Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

75 résultats 

sensibilité aux couleurs l.f.

colour sensitivity

sensibilité chromatique

sensibilité croisée l.f.

cross sensitivity

Sensibilité constatée entre deux antigènes lorsque l'injection de l'un de ces antigènes confère une sensibilité également à un autre antigène.
Il peut s'agir de la réaction d'une cellule immunocompétente ou d'un organisme tout entier.

sensibilité d'un micro-organisme à un agent anti-infectieux l.f.

antibiotics sensitivity

Phénomène se traduisant par l’arrêt de la croissance ou la lyse d’un micro-organisme, tel qu’une bactérie ou un virus, en présence d’une quantité déterminée d’un agent anti-infectieux (antibiotique, antiviral, etc.).
Il s’oppose à la résistance (résistance aux antibiotiques, aux antiviraux, etc.).

sensibilité d'une épreuve l.f.

sensitivity of a test

1) Dans les sciences de la vie et en médecine, propriété de l’instrument de mesure dont la plus petite variation entraîne une modification du résultat.
2) En épidémiologie, pour un test ou une mesure, proportion de sujets classés positifs parmi ceux qui sont effectivement malades.
Par exemple, une épreuve biologique de dépistage d’une maladie est d’autant plus sensible qu’elle donne moins de faux négatifs.

sensibilité (indice de), spécificité (d'une épreuve)

sensibilité des cônes l.f.

cones sensitivity

Pic d'absorption maximale des trois pigments des cônes de la rétine.
Il existe trois types de cônes selon leur sensibilité maximale : les cônes S (ou bleus) absorbent les courtes longueurs d'onde (420 nm), les cônes M (ou verts) absorbent les longueurs d'onde moyennes (530 nm), et les cônes L (ou rouges) les grandes longueurs d'onde (560 nm qui est plutôt un jaune qu'un rouge).

Smyth (test de sensibilité à l'ocytocine de) l.m.

Smyth’s oxytocin sensitivity test

Epreuve de sensibilité du myomètre gravide à l’ocytocine, induisant ou non des contractions utérines, préfigurant le succès éventuel d’un déclenchement artificiel du travail.

C.N. Smyth, obstétricien et pharmacologue britannique (1955)

ARM par contraste de phase l.f.

phase contrast MRA, PC MRA

Méthode d'ARM dont le principe repose sur la soustraction vectorielle, pixel par pixel, des moments magnétiques de deux images sur lesquelles le déphasage des spins mobiles (spins du sang circulant) a été induit par deux gradients bipolaires de polarité inverse.
Une première acquisition est réalisée en appliquant un gradient bipolaire dont le premier pôle est positif et le second négatif. Les spins fixes, selon le principe même de l'écho de gradient, voient leur déphasage induit par le premier lobe entièrement annulé par le second. Les spins mobiles du sang circulant qui se sont déplacés conservent un déphasage phi proportionnel à leur vitesse, d'où un moment magnétique résultant dont la composante transversale est égale à sinus phi. Lors de l'application du second gradient dont le premier pôle est négatif et le second positif, il persistera un déphasage des spins mobiles phi’ égale à moins phi, d'où un moment magnétique résultant, dont la composante transversale sera égale à moins sinus phi. Après soustraction des deux images, les spins fixes qui constituent le fond de l'image n’auront pas de moment résultant, donc pas de signal. En revanche, les spins mobiles auront une aimantation transversale résultante égale à (sinus phi) - (- sinus phi) soit 2 sinus phi, d'où l'existence d'un signal sensible à la phase des spins mobiles et à leur vitesse. L'acquisition peut se réaliser en 2D ou en 3D. Pour visualiser l'image, on utilise un algorithme de type MIP. L'ARM par contraste de phase, contrairement à l'ARM par temps de vol, est bien adaptée à l'exploration des vaisseaux à flux lent. Elle ne visualise pas bien les vaisseaux comportant des zones de turbulence.

angiographie IRM, ARM par temps de vol, MIP

[B2,B3]

Édit. 2018

contraste n.m.

contrast

1) Caractéristique qui différencie un signal de son environnement (contraste simultané) ou qui différencie deux états du même signal (contraste successif).
Le contraste permet de mesurer le degré de perception d'un signal. On parle de contraste pour la luminance, pour la couleur, pour le son, pour le toucher et plus généralement pour toute information. Le contraste seuil est le contraste minimum assurant la perception de l'information
2) En imagerie médicale, écart de luminance entre les différentes plages d'un document iconographique.
On le définit mathématiquement, pour deux plages homogènes caractérisées par des signaux SM et Sm par le paramètre C = définition identique à celle de la modulation d'un signal sinusoïdal ayant SM pour valeur maximale et Sm pour valeur minimale.


Le terme contraste est parfois employé à tort pour produit de contraste.
3) En technique microscopique le contraste de phase est utilisé pour séparer des structures peu contrastées dont les détails sont mal visualisés en microscopie ordinaire et qui ne se distinguent que par leur indice de réfraction.
4) La sensibilité au contraste est la plus petite variation de luminosité perceptible visible, rapportée à la lumière du fond.
D'après la loi de Bouvier-Masson, le rapport obtenu est pratiquement constant dans un grand intervalle de luminance.

atténuation, courbe sensitométrique, densité optique, fonction transfert de modulation, sensibilité aux contrastes lumineux, vision du contraste

[B2,B3,A2]

Édit. 2018

contraste coloré l.m.

coloured contrast

Relation entre le stimulus coloré et son environnement.

[C2,P2]

contraste de phase l.m.

phase contrast

ARM par contraste de phase

[B2,B3]

Édit. 2018

contraste négatif l.m.

negative contrast

1) En imagerie, disparition ou diminution d'une densité en radiologie ou d'un signal en IRM.
2) Méthode de microscopie électronique consistant à enrober un corps dans un produit opaque pour le mettre en évidence par soustraction P. ex. un virus ou ses constituants.

Syn. coloration négative

[A2,B2,B3]

Édit. 2018

double contraste (technique du) l.f.

double contrast

Technique de radiologie permettant de visualiser la muqueuse d'un organe creux, par l'utilisation successive d’un produit de contraste et une insufflation de gaz.
Elle persiste surtout pour l'examen du côlon après préparation alimentaire et médicamenteuse, permettant d'apprécier sa souplesse et d'avoir une bonne image de la muqueuse en vue de la détection des petites lésions, en particulier des polypes coliques.

couches minces, lavement baryté, mucographie

échocardiographie de contraste l.f.

contrast echocardiography

Echocardiographie facilitant l’étude des shunts intra-cardiaques grâce à une injection intraveineuse de produit de contraste échographique.

Étym. gr. Echo : héros mythologique

échocardiographie

[B2, B3, K2]

Édit. 2019

écho de gradient rapide avec contraste renforcé en T2 l.m.

contrast enhanced steady state gradient echo

Seules séquences d'écho de gradient rapide permettant d'obtenir une bonne pondération en T2, par exploitation de l'écho de spin dit "stimulé", provoqué par la répétition de couples d'impulsions de radiofréquence θ.
Ces séquences (PSIF, SSFP, CE FFE T2, FAST etc.) ont été détrônées par les séquences d'écho de spin rapide, qui permettent un bon contraste en T2 avec un meilleur rapport signal/bruit.

écho de gradient rapide

[B2, B3]

Édit. 2019

hexaiodés hydrosolubles (produits de contraste) l.m.p.

produits de contraste hexaiodés hydrosolubles

[B2]

microscope à contraste de phase l.m.

Microscope utilisé pour l’observation des préparations peu contrastées, à détails mal visible au microscope classique.
Il est basé sur le principe d’une variation de la phase des ondes lumineuses qui traversent la préparation et le système optique du microscope, la phase étant l’oscillation de l’onde lumineuse à un temps donné. Les différences de phase déterminent une augmentation des contrastes dans l’image ; on les obtient au moyen d’une lame déphasante placée dans l’objectif.

F. Zernike, physicien néerlandais (1930), prix Nobel de physique en 1953

microscope, microscope classique

[A2,A3,B1,B3]

Édit. 2017

myélographie à contraste positif l.f.

positive contrast myelography

Examen radiologique de la moelle épinière à l'aide d'un produit de contraste iodé.
Elle a été d'abord réalisée à l'aide d'huiles iodées (lipiodol, puis duroliopaque); ensuite avec des triiodés hydrosolubles tolérés par voie intrathécale (métrizamide, puis iopamidol ou iohexol). Les injections se faisaient par voie lombaire pour l'exploration des régions thoracique et thoracolombaire ; par ponction cervicale en C1-C2 (voie latérale) sous contrôle télévisé pour l'exploration de la région cervicale.
Actuellement, ces examens sont supplantés par l'IRM.

Étym. gr.  muelos : moelle ; graphein : écrire

Syn. myélographie aux hydrosolubles

produit de contraste l.m.

En imagerie médicale, substance qui augmente artificiellement le contraste entre la structure qui le contient et le milieu voisin. On peut y avoir recours quand le contraste naturel est insuffisant. La nature des produits de contraste dépend du type d’imagerie.
1) En imagerie X (radiographie, scanner à rayons X) le sulfate de baryum est réservé à l’opacification de la lumière du tube digestif et les produits iodés hydrosolubles aux autres indications. Le baryum comme l’iode absorbent les rayons X en raison de leur numéro atomique élevé. Ils sont à l’origine d’un «moule» radio-opaque de la structure qui les contient. Introduits dans le système vasculaire, les produits de contraste iodés ont une phase vasculaire brève, suivie d’une phase de diffusion extravasculaire puis d’une phase d’élimination urinaire par filtration glomérulaire. Leur utilisation implique donc une fonction rénale satisfaisante. Les produits iodés peuvent être injectés par voie intraveineuse (urographie, scanner…), intra-artérielle (artériographie), intra-articulaire (arthrographie), locale (hystérographie, uréthrographie ou cystographie rétrogrades, kystographie, fistulographie…..). Ils peuvent être, surtout par voie intraveineuse, à l’origine d’une sensation transitoire de chaleur sans gravité, de nausées ou, beaucoup plus rarement, de réaction allergoïde allant de la simple sensation de démangeaison à l’œdème de Quincke voire au choc anaphylactique.
2) En IRM, les produits de contraste modifient le comportement magnétique des tissus. On distingue les produits de contraste paramagnétiques (chélates de gadolinium, dont la pharmacocinétique est voisine de celle des produits iodés et qui peuvent être injectés par voie intraveineuse ou intra-articulaire) et les agents de contraste superparamagnétiques, constitués de nanoparticules d’oxyde de fer nommées SPION (superparamagnetic iron oxide nanoparticles) ou USPION (ultrasmall superparamagnetic iron oxide nanoparticles). Les produits de contraste gadolinés augmentent le signal des tissus vascularisés en T1. Ils ne franchissent pas la barrière hémato-encéphalique normale.
3) En imagerie nucléaire, on parle de radio-traceurs : ce sont des isotopes qui se fixent sur certains organes-cibles et dont l’émission est repérée par une gamma-caméra.
4°) En échographie, on utilise des microbulles injectées par voie IV, à l’origine d’une différence d’échogénicité des vaisseaux qui les contiennent et qui permettent de préciser le mode de vascularisation d’une lésion.
Edit. 2018

Syn. opacifiant, agent de contraste

gadolinium

[B2,B3]

produits de contraste hexa-iodés hydrosolubles l.m.p.

water soluble hexaiodenated contrast media

Groupe de produits de contraste dont la molécule se compose de deux noyaux aromatiques comportant chacun trois atomes d'iode.
Le groupe comprend deux produits très différents : 1- le plus ancien est un dimère monoacide dont la solution comprend 1/3 de sel de sodium et 2/3 de sel de méglumine de l'acide ioxaglique. En solution, chaque molécule se dissocie en un ion ioxaglate d'une part, un ion sodium ou méglumine d'autre part, soit deux ions pour six atomes d'iode. Ce produit a une osmolalité faible, qui le rapproche de celle des produits non ionique de même concentration. La solution à 350 mg d'iode/mL est surtout indiquée en angiocardiographie. 2- plus récent, l'iodixanol, comporte une molécule qui ne se dissocie pas en solution et possède six atomes d'iode. Iso-osmolaire et non ionique, très bien toléré, ses indications sont celles des triiodés hydrosolubles. Il ne doit pas être utilisé en injection intrathécale.

produits de contraste iodés hydrosolubles l.m.p.

water soluble iodinated contrast media

produits de contraste hexa-iodés hydrosolubles, produits de contraste tri-iodés hydrosolubles

produits de contraste non ioniques l.m.p.

nonionic contrast media

  produits de contraste tri-iodés hydrosolubles non ioniques

produits de contraste tri-iodés hydrosolubles l.m.p.

water soluble triiodinated contrast media

Sels d'un acide organique triiodé, les acides utilisés ayant en commun un noyau aromatique portant trois atomes d'iode.
On distingue deux groupes : les tri-iodés hydrosolubles de haute osmolalité, les plus anciens, les moins coûteux et les moins bien tolérés; les tri-iodés hydrosolubles non ioniques, plus récents, plus couteux mais beaucoup mieux tolérés. Ces produits sont éliminés par voie rénale. Tous ne peuvent pas être injectés par voie intrathécale.

  barrière hématoencéphalique, osmolalité, réactions secondaires, toxicité aigüe (d'un produit de contraste)

produits de contraste tri-iodés hydrosolubles de haute osmolalité l.m.p.

high osmolality water soluble triiodinated contrast media

Premiers contrastes tri-iodés hydrosolubles apparus sur le marché. Les seuls encore utilisés sont les sels de méglumine ou de sodium et de méglumine de l'acide amidotrizoïque ou de l'acide ioxitalamique.
En solution, ces sels se divisent en deux ions : amidotrizoate ou ioxitalamate d'une part ; méglumine ou sodium d'autre part : d'où deux ions pour trois atomes d'iode. Leur osmolalité est élevée et augmente avec la concentration en iode. Fortement hypertoniques, ces produits, toxiques pour le système nerveux, ne doivent en aucun cas être injectés par voie intrathécale et seules leurs solutions les moins concentrées peuvent être utilisées en angiographie cérébrale. Les concentrations plus importantes s'emploient en angiographie, phlébographie, scanographie et, du fait de leur élimination par voie rénale, en urographie intraveineuse.

produits de contraste tri-iodés hydrosolubles non ioniques l.m.p.

nonionic water soluble triiodinated contrast media

Produits de contraste différant des tri-iodés hydrosolubles à haute osmolalité par une liaison amide stable en solution, qui rend la base salifiante solidaire de l'acide (la molécule ne se dissocie pas en solution).
Les solutions de ces produits comprennent seulement une particule pour trois atomes d'iode. Leur faible osmolalité diminue les réactions secondaires et surtout réduit de façon importante la toxicité pour le système nerveux, à tel point que certains d'entre eux (iopamiron®, omnipaque®) peuvent être injectés par voie intrathécale. Leur osmolalité, légèrement supérieure à celle du plasma aux faibles concentrations, augmente avec la concentration en iode. Ces produits sont indiqués, en fonction de leur concentration, dans tous les types d'angiographies et de phlébographies, en angiocardiographie, scanographie et, du fait de leur élimination rénale, en urographie intraveineuse.

réactions secondaires aux produits de contraste l.f.p.

secondary reactions (to contrast media)

Effets secondaires plus ou moins importants, souvent désagréables, parfois graves, provoqués par l'injection intraveineuse, plus rarement intra-articulaire ou intra-artérielle d'un produit de contraste iodé.
Les manifestations cliniques peuvent en être très variées : sensation de chaleur plus ou moins importante ; douleur parfois suffisamment intense pour justifier une anesthésie générale (en particulier lors d'une injection dans l'artère humérale ou dans l'artère carotide externe) ; nausées ou vomissements ; surtout phénomènes allergoïdes pouvant aller de la simple réaction cutanée à l'œdème de Quincke voire au choc anaphylactique.
Certains effets secondaires seraient dus au franchissement de la barrière hématoencéphalique, en rapport avec l'hypertonicité de la solution. Ces réactions secondaires sont moins importantes pour les produits de contrastes triiodés non ioniques que pour les produis de contraste triiodés classiques à haute osmolalité.

allergie à l'iode

[B2,F3]

Édit. 2018

| page précédente | /3 | page suivante