embolie artérielle périphérique l.f.
systemic arterial embolism
Migration dans une artère de substances diverses aboutissant à l'occlusion du vaisseau à distance de l'origine de l'embole.
L'aorte, surtout les artères qui s'en détachent ou leurs branches sont concernées. L'embole est habituellement fibrinocruorique, parfois fibrinoplaquettaire, voire septique, gazeux, graisseux ou cholestérolique. Différentes origines du thrombus sont possibles : cardiopathie emboligène (p. ex. rétrécissement mitral compliqué de fibrillation atriale), matériel fibrinocruorique, voire fibrinoplaquettaire, détaché d'une plaque d'athérome développée sur la paroi de l'aorte ou d'une de ses branches. Parfois, une hémopathie ou une coagulopathie sont à l'origine de la formation du thrombus alors que l'artère ne présente aucune anomalie radiologiquement décelable.
L'embolie d'une artère d'un membre ou d'un viscère peut entraîner la gangrène par ischémie du membre ou l'infarctus du viscère. Un traitement thrombolytique ou la désobstruction chirurgicale percutanée limite les conséquences et, si elle est pratiquée à temps, ils permettent d'éviter l'amputation du segment nécrosé.
L'embolie des artères rénales entraine une insuffisance rénale aigüe. L'embolie mésentérique mène à l'infarctus mésentérique. L'embolie cérébrale se complique d'une ischémie transitoire ou d'un infarctus cérébral.
Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe
→ embole, embolisation, Fogarty (sonde de), infarctus cérébral, thrombose, thrombolyse, ischémie aigüe des extrémités, fibrinocruorique, rétrécissement mitral, fibrillation atriale, coagulopathie, athérome, infarctus mésentérique, accident ischémique transitoire, infarctus cérébral
[K2, K4]
Édit. 2019
endoprothèse artérielle périphérique l.f.
peripheral arterial endoprosthesis
Prothèse le plus souvent métallique, implantée dans une artère (aorte descendante, artères rénale, iliaque, fémorale ou poplitée), soit pour compléter le résultat d'une angioplastie transluminale et prévenir une nouvelle sténose, soit pour traiter une dissection.
→ endoprothèse coronaire, angioplastie transluminale percutanée, dissection
[B3, B3, K4]
Édit. 2020
excroissance rétinienne périphérique l.f.
peripheral retinal excrescence
Petite formation rétinienne périphérique grisâtre et opaque de surface granuleuse prenant un aspect de bourgeon plus ou moins saillant.
Rarement isolée, souvent multiple, située à la base du vitré, elle correspond à des proliférations neurogliales et est le siège d'adhérences vitréorétiniennes avec risque possible de déchirures.
[P2]
Édit. 2018
gliome périphérique l.m.
peripheral glioma
iridectomie périphérique l.f.
peripheral iridectomy
Section chirurgicale triangulaire de l'iris à sa base.
neurofibromatose de type périphérique l.f.
neurofibromatosis, type I
→ von Recklinghausen (maladie de)
paralysie faciale périphérique l.f.
facial paralysis, Bell’s palsy
Atteinte motrice en rapport avec une lésion du nerf facial, de son origine à sa terminaison.
Si la lésion concerne le nerf avant sa division en branches terminales, les muscles paralysés sont ceux de la partie postérieure et inférieure d'une hémiface. On constate l'existence d'un signe de Charles Bell, c'est-à-dire que le globe oculaire se porte involontairement en haut et en dehors quand le patient fait effort pour abaisser sa paupière supérieure paralysée.
On distingue les paralysies faciales primitives et secondaires. Les premières sont souvent dites "a frigore", bien que l'induction par le froid ait été suspectée mais jamais confirmée. Il s'agit du type le plus fréquent. Après un début brutal, l'évolution est presque toujours régressive en quelques semaines ou quelques mois. Les secondaires peuvent être dues à une cause compressive, à un mécanisme inflammatoire dans le cadre d'une maladie générale, ou à une étiologie infectieuse comme un zona.
C. Bell, Sir, chirurgien écossais (1821)
partie périphérique du système nerveux l.f.
pars peripherica systema nervosi (TA)
peripheral nervous system
→ système nerveux périphérique
périphérique adj.
periphericus
peripheral
1 Caractérise une structure anatomique située loin de l’axe ou du centre du corps ou d’un organe
2 Se dit des voies nerveuses venant de ou aboutissant à un centre nerveux
rayon périphérique postérieur l.m.
back peripheral optic radius
Rayon de courbure d'une zone périphérique postérieure.
Quand elles sont multiples, ces zones sont numérotées par ordre croissant à partir de la zone entourant la zone optique périphérique.
→ zone optique centrale, zone optique périphérique
résistance vasculaire périphérique l.f.
peripheral resistance
Résistance à l'écoulement du sang le long des vaisseaux, exprimée par le rapport de la différence de pression (mmHg) entre l'origine et le point considéré du système vasculaire, et le débit cardiaque (mL/s).
Elle concrétise l’opposition à l’écoulement du sang dans les vaisseaux sanguins.
Le débit dans un vaisseau est déterminé par trois facteurs : la différence de pression du sang entre ses deux extrémités, la force de propulsion du sang, et l'opposition à son écoulement.
Elle peut être calculée à partir d'une formule dérivée de la loi d'Ohm :
R = (Pi – Pf)/ Q ou Pi est la pression moyenne initiale du vaisseau, Q le débit, Pf la pression moyenne finale dans le vaisseau.
Dans la circulation systémique, la résistance à l’écoulement du sang est pour ses deux tiers environ le fait des artérioles dont le diamètre peut varier dans un rapport de 1 à 4 selon la loi de Poiseuille :
R = 8 η l / π r4 (η est la viscosité du sang, l la longueur et r le rayon du vaisseau).
Ce phénomène de variation du diamètre des vaisseaux appelé vasomotricité est un facteur majeur de régulation de la pression artérielle systémique et localement des débits régionaux. De plus, les résistances systémiques favorisent la transformation du débit pulsatile artériel en débit continu capillaire et veineux nécessaire aux échanges entre les cellules et le compartiment vasculaire.
→ Poiseuille (loi), Ohm (loi d')
sclérocornée périphérique l.f.
peripheral sclerocornea
Malformation congénitale très rare, avec absence de différenciation sclère-cornée au limbe.
Elle prend l’aspect d’un anneau translucide circulaire ou ovalaire qui fait 360 degrés et est accompagné de vaisseaux qui se prolongent à partir du limbe et laissent le centre cornéen fonctionnel. On peut trouver sur cette portion centrale une cornea plana et l'œil peut être hypermétrope fort. Il y a parfois des adhérences iridocornéennes mais pas d'hypertonie ni de microphtalmie. L’affection est autosomique dominante (MIM 181700).
syndrome vestibulaire périphérique l.m.
vestibular peripheral syndrome
Ensemble des symptômes et signes d’examen liés à une lésion du labyrinthe postérieur (ou vestibule) ou du nerf vestibulaire.
Les symptômes sont le vertige rotatoire ou linéaire avec nausées et vomissements. Les signes d’examen associent un nystagmus dont la composante lente dévie du côté lésé et une ataxie. Typiquement, le syndrome vestibulaire périphérique est harmonieux, c’est-à-dire que tous les signes déficitaires battent dans le même sens : ainsi une atteinte du vestibule droit provoque-t-il un nystagmus gauche (mais dont la composante lente pathologique bat vers la droite), une déviation des index et de la marche aveugle vers la droite, un signe de Romberg vers la droite.
M.H. Romberg, neurologue allemand (1846)
Étym. lat. vestes : vêtement (le vestibule était la pièce où le visiteur laissait ses vêtements d’extérieur)
→ vertige, nystagmus, Romberg (signe de), vestibulaire (exploration instrumentale), équilibre, nerf vestibulaire
système nerveux périphérique l.m.
systema nervosum periphericum, pars peripherica systema nervosi (TA)
peripheral nervous system
Ensemble de tous les organes du système nerveux qui n’appartiennent pas au système nerveux central.
Ce sont les ganglions, les nerfs et les plexus.
taxis périphérique l.m.
peripheral taxis
Pression exercée sur les parois d’un utérus inversé lors de la délivrance pour tenter sa réintégration dans la cavité pelvienne.
Étym. gr. taxis : arrangement
tissu lymphoïde périphérique ou secondaire l.m.
peripheral lymphoid tissue
Ensemble des tissus lymphoïdes formé par les ganglions, la pulpe blanche de la rate et les formations lymphoïdes associées aux muqueuses.
Ces tissus sont le lieu de la différenciation terminale des lymphocyes T et B et du passage des lymphocytes sanguins vers le tissu lymphoïde à travers des veinules postcapillaires. Ces tissus sont organisés en zones riches en cellules B (follicules lymphoïdes primaires, centres germinatifs) et en zones riches en cellules T (ex : cortex profond des ganglions).
→ MALT
vision périphérique l.f.
peripheral vision
Vision assurée par la périphérie de la rétine, en dehors de la zone maculaire.
Cette vision est caractérisée par une faible acuité, par une moindre sensibilité aux couleurs, mais aussi par une remarquable sensibilité au contraste et au mouvement.
→ vision, vision ambiante, vision centrale
agglutinines froides (neuropathie à) l.f.
peripheral neuropathy in cold agglutinin disease
Affection auto-immune caractérisée par une anémie chronique, un hémoglobinurie et un rash avec acrocyanose provoqué par le froid.
L'existence d'une polyneuropathie sensitive, plutôt de nature axonale, a été décrite dans un cas de maladie des agglutinines froides idiopathique sans cryoglobulinémie. Le traitement par glucocorticoïdes et échanges plasmatiques a entraîné une guérison de l'anémie et de la neuropathie périphérique.
T. D. Thomas, neurologue américain (1991)
Étym. lat. glutinare : coller
[F1,F3,H1,N3]
Édit. 2017
blocs de conduction (neuropathie focale avec) l.f.
focal neuropathy with conduction blocks
Neuropathies le plus souvent purement sensitives avec blocs de conduction multifocaux et chroniques.
Surtout masculines, elles comportent une atteinte motrice asymétrique plutôt distale, prédominant aux membres supérieurs, avec crampes, fasciculations et aréflexie fréquente. Leur évolution est lente.
Selon certains, ces neuropathies sont proches des polyradiculonévrites chroniques et elles se caractérisent par : une élévation, dans un bon nombre de cas, d'anticorps antigangliosides (antiGM) dans le sérum du patient et par l'efficacité des traitements à visée immunosuppressive (immunoglobulines par voie intraveineuse, cortisone, échanges plasmatiques et immunosuppresseurs tels que le cyclophosphamide).
Édit. 2017
démyélinisante (neuropathie congénitale) l.f.
demyelinizating congenital neuropathy
Polyneuropathie de l'enfant avec démyélinisation.
Quelques très rares observations depuis celle rapportée par Lyon en 1969, ont été décrites. Elles se traduisent par une hypotonie, un déficit moteur marqué, des difficultés respiratoires et des troubles de la déglutition. La conduction nerveuse est très basse, souvent inférieure à 5 m par seconde. La biopsie nerveuse confirme une démyélinisation très sévère. Certains cas comportent, associées, des lésions d'hypermyélinisation.
Actuellement, il est difficile de savoir si ces cas correspondent à des formes à début précoce de maladie de Charcot-Marie-Tooth, 1 ou 3 (Dejerine-Sottas).
G. Lyon, neuropédiatre français (1969) ; J-M. Charcot et P. Marie, neurologues français, membres de l'Académie de médecine (1886) ; H. H. Tooth, neurologue britannique (1886) ; J. Dejerine, membre de l'Académie de médecine et J. Sottas, neurologues français (1893)
→ Charcot-Marie-Tooth (maladie de), Dejerine-Sottas(maladie de)
Denny-Brown (neuropathie de) l.m.
Denny-Brown’s neuropathy, paraneoplastic sensory neuropathy
Ensemble de manifestations cliniques liées à une neuropathie sensitive d’origine paranéoplasique par atteinte du ganglion spinal rachidien postérieur, parfois prolongée par des lésions dégénératives des cordons postérieurs.
Cette atteinte radiculaire et cordonale postérieure se traduit par des paresthésies et par des douleurs fulgurantes asymétriques des quatre membres. Elle s’installe en quelques jours à quelques mois, entraîne une ataxie proprioceptive et aboutit à un tableau pseudo-tabétique. L’évolution se fait vers une atteinte diffuse du névraxe avec troubles respiratoires. Ce syndrome paranéoplasique est presque exclusivement observé dans les carcinomes bronchiques à petites cellules. Il est très souvent révélateur, précédant la découverte du carcinome. Il serait d’origine auto-immune. Il n’est qu’exceptionnellement réversible sous traitement.
D. Denny-Brown, neurologue néo-zélandais (1951) ; R. Wyburn-Mason, médecin britannique (1948)
Syn. neuropathie sensitive subaiguë paranéoplasique
→ neuropathie paranéoplasique, paranéoplasiques (neuropathies périphériques)
dysglobulinémique (neuropathie) l.f.
dysglobulinemic (neuropathy)
Neuropathie associée à une gammapathie monoclonale bénigne (ou gammapathie monoclonale de signification indéterminée) ou produit d'une prolifération lymphoplasmocytaire (macroglobulinémie de Waldenström, myélome multiple, lymphome malin, etc.).
Deux types sont distingués :
- IgM (gammapathie bénigne ou macroglobulinémie de Waldenström), avec une activité auto-anticorps antiMAG (composant antigénique de la myéline) souvent présente, et un tableau clinique de polyneuropathie sensitive ataxiante. Révélés par les techniques d'immunomarquage, les dépôts de l'IgM dans la myéline ont un aspect caractéristique d'élargissement des lamelles de myéline en microscopie électronique. En l'absence d'anticorps antiMAG, les caractères démyélinisants sont moins nets. L'efficacité des traitements immunosuppresseurs
est faible ;
- IgG ou IgA, avec ou sans myélome, traduites par des polyneuropathies sensitivomotrices ou sensitives pures de type axonal, des polyradiculonévrites chroniques, un syndrome POEMS, une atteinte rare des nerfs crâniens. Elles précèdent souvent le myélome. Dans 20% des cas, il s'agit d'une neuropathie amyloïde. Les aspects électrophysiologiques sont de type axonal. La biopsie nerveuse est peu éclairante en dehors des formes avec amylose. De rares cas miment une maladie du neurone moteur (amyotrophie spinale ou sclérose latérale amyotrophique). Les immunosuppresseurs sont exceptionnellement actifs, sauf dans les polyradiculonévrites chroniques, et en tout cas inefficaces sur les neuropathies amyloïdes.
J. G. Waldenström, médecin interniste suédois, membre de l’Académie de médecine (1944)
dysimmune (neuropathie) l.f.
dysimmune neuropathy
Neuropathie périphérique dont les mécanismes lésionnels pourraient être en rapport avec une anomalie acquise du système immunitaire de l'organisme : il s’agit soit d'une atteinte isolée des nerfs périphériques, soit de manifestations s'intégrant dans le cadre d'une maladie générale inflammatoire ou dysimmunitaire.
Parmi les atteintes isolées, on envisage surtout le syndrome de Guillain-Barré et les formes subaigües ou chroniques de polyradiculonévrite. On peut y associer les polyneuropathies des gammapathies monoclonales dites bénignes (de signification indéterminée, en anglais : "MGUS", "Monoclonal Gammopathy of Undetermined Signification")) et les neuropathies à blocs de conduction multifocaux.
Dans le cadre des neuropathies d'une maladie inflammatoire générale, on regroupe celles de la périartérite noueuse, des collagénoses, de la sarcoïdose, des hémopathies (neuropathies paranéoplasiques associées à une gammapathie monoclonale maligne, au cours d'un lymphome malin, d'une cryoglobulinémie). Les atteintes du système nerveux périphérique d'origine infectieuse, comme la lèpre et les infections par un rétrovirus (HIV, HTLV), sont également de ce type.
G. Guillain et G. Barré, neurologues français, membres de l’Académie de médecine (1916)
neuropathie du fémorocutané l.f.
femoral cutaneous neuropathy
Neuropathie sensitive du membre inférieur.
Issu du plexus lombaire (L2-L3), ce nerf est à l'origine de la méralgie paresthésique de Roth, avec douleurs et paresthésies en "raquette" à la face antéro-externe de la cuisse, lors de la station debout : neuropathie qui serait secondaire à une compression du nerf au niveau de l'épine iliaque antéro-supérieure. Elle s'améliore par des infiltrations de la région. Parfois, une douleur dans ce territoire a pu être révélatrice d'un diabète.
V. K. Roth, neuropathologiste russe (1895)
→ nerf fémoro-cutané, méralgie paresthésique du nerf cutané fémoral latéral
[H1]
Édit. 2018
grand dentelé (neuropathie du nerf du) l.f.
serratus anterior nerve neuropathy
Atteinte du nerf du grand dentelé, issu du plexus brachial.
Elle peut être isolée et entraîner un décollement de l'omoplate par paralysie du muscle grand dentelé (m. serratus anterior), mais le port répété de charges lourdes sur l’épaule avec un appui dans l’angle entre le cou et l’épaule (lourdes caisses de bois) peut être à l’origine d’une contusion du nerf.
Le diagnostic différentiel doit se faire avec le syndrome de Parsonage et Turner.
M. J. Parsonage et J. W. A. Turner, neurologues britanniques (1948)