Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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intégrase n.f.

integrase

Enzyme présent dans un rétrovirus, ayant une activité d'endonucléase, capable de cliver l'ADN de la cellule hôte et permettant l'intégration de l'ADN biosynthétisé par la rétrotranscriptase, constituant le provirus dans la chaine de l'ADN cellulaire.
L'intégrase du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) a une masse moléculaire de 32 kDa.

interactome n.m.

Ensemble des interactions (le plus souvent entre protéines) qui se produisent dans une cellule, un tissu ou un organisme.

interactomique

[C1]

Édit. 2018

interférence n.f.

interference

1) En génétique, propriété d'un enjambement chromosomique de modifier la probabilité d'apparition d'autres enjambements en son voisinage.
On peut la qualifier de cytologique ou de génétique selon qu'on l'évalue par la distribution des chiasmas sur un bivalent ou par la ségrégation dans une descendance.
2) En cardiologie, évènement se produisant lorsqu’une onde d’activation atteint une zone myocardique rendue inexcitable par un stimulus venant d’un autre centre d’automatisme.
La seconde onde d’excitation est bloquée par l’état réfractaire des voies de conduction stimulées par la première.
3) En virologie, inhibition de la réplication d'un virus par un autre virus présent dans la cellule-hôte.

taux de recombinaison

internalisation n.f.

internalization

Processus par lequel un composé est introduit dans une cellule à partir du milieu extracellulaire.
Ce peut être par phagocytose, par pinocytose, par l’effet d’un canal transmembranaire ou par toute autre réaction membranaire.

phagocytose, pinocytose

internaliser v. tr.

internalize (to)

Faire pénétrer une substance à l'intérieur d'une cellule à partir du milieu extracellulaire.

interphase n.f.

interphase, resting stage

Phase du cycle cellulaire au cours de laquelle la cellule n'effectue que des biosynthèses et ne présente donc aucune figure de division, si ce n'est, en fin d'interphase, la préparation de cette division par duplication de l'ADN.

interposition mésangiale l.f.

mesangial interposition

Glissement du mésangium entre membrane basale glomérulaire et cellule endothéliale, à l’origine de l’aspect en double contour de la membrane basale glomérulaire, dans la glomérulonéphrite membranoproliférative de type I.

mésangium glomérulaire, glomérulonéphrite membrano proliférative

ionotrope adj.

ionotropic

Qui engendre un flux ionique transmembranaire.
L’adjectif ionotrope qualifie une classe de récepteurs membranaires contenant un canal ionique qui s’ouvre lorsque le récepteur a fixé son ligand, permettant l’entrée massive d’ions dans la cellule.

Syn. ionotropique

canal ionique

[C3]

Édit. 2017

jonction cellulaire l.f.

cellular junction

Structure spécialisée de la membrane plasmique des cellules épithéliales, des cellules des muscles cardiaques et viscéraux, permettant de réaliser une couche continue et cohésive.
Elle est dite serrée, adhérente ou communicante. Serrée ou occlusive ou zonula occludens ; elle se présente au pôle apical des cellules épithéliales sous forme de zones exigües où les feuillets externes des membranes plasmiques de deux cellules adjacentes fusionnent ; entre ces zones, les membranes restent séparées ; il se constitue ainsi un anneau continu d’une cellule à l’autre, séparant l’espace intercellulaire de la lumière. Adhérente ou zonula adherens, elle correspond à une divergence des membranes plasmiques de deux cellules voisines sans structure visible entre elles ; du coté cytoplasmique, se constate un fin réseau de matériel filamenteux qui s’insère sur le plateau terminal du cytosquelette situé sous la surface cellulaire. Elle est communicante quand une zone de contact entre les membranes de deux cellules voisines comporte des centaines de pores très fins permettant le passage de molécules, ions, nutriments, etc. Les cellules épithéliales possèdent les trois types de jonction ; les cellules cardiaques et musculaires viscérales possèdent les deux derniers.

juxtacrine adj.

juxtacrine

Se dit d’une sécrétion cellulaire élaborée par une cellule contigüe.

Étym. lat. juxta : près de ; gr. krinein : sécréter

képhastine n.f.

kephastin

Protéine membranaire de l’entérocyte impliquée dans la sortie du fer de la cellule.

kératinisation n.f.

keratinization

Processus d’accumulation des filaments intermédiaires du cytosquelette de type kératine, au niveau de cellules épithéliales malpighiennes normales ou métaplasiques.
A l’état normal, l’enrichissement en kératine se fait progressivement au cours de la maturation des cellules dans le cas de la peau, aux dépens d’autres constituants cellulaires, jusqu’au stade où la cellule est totalement occupée par ce matériel ; dans ce dernier cas, le noyau disparaît : c'est l'orthokératinisation. Mais dans certaines pathologies, les noyaux des cellules en voie de kératinisation persistent : parakératose ou encore la kératinisation apparaît de façon isolée, unicellulaire, au sein de couches cellulaires par ailleurs normales : dyskératose. Au niveau des muqueuses malpighiennes, la kératinisation de quelque type qu’elle soit, répond à un processus pathologique.
Dans les cas de dystrophie ou de tumeur malpighienne ou épidermoïde et notamment de cancer, qu’il s’agisse de la peau ou des muqueuses, la kératinisation peut être importante et aboutir à une accumulation nodulaire concentrique, dite en bulbe d’oignon, de kératine ou globe corné
Aux paumes des mains et aux plantes des pieds, ces cellules cornées restent distinctes les unes des autres et forment une couche très épaisse (kératinisation selon le type A de Zander); sur presque tout le reste du tégument, elles fusionnent en une masse d'épaisseur réduite (type B).

filament intermédiaire

kératinoblaste n.m.

keratinoblast

Cellule engendrant les kératinocytes.

Étym. gr. keras : corne ; blastos : germe

kératinocyte n.m.

keratinocyte

Cellule constitutive de l'épiderme, contenant des filaments de cytokératine, qui mature de bas en haut dans les épithéliums malpighiens, pour aboutir à la formation de kératine dans les épithéliums malpighiens kératinisants.
Sa forme varie selon son niveau au sein des couches du corps muqueux de Malpighi.

cornéocyte

kératocyte n.m.

keratocyte

Cellule cornéenne de type conjonctif ou fibrocyte.
Ces cellules sont plates, étoilées, disposées parallèlement à la surface de la cornée et aux lamelles de collagène.

Syn. stromacyte, fibrocyte cornéen

Kiel (classification de) l.f.

Kiel classification

Classification des lymphomes non hodgkiniens de type T ou B fondée sur l'étude morphologique des cellules tumorales lymphoïdes et caractérisée par une séparation de ces lymphomes en deux groupes selon leur degré de malignité : les lymphomes malins de faible évolutivité et les lymphomes immatures d'évolutivité importante.
Ancienne dénomination issue du groupe de Kiel, car établie par Lennert (de Kiel) en 1974, actualisée en 1988 puis en 1990, elle est devenue une classification WHO (World Health Organization) basée sur le travail du groupe REAL (Revised European American classification of Lymphoid neoplasms) et publiée au début de 1994. Elle concerne les hémopathies myéloïdes mais surtout lymphoïdes et est fondée sur des critères morphologiques, phénotypiques, génotypiques et cliniques. Le premier critère est l'ontogénie de la cellule tumorale. Les lymphomes cutanés sont donc classés en 3 catégories majeures : à cellules B, à cellules T ou NK et lymphomes de Hodgkin. Les lymphomes B et T sont ensuite divisés en proliférations de précurseurs immatures ou de cellules différenciées matures, cette dernière partie étant classée en fonction de manifestations cliniques et histologiques essentiellement.

K. Lennert, anatomopathologiste allemand (1974, actualisé en 1988 et 1990)

Étym. : Kiel : ville du Nord de l’Allemagne

Willemze (classification de)

kinésine n.f.

kinesin

Protéine cytoplasmique qui joue un rôle dans le déplacement d'organites à l'intérieur de la cellule le long des microtubules.
Cette protéine de masse moléculaire 380 kDa est hétérotétramérique, possédant 2 chaînes lourdes et 2 chaînes légères ; la tête globulaire à l'extrémité NH2-terminale des chaînes lourdes constitue le domaine moteur, se déplaçant de façon antérograde sur la tubuline grâce à de l'ATP ; la queue, reliée à la tête par un domaine central en -hélice, porte les chaînes légères et le site de fixation des organites à transporter. La kinésine est aussi désignée par le sigle MTBP (microtubule binding protein).

Étym. gr. kinesis : mouvement

koïlocyte n.m.

Cellule épithéliale de la couche granuleuse caractérisée par une vacuolisation cytoplasmique avec pycnose nucléaire observée dans les infections à Papillomavirus humain (PVH) du type condylomes.

Étym. gr. koilos : creux

Kupffer (cellule de) l.f.

Kupffer’s cell

Phagocyte mononucléé spécifique au tissu hépatique, situé dans le sinusoïde au contact de l'endothélium et impliqué dans les mécanismes de défense (clairance des endotoxines et des immuns complexes) et dans la fibrogénèse via la production de cytokines.
Plus volumineuse que la cellule endothéliale des sinusoïdes hépatiques, elle apparaît dispersée au long de celui-ci et manifeste une activité macrophagique qui la classe dans la catégorie des cellules du système des monocytes macrophages ou mononucléés ou ancien système réticuloendothélial.

C. von Kupffer, anatomiste allemand (1829-1902)

kyste toxoplasmique l.m.

Toxoplasma cyst
Forme quiescente de Toxoplasma gondii, habituellement sphérique, mesurant de 5 à 100µ de diamètre, persistant dans tout l’organisme de l’hôte mais prédominant dans les tissus musculaires et nerveux.
Les kystes se développent progressivement à partir d’une cellule-hôte parasitée, à l’intérieur de laquelle un toxoplasme s’est multiplié pour donner naissances à des centaines, voire à des milliers de bradyzoïtes qui détruisent toutes les structures cellulaires. L’enveloppe kystique est constituée d’une membrane doublée intérieurement d’un matériel granulaire dense, disposé en couches homogènes. Cette enveloppe protège les bradyzoïtes de l’action de l’acide chlorhydrique et des enzymes gastriques lorsque le kyste est ingéré, les bradyzoïtes étant libérés au niveau du duodénum. Le kyste est une forme infestante à l’origine de la contamination la plus fréquente en France (ingestion de viande saignante contenant des kystes toxoplasmiques, viande de mouton en particulier). Par ailleurs, les kystes sont responsables du maintien de l’immunité acquise, normalement protectrice définitivement après une primo-infestation.

lamellipode n.m.

lamellipodium

Expansion cytoplasmique produite par une cellule telle que le polynucléaire neutrophile dans la direction de son déplacement.

Langhans (cellule géante de) l.f.

Langhans’ type giant cell

Cellule géante multinucléée fréquemment observée dans le granulome tuberculoïde, en association avec les cellules épithélioïdes mais non spécifique de l'inflammation tuberculeuse.

Th. Langhans, anatomopathologiste allemand (1839-1915)

Laplace (Loi de) l.f.

Laplace’s law

Loi d’équilibre entre la tension (T), d’une enveloppe de courbure moyenne (), contenant un fluide sous une pression (P) : la pression est égale au produit de la tension par la courbure moyenne :P = T x

Autrement dit, une augmentation ou une diminution de pression correspond à une variation proportionnelle de courbure (donc inverse du volume contenu) ou de la tension superficielle.

L‘analyse dimensionnelle (longueur (L), surface (L2), volume (L3), Force (F), énergie (E=FL) montre que pour équilibrer la pression (force / surface ou énergie de volume, E L-3), la pression superficielle (force / longueur ou énergie de surface, de dimension E L-2) doit être multipliée par la courbure (inverse de la longueur du rayon de courbure), grandeur de dimension L-1:

E L-3 = E L-2. L-1

La formule initiale a été établie pour une sphère de rayon R soit P = T (2/ R). La sphère ayant deux courbures principales, 1/R, sa courbure moyenne est 2/R, ainsi la loi de Laplace appliquée à un cylindre (qui n’a qu’une courbure) est P = T / R.

En physiologie la loi de Laplace s’applique aux organes creux (cœur, vessie) et aux cellules :

Au niveau des poumons, les petites alvéoles devraient se vider dans les alvéoles deux fois plus grandes car elles devraient avoir une pression alvéolaire deux fois plus forte. Comme ce n’est pas le cas, sinon la plupart des petites alvéoles produiraient des atélectasies et les grosses des bulles, il faut donc que la tension superficielle alvéolaire soit quasi nulle pour que cela ne se produise pas. De fait les alvéoles pulmonaires sont tapissées de surfactant, un phospholipide de très basse énergie superficielle (s’il n’y avait pas de surfactant, la tension superficielle alvéolaire se rapprocherait de celle du plasma, 0,60 N/m2). L’insuffisance de sécrétion de surfactant entraîne la maladie des membranes hyalines du nouveau-né prématuré où l’on trouve l’aspect d’atélectasies et de bulles envisagé ci-dessus.

Au niveau du cœur, selon la loi de Starling : l’énergie libérée par la contraction des fibres cardiaques entraîne l’augmentation de la pression du sang contenu dans les ventricules (charge) ce qui lui permet de vaincre la pression artérielle diastolique, d’où sa propulsion dans les artères.

Dans les vaisseaux : la tension de la paroi équilibre la pression, mais, les vaisseaux étant cylindriques, la tension systolique des fibres musculaires de la tunique artérielle est double de celle des fibres cardiaques.

Dans les cellules : la surface cellulaire ayant une certaine énergie superficielle, sa pression osmotique est toujours plus élevée que celle du liquide environnant. Si la pression extracellulaire est trop faible le volume et la surface de la cellule deviennent trop grands et la surface se déchire (cytolyse).

P. Simon, marquis de Laplace, physicien français (1749-1827)

charge, courbure, cytolyse, contraction musculaire, membranes hyalines, (maladie des), Starling (loi de), surfactant, tension, tension, tension superficielle

latence n.f.

latency, latent period, lag phase

Délai entre la délivrance d'un stimulus ou l'intervention d'une cause et l'apparition de la réponse.
Dans les cas où la réponse s'établit progressivement, particulièrement pour les potentiels évoqués, la latence mesure le délai entre le stimulus et le pic ou les pics de la réponse.
En ophtalmologie, caractéristique d'un déséquilibre oculomoteur spontanément inapparent et dont l'existence doit être révélée au moyen d'une manœuvre diagnostique.
On parle ainsi de strabisme latent, de nystagmus latent.
En bactériologie, période qui suit l'inoculation d'une culture microbienne dans un milieu de culture. Le nombre de cellules reste stationnaire, la vitesse de croissance est faible. C'est une période d'adaptation à un nouvel environnement. Si on inocule un nombre important de cellules en phase exponentielle dans un milieu semblable au milieu initial, la culture démarre immédiatement.
En virologie: 1. Durée minimale qui sépare l'infection d'une cellule de sa lyse.
2. État d'un virus qui persiste dans l'organisme sans se répliquer.

Étym. lat. latens : caché

latence (période, intervalle de) (en psychiatrie), latence (temps de) (en psychiatrie), latente (infection), latence de ségrégation (en génétique)

latence de ségrégation l.f.

segregation lag

Lors d'un transfert génétique, retard dans l'expression phénotypique d'un caractère transmis : sa durée exprime le temps nécessaire à la ségrégation de l'allèle transmis dans une cellule bactérienne où l'allèle sauvage ou un autre allèle est absent.

conjugaison, fusion de protoplastes, transduction

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