Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

48 résultats 

première urgence l.f.

first degree emergency (expression inusitée en anglais)

urgence (première)

service d'accueil des urgence s l.m.

emergency department

urgences (service d'accueil des)

service mobile d'urgence et de réanimation (SMUR) l.m.

Service hospitalier public chargé d’apporter des soins aux malades et aux blessés hors de l’enceinte hospitalière et de les transporter dans des conditions de réanimation satisfaisantes, en coordination avec le SAMU.
Le SAMU constitue donc le service organisateur dont les SMUR sont les éléments mobiles d’intervention.

Syn. moyens mobiles hospitaliers

sida (urgence et) l.f.

emergency and aids

Prise en charge en urgence de sujets atteints de sida, qui ne pose pas de problème très particulier concernant le patient, mais qui, lors des secours aux blessés, concerne le personnel soignant pour éviter une contamination à laquelle sont particulièrement exposés les chirurgiens, les anesthésistes, les endoscopistes, les infirmières et les intervenants en urgence.
Il est difficile de savoir si la victieme d’un accident est infectée par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) : aussi la prudence doit-elle être de règle. Les chirurgiens courent le risque de piqûres infectantes, les anesthésistes peuvent être contaminés lors des manipulations d’intubation et les infirmières lors des soins. Tous doivent porter des gants suffisamment protecteurs et être particulièrement prudents. En cas de contamination du personnel soignant, une déclaration doit être faite.
Les traitements antiviraux ont peu d’interaction avec les anesthésiques ; en revanche, l’état d’immunodépression et les infections opportunistes compliquent la réanimation.

stades de gravité de l'urgence médicale l.m.

medical emergency severity scale

urgence médicale (stades de gravité de l')

tri préalable des appels d'urgence l.m.

triage of emergency calls

Tri des appels d'urgence par l'octroi de numéros gratuits d'urgence spécialisés à la police, aux pompiers et au SAMU permettant d'orienter rapidement les interventions des secours.
Le téléphone est le véhicule privilégié de l'alerte, mais si l'appel téléphonique n'arrive au service de secours qu'après retransmission par un ou plusieurs intermédiaires l'information est retardée et appauvrie : il en résulte un retard des soins qui peut avoir des conséquences graves en cas de détresse vitale.  Pour éviter cet inconvénient les Russes ont instauré, dès 1903, le tri préalable des appels d'urgence en donnant les numéros d'appel direct distincts pour : 1, la police, 2, les pompiers et 3, les appels aux médecins.
Ce système existe toujours en Russie (les numéros sont maintenant à trois chiffres 101, etc., pour éliminer les fausses manœuvres) où il a donné lieu à la mise en place de stations médicales dotées d'ambulances dès le début du siècle. En France il est à l'origine des trois numéros d'appel d'urgence gratuits, 18, pompiers, 17, police et 15, ce dernier est servi (sous confidentialité médicale) par le SAMU devenu «Centre 15».
Après la 2e Guerre Mondiale, la Suède a mis en place un système d'appel téléphonique d'urgence unique (numéro 119), ce qui est une régression par rapport au système russe. Cette mauvaise solution a été adoptée par une Directive Européenne.
En effet, l'appelant sait très bien s'il recherche un secours de police, de l'aide pour un incendie ou des soins médicaux en urgence : son tri préalable fait gagner un temps précieux, car un central 119 unique implique un délai d'1 à 5 minutes pour diriger l'appel sur le service compétent. Ce retard a des conséquences graves en cas de détresse vitale : il implique qu'aucun arrêt cardiaque ne puisse être traité par un tel service d'urgence.
De toute façon tout maillon intermédiaire de transmission de l'alerte entraine un affaiblissement de l'information et des frais supplémentaires inutiles car un central 119 ne supprime pas ceux de la police, des pompiers ni du SAMU, et il ne sert pas à grand-chose.

appel unique dans l'Union Européenne

trousse d'urgence du médecin l.f.

doctor's first aid kit

Trousse médicale de conditionnement pratique pour permettre le traitement immédiat des urgences auxquelles le praticien peut avoir à faire face.
Le choix d'un matériel médical simple et des médicaments indispensables constituant la trousse d'urgence, instrument de travail personnel, dépend de l'expérience et des habitudes du praticien et du milieu où il exerce. La liste ci-dessous est donnée à titre indicatif.
Matériel médical simple :
- stéthoscope ;
- tensiomètre pour la pression artérielle ;
- marteau à réflexes ;
- lampe de poche (pour regarder une gorge ou même chercher un numéro d'appartement ou d'escalier) ;
- doigtiers (en emballage stérile) et tube de vaseline ;
- otoscope à pile (éventuellement rhinoscope, ophtalmoscope, etc.) ;
- thermomètre médical ;
- garrot ;
- seringues, aiguilles, embouts pour injections intraveineuses (seringues à usage unique), cathéters courts avec trocart (cathlon) périphé­riques et centraux, le tout en emballage stérile ;
- compresses stériles, pansements, sparadrap, élastoplast→ (le coton et l'alcool se trouvent dans toutes les familles, mais pour les secours d'urgence il faut prévoir de les emporter) ;
On peut en outre prévoir :
- matériel pour suture stérile (fils avec aiguille sertie, aiguilles droites, ciseaux ordinaires)
- gants élastiques stériles,
- clamp ombilical stérile,
- autoadhésif 40/40,
- boîte de petite chirurgie stérile avec bistouri, ciseaux pointus, pinces de Kocher, pince à disséquer, pinces de Halstedt, sonde cannelée.

urgence n.f.

emergency

1) Dans le domaine médical, situation d'un patient à soigner sans délais.
La notion médicale fait intervenir deux acteurs antagonistes, celui qui appelle à l'aide et celui qui est sollicité : chacun apprécie différemment la situation.
L'appellant ressent l'urgence de façon surtout subjective, c'est l'urgence ressentie. Celui qui est sollicité apprécie plus objectivement et cherche à distinguer l'urgence vraie de la fausse urgence.
Après avoir obtenu les renseignements permettant un  premier bilan fonctionnel et lésionnel, le médecin apprécie si l'urgence est vraie et, si oui, quel est le temps nécessaire pour être efficace. Compte tenu de ces données, il met en œuvre son intervention en fonction des risques estimés et des moyens disponibles. Selon ces critères on peut décrire :
- l'«urgence absolue» qui correspond à une situation de détresse vitale,
- l'«extrême urgence» (urgence immédiate) qui évolue très vite vers l'urgence absolue.
Les extrêmes urgences sont bien souvent intransportables.
- l'«urgence relative» qui peut attendre,
- l'«urgence potentielle» qui nécessite seulement une surveillance attentive.
A partir de la notion de transportabilité, certains auteurs subdivisent l'urgence relative en :
- «première urgence», état grave mais ventilation spontanée efficace, patient à transporter couché,
- «deuxième urgence», conscience conservée, hémorragies arrêtées, patient à transporter couché,
- «troisième urgence», éclopés, blessures minimes, patient pouvant être transporté assis.
Mais d'autres classifications sont encore utilisées par les organismes civils ou militaires chargés des secours : les militaires, par exemple, regroupent les extrêmes urgences et les premières urgences, sous le terme d'urgence absolue.
Toutes ces classifications permettent aux organismes responsables de préciser leur tactique pour la mise en œuvre des secours. Mais les réalités médicales rentrent mal dans un cadre aussi formel et les études épidémiologiques permettent de mieux cerner les choses en fonction de la nature des affections. Elles ont conduit à instituer des services de soins intensifs et de structures d'accueil des urgences dans les hôpitaux ainsi que des SMUR pour intervenir lors des urgences extrahospitalières. Ces services se sont équipés d'appareillages spécialisés (défibrillateurs cardiaques portables, respirateurs mécaniques autonomes, matelas coquille, pantalon anti-G, etc.) et ils ont été conduit à former des secouristes spécialisés (« paramedics» aux É.U., équipes spécialisées de pompiers en France).
2) Par ellipse et au pluriel, service d'accueil des urgences.
3) En procédure civile ou administrative la notion d’urgence sévit également.
80% des missions d’expertise judiciaire en responsabilité médicale le sont par une procédure d’urgence appelée procédure de référé, avant dire droit, c'est-à-dire avant que l’affaire ne soit portée en jugement au fond devant un tribunal. Dans 80% des cas de référés en médecine les parties s’accordent sur le rapport de l’expert et règlent le litige par une transaction.

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

défibrillateur, détresse, matelas à dépression, pantalon anti-G, SAMU, SMUR, urgence (épidémiologie de l'), urgences (service d'accueil des), urgent

urgence absolue l.f.

EU, urgent hard

Situations d'un patient évoluant spontanément vers de très graves complications, voire la mort, s'il n'est pas traité au plus vite.
Une urgence absolue (détresse vitale) n'est transportable en principe qu'après mise en conditions avec des soins de réanimation.
Les militaires regroupent les extrêmes urgences et les premières urgences, sous le terme d'urgence absolue.

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

détresse, urgence

urgence (deuxième) l.f.

second degree emergency ('expression inusitée en anglais)

Blessé dont la conscience est conservée, et dont les hémorragies sont arrêtées.
Il doit être transporté couché.

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

urgence

épidémiologie de l'urgence l.f.

Classement des urgences médicales selon leur cause et selon leur évolution dans le temps sur la base des données épidémiologiques

Ces données statistiques permettent de préciser l'évolution des différentes urgences médicales en fonction du temps.
Dans tous les cas l'évolution d'un groupe de patients atteints de la même affection se fait en trois phases, de durée variable selon la cause :

1) phase silencieuse d'incubation (pas de troubles graves) pouvant durer quelques secondes ou des heures et parfois plus (urgences potentielles),
2) phase critique, des troubles et, dans les cas les plus graves, des morts apparaissent progressivement,
3) phase de résolution : il n'y a plus de nouveau décès, soit parce que tous les patients sont morts, soit parce que les survivants évoluent vers la convalescence, avec des séquelles éventuelles plus ou moins importantes.
Les données montrent que cette évolution dans le temps suit une loi statistique logarithmiconormale. Sa connaissance permet d'organiser les secours de façon rationnelle : on ne peut, p. ex., faire face à un arrêt cardiaque avec une bonne efficacité que dans une unité de soins intensifs ou en salle d'opération, sinon le taux de succès est faible même avec des secours bien organisés.
Dans les situations de détresse, la statistique de mortalité en fonction du logarithme du temps permet de d'évaluer en première approximation (anamorphose de Henry de la courbe de Galton en droite) le temps d'apparition des premières morts, T1, le temps de fin de la phase critique, T2, temps létal médian, TL50, qu'il est facile d'obtenir par l'observation. Le tableau ci-dessous (Cara, 1990) donne le résultat de ces estimations dans quelques cas typiques (distribution log-normale).
 

M. Cara, anesthésiste réanimateur français, membre de l’Académie de médecine (1917-2009)

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

[E1, G2]

Édit. 2020

urgence extrême l.f. 

E I, immediate emergency

Situation qui évolue très vite vers l'urgence absolue.

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

urgence

urgence (fausse) l.f.

false emergency

Situation considérée comme urgente par les appelants mais qui ne l'est pas en réalité.

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

urgence

urgence hypertensive l.f.

- des signes d'insuffisance cardiaque gauche ;

La crise est favorisée par l'arrêt intempestif d'un traitement antihypertenseur et par l'alcoolisme. Elle est souvent déclenchée par l'effort physique et les émotions. Les crises apparaissent au cours de toutes formes d'hypertension. Le traitement entrepris sans délai a pour but de faire régresser les symptômes, d'abaisser la pression diastolique au-dessous de 100 mm de Hg et de maintenir une diurèse horaire supérieure à 20 mL. Il associe inhibiteurs calciques et diurétiques et doit être précoce pour obtenir un résultat : le pronostic cardiovasculaire et cérébral immédiat dépend de la précocité du traitement, le pronostic à long terme dépend en grande partie de la fonction rénale et de la maladie causale éventuelle et de l'observance d'un traitement efficace.

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

urgence

urgence immédiate l.f.

immediate emergency

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

urgence (extrême)

urgence potentielle l.f.

possible emergency

Situation d'un patient qui ne nécessite qu'une surveillance attentive mais la situation peut se dégrader de façon imprévisible.

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

urgence

urgence (première) l.f.

first degree emergency (expression inusitée en anglais)

Situation d'un blessé grave mais dont la ventilation spontanée est efficace et dont la conscience subsiste plus ou moins (au contraire un patient présentant une extrême urgence est souvent très dyspnéique voire au bord de l'asphyxie).

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

urgence

urgence psychiatrique l.f.

acute psychiatric emergency

État critique, souvent dangereux, secondaire à une affection psychiatrique ou, chez l'enfant et l'adolescent plus souvent, à une situation de conflit, de tensions internes, de détresse, d'origines extrêmement variées.
Il peut s'agir, par exemple :
- d'un état confusodélirant aigu (certaines ivresses alcooliques, notamment), dont une cause organique éventuelle devra être recherchée ;
- d'un état second chez un schizophrène ou un délirant chronique connu ;
- d'une décompensation émotionnelle (crise névropathique, comportement suicidaire, associé à un état dépressif dans un tiers des cas environ) ;
- de phénomènes de manque chez un toxicomane.
En l'état actuel, les sujets en urgence psychiatrique sont habituellement admis à l'hôpital général où ils comptent pour 10 à 30% des urgences. Mais 30% de ces sujets ne sont pas hospitalisés. En fait une intervention brève de quelques heures est souvent suffisante : écoute du patient, contact avec les proches, évaluation et dédramatisation de la situation, prescription de médicaments anxiolytiques et sédatifs, etc.
Les progrès accomplis en matière de prise en charge de la violence, d'organisation et de coordination des structures spécialisées d'accueil en urgence doivent se poursuivre. Il s'agit notamment des centres de crise. On prévoit également la mise en place d'équipes de secteur dans le cadre de l'urgence générale, après passation de conventions entre les centres hospitaliers spécialisés et généraux.
L'association entre somaticiens et psychiatres dans cette prise en charge des soins doit aussi permettre d'éviter une «psychiatrisation» excessive des problèmes sociaux, notamment de ceux des «exclus».

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

urgence

urgence relative :

E D, delayed emergency

Situation d'un patient dont le traitement peut attendre.

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

urgence

urgence ressentie l.f.

felt emergency

Urgence dépendant surtout de la douleur perçue par le patient ou estimée par son entourage.
Mais la douleur n'est pas un critère très fidèle : elle conduit souvent à surestimer la situation, à l'inverse la douleur peut parfois être minimisée par le patient ou même négligée par l'entourage alors que la situation est sérieuse.

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

urgence.

urgence médicale (stades de gravité de l') l.m.

medical emergency severity scale

L'un des quatre stades de gravité de l'état d'un patient permettant de faire un diagnostic sur le degré d'urgence d'une intervention médicale.
I) Période de latence ou urgence potentielle où il y a peu de signes attirant l'attention.
II) Apparition de signes cliniques, la douleur est souvent un signe d'alerte, on peut alors faire une approche diagnostique qui permet d'estimer un délai maximum tolérable avant d'entreprendre les soins.
III) Signes nets, la douleur est en général très présente, c'est souvent elle qui incite à donner l'alerte.
IV) Phase terminale de détresse, la douleur peut être très atténuée, mais si l'on ne fait pas les soins efficaces extrêmement rapidement (ex. 3 minutes pour un arrêt cardiocirculatoire), la mort (ou la perte de l'organe - ex. l'œil) est inéluctable.

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

urgence, urgence ressentie

urgence (troisième) l.f.

third degree emergency (mais l'expression n'est pas usitée en anglais)

Éclopé dont les blessures sont minimes et qui peut être transporté assis.

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

urgence

urgence vraie l.f.

true emergency

Urgence reconnue comme telle par une autorité compétente et confirmée ultérieurement lors de la discussion de l'observation médicale.
L'analyse des circonstances matérielles initiales comme la description des délais et conditions de transport du patient ne doit pas être négligée : l'observation médicale ne doit pas débuter aux constatations faites à l'entrée dans le service d'hospitalisation. De même elle ne doit pas s'arrêter à la sortie du service : l'évolution au cours de la convalescence et la description des séquelles éventuelles ou, en cas d'échec, les constatations nécropsiques doivent être rapportées. Faute de ces éléments il peut être impossible de juger de la validité de la décision prise (et de la qualité des décideurs successifs) pour admettre qu'il s'agissait d'une urgence vraie et en conséquence pour apprécier les choix qui ont été faits pour orienter le patient.

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

urgence

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