Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

1829 résultats 

Freyer (opération de) l.f.

Freyer procedure

Technique d'adénomectomie prostatique par voie transvésicale.
Cette première technique d'ablation transvésicale de l'adénome prostatique était aveugle : incision "a minima" de la paroi suspubienne et de la vessie permettant d'introduire deux doigts ; énucléation de l'adénome sans aucun contrôle visuel et rupture de l'urèthre au doigt ; hémostase par mise en place d'une mèche dans la loge prostatique et drainage de la vessie par un gros tube de cystostomie.
Cette technique hémorragique a été abandonnée au profit des adénomectomies transvésicales "à ciel ouvert".

P. Freyer, Sir, chirurgien britannique (1901)

adénomectomie prostatique transvésicale

[M2]

Édit. 2019

immunohistochimie n.f.

Méthode de détection d'antigènes tissulaires sur les tissus ou sur frottis cellulaires (im

munocytochimie) à l'aide d'anticorps couplés à un fluorochrome ou à un enzyme.
Cette technique peut être appliquée à l’étude d’anticorps dans les liquides biologiques. Les autoanticorps se fixent sur les antigènes correspondant au sein du tissu ou des cellules étudiées ; les immunoglobulines non fixées sont éliminées par lavage et les anticorps fixés sont ensuite révélés par addition d’anticorps anti-immunoglobulines couplés à un fluorochrome ou à un enzyme (technique dite d’immunofluorescence indirecte ou d’immunoperoxydase indirecte). La réaction peut être répétée en utilisant des dilutions successives du sérum étudié ce qui permet de déterminer le titre des autoanticorps. La localisation du marquage au sein du tissu ou de la cellule apporte une indication approximative de la spécificité de l’autoanticorps. Cette technique est très largement utilisée pour la mise en évidence d’autoanticorps (antinoyaux, antimitochondries, anticytoplasme des neutrophiles, antimembrane basale glomérulaire).

Étym. lat. immunis : exempt de

immunocytochimie

immunomicroscopie électronique en dermatologie l.f.

immuno electron microscopy

Technique ultrastructurale de révélation antigénique utilisant des produits de marquage dense aux électrons, liés aux anticorps.
Il peut s'agir de technique immuno-enzymatique utilisant la peroxydase du Raifort, ou de technique immunométallique ayant recours à des marqueurs particuliers tels que l'or colloïdal. Bien que longue et coûteuse, cette méthode diagnostique est très utile dans l'étude de certaines dermatoses bulleuses.

Étym. lat. immunis : exempt de

Magnin et Naudin (méthode de) l.f.

Magnin and Naudin's procedure

Technique de radiopelvimétrie où la mesure du détroit supérieur est effectuée en procubitus et où celles du diamètre bisciatique et bi-ischiatique effectuées sur une patiente en décubitus dorsal, cuisses fléchies à 45° se trouvent dans le même plan horizontal.
Les clichés sont surimpressionnés à travers un écran ponctué permettant le calcul des différents diamètres. Cette technique mesurant les diamètres des détroits supérieur, moyen, inférieur. Technique obsolète remplacée actuellement par la pelvimétrie tomodensitométrique

P. Magnin, gynécologue-obstétricien français, membre de l’Académie de médecine et E. P. Naudin, médecin radiologue français (1955)

microscopie par génération de second harmonique  l.f.

second harmonic generation microscopy, SHG

Technique de microscopie biphotonique en réflexion utilisant ccomme lumière incidente  un faisceau laser pulsé dont deux ondes couplées sont converties en l’harmonique de fréquence double (second harmonique) et entraînent l’émission d’un seul photon de longueur d’onde plus courte.
Les conditions techniques sont très précises : accord de phase du faisceau incident, orientation régulière naturelle ou après coloration des structures et asymétrie électronique des molécules à observer. Les avantages sont : la diminution de l’intensité du rayonnement par la technique biphotonique qui permet une diminution de sa nocivité et une augmentation de la durée d’observation favorables à une observation histologique et fonctionnelle in vivo. La focalisation très précise et très étroite est compensée par la technique de balayage laser pour une exploration plus étendue.
La pénétration en profondeur étant faible (50μm) les indications sont limitées à l’étude des structures superficielles : les membranes dont les éléments sont orientés parallèlement, les canaux ioniques, en particulier calciques, avec l’étude de leurs structures et de leur fonctionnement. L’étude des structures fibrillaires endogènes - les microtubules, les cils cellulaires, les fuseaux achromatiques, la myosine et le tissus conjonctif, formés de polymères linéaires orientés - ne nécessitent pas de colorant. Les fibres des collagènes I, II, et III donnent un signal en SHG alors que le collagène IV, structuré en réseau, formant l’architecture de la membrane basale, ne donne pas ce signal ; ainsi la fibrose faite de fibres collagènes orientées est distinguée de la sclérose non fibrillaire.

Étym. gr. micros : petit : scopein : harmonia : ajustement, accord

Sigle  angl. SHG :  Second Harmonic Generation

microscopie biphotonique

phlébographie orbitaire l.f.

orbital venography

Examen radiologique des veines de l'orbite et du sinus caverneux.
Cette technique nécessite l’injection d’un produit de contraste radio-opaque dans une veine du front. Le flux radio-opaque est dirigé vers les veines orbitaires grâce à la compression des veines frontales, temporales, et angulaires.
Des clichés de face haute, en incidence axiale de Hirtz et de profil strict sont ensuite réalisés. Cette technique permet ainsi l’analyse de la veine ophtalmique supérieure et de la veine ophtalmique inférieure, de leurs communicantes et de leurs collatérales, et du sinus caverneux.
Cette technique est désuète depuis l’avènement des techniques modernes, tomodensitométrie et IRM, sa seule indication reste l'existence de varices orbitaires.

structure d'accueil des urgences (SAU)l.f.

hospital emergency medical welcome

Au sein d'une formation hospitalière publique ou privée, structure qui assure l'accueil des patients amenés par divers services (SMUR, sapeurs pompiers, ambulances privées) ou se présentant d'eux-mêmes, spontanément ou orientés par leur médecin, par le SAMU ou par un autre centre de soins.
Le service d'accueil assure le tri-catégorisation (diagnostic rapide mais déjà assez complet), la mise en condition, les soins de première urgence et aussi, dans le cadre des soins ambulatoires, les soins immédiats d'une consultation de porte (petite chirurgie), en particulier en dehors des heures d'ouverture des consultations des services hospitaliers. Il assure éventuellement l'orientation rapide vers une formation hospitalière et un service spécialisé mis en alerte qui donnera les soins appropriés.
L'accueil nécessite un espace défini de surface suffisante, un plateau technique (salles d'examen, de petite chirurgie, de déchocage, d'imagerie, radiologie, échographie, etc.). Il doit disposer de liaisons nombreuses et de personnel administratif, médical et paramédical habitué à l'urgence pour assurer la permanence du fonctionnement avec des moyens suffisants à toute heure du jour et de la nuit (équipes de garde), avec possibilité d'être renforcés en cas de besoin (astreintes et, en cas d'afflux massif de blessés, rappel de personnel supplémentaire).
Les décrets du 30 mai 1997 et les récentes circulaires du Ministère de la Santé tendent à
distinguer :
- les SAU avec permanence 24 h/24, plateau technique opérationnel (y compris le scanner) et présence de praticiens qualifiés ;
- les SAU de proximité des petits hôpitaux (unités de proximité, UP) à plateau technique plus restreint et en relations avec les SAU ;
- les unités spécialisées (pôles spécialisés d'urgence, POSU), en pédiatrie, par ex.

SMUR

technique 3DFT (en IRM) l.f. angl. pour 3 Dimensional Fourier Transform

3DFT image acquisition

En IRM, technique permettant de reconstruire un volume en trois dimensions en utilisant un double codage de phase, suivant deux directions perpendiculaires.
Pour cela il faut ajouter aux deux gradients de codage utilisés en technique 2DFT (gradient de codage de phase Gphi pour les lignes et gradient de codage en fréquence Gomega pour les colonnes de la matrice) un deuxième gradient de codage de phase dirigé suivant la direction du gradient de sélection de coupes du vecteur Gs (et donc perpendiculaire à la direction des vecteurs Gphi et Gomega. Si par exemple on fait des coupes axiales, ce gradient sera dirigé comme le vecteur Gs suivant l’axe z’z allant des pieds à la tête du patient. Ce gradient supplémentaire sélectionnera le nombre de coupes qui seront faites dans le volume. Les signaux recueillis seront ensuite décodés par une triple transformation de Fourier (suivant les trois directions de l’espace). Le temps d’acquisition pour obtenir une image 3D est élevé puisqu’il faut multiplier le temps d’acquisition d’une coupe par le nombre de celles-ci. Il devient prohibitif en écho de spin (plusieurs heures). Mais la technique est parfaitement utilisable avec les séquences d’écho de gradient rapides et d’écho de spin rapides

J. Fourier, baron, mathématicien français (1768-1830)

gradient, gradient de codage de phase, gradient de codage en fréquence, gradient de sélection de coupe (vecteur Gs), plan de Fourier, technique 2DFT (en IRM)

[B2,B3]

Édit. 2018

ECMO sigle pour Extracorporeal Membrane Oxygenation

L’oxygénation par membrane extracorporelle ECMO pour extracorporeal membrane oxygenation désigne une technique de circulation extracorporelle offrant une assistance respiratoire et cardiaque pour des patients ne pouvant plus assurer d’échanges gazeux compatibles avec la vie.
L’ECMO extraie le sang désoxygéné du patient, le fait traverser une membrane qui élimine le dioxyde de carbone avant de l’oxygéner et de le réinjecter dans la circulation sanguine. Initialement, l’ECMO était une technique d’assistance respiratoire, utilisant un échangeur gazeux externe, suppléant les poumons malades. Elle est devenue une technique d’assistance cardiaque et respiratoire, en cas d’arrêt cardiaque. Elle a d’abord été utilisée chez le nouveau-né, depuis quelques années elle est utilisée chez l’adulte. Du fait d’une technicité élevée, de la rareté des équipements, de son coût, des complications possibles, il s’agit d’une technologie de dernier recours. La principale indication à l’ECMO est l’hypoxémie réfractaire. Ainsi, dans le  syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA), elle est utilisée avant que ne s’installent les signes de défaillance multi viscérale. Ainsi, elle a été utilisée avec succès pour traiter l'épidémie de grippe H1N1 en 2009 et plus récemment les cas les plus graves de la pandémie liée au COVID 19. Elle est aussi utilisée dans les chocs cardiogéniques et a de nombreuses autres indications potentielles  pour traiter les embolies pulmonaires, l'hypothermie, les noyades, les overdoses etc. 

Syn. oxygénation par membrane extracorporelle, ECLS sigle pour ExtraCorporeal Life Support

oxygénation par membrane extracorporelle, syndrome respiratoire aigu sévère dû au Coronavirus 2

[B3, G5, K1, O1]

Édit. 2020

échantillon groupé
l.m.

pooled sample

Technique de dépistage d’un germe pathogène dans une population permettant de  limiter le nombre de tests à effectuer.
Une population de 100 personnes à tester est divisée en groupe de 10 dont les échantillons prélevés sont rassemblés. Chaque mélange d’échantillons est testé. Les mélanges trouvés négatifs font conclure que tous les individus du groupe sont négatifs. Si un mélange est trouvé positif, chaque individu du groupe est retesté. Dans le cas d’une faible prévalence de la maladie, 1% par exemple, 20 tests sont effectués au lieu de 100. Il est évident que l’intérêt de la technique s’amoindrit lorsque la nprévalence augmente. Cette technique a été largement utilisée dans les pays d’Afrique subsaharienne pour la recherche du virus Ebola ou du Sars-CoV2.

Ebola (virus), Sars-CoV2 (virus)

[D1, B3]

Édit. 2020

achondrogénèses n.f.p.

achondrogenesis

Groupe de dysplasies squelettiques létales, rares, en relation avec un défaut de l'ossification endochondrale dont il existe trois types distincts par leurs caractères cliniques, radiologiques, histologiques et génétiques :
- type A1, ou type Stuart Houston-Harris, caractérisé par un nanisme avec des membres extrêmement courts, une poitrine étroite, de petites côtes qui se fracturent facilement, des os crâniens mous et des caractéristiques histologiques du cartilage distinctives. Cette affection est autosomique récessive ; le gène est inconnu.
- type 1B, ou type Parenti-Fraccaro, caractérisé par une micromélie sévère avec des doigts et des orteils très courts, un visage plat, un cou court, des tissus mous épais sur la nuque, une hypoplasie du thorax, un abdomen protubérant, un aspect fœtal hydropique et des caractéristiques histologiques du cartilage distinctives . L’affection est due à une mutation du gène SLC26A2
solute carrier family 26 (sulfate transporter), member 2 situé sur le locus q31-q34 du chromosome 5 ;
- type 2, ou type Langer-Saldino ou chondrogenèse
imperfecta, qui appartient au spectre des maladies osseuses liées au collagène 2,  caractérisée par une micromélie sévère, un cou court avec un visage large, un petit thorax, un abdomen protubérant, des poumons sous-développés, des traits faciaux distinctifs tels que front proéminent, petit menton, une fente palatine (dans certains cas) et des caractéristiques histologiques du cartilage distinctives. L’affection est due à une mutation du gène COL2A1 collagen, type II, alpha 1 situé sur le locus q13.1-q13 du chromosome 12. Cette mutation est toujours une mutation de novo.

C. Stuart Houston, médecin radiologue canadien (1972) ; R. Harris, généticien britannique (1972) ; G.C. Parenti, anatomopathologiste italien (1936) ; M. Fraccaro, anatomopathologiste et généticien italien (1952) ; L.O. Langer Jr., médecin radiologue américain (1969) ; R.M. Saldino, médecin radiologue américain (1971)

Étym. gr. a privatif; chondros: cartilage; genesis: formation

ossification enchondrale, micromélie, SLC26A2 gene, COL2A1 gene

[I2, O1, Q2]

Édit. 2019

artère hépatique propre l.f.

arteria hepatica propria (TA)

hepatic artery proper

Branche terminale supérieure née de la bifurcation de l’artère hépatique commune.
Elle se dirige horizontalement en avant et à droite, soulevant le pli péritonéal qui limite le bord inférieur du foramen de la bourse omentale et, un peu au-dessus de l’isthme du pancréas, atteint le flanc gauche de la veine porte. Elle monte dans le petit omentum, à droite puis en avant de la veine porte et à gauche du conduit cholédoque. Au niveau du tubercule omental du foie, un peu au-dessous de la porte du foie, elle se divise en deux branches  terminales droite et gauche. Inconstamment elle fournit un rameau intermédiaire. Elle distribue ses branches collatérales aux nœuds lymphatiques et au petit omentum, des rameaux duodénaux supérieurs l’artère pylorique et parfois l’artère cystique qui provient plus souvent de la branche terminale droite.

Syn. impropres : artère hépatique moyenne, artère hépatique médiane, artère hépatique primordiale moyenne.

rameau intermédiaire de l'artère hépatique propre

Brown (syndrome de) l.m.

- en adduction par une très forte limitation de l'élévation simulant une parésie du petit oblique mais sans élévation en abduction de l'autre, donc sans hyperaction de son synergique opposé, le muscle droit supérieur,

- en adduction par un baissement normal dans le champ du grand oblique sans hypo-action de son synergique opposé, le droit inférieur.
Au test de duction passive, l'œil atteint ne peut pas être porté dans le champ d'action du petit oblique. Ce syndrome se traduit dans les mouvements par une limitation de l'élévation du globe en adduction (impossibilité même en duction). Peut être congénital ou acquis avec différentes étiologies dont tendon du muscle du grand oblique trop court, insertion anormale de ce tendon, glissement impossible ou limité au niveau de la trochlée du grand oblique (click syndrome ou petit bruit comparable à un déclic lors d'une élévation forcée en adduction), ténosynovite au niveau de cette trochlée, traumatisme. Plusieurs familles ont été décrites avec ce syndrome isolé, il existe également dans le syndrome de Noonan, mais la majorité des formes observées sont sporadiques ou plus rarement acquise.

H. W. Brown, ophtalmologiste américain (1950)

Syn. rétraction de la gaine du grand oblique (syndrome de), pseudo-paralysie du muscle petit oblique

orthophorie, ptosis, duction, Noonan (syndrome de)

Édit. 2017

C3 nef sigle pour facteur néphritique

C4 sigle. m.
Composant du complément sérique qui intervient en deuxième position dans la cascade de réaction conduisant à l'activation du complément.
Le C4 possède un coefficient de sédimentation de 10 S chez l'Homme et est connu aussi sous le nom de β1E globuline. Le C4 est divisé par le C1b activé en C4b, qui s’associe au C2a pour former l’enzyme C3-convertase, et C4a, peptide ayant une propriété d’anaphylatoxine.
C5 sigle. m.
Composant du complément sérique : β1F globuline dont le coefficient de sédimentation est de 8,5 S chez l'Homme.
Le C5 est activé soit par la C5-convertase de la voie classique (complexe C4b2a3b) ou par la convertase de la voie alterne d'activation du complément (C3bBbC3b). Le C5 est clivé en C5b (qui participe avec C6, C7, C8 et C9, au complexe d’attaque membranaire) et C5a (petit peptide ayant des propriétés d’anaphylatoxine).
C5a sigle. m.
Petit peptide provenant du clivage de C5, ayant une activité plus étendue que le C3a.
Le C5a est en effet un facteur majeur du chimiotactisme des neutrophiles et il est aussi capable de les activer. En outre, le C5a augmente la perméabilité vasculaire, provoque une contraction des muscles lisses et possède une activité d'anaphylatoxine produisant une dégranulation des mastocytes.
C6 sigle. m.
Composant du complément sérique : β2-globuline ayant un coefficient de sédimentation de 6 S, composée par une seule chaîne polypeptidique.
C7 sigle. m.
Composant du complément sérique : β2-globuline ayant un coefficient de sédimentation de 5,2 S et constituée par une seule chaîne polypeptidique.
C8 sigle. m.
Composant du complément sérique : β1-globuline ayant un coefficient de sédimentation de 8 S et une masse moléculaire de 150 kDa.
Sa concentration sérique chez l'Homme est de l'ordre de 20 à 80 microgrammes/ml. Le C8 est constitué de trois chaînes polypeptidiques α, β et γ.
C9 sigle. m.
Composant final du système du complément sérique: α2-globuline ayant un coefficient de sédimentation de 4,4 S.

C5, C3, mastocyte, anaphylatoxine

[C1]

carcinome basocellulaire l.m.

basal cell carcinoma

Tumeur épithéliale fréquente apparaissant surtout au visage après la cinquantaine.
Le terme carcinome est préféré à celui d'épithélioma basocellulaire. L'aspect clinique le plus courant est celui d'une lésion cutanée de forme et de dimensions variées, entourée d'une bordure « perlée ». Elle se compose, au microscope, d'amas denses ou de cordons cellulaires anastomosés, qui sont en connexion avec l'épiderme sus-jacent ou avec les annexes. On y distingue des cellules centrales basophiles, de petite taille, polyédriques ou fusiformes, dépourvues de filaments d'union, et des cellules périphériques cylindriques qui, rangées en « palissade », délimitent les boyaux de la tumeur. Les cellules du carcinome basocellulaire peuvent prendre des aspects multiples, résultant soit d'une évolution de cellules primitives vers des stades plus différenciés, comme p. ex. les évolutions kératinoïde, pilaire ou sébacée, soit de phénomène de régression, dont l'atrophie stellaire, la formation de pseudokystes et de lacunes péritumorales sont des exemples. Dans la plupart des cas, le stroma périvasculaire a une structure lâche, rappelant celle du tissu conjonctif périfolliculaire, tandis qu'une minorité des tumeurs est entourée d'une stroma-réaction plus ou moins fibreuse. Plusieurs formes cliniques ont été décrites : le carcinome plan cicatriciel, l'ulcus rodens, le carcinome bourgeonnant, le carcinome superficiel ou pagétoïde, le carcinome sclérodermiforme, le carcinome nodulaire, le carcinome basocellulaire pigmenté. L'évolution est lente ; la tumeur envahit petit à petit le derme et les structures sous-jacentes, mais ne donne jamais de métastases. Il n'y a pas de localisations muqueuses.

Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur

Syn. cancer basocellulaire, épithélioma basocellulaire, basaliome, cancer basocellulaire

cancer spinocellulaire

[F2,J1]

col anatomique de l'humérus l.m.

collum anatomicum humeri (TA)

anatomical neck of humerus

Sillon circulaire qui sépare la tête de l’humérus du grand et du petit tubercule de l’humérus.
Il donne insertion à la capsule de l’articulation humérale dans sa partie supérieure. Au-dessus du petit tubercule de l’humérus il est échancré par l’insertion du ligament glénohuméral supérieur.

[A1]

Édit. 2015

Desilets ou Desilets-Hoffman (introducteur percutané de) l.m.

Desilets-Hoffman or Desilets (percutaneous initiator of)

Aiguille de 8 à 10 F (2,66 à 3,33 mm de diamètre) permettant l'introduction percutanée dans une artère ou dans une veine, d'un cathéter central pour les perfusions ou transfusions à très grand débit, à extrémité mousse non effilée ou à extrémité borgne, ou de sondes munies d'un ou de plusieurs ballonnets.
Le système comprend un guide court métallique, un petit cathéter dit factice en téflon, et une gaine en polypropylène, en mylar ou en téflon qui s'adapte parfaitement sur le cathéter factice. Après ponction du vaisseau et mise en place du petit guide, on retire le trocart et on introduit sur le guide le cathéter factice ; puis on fait glisser la gaine sur celui-ci; on retire alors guide et cathéter factice, ne laissant en place que la gaine, dans laquelle on monte le cathéter définitif. Il existe des Desilets de tous les diamètres, du 5 F au 9F.

D. T. Desilets et R.B. Hoffman, médecin radiologue et pédiatre américains (1966)

Syn. dilatateur artériel, introducteur artériel

échinococcose alvéolaire l.f.

alveolar echinococcosis

Parasitose presque toujours hépatique provoquée par la larve d’un petit ténia, Echinococcus multilocularis, parasite de l’intestin de carnivores sauvages (renards …) à l’état adulte et dont les larves se développent normalement chez différents rongeurs sauvages.
Jadis surtout observée en Bavière et au Tyrol, l’échinococcose alvéolaire est assez peu fréquente en France, où elle existait surtout en Franche-Comté et en Savoie. En fait, la carte de répartition actuelle montre que sa présence est beaucoup plus étendue, intéressant aussi bien l’ouest que le sud de la zone d’endémie connue. Certaines régions de la Chine occidentale et d’Asie centrale sont particulièrement touchées. La contamination humaine résulte de l’ingestion de fruits ou de baies sauvages (myrtilles) souillées par les déjections de renards parasités ou de la manipulation de dépouilles de ceux-ci (chasseurs, trappeurs). Les populations à risque, outre les personnes en contact avec les renards, sont les propriétaires de chiens et les fermiers.
Après une période asymptomatique de plus de 10 ans, le parasite colonise principalement le foie et forme de minuscules vésicules à croissance lente comparables à une éponge. A mesure que la lésion s'étend, la partie centrale peut se nécroser et prendre l'apparence d'un pseudo-kyste. Des calcifications sont fréquemment observées.
Les signes cliniques incluent une douleur épigastrique et un ictère pouvant être suivies d'une fièvre, d'une anémie et d'une perte de poids. Le tableau clinique peut évoquer un cancer du foie. La colonisation des voies biliaires entraîne une angiocholite, une hypertension portale et une cirrhose biliaire. La maladie peut progresser vers la cirrhose après une longue période de latence.

Les greffes parasitaires à distance concernent le poumon, le cerveau, les os, la rate. La première manifestation de la maladie est très rarement extra-hépatique.
Le diagnostic repose sur l’imagerie et   la détection d’anticorps spécifiques. L’association de lésions solides et kystiques avec un amas de petites vésicules au stade précoce de la  maladie sont évocatrices. Les aspects fibrosant et infiltrant sont également caractéristiques de l’affection. La cholangio-IRM est l’examen de choix pour apprécier l’infiltration hilaire. Les calcifications très fréquentes sont bien mises en évidence par le scanner. Les anticorps  spécifiques sont détectés par ELISA ou par immunochromatographie.
La chirurgie radicale avec résection complète des lésions est le traitement de choix lorsqu’elle est possible. Elle doit être suivie par un traitement antiparasitaire de longue durée par albendazole. Mais seulement un petit nombre de patients peuvent bénéficier de cette chirurgie en raison de l’infiltration extensive des lésions. D’autres traitements sont à discuter un traitement interventionnel non chirurgical, une allo-transplantation mais avec le risque de récidive de la maladie favorisée par le traitement immunosuppresseur. Récemment a été proposée une résection in vivo des lésions hépatiques suivie par une auto-transplantation du foie résiduel sain mais avec une mortalité élevée, qui a néanmoins l’avantage de ne pas nécessiter de traitement immunosuppresseur. A côté de l’Albendazole, utilisé depuis 40 ans, mais dont l’efficacité est seulement parasitostatique et non parasitocide, de nombreuses molécules sont à l’étude.

Syn. ancienne : échinococcose bavaro-tyrolienne

Echinococcus multilocularis, angiocholite, hypertension portale, cirrhose hépatique, albendazole

[D1, D2, L1]

Édit. 2019

embolie de cholestérol l.f.

cholesterol embolus

Petit fragment d'athérome pouvant s'échapper dans le courant circulatoire pour créer une embolie dans les artères d'aval, lorsqu'une rupture de plaque met en contact le cœur lipidique avec le sang circulant.
Embole intra-artériel de cristaux de cholestérol provenant d’une rupture de plaque d’athérome.
L'examen microscopique du tissu atteint se caractérise par la présence de cristaux de cholestérol dans les petites artères où les emboles se sont bloqués. En fait, les emboles contiennent aussi des éléments de thrombus (fibrine, plaquettes) justifiant l'appellation plus précise de micro-embolies thrombo-athéromateuses. Provenant de l'aorte ou de l'ostium de l'artère carotide primitive, l’embole est parfois déclenché par une intervention sur l'aorte ou par une artériographie. Les embolies de cholestérol peuvent déterminer des symptômes ischémiques focaux (amaurose fugace, syndrome de l'orteil bleu, p. ex.), des infarctus cérébraux (touchant essentiellement les territoires jonctionnels), rétiniens et médullaires, des ischémies systémiques, notamment musculaires, rénales et cutanées, et des lésions à distance de mécanisme probablement immunologique (neuropathie périphérique, péricardite, glomérulonéphrite). Quand elles sont multiples et disséminées (à partir d'une plaque aortique), elles peuvent provoquer un syndrome systémique alarmant, allant parfois jusqu'à mimer une périartérite noueuse.

Une éosinophilie est fréquente. La confirmation diagnostique repose sur la mise en évidence de cristaux de cholestérol soit au fond d'œil (sous l'aspect d'un petit bouchon blanc caractéristique : plaque de Hollenhorst), soit sur une biopsie (cutanée, musculaire, etc.) Le traitement est décevant, les anticoagulants étant déconseillés.

R. Hollenborst, ophtalmologue américain (1961)

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

Syn. rupture de plaque d'athérome

embole, embolisation, syndrome de l'embolie de cristaux de cholestérol, embolies multiples de cholestérol, athérome, thrombus, amaurose, syndrome de l'orteil bleu, infarctus cérébral, péricardite, neuropathie périphérique, glomérulonéphrite, périartérite noueuse, éosinophilie, plaque de Hollenhorst

[K4, N3]

Édit. 2919

face antérieure de la partie pétreuse de l'os temporal l.f.

facies anterior partis petrosae ossis temporalis (TA)

anterior surface of petrous part of temporal bone

Partie antérieure de la face endocrânienne de la partie pétreuse comprise entre la scissure pétro-squameuse supérieure en dehors et le bord supérieur de la partie pétreuse en dedans.
Elle présente à décrire les reliefs suivants : le tegmen tympani, l’eminentia arcuata, le hiatus du canal du nerf grand pétreux, le sillon du nerf grand pétreux, le hiatus du canal petit pétreux, le sillon du nerf petit pétreux et l’empreinte trigéminale.

Syn. anc. face antéro-supérieure du rocher

tegmen tympani, eminentia arcuata, hiatus du canal du nerf grand pétreux, sillon du nerf grand pétreux, hiatus du canal petit pétreux, sillon du nerf petit pétreux, empreinte trigéminale

[A1]

Édit. 2017

fascia clavi-pectoro-axillaire l.m.

Fascia qui s’étend de la clavicule à la base de l’aisselle en engainant successivement le muscle subclavier et le muscle petit pectoral.
Il est donc constitué de haut en bas par les deux feuillets du fascia du muscle subclavier, par le fascia clavi-pectoral, par les deux feuillets du fascia du muscle petit pectoral et par le ligament suspenseur de l’aisselle.

Syn. anc. aponévrose clavi-coraco-axillaire

[A1]

Édit. 2018

coefficient de fuite du poumon l.m.

pulmonary leakage coefficient

Rapport de la plus faible surface de section des voies aériennes supérieures au volume de l'air contenu dans les poumons au moment d'une décompression de l'air ambiant.
Avec des unités de surface et de volume cohérentes (m2/m3, par ex., dimension L-1) ce coefficient est inversement proportionnel à la taille du sujet, il vaut 0,005/m chez l'Homme adulte, il est plus grand chez l'enfant qui est plus petit.
Lors d'une décompression explosive en avion, la constante de temps(t), avec laquelle se fait la chute de pression dans la cabine, est proportionnelle à la surface, S, de l'ouverture par laquelle l'air s'échappe et inversement proportionnelle au produit du volume de la cabine, V, par la célérité du son, C, à l'altitude considérée : t = V/(S.C).
Le temps «total» de décompression de la cabine (c'est-à-dire en pratique 3 t) peut être estimé en multipliant la constante de temps par un coefficient, fonction du rapport des pressions initiale et finale dans la cabine (la pression finale est celle à l'extérieur). Pour un avion de ligne volant à 12 000 m, la rupture d'un hublot se fait sur un temps «total» de l'ordre de 40 s, la décompression est rapide, mais une descente prompte de l'avion permet à la fuite pulmonaire de diminuer avec la perte d'altitude, ce qui évite la distension pulmonaire et prévient les accidents graves. Par contre une rupture de la verrière d'un avion de chasse à la même altitude se fait sur un temps de l'ordre de 0,009 s parce que la surface de la brèche est très grande et le volume de la cabine est petit : il s'agit alors d'une décompression explosive.
 

décompression explosive, décompression rapide en aéronautique

[K1]

Édit. 2019

Hartmann (opération de) l.f.

Hartmann’s opération

Résection colorectale plus ou moins étendue, sans rétablissement de la continuité digestive, dans laquelle le côlon d'amont est abouché à la peau en colostomie terminale dans la fosse iliaque gauche, le moignon rectal plus ou moins long étant suturé et laissé tel quel au fond du petit bassin.
Cette intervention est proposée, en urgence, lorsque les conditions locales pourraient entraîner un risque important de fistule si le rétablissement était immédiatement effectué, en raison d’une peritonité stercorale, d’une diverticulite et plus rarement en cas de pathologie tumorale. Le rétablissement de la continuité digestive peut être réalisé ultérieurement si les conditions techniques locales et l'état général du patient le permettent, nécessitant alors une laparotomie itérative avec mise en évidence et dissection du moignon rectal dans le petit bassin, décrochement de la colostomie et du côlon gauche afin de pouvoir abaisser celui-ci et réaliser une anastomose côlorectale.

H. Hartmann, chirurgien français, membre de l’Académie de médecine (1921)

[L2]

Édit. 2015

hiatus du canal du nerf petit pétreux l.m.

hiatus canalis nervi petrosi minoris (TA)

hiatus for lesser pertrosal nerve

Orifice allongé sur la face antérieure et supérieure de la partie pétreuse de l’os temporal, en dehors de l’hiatus du canal du nerf grand pétreux.
Il est parfois dédoublé. Il livre passage au nerf petit pétreux et au nerf pétreux profond qui cheminent ensuite dans le sillon du nerf petit pétreux qui prolonge l’hiatus en avant.

Étym. lat. hiatus : ouverture

Syn. anc. hiatus accessoire

[A1]

Édit. 2015

hypofractionnement n.m.

hypofractionation

Protocole d'irradiation thérapeutique dans lequel la dose est délivrée en un petit nombre de séances, avec des doses par séance plus élevées que la dose usuelle de 2 Gy.
En règle générale son utilisation est restreinte aux traitements qui n’entrainent pas de risque de grave complication tardive (petit volume, dose modérée, irradiation fonctionnelle ou palliative).

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