Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

78 résultats 

mesure (appareil de) l.m.

gauge, measure apparatus

Appareil destiné à comparer une grandeur à un étalon de même nature.
La mesure d'une grandeur est proportionnelle à la grandeur de l'étalon, il en résulte qu'elle est exprimée par un nombre rationnel, comportant souvent des décimales, qui doit être suivi du nom de l'unité (p. par exemple 1,5 mètre).
La mesure n'est pas indépendante de la technique de mesure : Benoit Mandelbrot à posé la question : «Quelle est la longueur de la côte de Bretagne ? ». Il est impossible d'y répondre sans préciser la méthode de mesure car plus le pas de mesure est petit plus la longueur croit : au micron près elle serait quasiment infinie.
La remarque est valable pour toutes les mesures, en médecine notamment : le résultat d'une mesure devrait toujours être accompagné de l'indication de sa précision, car une précision exagérée peut amener à un résultat aléatoire qui ne tend pas forcément vers une limite.
Outre son coût, qui n'est pas une qualité technique, quatre facteurs définissent les qualités d'un appareil de mesure:
- Précision, elle est indiquée par le nombre de chiffres du résultat, le dernier fixe l'ordre de grandeur de la mesure : par exemple 0,83 g = 0,83 ± 0,01 g.
- Exactitude, elle dépend de l'étalonnage et des indispensables contrôles périodiques, sinon les résultats sont entachés d'erreurs systématiques.
- Fidélité, l'appareil doit donner toujours le même résultat pour la mesure d'une même grandeur.
- Fiabilité, il doit être suffisamment robuste pour qu'il ne se casse pas ou ne tombe pas en panne.
La lecture du résultat donné par l'appareil peut être analogique (par exemple position d'une aiguille sur un cadran) ou numérique (affichage des chiffres du résultat sur un tableau).
En médecine d'urgence il faut en outre tenir compte de trois autres qualités
- Maniabilité (temps perdu pour la mise en œuvre).
- Encombrement
- Poids, pour les appareils portables.

B. B. Mandelbrot, mathématicien américain (1924-2010)

Étym. lat. mensura, mesure, mesurage (déverbal de metior, mesurer, même racine que «mètre»)

mesure de distance l.f.

distance mesurement

En scanographie, possibilité de mesurer avec précision la distance entre deux points.
Un curseur électronique étant placé sur l'image aux deux extrémités de la distance à mesurer, l'ordinateur calcule la distance exacte séparant les deux pixels situés aux extrémités de ce segment.

Étym. lat. mensura, mesure, mesurage (déverbal de metior, mesurer, même racine que mètre)

mesure de la pression artérielle l.f.

measure of the blood pressure

Examen clinique fondamental, la mesure de la pression artérielle est le plus souvent réalisée avec un sphygmomanomète ou de façon préférentielle avec un appareil électronique mais elle peut être effractive dans des circonstances particulières.
En clinique on mesure la pression artérielle par la méthode auscultatoire, de l’artère humérale chez le sujet assis ou couché (ce qui correspond approximativement à la pression régnant à la sortie du cœur gauche) en utilisant un sphygmotensiomètre ou un appareil électronique.
Le dégonflement progressif de ce manchon initialement gonflé au maximum est suivi par l’auscultation des battements artériels. L’apparition de battements audibles puis leur disparition marquent les niveaux de la pression artérielle systolique et de la pression diastolique. L’emploi d’un appareil électronique dispense de l’auscultation.
La mesure de la pression artérielle peut être effectuée de manière ambulatoire pendant 24 heures (mesure automatisée). Elle peut aussi être réalisée par le malade lui-même (automesure tensionnelle).
En anesthésiologie, particulièrement lors chirurgie cardiaque, et en réanimation on utilise souvent la mesure effractive par cathétérisme artériel. Beaucoup plus précise elle apporte par  son enregistrement des informations supplémentaires.

pression artérielle, sphygmomanomètre, sphygmomanomètrie, mesure automatisée de la pression artérielle, auto-mesure tensionnelle, mesure effractive de la pression artérielle

mesure de la vitesse circulatoire l.f.

circulation rate (measure of)

vitesse circulatoire (mesure de la)

mesure des masses tubulaires de réabsorption et de sécrétion rénales l.f. 

measure of the kidney tubular masses of reabsorption and secretion

transport rénal

mesure du volume globulaire l.m.

red cells volume (measure of)

volume globulaire (mesure du)

mesure du volume plasmatique l.m.

plasmatic volume (measure of)

volume plasmatique (mesure du)

mesure effractive de la pression artérielle l.f.

invasive measure of the blood pressure

Méthode de mesure de la pression artérielle, par cathétérisme artériel, utilisée en anesthésiologie, en particulier à l’occasion d’une intervention de chirurgie cardiaque, et en réanimation.
Beaucoup plus précise que la méthode clinique, elle apporte par son enregistrement des informations supplémentaires.

pression artérielle

mesure radio isotopique d'une hémorragie digestive occulte l.f.

hémorragie digestive occulte (mesure radio isotopique d'une)

température (mesure de la) l.m.

measure of temperature

En médecine, mesure ou enregistrement de la température du corps humain.
Comme les marges de variation de la température de l'homme normal sont très étroites, il faut que les thermomètres médicaux soient sensibles, fidèles et précis. La loi de 1903 a institué la vérification de chaque thermomètre médical par le Laboratoire National d'Essai.
Plusieurs phénomènes sont utilisés pour mesurer la température : dilatation des gaz (Galilée, 1592), des liquides (eau, alcool puis mercure - Fahrenheit, 1709), variation de la résistance électrique (fils de platine, thermistance) ou différence de potentiel d'un couple thermoélectrique, etc.
Le thermomètre médical classique doit être précis au 10e de degré et son échelle doit aller de 36 à 42°C. Mais son utilisation n'est pas très commode en réanimation car l'échelle est insuffisante pour l'hypothermie et il ne permet pas de suivre la température en permanence. On utilise alors des thermomètres à thermistance qui doivent être étalonnés régulièrement. Ils permettent d'obtenir un enregistrement si besoin.
On mesure la température rectale ou tympanique, Dans la bouche (sous la langue) ou même sous le bras, elle est plus basse d'un degré. La mesure de la température n'a été utilisée en médecine qu'au début du XIXe siècle (Joseph Récamier) et n'est devenue courante qu'à la fin de ce siècle.
Pour les usages industriels et les autres usages médicaux (stérilisation etc.) on utilise divers thermomètres allant jusqu'à 180°C et plus (stérilisation) ou descendant au-dessous de 0°C (cryométrie).

température

vitesse circulatoire (mesure de la) l.f.

circulation time (measure of)

La vitesse circulatoire globale est déterminée en mesurant le temps écoulé entre l’introduction d’un produit- test dans une veine périphérique et sa manifestation en un point éloigné du réseau circulatoire.
Cette manifestation peut être le goût d’un produit sapide ou de l’éther, une réaction physiologique précise, ou l’apparition d’une coloration avec la fluorescéine.

volume globulaire (mesure du) l.m.

red cells volume (measure of)

Le volume globulaire se mesure grâce à un traceur isotopique : érythrocytes marqués au chrome 51 Cr

volume globulaire

volume plasmatique (mesure du) l.m.

Le volume plasmatique est mesuré en utilisane l'albumine marquée à l'iode 1251

volume plasmatique

étalonnag d'un appareil de mesure

calibration

Opération expérimentale par laquelle on établit la correspondance entre l'indication d'un appareil de mesure et une valeur numérique connue de la grandeur mesurée.

[B3]

Édit. 2018  

constante de débit de kerma l.f.

kerma rate constant

Constante caractéristique d’un radionucléide, représentant le débit de kerma dans l'air, délivré par les photons à la distance unité d’une source ponctuelle et rapporté à l’unité d’activité.
Unité : Gy.s-1.Bq-1.m2
Les photons considérés sont les gammas, les rayons X, le rayonnement de freinage interne, dont l’énergie est supérieure à un certain seuil conventionnel (généralement 20 keV).

[B1]

courbe débit-volume l.f.

flow-volume curve

Enregistrement du débit en fonction du volume au cours des manœuvres d'expiration et d'inspiration forcées rapides.
L'analyse de la courbe débit-volume et de ses paramètres est particulièrement utile pour la reconnaissance des troubles ventilatoires obstructifs.

[C2,K1]

criblage à haut débit l.m.

high-throughput screening

Le criblage à haut débit désigne dans le domaine de la pharmacologie, de la biochimie, de la génomique et de la protéomique, les techniques visant à étudier et à identifier dans les chimiothèques et ciblothèques, des molécules aux propriétés nouvelles, biologiquement actives.
L’expression « haut débit » évoque ici l’utilisation de la robotique, de l’informatique et de la bio-informatique pour accélérer la phase de test des molécules, protéines, catalyseurs, etc. en vue de processus de production de matériaux, médicaments, etc. Le criblage à haut débit s’appuie sur la bio-informatique, la génomique, la protéomique, la robotique, et parfois les nanotechnologies, etc.

Sigle HTS

toxicogénomique, pharmacologie, protéomique, génomique, chimiothèque, ciclothèque

Édit. 2015

débit n.m.

flow

En mécanique des fluides et en physiologie, volume (ou masse) écoulé par unité de temps.
On distingue le débit instantané (ex. débit de pointe) et le débit «moyen» mesuré sur un temps plus long, la minute, en physiologie, sauf indication contraire.
Symboles : pour le débit moyen mesuré sur une minute on note V' pour les écoulements gazeux et Q' pour ceux de sang.

Étym. déverbal du verbe franco-normand débiter : couper un tronc en morceaux

physiologie respiratoire (symboles)

débit acide basal de l'estomac l.m.

gastric acid output

Paramètre mesuré lors de l'étude de la sécrétion acide gastrique, égal au produit de la concentration d'acide dans le liquide gastrique par le volume sécrété dans une unité de temps.

Étym. déverbal du verbe franco-normand débiter : couper un tronc en morceaux

débit aérien phonatoire l.m.

aeric vocal flow

Mesure à l’aide d’un spiromètre du débit d’air passant entre les cordes vocales pendant l’émission d’une voyelle tenue.

Étym. déverbal du verbe franco-normand débiter : couper un tronc en morceaux

débit azygos l.m.

azygos flow

flux azygos

débit coronaire l.m.

coronary flow

Volume de sang traversant pendant une minute le lit vasculaire coronarien.
Au repos et dans les conditions normales le débit coronaire est de 250 à 300 mL/min, ce qui représente 5% du débit cardiaque. Le débit coronaire est relativement faible par rapport à d’autres organes (le rein en particulier) ce qui explique, compte tenu de la forte consommation d’oxygène du cœur, la très forte différence artérioveineuse en O2 (12 vol pour 100) et la très faible teneur O2 du sang veineux coronaire (5 à 7 vol pour 100) qui est la plus basse de l’organisme.
Lors d’un effort intense le débit coronaire et la consommation d’oxygène peuvent être multipliés par cinq ou six. La demande en oxygène est assurée pour 75% par une augmentation du débit et pour 25% par une extraction d’O2 par le myocarde plus poussée.

Étym. déverbal du verbe franco-normand débiter : couper un tronc en morceaux

débit de déclenchement d'un respirateur l.m.

triggering flow

En ventilation mécanique assistée, petit débit déclenchant l'insufflation grâce à un faible mouvement inspiratoire du patient.
On mesure ce débit au niveau de l'orifice de raccordement du ventilateur aux voies aériennes.

Étym. déverbal du verbe franco-normand débiter : couper un tronc en morceaux

débit de dose l.m.

dose rate, flow of dosis

Dose administrée par unité de temps lors d'une exposition à des radiations ionisantes ou d'une perfusion d'un médicament.
En radiothérapie, elle est égale au rapport D/t, où D est la dose délivrée de façon continue et t la durée d’administration.
Le débit de dose intervient, pour l'effet biologique, dans la compétition entre la vitesse de des lésions sublétales, proportionnelle au débit de dose, et la vitesse de leur réparation. L’effet biologique d’une dose donnée diminue lorsque le débit diminue. La réduction de l’effet est plus importante pour les complications tardives que pour la létalité des cellules tumorales (effet différentiel) ce qui confère un intérêt thérapeutique aux faibles débits de la curiethérapie classique (0,3-1,5 Gy/h). On définit le débit moyen en considérant t égal à l'étalement (espace de temps entre le début et la fin de l'irradiation) et le débit instantané en excluant les éventuelles interruptions de l'irradiation.
En radiothérapie transcutanée courante, elle est égale au rapport D/t où le débit est élevé (de l’ordre du Gy/min.) et n’intervient pas car il n’y a pas de réparation significative des lésions sublétales pendant la brève durée de la séance (quelques min.); l’effet de celle-ci ne dépend pas de sa durée.

Étym. déverbal du verbe franco-normand débiter : couper un tronc en morceaux

dose de radiation ionisante

débit de filtration glomérulaire l.m.

flow rate of glomerular filtration

Traduisant la valeur fonctionnelle rénale, il peut s’apprécier en clinique classiquement par le calcul de la clairance de la créatinine et préférentiellement par l’une des trois formules : celle de Cockcroft et Gault, la MDRD (Modification of Diet in Renal Disease) et le CKD-EPI (Chronic Kideney Disease Epidemiology Collaboration Equation).
Ces trois formules offrent l’intérêt de dispenser du recueil des urines pendant 24 heures, le plus souvent erroné.
- La formule de Cockroft et Gault prend en compte la créatinine plasmatique, le poids et l’âge :
Clairance (mL/mn)=
(140-âge) x poids (Kg)/PCr (μmol/L)x K
Avec : PCr : Créatinine sérique K = 1,23 pour les hommes, 1,04 pour les femmes, âge exprimé en années. Chez les patients âgés (notamment au-delà de 65 ans), elle sous-estime la fonction rénale.
- La formule MDRD est issue d’u ne étude qui a évalué l’effet d’un régime pauvre en protéines sur la progression de la maladie rénale. Elle ne tient compte que de l'âge, du sexe et de la créatininémie, avec un coefficient ethnique pour les noirs américains. Elle a l'avantage de ne pas prendre en compte le poids du patient mais elle surestime souvent le débit de filtration glomérulaire. Elle manquerait de précision à des valeurs au-delà de 60 mL/mn.1,73m2.
DFG = 186 x PCr-1,154 x âge-0,203 x 0,742 (si ♀) x 1,212 (si race noire)
- La formule CKD-EPI peut être exprimée par l’équation:
GR. = 141 x min(Scr/К,1)α  x max(Scr/К,1)-1,209 x 0,993Age x 1,018 (si♀) x 1,159 (race noire)
Avec Scr : créatinine plasmatique, К: 0,7 pour les femmes et 0,9 pour les hommes, α : -0,329 pour les femmes et -0,411 pour les hommes, min indique le minimum de Scr/К, ou 1max indique le maximum de Scr/К.
L’équation CKD-EPI aurait une exactitude supérieure aux deux autres.
La capacité de ces équations à fournir des estimations justes est fortement dépendante de la qualité des dosages de la créatininémie, pour lesquels les méthodes enzymatiques doivent être préférées.

Sigle DFG

clairance urinaire

[M1]

Édit. 2018

| page précédente | /4 | page suivante