation.
Les militaires regroupent les extrêmes urgences et les premières urgences, sous le terme d'urgence absolue.

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

→ détresse, urgence

urgence extrême l.f. 

E I, immediate emergency

Situation qui évolue très vite vers l'urgence absolue.

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

→ urgence

urgence hypertensive l.f.

- des signes d'insuffisance cardiaque gauche ;

La crise est favorisée par l'arrêt intempestif d'un traitement antihypertenseur et par l'alcoolisme. Elle est souvent déclenchée par l'effort physique et les émotions. Les crises apparaissent au cours de toutes formes d'hypertension. Le traitement entrepris sans délai a pour but de faire régresser les symptômes, d'abaisser la pression diastolique au-dessous de 100 mm de Hg et de maintenir une diurèse horaire supérieure à 20 mL. Il associe inhibiteurs calciques et diurétiques et doit être précoce pour obtenir un résultat : le pronostic cardiovasculaire et cérébral immédiat dépend de la précocité du traitement, le pronostic à long terme dépend en grande partie de la fonction rénale et de la maladie causale éventuelle et de l'observance d'un traitement efficace.

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

→ urgence

urgence immédiate l.f.

immediate emergency

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

→ urgence (extrême)

urgence médicale (stades de gravité de l') l.m.

medical emergency severity scale

L'un des quatre stades de gravité de l'état d'un patient permettant de faire un diagnostic sur le degré d'urgence d'une intervention médicale.
I) Période de latence ou urgence potentielle où il y a peu de signes attirant l'attention.
II) Apparition de signes cliniques, la douleur est souvent un signe d'alerte, on peut alors faire une approche diagnostique qui permet d'estimer un délai maximum tolérable avant d'entreprendre les soins.
III) Signes nets, la douleur est en général très présente, c'est souvent elle qui incite à donner l'alerte.
IV) Phase terminale de détresse, la douleur peut être très atténuée, mais si l'on ne fait pas les soins efficaces extrêmement rapidement (ex. 3 minutes pour un arrêt cardiocirculatoire), la mort (ou la perte de l'organe - ex. l'œil) est inéluctable.

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

→ urgence, urgence ressentie

urgence potentielle l.f.

possible emergency

Situation d'un patient qui ne nécessite qu'une surveillance attentive mais la situation peut se dégrader de façon imprévisible.

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

→ urgence

urgence psychiatrique l.f.

acute psychiatric emergency

État critique, souvent dangereux, secondaire à une affection psychiatrique ou, chez l'enfant et l'adolescent plus souvent, à une situation de conflit, de tensions internes, de détresse, d'origines extrêmement variées.
Il peut s'agir, par exemple :
- d'un état confusodélirant aigu (certaines ivresses alcooliques, notamment), dont une cause organique éventuelle devra être recherchée ;
- d'un état second chez un schizophrène ou un délirant chronique connu ;
- d'une décompensation émotionnelle (crise névropathique, comportement suicidaire, associé à un état dépressif dans un tiers des cas environ) ;
- de phénomènes de manque chez un toxicomane.
En l'état actuel, les sujets en urgence psychiatrique sont habituellement admis à l'hôpital général où ils comptent pour 10 à 30% des urgences. Mais 30% de ces sujets ne sont pas hospitalisés. En fait une intervention brève de quelques heures est souvent suffisante : écoute du patient, contact avec les proches, évaluation et dédramatisation de la situation, prescription de médicaments anxiolytiques et sédatifs, etc.
Les progrès accomplis en matière de prise en charge de la violence, d'organisation et de coordination des structures spécialisées d'accueil en urgence doivent se poursuivre. Il s'agit notamment des centres de crise. On prévoit également la mise en place d'équipes de secteur dans le cadre de l'urgence générale, après passation de conventions entre les centres hospitaliers spécialisés et généraux.
L'association entre somaticiens et psychiatres dans cette prise en charge des soins doit aussi permettre d'éviter une «psychiatrisation» excessive des problèmes sociaux, notamment de ceux des «exclus».

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

→ urgence

urgence relative :

E D, delayed emergency

Situation d'un patient dont le traitement peut attendre.

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

→ urgence

urgence ressentie l.f.

felt emergency

Urgence dépendant surtout de la douleur perçue par le patient ou estimée par son entourage.
Mais la douleur n'est pas un critère très fidèle : elle conduit souvent à surestimer la situation, à l'inverse la douleur peut parfois être minimisée par le patient ou même négligée par l'entourage alors que la situation est sérieuse.

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

→ urgence.

urgence vraie l.f.

true emergency

Urgence reconnue comme telle par une autorité compétente et confirmée ultérieurement lors de la discussion de l'observation médicale.
L'analyse des circonstances matérielles initiales comme la description des délais et conditions de transport du patient ne doit pas être négligée : l'observation médicale ne doit pas débuter aux constatations faites à l'entrée dans le service d'hospitalisation. De même elle ne doit pas s'arrêter à la sortie du service : l'évolution au cours de la convalescence et la description des séquelles éventuelles ou, en cas d'échec, les constatations nécropsiques doivent être rapportées. Faute de ces éléments il peut être impossible de juger de la validité de la décision prise (et de la qualité des décideurs successifs) pour admettre qu'il s'agissait d'une urgence vraie et en conséquence pour apprécier les choix qui ont été faits pour orienter le patient.

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

→ urgence

urgences (service d'accueil des) l.m.

emergency department

→ urgence

urgent n.m.

urgent

Qualifie ce dont on devrait s'occuper sans délai.
Le pronom indéfini «on» et le mode conditionnel employé dans cette définition correspondent à l'imprécision du mot «urgent».

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

→ urgence

urgenturie est n.f.

Néologisme créé par la Société francophone d'urodynamique pour remplacer la locution "impériosités mictionnelles".
C'est la traduction du terme anglais "urgency" de  l'International continence society. Il a été adopté à la suite d’un article de nomenclature sur la miction paru dans la revue "Progrès en Urologie" en décembre 2004. Il est utilisé par les spécialistes d’urologie, gynécologie, gastro-entérologie, neurologie et rééducation.

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