Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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surbrillance n.f.

caliper

Unité élémentaire reconnaissable (allant souvent par paires) permettant la mesure d'une structure si l'on connaît la vitesse des ultrasons en son sein.
En mode B, il s'agit, le plus souvent, de croix ou de flèches de formes diverses (on parle plus volontiers de calipers en mode B), que l'on peut déplacer sur l'écran du moniteur grâce à une boule traçeuse ou une manette, ou encore grâce aux flèches de déplacement du clavier de la machine, afin de les disposer de part et d'autre d'un des diamètres de la structure.
En mode A, partie élémentaire de la courbe apparaissant plus brillante (on parle plus volontiers de surbrillances en mode A). Il est plus facile de placer avec fiabilité (plus grande reproductibilité) les surbrillances sur un échogramme A que sur une image B. Habituellement, on place les surbrillances au sommet du pic correspondant à l'interface rencontrée. Il convient de travailler à un gain suffisamment réduit afin d'avoir un pic bien aigu et facilement reconnaissable. En biométrie "automatisée", il faut cependant suffisamment de gain, car l'image ne se fixe que lorsque les pics atteignent une certaine hauteur (en général 2/3 ou 3/4 de la réflectivité maximale). Il faut donc trouver soi-même ce compromis pour établir la valeur du gain optimum en fonction de l'appareil utilisé.

surcharge n.f.

overload

En biologie, présence localisée, mais en quantité anormalement élevée, dans les cellules ou les espaces interstitiels, de substances normalement présentes dans l'organisme, traduisant un trouble du métabolisme de ces substances, comme dans la stéatose.

Syn. : thésaurismose

dermatose de surcharge, maladie de surcharge, surcharge cardiaque,surcharges en fer héréditaires, surcharges hépatiques, maladie de surcharge en glycogène, maladie de surcharge neuroviscérale de sphingomyéline avec ophtalmoplégie supranucléaire verticale

surcharge cardiaque l.f.

cardiac strain

Condition hémodynamique qui augmente le travail de l’un ou des deux ventricules du cœur (surcharge ventriculaire) soit par élévation de la pression systolique, soit par augmentation du volume sanguin circulant.
On distingue la surcharge systolique, typiquement liée à un obstacle à l’éjection ventriculaire (hypertension artérielle, sténoses ventriculopulmonaire ou ventriculo-aortique) et les surcharges diastoliques, liées à une insuffisance valvulaire, et shunts gauche droite à grand débit.
La surcharge cardiaque aboutit à l’hypertrophie c’est-à-dire à l’augmentation de la masse myocardique par épaississement pariétal généralement associée à une dilatation cavitaire. Après une phase de compensation spontanée, ou thérapeutique, la surcharge cardiaque aboutit à la défaillance cardiaque.

surcharge ventriculaire l.f.

ventricular strain

surcharge cardiaque

surcharges en fer héréditaires l.f. p.

- à une anémie :

Atransferrinémie héréditaire, mutations du gène codant pour DMT1 (gène SLC11A2), transporteur du fer exprimé à la surface apicale des entérocytes du duodénum ;
- à des manifestations neurologiques :
acéruloplasminémie, maladies mitochondriales : ataxie de Friedreich (gène Frataxine) et neuroferritinopathies (gène FTL).

hémochromatose génétique, hémochromatose juvénile, hémochromatose secondaire, hémosidérose, atransferrinémie, acéruloplasminémie, Friedreich (ataxie de), neuroferritinopathie

surcharges hépatiques l.f.p.

liver overload

Dépôts anormaux dans le parenchyme hépatique, surtout du fait de maladies métaboliques héréditaires.
Il peut s'agir de surcharges : lipidiques (stéatoses micro- ou macrovésiculaires), en fer (hémochromatoses, thalassémie), en cuivre (maladie de Wilson), en glycogène (glycogénose), en α1-antitrypsine, en fibrinogène, en lipofuscine (pigments d'usure), en porphyrines, en corps étrangers (talc, cellulose chez les toxicomanes, silice, pigments anthracosiques chez les mineurs, silicones lors des valvulopathies cardiaques)...

S. A. Wilson, neurologue britannique (1912)

hémochromatose génétique, thalassémies, maladie de Wilson, glycogénoses, déficits en -1-antitrypsine, stéatoses, etc.

surcompensation n.f.

overcompensation

En psychiatrie, processus par lequel un sujet tente d'effacer un vécu d'infériorité, de culpabilité, d'échec, en obtenant une satisfaction ou une revanche, notamment en s'efforçant de renverser la situation sur le terrain même.
Cette réaction n'est pas toujours pathologique. Certes, elle peut comporter des choix névrotiques avec recherche de bénéfices secondaires, mais elle est fréquente chez l'enfant, peu enclin à l'indifférence et à la résignation.

compensation

surdiagnostic n.m

overdiagnosis

Détection, au cours d’un dépistage de cancers, de dépassements du seuil d’un marqueur biologique ou, à l’imagerie, de tumeurs débutantes de faible volume conduisant à des examens (biopsies) et à des traitements inutiles, voire nocifs, alors que le simple suivi de l’évolution de ces symptômes aurait été préférable.
Le surdiagnostic est considéré comme un risque dans le dépistage des cancers du sein, de la prostate et de la thyroïde. C’est une des raisons pour lesquelles certains émettent des doutes sur l’utilité d’un dépistage organisé. Le cas du dépistage du cancer de la prostate par le dosage de la concentration de PSA (« prostatic serum antigen ») dans le plasma en est un exemple. Au seuil de 4 ng/ml la sensibilité et la valeur prédictive positive de la méthode sont trop basses pour éviter la prescription de biopsies inutiles chez des sujets sains.

antigène spécifique de la prostate

surdimutité n.f.

deaf muteness, mutism, deaf dumbness, surdimutism

Mutité liée à une surdité bilatérale totale, congénitale ou acquise dans les trois à cinq premières années de la vie.

surdité de l'enfant, surdité héréditaire

surdistension utérine l.f.

uterine overdistension

Excès de tension exercée sur la paroi de l'utérus gravide par un hydramnios ou une grossesse gémellaire ou multiple.
Le muscle étiré réagit en se contractant et un accouchement prématuré se produit souvent.

surdité n.f.

deafness

Diminution ou disparition de la perception auditive, symptôme majeur témoignant d’un dysfonctionnement du système auditif périphérique ou central.
Il est classique de distinguer les surdités de transmission, dues a des lésions de l'oreille externe ou moyenne, des surdités de perception, dont l'origine se situe au niveau de l'oreille interne ou des voies auditives. On en distingue donc quatre types :
- surdité de perception, où la lésion siège dans l'oreille interne ou sur le nerf auditif : les perceptions de la voix haute et de la voix chuchotée sont diminuées ; les sons aigus sont les plus mal perçus ; la parole est déformée ; conductions aérienne et osseuse sont diminuées et l'épreuve de Rinne est positive ; l'épreuve de Weber est latéralisée du côté sain ; il y a parfois un recrutement ;
- surdité de transmission, où la lésion siège dans l'oreille moyenne ou dans le conduit auditif externe : la perception de la voix chuchotée est plus touchée que celle de la voix haute ; les sons graves sont moins perçus ; la conduction aérienne est seule atteinte, la conduction osseuse augmentée ; l'épreuve de Rinne est négative et l'épreuve de Weber latéralisée du côté malade ; il n'y a pas de recrutement ;
- surdité centrale, par lésion des voies auditives dans le tronc cérébral ;
- surdité corticale, liée à des lésions bilatérales des aires de Heschl.
Une surdité à la fois de transmission et de perception est dite mixte.
Le diagnostic du type de surdité repose sur : l'acoumétrie (épreuves de Rinne, Weber, Bing, Lewis, Bonnier), l'audiométrie tonale et vocale, la tympanométrie et l'étude du réflexe stapédien.
Les principales causes des surdités de transmission sont les otites aigües et chroniques et leurs séquelles, l’otospongiose. Les principales causes des surdités de perception endocochléaires sont la presbyacousie, les surdités ototoxiques, vasculaires, virales, bactériennes (labyrinthites séreuses ou suppurées, circonscrites ou diffuses), les traumatismes sonores, la maladie de Menière.

H. A. Rinne, otologiste allemand (1855) ; E. H. Weber, physiologiste et anatomiste allemand, membre de l'Académie de médecine (1795-1878) ; A. Bing, otologiste allemand (1844-1922), P. Bonnier, otorhinolaryngologiste français (1861-1918) ; P. Menière, otorhinolaryngologiste français (1799-1862)

Étym. lat. surditats : surdité

recrutement, acoumétrie, presbyacousie, Rinne (épreuve de), Weber (épreuve de), Bing (épreuve de), Lewis (épreuve de), Bonnier (signe de), Menière (maladie de)

surdité auto-immune l.f.

autoimmune deafness

Terme regroupant d’une part les surdités apparaissant dans le cadre d’une maladie auto-immune générale et, d’autre part, les surdités de perception isolées, asymétriques, progressives, rapidement évolutives, survenant chez le sujet jeune et dont l’origine auto-immune est confirmée par les tests de laboratoire, malgré leur manque de spécificité.
 Étym.lat. surditats : surdité

surdité brusque l.f.

sudden deafness

Surdité de perception d’apparition brutale, isolée, parfois associée à des acouphènes, plus rarement à des vertiges, à l’origine de laquelle on évoque une atteinte virale ou vasculaire de l’oreille interne.

Étym. lat. surditats : surdité

surdité cochléaire avec myopie et retard intellectuel l.m.

cochlear deafness with myopia and intellectual impairement

Association d'une surdité, d'une myopie forte et d'un déficit intellectuel.
Syndrome atteignant deux familles, mais avec présence, dans la deuxième famille, d'autres anomalies : albuminurie et hématurie avec une ségrégation différente. L’affection serait autosomique récessive (MIM 221200).
 Étym.lat. surditats : surdité

surdité corticale l.f.

cortical deafness

agnosie auditive

surdité de l'enfant l.f.

child’s deafness

Surdité atteignant l’enfant dès sa naissance.
20 à 30 % des surdités de l’enfant sont héréditaires, 70 à 80 % sont acquises, soit pendant la grossesse (essentiellement à cause d’une rubéole ou d’une toxoplasmose), soit à l’accouchement (traumatisme obstétrical, ictère nucléaire). Ce sont des surdités de perception. Le dépistage précoce des surdités de l’enfant devrait être systématique : il repose sur les oto-émissions acoustiques. Ultérieurement, les surdités acquises relèvent des mêmes causes que les surdités de l’adulte.

Étym. lat. surditats : surdité

surdités héréditaires

surdité de perception l.f.

perceptive deafness

surdité

surdité de transmission l.f.

conduction deafness

surdité

surdité et cataracte progressive l.f.

cochleosaccular degeneration of the inner ear with progressive cataract

Dégénérescence cochléosacculaire de l'oreille interne avec surdité de perception, troubles de l'équilibre et cataracte progressive.
L’affection est autosomique dominante (MIM 120040).
 Étym.lat. surditats : surdité

A. Scheibe, histologiste (1892)

surdité fluctuante l.f.

fluctuating deafness

fistule périlymphatique

surdité héréditaire l.f.

hereditary deafness

Déficit sensoriel congénital d’origine génétique, déficit sensoriel le plus fréquent chez l’enfant.
On distingue, d’une part, la surdité récessive où le déficit auditif, sévère, bilatéral et symétrique, est fixé dès la naissance (isolée dans 70 à 80 % des cas) et, d’autre part,  la surdité dominante qui débute plus tardivement (de 3 à 30 ans) et qui s’aggrave progressivement.
La plupart des surdités dominantes sont associées à d’autres affections génétiques, réalisant des surdités syndromiques héréditaires dont plus de 200 variétés ont été décrites. Les plus connues associent à la surdité un goitre (syndrome de Pendred), des troubles de la pigmentation (syndrome de Waardenburg), une néphropathie (syndrome d’Alport), une rétinite pigmentaire avec parfois une atteinte vestibulaire (syndrome d’Usher), un allongement de l’espace QT à l’électrocardiograme (syndrome de Jervell-Lange-Nielsen), les syndromes de Franceschetti, branchio-oto-rénal, etc.

V. Pendred, médecin britannique (1896) ; P. J. Waardenburg, ophtalmologue néerlandais (1934) : A. C. Alport, médecin sud-africain (1927) ; C. H. Usher, ophtalmologue britannique (1914) ; A. Jervell et F. Lange-Nielsen, médecins cardiologues norvégiens (1957) ; A. Franceschetti, ophtalmologue suisse (1944 et 1949)

Étym. lat. surditats : surdité

Pendred (syndrome de), Waardenburg (syndrome de), Alport (syndrome de), Usher (syndrome de), Jervell-Lange-Nielsen (syndrome de), Franceschetti (syndrome de)

surdité mixte l.f.

mixed deafness

Surdité à la fois de transmission et de perception.

Étym. lat. surditats : surdité

surdité

surdité professionnelle l.f.

professional noise-induced hearing loss

Surdité de perception liée à l’exercice d’une profession .
Elle est relativement symétrique, irréversible, consécutive à l’exposition prolongée aux ambiances sonores élevées. Considérée sous l’angle médicolégal, elle est indemnisable et peut donner lieu à des conflits médicosociaux. Sa prévention est nécessaire et repose sur l’atténuation des bruits, la sélection et la protection individuelle.
 Étym.lat. surditats : surdité

surdité toxique l.f.

ototoxicity

Surdité de perception irréversible, bilatérale, liée à l’administration par voie parentérale ou orale de certains produits toxiques mal identifiés et de médicaments bien connus pour être toxiques pour l’oreille.
Ces médicaments sont essentiellement les aminosides (streptomycine, néomycine, gentamycine, kanamycine), mais aussi les sels de quinine, le salicylate, l’aspirine, le cisplatine, etc.

Étym. lat. surditats : surdité

surdité verbale congénitale l.f.

congenital word-deafness

audimutité

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