pompe centrifuge à sang l.f.
centrifugal pump
Dispositif utilisant la rotation d'une chambre réceptrice en forme de toupie pour aspirer le sang admis dans son axe et pour le refouler vers la périphérie.
Le liquide est entraîné par la force centrifuge qui le projette contre la paroi, les tourbillons ainsi propulsés sont évacués vers une sortie excentrée qui est munie d'une valve antiretour. L'ajustement de la vitesse de rotation permet de régler le débit de la pompe. Ces pompes ne sont pas occlusives : elles adaptent spontanément leur débit aux résistances qui sont opposées à l'écoulement du sang.
Elles sont utilisées pour des assistances circulatoires prolongées.
pouvoir oxyphorique du sang l.m.
pression partielle des gaz du sang l.f.
blood gases partial pressure
Pression qu’exercerait chacun de ces gaz s’il était seul présent au sein du milieu sanguin.
- La pression partielle du gaz carbonique (PCO2) est normalement de 45 à 48 mm Hg dans le sang veineux et 40 mm Hg dans le sang artériel. La PCO2 du sang veineux pulmonaire est toujours égale à la PCO2 alvéolaire en raison de la très grande diffusibilité du CO2.
- La pression partielle de l’oxygène du sang (PO2) est normalement de 37 à 40 mm Hg dans le sang veineux et 90 à 112 mm Hg dans le sang artériel. L’oxygène étant beaucoup moins diffusible que le gaz carbonique, la PO2 du sang artériel est toujours un peu inférieure à la PO2 alvéolaire. Elle peut lui être très inférieure si un processus pathologique altère la capacité de diffusion des parois alvéolaires.
[C2]
Édit. 2020
produits dérivés du sang l.m.
récupérateur de sang l.m.
cell-saver
Dispositif permettant la récupération du sang épanché lors ou immédiatement après une intervention chirurgicale, puis sa transfusion à l'opéré.
En cas d'ouverture du tube digestif ou des voies biliaires le sang peut être souillé, la récupération du sang est alors contrindiquée.
Cette technique d'autotransfusion ne nécessite pas de détermination du groupe sanguin, elle peut se faire avec ou sans lavage des globules.
Système sans lavage : le sang du site opératoire est aspiré et récupéré dans une poche, il est ensuite transfusé après filtration.
Système avec lavage : il produit un concentré d'hématies lavées dont l'hématocrite varie entre 45 et 65%. Lorsque le volume du sang recueilli atteint 800 à 1000 mL, on le mélange à du sérum physiologique avec anticoagulant. Le mélange va dans un récipient où il est soumis à une centrifugation. Le liquide surnageant est éliminé, puis le contenu du bol est transféré dans une poche souple. Il est transfusé après filtration. Lorsque le volume de sang récupéré est supérieur à une volémie, la quantité d'anticoagulant réinjectée doit être prise en compte car elle peut favoriser le saignement chirurgical. De plus l'hémoglobine libre peut favoriser l'apparition d'une coagulopathie de consommation.
Ces dispositifs sont utilisés en chirurgie cardiaque, vasculaire, hépatique et orthopédique. En traumatologie ils permettent la récupération du sang des hémothorax.
sang n.m.
haema ; sanguis (TA)
blood
Organe liquide en mouvement permanent dans un circuit vasculaire, composé en partie d’éléments figurés cellulaires et d’une partie liquide, le plasma.
Les éléments figurés représentent 45´% du sang, les 55% restants constituent le plasma sanguin qui est la phase liquide dans laquelle sont en suspension les éléments figurés. La masse sanguine représente environ 1/13 du poids d’un adulte, soit près de 5 litres pour un sujet de 65 kg. La viscosité du sang est de 5 chez l’homme et de 4,5 chez la femme (H2O=1). Sa densité est de 1,026, son poids spécifique de 1050-1064, son pH de 7,35, son point cryoscopique Δ de – 0,56°C à - 0,57°C, sa pression osmotique de 310mosm/litre et sa résistivité à 37°C de 70 à 72 ohms/cm2/cm.
Les éléments cellulaires ou figurés sont constitués d’érythrocytes ou globules rouges (à peu près 99 %), leucocytes ou globules blancs (0,2 %) et thrombocytes ou plaquettes sanguines (0,6 à 1%). Le sang a une couleur rouge en raison de l'oxydation du fer contenu dans les molécules d'hémoglobine donc différente selon qu’il s’agit de sang artériel ou de sang veineux. Les éléments figurés du sang, de durée de vie limitée, sont en permanente régénération par la moelle hématopoïétique située dans les os plats et les vertèbres.
Le plasma est la composante liquide du sang. Il est constitué d’eau, d’ions et de différentes molécules transportées à travers l’organisme. Les principales molécules du soluté du plasma sont le glucose, les lipides, les éléments minéraux, les hormones, les enzymes, des protéines dont les prédominantes sont l’albumine, les immunoglobulines, des protéines du complément, du syndrome inflammatoire et de la coagulation sanguine.
Le sang a de multiples fonctions dont les plus importantes sont :
1 - apporter aux tissus de l’organisme d’une part l’oxygène fixé dans les poumons par l’hémoglobine des érythrocytes et d’autre part les substances nutritives ;
2 - recueillir et véhiculer les métabolites dégradés vers les organes excréteurs, en particulier vers les poumons pour l’anhydride carbonique (CO2) et vers les reins et le foie pour les produits azotés, les sels, les électrolytes et autres métabolites à éliminer ;
3- diffuser les hormones, les vitamines, les protéines, les enzymes … ;
4 - contribuer à l’équilibre humoral de l’organisme et principalement électrolytique ;
5 - agir dans les moyens de défense anti-infectieuse et immunitaire par l’action spécifique des leucocytes et la production d’anticorps, et par le processus de la phagocytose dévolue plus particulièrement aux polynucléaires ;
6 - déclencher les processus de la coagulation sanguine par l’action initiatrice des plaquettes suivie par l’enchaînement des facteurs de coagulation.
La détermination des groupes sanguins, régis par de très nombreux antigènes et anticorps spécifiques, joue un rôle très important en transfusion sanguine, en pathologie, en anthropologie, en médecine légale et dans les études génétiques.
Étym. lat. sanguis : sang ; grec, αἷμα / haĩma : sang
sang (produits dérivés du) l.m.p.
blood derivatives
Produits ayant valeur de médicaments, réalisés de façon systématique par fractionnements à partir d’échantillons appropriés de sang : concentrés érythrocytaires, concentrés unitaires de plaquettes, concentrés unitaires de granulocytes, plasma et divers dérivés.
Les indications de ces fractions sont multiples : 1) épuration d’une population anormale en cas de syndromes myéloprolifératifs, de leucémie aigüe myéloblastique, de thrombocytémie ; 2) hémopathies lymphoïdes, syndrome de Sézary ; 3) recueil d’une population cellulaire normale, de cellules souches hématopoiétiques ; 4) échanges érythrocytaires ; 5) traitement de la drépanocytose.
→ sang
substitut du sang l.m.
blood substitute
Solution de molécules à usage transfusionnel destinée à remplacer le sang dans sa fonction de transporteur d'oxygène.
Les perfluorocarbures, déjà commercialisés, ont des indications très limitées. Les solutions d'hémoglobines pontées (où plusieurs tétramères sont liés de façon covalente) ou d'hémoglobines recombinantes (produites par le génie génétique dans E. coli ou dans la levure) sont encore du domaine de la recherche.
transfusion de sang (infection transmise par la) l.f.
Transmission, par le sang ou ses produits dérivés, d’agents infectieux au receveur.
Il peut s’agir d’une infection latente du donneur ou d’une contamination liée au prélèvement, au conditionnement, au stockage du sang ou au geste transfusionnel lui-même. Les agents infectieux en cause sont nombreux : bactéries, levures, protozoaires (Plasmodium, Trypanosoma cruzi, etc.), virus (virus des hépatites, herpès virus, rétrovirus, etc.), prions et autres agents non conventionnels. La prévention des infections post-transfusionnelles repose sur la sélection des donneurs, le traitement du sang total et des produits dérivés, les précautions d’aseptie lors de la tranfusion.
viscosité du sang l.f.
blood viscosity
Viscosité particulière due à la présence dans le sang d'éléments figurés, ne suivant pas exactement celle des liquides homogènes.
Elle croît assez vite si l'hématocrite s'élève : les globules obstruent alors en partie la lumière des capillaires car il faut une certaine pression pour vaincre leurs frottements contre les parois et leurs déformations lors du passage. Dans ces conditions, la viscosité très forte pour les petits débits ne devient asymptotiquement stable que lorsque le débit atteint une certaine valeur.
Le sang n'est pas un fluide newtonien : à la diastole les globules rouges s'alignent sur la tranche dans les artères, à la systole et dans les veines ils sont surtout perpendiculaires au mouvement et dans les capillaires les éléments figurés frottent contre les parois. De plus les vaisseaux ne sont pas rigides, ils se dilatent sous la pression de sorte que, si la loi de Poiseuille peut s'appliquer approximativement dans les veines, elle représente mal la réalité dans les capillaires. Le régime turbulent apparaît dans l'aorte pour un nombre de Reynolds un peu plus faible que dans un fluide homogène : le régime est laminaire en diastole et les turbulences apparaissent au pic de la systole. Pour les artères de plus faible diamètre le nombre de Reynolds devient trop faible et l'écoulement est toujours laminaire. Chez le sujet normal, à 37°C, la viscosité du plasma est de 15 à 16 mPo (millipoise), celle du sang (avec un hématocrite de 45%) se situe entre 37,5 et 44,5 mPo, elle est proportionnelle à l'hématocrite (la présence des hématies augmente la «viscosité»).
J. L. Poiseuille, physiologiste et médecin français, membre de l’Académie de médecine (1935)
accepteur d'oxygène l.m.
oxygen acceptor
Facteur d’une réaction chimique capable de se combiner avec un ou plusieurs atomes d’oxygène au cours de cette réaction, par ex. substrats des hydroxylases.
[C1]
Édit. 2016
analyseur d'oxygène à cellule à combustible l.m.
Dispositif à pile à combustible dont l'intensité du courant électrique est proportionnelle à la pression partielle d'oxygène
[B1,B3]
Édit. 2017
anti-oxygène n.m.
antioxygen
Substance inhibant la formation de métabolites de l'oxygène, qui sont particulièrement réactifs et agressifs pour les cellules.
Les vitamines E (tocophérol) et C (acide ascorbique) sont des anti-oxygènes naturels.
coefficient d'utilisation de l'oxygène l.m.
oxygen utilization coefficient, peripheral oxygen consumption
Rapport de la différence artérioveineuse en oxygène à la teneur du sang en O2 multipliée par 100, correspondant à la quantité d'oxygène extraite par un organe.
Normalement la différence artérioveineuse est de 0,05 mL, et la contenance de 0,19 mL d'O2 par mL de sang ce qui donne un coefficient de 26%.
[C2]
consommation d'oxygène l.f.
oxygen consumption
Volume d’oxygène, en mL/minute absorbé dans les alvéoles par la circulation capillaire pulmonaire.
La consommation d’O2 normale est d’environ 250 mL/minute.
[C2,K1]
consommation d'oxygène du myocarde l.f.
myocardial oxygen consumption
Quantité d’oxygène prélevé par le myocarde dans la circulation coronaire.
Elle est de l’ordre de 8 à 10 mL/min par 100 g de myocarde. La consommation totale d’oxygène du myocarde (30 à 35 mL/min) représente 10 à 12% de la consommation totale d’oxygène, ce qui sans tenir compte du débit coronaire, correspond à une très forte désaturation du sang veineux coronaire, la teneur en O2 du sang veineux coronaire étant la plus basse de l’organisme.
[C1,K2]
dérivés réactifs de l'oxygène l.f.p.
reactive oxygen species
→ radicaux libres, formes actives de l'oxygèn
dette d'oxygène l.f.
oxygen debt
Déficit momentané en oxygène apparaissant au début de l'effort et lié au décalage entre l'augmentation instantanée de la demande métabolique et l'augmentation progressive de la ventilation.
différence artérioveineuse en oxygène l.f.
artériovenous oxygen différence
→ oxygène (différence artérioveineuse en)
dispositif à gros débit d'oxygène l.m.
oxygen flush valve
Sur les appareils d'anesthésie, dispositif à commande manuelle destiné à envoyer un débit élevé d'oxygène (de l'ordre de 30 L/min) au voisinage de l'orifice de branchement du patient à l'appareil d'anesthésie afin de permettre l'oxygénation immédiate en cas de besoin.
effet oxygène l.m.
oxygen effect
En radiothérapie, accroissement de l'effet biologique par la présence d'oxygène au moment de l'irradiation.
Il est exprimé par l'OER (oxygen enhancement ratio) égal au rapport des doses provoquant le même effet en anoxie (Dan) et en présence d'oxygène (Dox).
La valeur de l'OER est voisine de 2,5 à 3 pour les rayonnements à faible densité d'ionisation (photons et électrons) et plus faible pour les rayonnements à grande densité d'ionisation (particules lourdes).
→ photon, électron, radiothérapie, oxygen enhancement ratio
[B1, F2, G5]
Édit. 2019
équivalent ventilatoire pour l'oxygène l.m.
ventilatory equivalent
Rapport du débit ventilatoire à la consommation d'oxygène, c'est-à-dire du nombre de litres d'air à ventiler pour consommer un litre d'oxygène.
[K1]
Édit. 2018
extracteur d'oxygène l.m.
oxygen extractor
Dispositif permettant d'extraire un mélange enrichi en oxygène à partir de l'air ambiant.
Ces appareils fonctionnent sur alimentation électrique, leur emploi peu onéreux évite le transport des lourdes bouteilles d'O2. Ils sont utilisés pour l'oxygénothérapie à domicile et aussi pour équiper des hôpitaux militaires de campagne. On utilise des tamis moléculaires qui laissent passer l'O2 et l'argon (non toxique) mais retiennent l'azote, le mélange obtenu tend vers 95,5% d'O2 et 4,5% d'argon. L'utilisation d'un tel mélange en circuit fermé peut être dangereuse car il amène un appauvrissement progressif de la concentration d'O2 dans le circuit parce que le sujet consomme l'O2 tandis que l'argon s'accumule.
Des dispositifs analogues sont utilisés pour extraire le dioxyde de carbone de l'air confiné.
Étym. lat. extractio : déverbal d'extrado : tirer dehors
[B3,K1,G1,G2]
Édit. 2018
fraction d'oxygène présente dans le gaz expiré l.f.
L’air expiré contient environ 4% d’oxygène.
Étym. gr. oxys : aigu, acide ; genês : générateur
Sigle FE O2
[C2]
Édit. 2018
formes actives de l'oxygène l.f.p.
reactive oxygen species
Dérivés de l’oxygène de nature soit radicalaire comme l’anion superoxyde (O2-) et le radical hydroxyl ( OH-), soit moléculaire comme le peroxyde d’hydrogène (H2O2) et le singulet d’oxygène ( 1O2), responsables du stress oxydatif lorsqu’ils sont produits en excès.
La réduction (apport d’électrons) de l’oxygène moléculaire donne naissance à l’anion superoxyde lequel donne, en présence de superoxyde dismutase, du peroxyde d’hydrogène, lequel perd sa toxicité par transformation en eau en présence de catalase. Le peroxyde d’hydrogène peut être partiellement réduit en radical hydroxyl. Le singulet d’oxygène est un état excité de la molécule d’oxygène. Il est formé par actions des ions hypochlorite sur le peroxyde d’hydrogène.
Les formes actives de l’oxygène sont rendues chimiquement très réactives par la présence d'électrons de valence non appariés.
Les formes actives de l’oxygène sont produites dans les mitochondries durant le processus de phosphorylation oxydative. Elles sont également produites dans les cellules phagocytaires par oxydation de NADPH (nicotinamide adénine dinucléotide phosphate hydrogène) en présence de NAPDH oxydase et jouent un rôle essentiel dans la lutte contre les agents infectieux. Elles interviennent aussi dans le vieillissement cellulaire.
Il existe des processus de défense vis-à-vis des formes actives de l’oxygène lorsqu’elles sont produites en excès, réalisant le stress oxydatif. Ces processus de défense sont de 2 types. Le premier est d’ordre enzymatique avec la superoxyde dismutase et la catalase qui détruisent respectivement l’anion superoxyde et le peroxyde d’hydrogène. En outre, les dérivés de l’oxygène sont captés par des « éboueurs » (scavengers) comme l’acide ascorbique, le gluthation réduit, l’α-tocophérol et les caroténoïdes.
Abrév. FRO
→ anion superoxyde, superoxyde-dismutase, peroxyde d'hydrogène, singulet d'oxygène, stress oxydatif, peroxyde d'hydrogène, NADPH, acide ascorbique, glutathion-réductase, tocophérol, caroténoïde
[C1, C3]
Édit. 2019