Hering (loi de) l.F.
Hering's law
Dans tout mouvement binoculaire, les muscles des deux yeux assurant ce mouvement (muscles synergiques opposés) reçoivent un influx nerveux en quantité égale assurant leur contraction ou leur relâchement ; il y a correspondance motrice.
Parallèlement, il y a relâchement ou contraction de l'antagoniste opposé, conformément à la loi de Sherrington.
Cette loi s'applique non seulement aux mouvements normaux de version réflexes ou volontaires, mais également aux mouvements normaux de vergence.
En cas de paralysie oculomotrice, quand le muscle atteint est sollicité, notamment si l'œil concerné est fixateur, un influx nerveux plus important est envoyé aux deux muscles synergiques opposés. Il en résulte que la déviation strabique est plus importante quand l'œil paralysé est fixateur : la déviation secondaire est plus grande que la déviation primaire. Ces options sont fondamentales pour l'étude clinique d'un trouble oculomoteur, où en particulier l'examen devra toujours être fait œil droit puis œil gauche fixant : la différence entre la déviation œil droit et œil gauche fixant permet de mieux préciser l'œil et le ou les muscles atteints.
K. E. Hering, physiologiste allemand (1868)
Syn. loi de correspondance motrice
[P2]
Hooke (loi de) l.f.
Hooke's law
R. Hooke, mathématicien et physicien britannique (1678)
[B1]
Huriet-Serusclat (loi de) l.f.
Loi, du 20 décembre 1988, relative à la protection des personnes qui acceptent de participer aux recherches biomédicales.
Elle fixe un cadre légal aux essais cliniques en France en instituant :
- les comités de protection des personnes devant lequel tout investigateur est tenu, avant toute réalisastion, de soumettre le projet de recherche biomédicale ;
- le consentement éclairé de la personne qui accepte de participer à l’essai clinique après l’exposé de l'objectif de la recherche, de sa méthodologie et de sa durée ainsi que des bénéfices attendus, des contraintes et des risques prévisibles.
C. Huriet , membre honoris causa de l’Académie de médecine, F. Serusclat, sénateurs français
inverse du carré de la distance (loi de l') l.f.
Expression mathématique de la variation d’une grandeur physique y qui décroît de façon inversement proportionnelle au carré de la distance x considérée : y = x2
Elle a un caractère très général pour des grandeurs liées à la propagation en espace libre du rayonnement émis par une source ponctuelle, par exemple la fluence et la dose diminuent en 1/x2 en fonction de la distance x à la source.
Elle gouverne aussi la force de Coulomb entre deux charges électriques ponctuelles, la force gravitationnelle entre deux masses ponctuelles, etc.
C. de Coulomb, physicien français (1785)
Knaus (loi de) l.f.
Knaus’ law
Principe selon lequel une femme n'est fécondable que pendant une petite période de son cycle correspondant à l'ovulation.
Ce principe sert de base à une méthode de contraception proposée par Ogino et Knaus consistant à déterminer par calcul la période pendant laquelle les rapports sans risque de fécondation sont possibles.
H. Knauss, gynécologue autrichien (1929)
Köllner (loi de) l.f.
Köllner’s law
Loi clinique empirique énonçant que les affections de la rétine provoquent une dyschromatopsie d'axe bleu-jaune et les affections du nerf optique une dyschromatopsie d'axe rouge-vert.
H. Köllner, ophtalmologiste allemand (1912)
Listing (loi de) l.f.
Listing's law
Loi selon laquelle tout mouvement de l'œil de la position primaire à une autre position met en jeu une rotation autour d'un seul axe situé dans le plan équatorial.
Il s'agit des mouvements horizontaux qui se font autour de l'axe vertical, des mouvements verticaux qui se font autour de l'axe horizontal : ce sont les mouvements cardinaux. Il faut ajouter les mouvements obliques qui se font autour d'un axe oblique dans le plan de Listing intermédiaire entre l'axe horizontal et l'axe vertical. Les mouvements autour de l'axe antéropostérieur sont les cycloductions.
J. Listing, physiologiste allemand (1808-1882)
[P2]
Édit. 2018
loi binominale l.f.
binomial distribution
Loi de distribution de variables discontinues lorsqu’elle s’applique à des données qui ont des caractéristiques binaires.
Elle permet p. ex. dans 54 familles de deux enfants dont les parents ont une maladie génétique autosomique récessive, d’estimer les probabilités qu’aucun enfant, un enfant ou deux enfants aient la maladie.
loi d'action de masse l.f.
law of mass action
Effet de la masse des corps engagés dans une réaction chimique.
Cette loi exprime la modification des rapports de concentrations (en masses par unité de volume) de plusieurs corps dissous lorsqu'ils réagissent entre eux selon l'équation chimique :
A + B ↔C + D, soit,= K, avec K constante, dite d'équilibre ou de dissociation.
Étym. lat. actio : mise en mouvement
[B1]
loi d'additivité l.f.
W. de Wiveleslie Abney, physicien anglais (1886)
Syn. loi d'Abney
[B1,P2]
Édit. 2016
loi de Coulomb l.f.
Coulomb 's law
C. Coulomb, physicien français (1736-1806)
[B1]
loi de Courvoisier l.f.
Observation que l’augmentation de volume de la vésicule biliaire signifie, en cas d’ictère, que l’obstacle sur la voie biliaire est situé au-dessous de l’abouchement du canal cystique, soit un cancer du pancréas ou un ampullome vatérien.
En cas de pathologie lithiasique, la vésicule n’est pas augmentée de volume du fait de l’épaississement pariétal dû à la cholécystite chronique.
L. Courvoisier, chirurgien suisse (1890) ; L. F. Terrier, chirurgien français, membre de l’Académie de médecine (1837-1908)
[L1,N1]
Haber (loi de) l.f.
Haber's law
Effet nocif d'un mélange gazeux toxique inhalé, proportionnel au produit du temps d'exposition par la concentration du toxique, diminuée d'un seuil au-dessous duquel le mélange est supporté assez longtemps sans dommage.
Haber a proposé de caractériser la puissance d'un gaz de combat par le produit de la concentration nocive, C, par le temps d'exposition, t, soit C.t. Haber a déterminé, en 1924, les valeurs de C.t pour les gaz suivants : phosgène 450, méthylchloroforme 500, acide cyanhydrique 1000, chloracétone 3000, bromure de xylol 6000 et chlore 7500.
Le produit C.t ne tient pas compte du seuil de concentration tolérée, c. Mais Haber a donné une expression simplifiée de la loi (C-c) t = cte publiée initialement par son élève Flury, qui correspond à une hyperbole équilatère asymptotique à une horizontale d'ordonnée c (seuil nocif),(C - c) = k/t avec la constante k= C.t.
Cette loi très générale s'applique à des agents nocifs très divers (chimiques, physiques, bactériologiques, etc.) quelle que soit la voie d'administration (digestive, respiratoire, intraveineuse, transcutanée, etc.). Elle éclaire notamment une vieille notion hippocratique : «Pour arrêter une épidémie il faut ouvrir les fenêtres». En effet les contagieux expirent un aérosol infectieux dont la concentration dans la salle atteint avec le temps le seuil nocif ( C), d'où propagation de l'épidémie : ici la concentration est égale au rapport du nombre de germes par le volume de la salle. Les hôpitaux avaient autrefois des plafonds très hauts, d'où le grand volume des salles, ce qui n’était pas favorable aux infections nosocomiales. Enfin, l'ouverture des fenêtres augmente considérablement le volume de dilution ce qui réduit donc très vite la concentration nocive et permet de passer assez rapidement au-dessous du seuil de contagion. Les constructions hospitalières modernes à plafond bas et à air conditionné favorisent les infections nosocomiales, ces dispositions architecturales sont en outre inutilement dispendieuses en énergie.
J. Haber, chimiste allemand (1921),prix Nobel de chimie de 1918
→ aérosol, dose, exposition, gaz de combat, nosocomiale (infection)
[G4]
Édit. 2015
Poisson (loi de) l.f.
Loi de distribution de variables discontinues qui, dans le cas d’événements rares, réalise une bonne approximation de la loi binomiale.
P. ex. loi de distribution d’une variable discrète comme le nombre de colonies dans une boîte de Pétri.
S. Poisson, mathématicien français (1838)
→ loi binomiale, variables discontinues
[E1]
Édit. 2020
loi de ségrégation l.f.
segregation law
loi de Semon l.m. (obs)
Semon’s law
F. Semon, Sir, otorhinolaryngologiste britannique (1849-1921)
loi de Sherrington l.f.
Sherrington's law
C. S. Sherrington, Sir, neurophysiologiste et pathologiste britannique, membre de l’Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1932 (1857-1952) ; E. Hering, physiologiste allemand (1861)
loi de Stokes l.f.
Stokes’ law
visible.
G. G. Stokes, Sir, mathématicien et physicien britannique (1852)
loi du 30 juin 1838 l.f.
30 june 1838 psychiatric hospitalization act
Loi d'internement des malades mentaux en vigueur jusqu'au 27 juin 1990.
Elle prévoyait l'admission du sujet sous contrainte à l'hôpital psychiatrique par la procédure du placement volontaire, demandé par la famille ou l'entourage (aujourd'hui remplacé par l'hospitalisation à la demande d'un tiers) ou celle du placement d'office, imposé par l'autorité administrative (aujourd'hui remplacé par l'hospitalisation d'office). Pendant toute son hospitalisation, le patient était dessaisi de ses biens.
Longtemps critiquée, cette loi a toujours été reconnue comme une loi d'assistance administrative, puisqu'elle imposait à chaque département de disposer d'un asile, et comme une loi de protection sanitaire de l'aliéné vis-à-vis de lui-même, mais aussi de la société. en raison de la dangerosité vraie ou supposée du malade.
loi du 15 avril 1954 l.f.
15 april 1954 law concerning dangerous alcoholics
Dispositions légales portant sur le traitement des alcooliques présumés dangereux envers autrui.
Selon cette loi, "tout alcoolique dangereux est placé sous la surveillance de l'"autorité sanitaire" sur le certificat d'un médecin du service public ou le rapport d'un assistant des services sociaux".
Distincte de l'action de défense sociale, elle vise à persuader l'alcoolique dangereux de la nécessité d'un traitement. Après une ultime tentative de persuasion par une commission désignée par la direction départementale des affaires sanitaires et sociales ("l'autorité sanitaire"), un jugement peut entraîner une décision judiciaire de privation de liberté de six mois par placement en centre ou section sanitaire spécifique, dispositif distinct des établissements régis par la loi du 27 juin 1990.
La loi de 1954, dont les intentions étaient louables, est peu appliquée en raison de sa complexité, du poids des procédures et de son caractère ambigu, à la fois préventif et répressif.
loi du 3 janvier 1968 l.f.
3 january 1968 act concerning legally incapacitated people
Loi portant réforme du droit des incapables majeurs, qui instaure trois formes modulables de régime de protection : la sauvegarde de justice, minimale, qui peut s'appliquer en urgence ; la tutelle, durable et complète, pour incapacité civile totale ; la curatelle, intermédiaire, pour incapacité civile partielle.
Ce texte sépare le médical du juridique puisque, jusqu'à sa promulgation, les patients internés sous le régime de la loi du 30 juin 1838 étaient dessaisis de leurs droits civils le temps de leur hospitalisation psychiatrique. Il s'adapte mieux à la situation de la personne à protéger par la progressivité et la souplesse de ses dispositions (mesures urgentes ou après instruction, transitoires ou durables, légères ou intermédiaires ou totales) et par la collaboration nécessaire entre le juridique, le médical et, si possible, la famille du patient.
loi du 9 juillet 1970
9 july 1970 act concerning driving and alcoholic states
Dispositions légales complétées par celles du 12 décembre 1978 et les suivantes, portant sur la conduite des véhicules et l'état alcoolique.
Ces textes organisent la répression et le dépistage préventif. Ils permettent notamment de généraliser l'éthylomètre, au besoin de retenir immédiatement le permis de conduire et d'immobiliser le véhicule, de suspendre le permis de conduire dans les 72 heures. Ils précisent les peines encourues, y compris l'annulation du permis.
→ alcoolémie (taux d'), éthylomètre
loi du 31 décembre 1970 l.f.
31 december 1970 act concerning toxicomania
Texte légal considérant le toxicomane à la fois comme un malade et un délinquant, et permettant d'imposer des mesures thérapeutiques. Ses dispositions comportent également un volet répressif de lutte contre le trafic des drogues illicites.
Depuis cette date, l'usage de stupéfiants devient un délit, mais de plus en plus, la peine se résume à un traitement, sauf si le sujet a commis d'autres infractions.
À la suite des divers problèmes qu'elle a posés, notamment sur le plan technique, déontologique et pratique, cette loi n'a pas tous les effets positifs attendus. La politique de réduction des risques qui développe la délivrance de produits de substitution, réalise de fait un assouplissement à la répression de l'usage des stupéfiants.
loi du 30 juin 1975 l.f.
30 june 1975 guidance act in favour of handicapped persons
Loi d'orientation en faveur des personnes handicapées, qui fait obligation à l'État de prendre en charge les handicapés physiques, sensoriels ou mentaux, qu'ils soient enfants, adolescents ou adultes, dans des actions de prévention, dépistage, soins, éducation, formation et éducation professionnelle, emploi et garantie d'un minimum de ressources.
Elle instaure dans chaque département deux commissions : la commission technique d'orientation et de reclassement professionnel (COTOREP) pour les adultes, et la commission départementale de l'éducation spéciale (CDES) pour les enfants et les adolescents.
En dehors des effets positifs de l'assistance financière procurée par l'allocation aux adultes handicapés, l'insertion professionnelle proprement dite des malades mentaux par les institutions existantes (centres d'aide par le travail notamment) paraît peu satisfaisante. Les postes ouverts son rares. L'intégration est difficile avec les autres handicapés. L'attention portée sur le handicap plutôt que sur l'affection mentale, le faible éventail des emplois proposés, la crise économique actuelle, ont pour risque principal de rendre ces filières ou structures moins opérantes que souhaité.
loi du 31 décembre 1985 l.f.
31 december 1985 psychiatric sectorization act
Première loi entièrement consacrée à la sectorisation psychiatrique, faisant suite à la loi du 25 juillet 1985, qui légalisait dans son article 8 une organisation que l'on croyait déjà bien établie.
En particulier, elle institue des conseils départementaux de santé mentale, introduit le secteur psychiatrique dans la loi de réforme hospitalière, rattache la gestion à un centre hospitalier spécialisé et en confie le financement à la caisse d'assurance maladie avec une dotation globale.