Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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tréponématose n.f.

treponematosis

Maladie infectieuse due à des bactéries du genre Treponema (ordre des Spirochaetales, famille des Treponemataceae).
Il en existe deux  groupes : la tréponématose vénérienne, ou syphilis, et les tréponématoses endémiques, ou non vénériennes : pian, pinta et béjel.

→ syphilis, pian, pinta, bejel

tréponème pâle l.m.

→ Treponema pallidum

trétinoïne
n.f.

Syn. acide tout-trans-rétinoïque

→ acide tout-trans-rétinoïque

[F1]

Édit. 2018

trétinoïne n.f.

tretinoin

Principal métabolite cutané de la vitamine A et un des premiers rétinoïdes synthétisés agissant principalement sur le contrôle de la prolifération et de la différenciation des cellules épithéliales.
Utilisé par voie locale, ses principales indications thérapeutiques sont : l'acné, le vieillissement cutané photo-induit et les troubles pigmentaires. Ses effets secondaires sont principalement des phénomènes irritatifs locaux.

Syn. acide de la vitamine A, "vitamine A acide", acide tout-transrétinoïque

→ isotrétinoïne

TRF sigle angl. m. pour Thyreostimulin Releasing Factor.

Syn. TRH, thyrotropine releasing hormone

→ thyréolibérine

TRH sigle angl. f. pour Thyreotropin Releasing Hormone

Polypeptide hypothalamique qui induit la sécrétion par l'antéhypophyse de la thyréostimuline, ou TSH, et de la prolactine.
Le test à la TRH permet de révéler une production anormalement élevée de prolactine alors que les taux sériques sont normaux, chez des femmes stériles ou en aménorrhée.

tri préalable des appels d'urgence l.m.

triage of emergency calls

Tri des appels d'urgence par l'octroi de numéros gratuits d'urgence spécialisés à la police, aux pompiers et au SAMU permettant d'orienter rapidement les interventions des secours.
Le téléphone est le véhicule privilégié de l'alerte, mais si l'appel téléphonique n'arrive au service de secours qu'après retransmission par un ou plusieurs intermédiaires l'information est retardée et appauvrie : il en résulte un retard des soins qui peut avoir des conséquences graves en cas de détresse vitale.  Pour éviter cet inconvénient les Russes ont instauré, dès 1903, le tri préalable des appels d'urgence en donnant les numéros d'appel direct distincts pour : 1, la police, 2, les pompiers et 3, les appels aux médecins.
Ce système existe toujours en Russie (les numéros sont maintenant à trois chiffres 101, etc., pour éliminer les fausses manœuvres) où il a donné lieu à la mise en place de stations médicales dotées d'ambulances dès le début du siècle. En France il est à l'origine des trois numéros d'appel d'urgence gratuits, 18, pompiers, 17, police et 15, ce dernier est servi (sous confidentialité médicale) par le SAMU devenu «Centre 15».
Après la 2e Guerre Mondiale, la Suède a mis en place un système d'appel téléphonique d'urgence unique (numéro 119), ce qui est une régression par rapport au système russe. Cette mauvaise solution a été adoptée par une Directive Européenne.
En effet, l'appelant sait très bien s'il recherche un secours de police, de l'aide pour un incendie ou des soins médicaux en urgence : son tri préalable fait gagner un temps précieux, car un central 119 unique implique un délai d'1 à 5 minutes pour diriger l'appel sur le service compétent. Ce retard a des conséquences graves en cas de détresse vitale : il implique qu'aucun arrêt cardiaque ne puisse être traité par un tel service d'urgence.
De toute façon tout maillon intermédiaire de transmission de l'alerte entraine un affaiblissement de l'information et des frais supplémentaires inutiles car un central 119 ne supprime pas ceux de la police, des pompiers ni du SAMU, et il ne sert pas à grand-chose.

→ appel unique dans l'Union Européenne

triacyl-glycérol n.m.

triacylglycerol

→ triglycéride

triade n.f.

triad

Ensemble de trois cellules résultant d'une méiose anormale qui aurait dû produire une tétrade.

→ diade, monade, trilogie

triade de Carney l.f.

Carney’s triade

Triade tumorale exceptionnelle réunissant un chémodectome du médiastin, un chondrome du poumon et un léiomyome de l’œsophage.

J. A. Carney, anatomopathologiste  américain (1977)

[F2]

triade de Hautant l.f.

Hautant’s set of three

Association de dysphagie douloureuse, emphysème cervical et fièvre qui signe la perforation œsophagienne.

A. Hautant, otorhinolaryngologiste français, membre de l’Académie de médecine (1877-1947)

→ perforation de l'ɶsophage

[L1]

Édit. 2015

triade de Meltzer l.f.

Meltzer's triad

Association d'un purpura palpable, d'un état de fatigue et d'arthralgies,communément rencontrée dans les cryoglobulinémies mixtes

M. Meltzer, rhumatologue américain (1966)

→ cryoglobulinémie, purpura

[F1, I1, J1]

Édit. 2021

triade de près l.f.

near triad

Réponse déclenchée quand le sujet passe de la fixation de loin à celle de près. Il y a convergence, accommodation (augmentation de la puissance dioptrique du cristallin) et myosis (contraction du sphincter irien).
La régulation de cette triade de près a donné lieu à de nombreux travaux de physiologie. Cette régulation fait intervenir deux systèmes : le système accommodatif dont dépend l'accommodation, et le système des vergences dont dépend la convergence. Plusieurs théories ont été proposées pour expliquer la connexion entre les deux systèmes : les théories de la simple interaction comprenant la théorie de Maddox-Alpern où la convergence accommodative est déclenchée par le système accommodatif
- la théorie de Fincham où, au contraire, l'accommodation (dite alors vergentielle) est déclenchée par le système des vergences.
Semmlow, Schor ont décrit la théorie de la double interaction dans laquelle le système des vergences, donc la convergence, est activé par le système accommodatif - donnée classique -, mais où inversement le système accommodatif est également activé par le système des vergences. Le gain des deux systèmes s'équilibre pour maintenir la binocularité. Cette théorie de la double interaction permet d'expliquer beaucoup mieux certaines constatations cliniques, notamment l'excellente binocularité de la plupart des hypermétropes sans lunettes et des presbytes même avec leurs verres de près.

E. E. Maddox, ophtalmologiste britannique (1886) ; M. Alpern, ophtalmologiste américain (1969) ; E. F. Fincham, ophtalmologiste britannique (1957) ; J. Semmlow, ingénieur américain (1983), C. M. Schor, ophtalmologiste américain (1985)

triade de Villaret l.m*.

Villaret’s set of three

Cette triade associe des urines « noires » ou ayant une forte tendance à foncer, un œil de verre et une hépatomégalie. Elle est le témoin d’une atteinte métastatique d’un mélaome oculaier.

F. Villaret, neurologiste français, membre de l'Académie de médecine (1917)

→ Villaret (triade de)

triade de Virchow l.f.

Virchow’s triad

Association des trois éléments qui expliquent la thrombose : une lésion pariétale, un facteur rhéologique de stase veineuse et un facteur hémostasique d'hypercoagulabilité.

R. Virchow anatomopathologiste allemand (1856)

triade malheureuse l.f.

→ triade traumatique du genon

triade symptomatique de Charcot l.f.

Charcot’s symptomatic triad

1) Triade spécifique de l’angiocholite lithiasique.
Succession pendant une courte période d’une douleur biliaire (colique hépatique), de fièvre pseudo palustre et d’ictère.
2) Triade de signes évocateurs de sclérose en plaque :
nystagmus, tremblement intentionnel, parole saccadée.

J-M. Charcot, neurologue français, membre de l'Académie de médecine (1825-1893)

[L1,H1]

triade traumatique du genou l.f.

Lésion traumatique du genou associant la rupture d'un ligament collatéral, d'un ligament croisé, du ligament oblique postérieur et du ménisque correspondant au côté du ligament collatéral lésé.
La combinaison de ces lésions permet d'en décrire 4 types:
1° deux triades antéromédiale et antérolatérale intéressant le ligament croisé antérieur et le ligament collatéral médial ou latéral.
2° deux triades postéromédiale et latérale intéressant le ligament croisé postérieur et le ligament collatéral médial ou latéral.

Don H. O'Donnoghue, chirurgien orthopédiste américain, sous le nom de "triade malheureuse" (1964)

triage n.m.

triage

En cas d'afflux effectif ou prévisible d'un grand nombre de blessés, d'intoxiqués ou de malades, action consistant à choisir ceux qui sont le plus gravement atteints et dont un traitement aussi rapide que possible devrait permettre une évolution favorable, tandis que les autres sont répartis selon leur état dans diverses formations moins bien équipées.
Le triage se fait, si possible sur place au poste médical avancé et par un médecin compétent, afin de :
1) mettre en condition de survie avant de transporter les victimes les plus gravement atteintes;
2) choisir les vecteurs d'évacuation, dans la mesure des disponibilités ;
3) orienter les victimes vers le lieu de traitement le plus favorable, compte tenu des circonstances (éviter la saturation des hôpitaux).
Le triage distingue les urgences absolues (à opérer ou à traiter très rapidement), les urgences relatives (susceptibles de supporter un certain délai d'intervention), les éclopés (qui ne demandent que des soins minimes et peuvent être hébergés hors des hôpitaux, si besoin) et les morts ou urgences dépassées (morituri), cas gravissimes qui ne doivent raisonablement pas prendre la place d'autres victimes quand les ressources médicales ou chirurgicales sont limitées. Il faut aussi distinguer les urgences potentielles (il faut surveiller de très près les urgences différées) en fonction des possibilités chirurgicales du moment.
Le triage est un acte médical lié aux conditions logistiques : il débutera à l'avant, près de la zone de contact, et sera affiné au fur et à mesure de l'évacuation jusqu'au centre définitf. C'est un acte dynamique dont la nécessité peut disparaitre lorsque cesse l'afflux des victimes et dont les décisions peuvent être remises en question à chaque échelon de la chaine d'évacuation. Cette notion est essentielle pour suivre l'évolution de l'état du patient, elle doit inciter les sauveteurs et les médecins à une remise en question permanente des évaluations et des pronostics. C'est un acte diagnostique qui tient compte de l'agression subie, de la localisation des atteintes et de leurs conséquences sur les fonctions vitales. C'est un acte thérapeutique car il comporte obligatoirement, la mise en conditions de survie par les gestes de réanimation d'extrême urgence et la mise en condition d'évacuation. C'est un acte logistique qui induit l'évacuation vers l'arrière en réglant les délais et les modalités de transport en fonction des délais possibles qui dépendent des impératifs de temps, d'espace et des moyens de communication. disponibles.
Le triage est tributaire des impératifs de temps et de distances à parcourir (voie routière ou  voie aérienne). Des moyens de télécommunications doivent permettre au centre de tri d'obtenir et de transmettre les informations qui sont indispensables.

Étym. du vieux français : trier, probablement du bas lat. trito, broyer (le blé), séparer le son de la farine

→ poste médical avancé, urgence

triamtérène n.m.

Diurétique natriurétique, antikaliurétique, antagoniste physiologique de l’aldostérone, inhibiteur de l’acidification urinaire agissant au niveau du segment collecteur et distal du néphron.
Le blocage des canaux sodiques situés dans la membrane apicale des cellules épithéliales entraîne une hyperpolarisation électrique de la membrane apicale et donc une réduction de l’électronégativité luminale. Cet effet a pour conséquence une diminution de la sécrétion de K+ résultant du gradient électrochimique favorable à la diffusion de cet ion.
Cette activité est semblable à celle de l’amiloride.

→ aldostérone, amilloride, canal sodique épithélial

triangle anovaginal l.m.

ano-vaginal triangle

Espace triangulaire situé au niveau du périnée postérieur, s'enfonçant en coin au niveau des plans superficiels et profonds et délimité par l'obliquité du vagin en avant et du canal anal en arrière au-dessous du cap anal.
C’est le siège du centre tendineux du périnée.

triangle carotidien l.m.

trigonum caroticum (TA)

carotid triangle

Espace triangulaire délimité en avant par la ligne médiane du cou, en arrière par le muscle sterno-cléïdo-mastoïdien et en haut par le chef supérieur du muscle omo-hyoïdien.
Son plancher est constitué par les muscles sterno-hyoïdien et sterno-thyroïdien. Sa partie postérieure est occupée par l’artère carotide commune et par la veine jugulaire interne.

Syn. anc. triangle carotidien inférieur

triangle carotidien inférieur l.m.

→ triangle carotidien

triangle carotidien supérieur l.m.

Espace triangulaire compris entre les muscles sterno-cléïdo-mastoïdien, omo-hyoïdien et digastrique.
Il contient la bifurcation de l’artère carotide commune.

J. Malgaigne, chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1806-1865)

Syn. fosse de Malgaigne, triangle de Malgaigne, trigone carotidien

triangle clavi-pectoral l.m.

trigonum clavipectorale, trigonum deltopectorale (TA)

clavipectoral triangle, deltopectoral triangle

Espace triangulaire formé par l’élargissement du sillon delto-pectoral à sa partie supérieure subclaviculaire.
Il est parcouru de bas en haut par la terminaison intra ou subfasciale de la veine céphalique avant qu’elle ne décrive sa crosse sous la clavicule. Il contient quelques lymphatiques et, inconstamment, des nœuds lymphatiques (Aubry-Morestin).

M. Aubry, oto-rhino laryngologiste français, membre de l'Académie de médecine (1899-1980); H. Morestin, chirurgien français (1869-1919), J. von Mohrenheim, Freiherr, chirurgien autrichien (1749-1799)

Syn. anc. espace delto-pectoral, fossette de Mohrenheim, fossette sous claviculaire

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