toxicogénomique n.f.
Fusion des disciplines de la génomique et de la toxicologie visant à répertorier, à classifier et à gérer les effets nuisibles latents et initiaux sur la structure du génome et des niveaux d'expression (ARN, protéine, types de cellule, de tissus ou d'organe) comme conséquence de l'exposition d'un organisme à des substances environnementales 1.
Le principe consiste à évaluer les modifications du génome de cellules en cultures soumises à l'action d'une substance dangereuse. La toxicogénomique permet de visualiser les variations des gènes codant pour des protéines intervenant dans diverses fonctions de l'organisme. De ce fait, elle révèle la réactivité des cellules après un contact direct avec une substance. Cette méthode est donc très prometteuse et elle est d'ores et déjà appliquée, en particulier à des études dites de « screening »2 qui permettent de trier, parmi de nombreuses molécules, celles qui provoquent plus ou moins de réponse de la part des cellules. La toxicogénomique utilise les technologies "omiques" telles que l'expression d'ARNm à l'échelle génomique (transcriptomique), l'expression des protéines dans les tissus et les cellules (protéomique), et les profils métaboliques (métabolomique), en combinaison avec les outils bioinformatiques et la toxicologie conventionnelle.
Elle constitue de ce fait une alternative intéressante et possible à certaines expérimentations utilisant des modèles animaux. Des études sont poursuivies dans ce sens et leurs résultats sont analysés afin de définir quelle place cette méthodologie peut occuper dans l'évaluation des substances chimiques, en particulier dans le cadre du règlement REACH 3 pour lequel la préoccupation de la diminution du nombre d'animaux utilisés à des fins d'études est une priorité. Cependant, du fait de la complexité et des particularités de l'espèce humaine, aucun modèle in vivo et in vitro ne peut prétendre encore aujourd'hui être un reflet exact et complet de sa réactivité et permettre ainsi une extrapolation totale. Les phénomènes complexes de réactivité et de métabolisme se produisant au sein d'un organisme entier doivent aussi être considérés. La toxicogénomique a sans doute une place dans la caractérisation des propriétés toxiques d'une substance chimique qu'il convient de lui attribuer en fonction du niveau de pertinence des informations qu'elle procure. Pour ce faire, les études sont actuellement en cours et suivies avec toute l'attention qu'elles méritent. Les apports possibles de la toxicogénomique à l'évaluation du potentiel toxique des substances chimiques présentes dans l'environnement ont largement été évoqués au cours des réunions du Grenelle de l'environnement 4.
3 - REACH (« Registration, Evaluation and Authorisation of Chemicals » - en français "Enregistrement, évaluation et autorisation des produits chimiques") est un règlement européen (règlement n°1907/2006) entré en vigueur le 1er juin 2007 pour sécuriser la fabrication et l’utilisation des substances chimiques dans l’industrie européenne. Il s’agit de recenser, d’évaluer et de contrôler les substances chimiques fabriquées, importées, mises sur le marché européen. D’ici 2018, plus de 30 000 substances chimiques seront connues et leurs risques potentiels établis ; l’Europe disposera ainsi des moyens juridiques et techniques pour garantir à tous un haut niveau de protection contre les risques liés aux substances chimiques. Il a pour buts de protéger la santé humaine et l’environnement face aux risques potentiels des substances chimiques, d’Instaurer une information complète et transparente sur la nature et les risques des substances, du fournisseur au client final, de sécuriser la manipulation des substances chimiques par les salariés dans l’entreprise en imposant le respect de normes de sécurité et de renforcer la compétitivité de l’industrie, en particulier l’industrie chimique européenne, secteur clé de l’économie en Europe.
4 - Réponse du Ministère de la santé, de la jeunesse et des sports (JO Sénat du 01/11/2007 - page 1992) à la question écrite n° 00700 de Mme Marie-Thérèse Hermange, sénatrice, membre de l’Académie Nationale de Médecine (JO Sénat du 12/07/2007 - page 1248)
Étym. gr. toxicon : poison ; genesis : origine
Réf. 1 - Dictionnaire de la biotechnologie
→ génomique, toxicologie, criblage à haut débit, High Content Screening
[2,Les essais basés sur le screening moléculaire utilisent de nouvelles technologies telles que le criblage à haut débit « High,Throughput Screening (HTS) » et High Content Screening (HCS),développés initialement pour les besoins de l'industrie pharmace]
toxicologie n.f.
Discipline scientifique qui a pour objet l'étude des modalités de contamination, les mécanismes d'action et les effets néfastes d'une source toxique (molécule, radiation, nanomatériaux, etc.) sur les organismes vivants ou les systèmes biologiques exposés.
La toxicologie est à l'interface entre plusieurs disciplines : chimie, physiopathologie, pharmacologie, médecine, etc.; elle peut concerner une substance toxique ou une association comme un produit fini qui contient plusieurs constituants.
Edit. 2017
Étym. gr. toxicon : poison de flèche ; logos : discours
→ écotoxicologie, toxicité, toxine, toxique
[G4]
toxicomane n.m.
drug addict
Personne qui utilise habituellement des drogues ou des toxiques psychotropes dont elle ne peut souvent plus se passer.
→ toxicomanie, infections chez les toxicomanes, toxicomane (prise en soins au long cours d'un)
toxicomane (prise en soins au long cours d'un) l.m.
long-term therapy of a drug addict
Traitement qui vise à arrêter la consommation de toxique et aide le sujet à conquérir les moyens de vivre dans un climat psychologique satisfaisant pour lui. Le sevrage n'est pas un préalable. La stratégie doit être individuelle, adaptée à la clinique.
En fonction de la situation et de la demande du sujet, peut être examinée l'opportunité d'un traitement dit de substitution.
Que l'objectif premier soit l'abstinence ou la maintenance, une relation de confiance est indispensable, ainsi que l'appel éventuel à d'autres intervenants. Une pathologie concomitante, dépressive, p. ex., sera traitée.
Le sevrage doit être préparé. Une postcure résidentielle est souvent nécessaire pour engager une relation au long cours. Le vécu du sujet désintoxiqué est surtout celui d'une souffrance avec culpabilité et sentiment d'infériorité, de hantise de la drogue, d'un désir de normalité et de la tentation d'abandonner l'effort. Il convient également d'aider le sujet à aménager son temps.
Sous réserve d'une période d'arrêt suffisante des opiacés (sept à 10 jours), la naltrexone, antimorphinique, peut constituer une aide contre l'impulsion à la reprise.
Chez le cocaïnomane, le syndrome de manque persiste plusieurs mois et un désir impérieux de retour au toxique peut brutalement relancer le processus. Ici, il s'agit moins de traiter le sevrage immédiat que de prévenir les rechutes. Les psychothérapies, en particulier cognitivo
La prise en soins des toxicomanes est souvent aléatoire du fait de fluctuations de la demande et de rechutes. Elle implique une grande disponibilité.
toxicomanie n.f.
drug addiction
Consommation compulsive de toxiques, drogues ou mêmes des médicaments psychotropes détournés de leur indication, avec une forte pulsion à répéter cette consommation, associée ou non à un besoin physique d'éviter les symptômes du sevrage et-ou à un désir intense de retrouver des effets considérés comme agréables. Certaines de ces substances sont souvent appelées drogues illicites, mais ce terme ne convient pas en médecine car il correspond à une distinction juridique, variable selon les pays et, dans le même pays, selon les décisions successives de l'Autorité gouvernementale.
Généralement cet usage s'accompagne de phénomènes de tolérance de doses de plus en plus importantes et d'addiction, dépendance vis-à-vis du toxique dont la suppression entraîne un besoin impérieux de consommation accompagné de manifestations viscérales douloureuses (syndrome «de manque»).
Sont utilisées par les toxicomanes de nombreuses substances psychotropes : alcool, éther, substances hallucinogènes, benzodiazépines, barbituriques, amphétamines, cannabinoïdes, cocaïne, morphine et ses dérivés dont l'héroïne etc. D'une manière générale l'action psychotrope de ces substances entraîne souvent une déchéance physique et morale avec inappétence, conduisant à la dénutrition et au marasme. Elle favorise des actions irraisonnées qui peuvent engendrer des traumatismes, des contaminations sexuelles, voire des suicides.
Les effets des psychotropes dépendent évidemment de leur nature et de leurs propriétés spécifiques :
- les opiacés entraînant une dépression respiratoire, de sorte que l'administration d'une forte dose (surdose) est la cause d'arrêts respiratoires rapidement mortels ;
- l'alcool et les anesthésiques volatils (éther, trichloréthylène etc.) sont à l’origine de lésions cirrhotiques du foie ;
- la cocaïne a des effets cardiovasculaires toxiques sur le cerveau et le cœur, elle peut être la cause de malformations du fœtus in utero.
En cas d'utilisation de la voie intraveineuse, les risques de contamination bactérienne ou virale (VIH ou hépatite B) sont importants.
La toxicomanie peut s'accompagner de tolérance et de syndrome de sevrage. Cependant ces données ne suffisent pas à faire de ces personnes des toxicomanes : elles en font seulement des sujets dépendants. En effet, des malades traités par des opiacés pour une douleur peuvent développer une tolérance aux opiacés et présentent au moment de la suspension un syndrome de sevrage, sans pour autant éprouver le désir impérieux de se soumettre à l’action d’opiacés. C'est le mouvement du sujet vers le toxique qui provoque la toxicomanie. Le toxique détermine l'intoxication. La toxicomanie comporte donc la notion de perte de maîtrise de soi du sujet ce qui se traduit par la répétition de la consommation en dépit des conséquences manifestement nocives.
De façon étiologique, la toxicomanie apparaît comme le résultat de phénomènes complexes, biopsychosociaux, qui interagissent pour favoriser l'éclosion et le maintien de ce comportement.
Syn. addiction
Étym. gr. toxicon : poison pour les flèches ; mania : démence
→ addiction, alcoolisme aigu, benzodiazépine, cocaïne, drogue, marasme, morphine, surdose, toxique, assuétude, dépendance
toxicomanogène a.
inducing toxicomania
Se dit d'une substance capable d'entrainer un comportement toxicomane.
toxicopathie n.f.
toxicopathy
1. Approche des toxicomanies en tant que pathologie sociale, soulignant l'influence de la famille, des pairs, des conditions de vie et de la société en général sur leur étiologie et leur évolution.
De fait, les mutations culturelles et sociales sont associées à leur accroissement et elles sont plus fréquentes dans les classes sociales défavorisées.
On met également l'accent sur la fréquence des caractéropathies antisociales chez les toxicomanes.
2. Abord d'une pathologie psychique individuelle à la base de ces conduites. En clinique, malgré la fréquence des psychopathes et des psychotiques ou prépsychotiques, on relève un nombre important de sujets non pathologiques. Il n'y a pas de personnalité propre aux toxicomanes.
3. Ensemble des manifestations pathologiques liées à l'usage de drogues.
toxicose gravidique l.f.
toxemia of pregnancy
Syn. toxémie gravidique
toxicovigilance n. f.
toxical monitoring
toxidermie n.f.
cutaneous drug eruption, cutaneous adverse drug reaction, toxicoderma
Terme servant à désigner les effets dermatologiques secondaires à l'administration systémique d'un médicament, ce qui exclut les effets secondaires des médicaments topiques.
Les toxidermies peuvent être de nature immunologique, nécessitant l'activation du système immunitaire du malade, ou non immunologique, qu'il s'agisse d'effets prévisibles tels que surdosage, effet cumulatif ou exacerbation de la maladie ou de réactions pseudoallergiques anaphylactoïdes, ou encore de réactions imprévisibles qui faisaient parler d'intolérance ou d'idiosyncrasie.
toxidermie pigmentée l.f.
toxigène adj.
toxinogenic
Se dit d'un organisme qui peut élaborer une toxine.
→ toxine
toxigène adj.
toxinogenic
Se dit d'un organisme qui peut élaborer une toxine.
toxine n.f.
toxin
Substance protéinique d'origine biologique (animale, végétale ou microbienne), douée de toxicité pour un autre organisme.
Certaines toxines sont des holoprotéines, comme la toxine botulique, la toxine cholérique ou la toxine diphtérique. D'autres sont des hétéroprotéines plus ou moins complexes, comme certaines endotoxines bactériennes.
P. ex., la toxine cholérique est constituée de 4 chaînes peptidiques, dont l'une (chaîne B) se fixe sur un récepteur membranaire de type gangliosidique, permettant à l'autre chaîne (chaîne A) de pénétrer dans la cellule cible et d'y déclencher, par une action enzymatique (d'ADP-ribosylation), une activité des protéines G.
toxine botulique l.f.
botulic toxin
Neurotoxine sécrétée par Clostridium botulinum, qui contamine certains aliments mal stérilisés, responsable de troubles digestifs et nerveux et de paralysies généralisées.
Son effet résulte du blocage de la libération d’acétylcholine contenue dans la terminaison présynaptique au niveau de la plaque motrice, ce qui entraîne une paralysie plus ou moins importante qui est transitoire du fait de la régénération de jonctions neuromusculaires fonctionnelles.
Son utilisation en thérapeutique puis en cosmétologie s’est considérablement amplifiée depuis que l’ophtalmologiste Alan Scott a montré que, par voie intramusculaire, elle permettait de paralyser le muscle hyperréactif responsable du strabisme de l’enfant, cette action résultant de l’abolition d’une contraction musculaire anormale par provocation d’une paralysie partielle sur un muscle cible. Produite à partir de souches de C. botulinum incubées en stricte anaérobiose, elle est en effet indiquée par voie intramusculaire dans la correction des troubles de l’oculomotricité (blépharospasme, strabisme), du spasme hémifacial, du torticolis spasmodique, de la déformation dynamique du pied en équin chez l’enfant et de différents syndromes dystoniques focaux des membres ou ORL.
La toxine botulique possède aussi d'autres indications neurologiques, en particulier dans le traitement de la migraine voire de l’incontinence urinaire. Plusieurs essais cliniques randomisés ont mis en évidence son efficacité dans les douleurs neuropathiques périphériques. Elle a également prouvé son action sur l’hyperhidrose axillaire et palmaire.Par ailleurs, son utilisation dans le domaine esthétique s’est considérablement développée : correction temporaire des rides du front, surtout verticales intersourcilières, de la patte d’oie, des sillons naso-géniens, du cou…
Le traitement est ambulatoire, en tout cas réservé à des spécialistes formés à la technique. L'effet thérapeutique débute 48 heures après l'injection et dure trois à quatre mois, voire davantage.
A. B. Scott, ophtalmologiste américain (1973 et 1980)
Étym. lat. botulus : boudin
Syn. botuline
[C1, J1, H1, P2, G4]
Édit. 2020
toxine botulique en thérapeutique l.f.
botulinum toxin treatment
[C1, D1, G5]
Édit. 2020
toxine cholérique l.f.
cholera toxin
Entérotoxine sécrétée par le vibrion cholérique.
Elle est constituée de plusieurs protéines, dont l'une sert à fixer la toxine sur le récepteur membranaire de l'entérocyte (qui comporte un ganglioside) et dont l'autre, qui pénètre dans la cellule est une NAD-ADP-ribosyl-transférase (Nicotinamide-Adénine Dinucléotide-Adénoside DiPhosphate) transférant un ADP-ribose sur une protéine G ; elle est responsable de l'activation d'une adénylcyclase NAD-dépendante. L'AMP cyclique entraine une élimination d'eau et de sodium, qui aboutit à une diarrhée profuse et une déshydratation de l'organisme.
→ ADP-ribosylation, protéine G, choléra
toxine diphtérique l.f.
diphteria toxin
Exotoxine produite par Corynebacterium diphteriae, de poids moléculaire égal à 62 000, sécrétée par les bactéries et qui passe donc dans la circulation.
Elle provoque chez l'homme des neuropathies et des myocardites. Son mode d’action consiste en une activité enzymatique d'ADP-ribosyl-transférase induisant l'inhibition par ADP-ribosylation d'un facteur EF-2 (facteur d'élongation de la synthèse de protéines) au niveau d'un résidu diphtamide.
→ ADP-ribosylation, diphtamide
toxine érythrogène l.f.
erythrogen toxin
Exotoxine sécrétée par certaines souches de Streptococcus pyogenes, lors d’une angine et responsable de l’éruption de la scarlatine.
On en distingue trois sous-types antigéniques : A, B, C (ou exotoxines pyrogènes streptococciques SpeA, SpeB ou SpeC). Les toxines A et C ont en plus des propriétés de super antigènes en déclenchant une stimulation polyclonale des lymphocytes T qui libèrent des cytokines ou d'autres médiateurs de l'inflammation ; elles sont à l’origine du syndrome de choc toxique streptococcique.
G.F. Dick, bactériologiste américain (1914)
Syn. toxine de Dick
→ scarlatine, toxines streptococciques
toxine T2 n.f.
Mycotoxine produite par des moisissures du genre Fusarium qui peut être abondante dans diverses céréales (blé, maïs, orge).
Elle possède une action tératogène, carcinogène et immunosuppressive.
→ fusarium
toxine tétanique l.f.
tetanic toxin
Neurotoxine holoprotéinique sécrétée par Clostridium tetani, ayant pénétré dans l'organisme par une plaie même minime.
Son activité entraîne des paralysies avec contractures toniques douloureuses, débutant souvent par les muscles masticateurs, puis la nuque, le tronc, les membres et les muscles respiratoires.
Syn. tétanospasmine
→ tétanos
toxines streptococciques l.f.p.
- diffusibles comme la streptolysine O, la hyaluronidase, la streptokinase et la streptodornase,
- trois toxines érythrogènes A, B, C (ou exotoxines pyrogènes streptococciques SpeA, SpeB ou SpeC), inconstamment produites par ces streptocoques, qui sont à l’origine de l’éruption de la scarlatine.
Les toxines A et C ont en plus des propriétés de super antigènes en déclenchant une stimulation polyclonale des lymphocytes T qui libèrent des cytokines ou d'autres médiateurs de l'inflammation ; elles sont à l’origine du syndrome de choc toxique streptococcique
toxinotypie n.f.
toxin typing
Détermination du type de toxine dans une infection spécifique (botulisme p. ex.) par inoculation à des animaux de laboratoire en présence des sérums antitoxiques de chaque type.
→ toxine
toxique adj. et n.m.
toxic
Qui agit comme un poison.
Les toxiques sont caractérisés par les effets qu'ils produisent sur les différents organes et fonctions de l'organisme. Cette action est fonction de la dose : l'effet toxique ne se manifeste que si la dose a été suffisante : «c'est la dose qui fait le toxique» (Paracelse, 1493-1541). Il existe toujours une dose limite au-dessous de laquelle le poison ne produit pas d'effet et il existe aussi une dose létale. L'essai toxicologique d'une substance se fait en laboratoire sur des animaux (souris, rats, lapins et animaux sélectionnés comme référence d'écotoxicologie).
La courbe de mortalité d'un lot d'animaux en fonction de la dose de toxique est une sigmoïde logarithmiconormale que l'anamorphose de Henry (Log-Probit) transforme en droite ce qui permet de déterminer graphiquement la dose létale moyenne, DL50, et l'écart type , correspondant au lot d'animaux utilisés.
On en tire immédiatement l'intervalle de confiance du résultat (± 2 sur le graphique ci-contre, soit une probabilité de 2,5 à 97,5%). Quant à la dose limite, le graphique montre qu'on ne peut la déterminer qu'en faisant l'hypothèse d'un risque acceptable : si l'on prend, p. ex., un risque de mortalité de 1%, la droite d'anamorphose du graphique devrait être prolongée et pour un risque de 1/10 000, il faudrait largement dépasser vers le bas le cadre de la feuille. La limite de tolérance est beaucoup plus difficile à déterminer que la dose létale car on doit choisir un critère moins bien défini que celui de la mort. Seule l'observation sur l'homme permet de déterminer cette limite, avec l'arbitraire du choix des symptômes pris en compte (subjectifs ou biologiques) et du niveau de risque considéré comme acceptable.
P.T. Bombast von Hohenheim dit Paracelse, alchimiste, astrologue et médecin suisse (1493-1541)
Étym. gr. toxikos : qui convient pour les flèches des arcs (toxon : arc), c'est-à-dire du poison pour les flèches
toxiques industriels (neuropathies des) l.f.p.
neuropathies with industrial toxicants
Accidents neurologiques variés, qui doivent être bien connus en milieux de travail.
Seront cités en particulier : les triorthocrésylphosphates et les organophosphorés, à l'origine de neuropathies motrices prédominantes, simulant parfois une sclérose latérale amyotrophique ; les substances adhésives (collage des cuirs), qui entraînent des paresthésies, des myalgies et des troubles moteurs dus à des lésions axonomyéliniques ; parmi les solvants, l'acrylamide, responsable de neuropathies vasomotrices avec ataxie, acro-ostéolyse. Un cas particulier est celui des neuropathies axonales géantes par hexacarbones, notamment les toxicomanies à la colle. Sont enfin en cause le tricitrotoluène, le sulfure de carbone et les neuropathies aux nitrites récemment décrites.