Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

44 résultats 

état de mal angineux l.m.

intactable angina, impending myocardial infarction

État pathologique caractérisé par la prolongation anormale ou le renouvellement rapide d’une douleur d’angine de poitrine, qui reflète une souffrance ischémique aigüe du myocarde et constitue une urgence thérapeutique.
infarctus du myocarde

Étym. anginaango : étrangler)

Syn. angor

[K2]

Édit. 2018  

état de mal asthmatique l.m.

asthme aigu grave

[K1]

Édit. 2018  

état de mal éclamptique l.m.

repeated eclamptic fits

Succession de crises d'éclampsie sans résolution complète entre les crises.
Etymeclampsis : subit
éclampsie

[O3]

Édit. 2018  

état de mal épileptique l.m.

status epilepticus

Activité épileptique continue ou par crises subintrantes.
Cet état peut revêtir autant d'aspects qu'il existe de variétés de crises épileptiques (notamment état de mal convulsif moteur partiel, myoclonique ou non convulsif). Il peut survenir chez un épileptique connu ou être la première manifestation d'une atteinte cérébrale dont il importe de préciser la nature.
L'état de mal convulsif généralisé doit être distingué de la crise tonique postérieure, signe d'une hypertension de la fosse postérieure de mauvais pronostic. De toute façon une prise en charge urgente s'impose.
épilepsie

[H1]

Édit. 2018  

état lacunaire l.m.

démence vasculaire, lacunaires (syndromes neurologiques)

[H1]

Édit. 2018  

état limite l.m.

borderline personality disorder

Concept toujours discuté, depuis A. Stern surtout (1938), selon que ces états se trouvent situés au carrefour des névroses et des psychoses, dans l'un des deux groupes ou indépendamment d'eux.
Troubles d'abord considérés comme des formes larvées de schizophrénie : latente (E. Bleuler), pseudonévrotique (P. Höch et P. Polatin, 1949), etc. Il est de fait que l'apparition, en cours de cure psychanalytique, de signes et de défenses psychotiques (clivage, déni, notamment) après une présentation névrotique initiale, a beaucoup contribué à leur reconnaissance.
Par contre, O.F. Kernberg les place plutôt parmi les personnalités névrotiques, selon un continuum avec les hypomaniaques, puis les cyclothymiques. S'il admet la possibilité d'épisodes psychotiques transitoires, c'est sur un fond de personnalité constant.
À côté du "type impulsif", la CIM 10 fait du "type borderline" un sous-groupe de la "personnalité émotionnellement labile", comportant : perturbations de l'image de soi, des objectifs et des préférences personnelles ; sentiments de vide ; intensité et instabilité des relations, source de crises émotionnelles, avec efforts démesurés pour éviter les abandons, voire menaces répétées ou gestes auto-agressifs (possibles également sans facteurs déclenchants manifestes). Il est de fait que les effondrements dépressifs sont fréquents. L'état limite représente la personnalité de base d'une partie des alcooliques et des toxicomanes
Les critères de cette entité, présentée comme autonome par le DSM IV, rejoignent assez bien ceux de la CIM.
La prise en soins est difficile et aléatoire.
personnalité "as if", personnalité émotionnellement labile

A. Stern, psychiatre et psychanalyste américain (1938) ; E. Bleuler, psychiatre suisse (1911) O. F. Kernberg, psychiatre américain (1979)

[H3]

Édit. 2018  

état limite de l'enfant et de l'adolescent l.m.

child and adolescent borderline personality disorder

Cadre hétérogène de troubles se démarquant de la névrose autant que de la psychose, volontiers retenu dans ces tranches d'âge pour souligner les potentialités évolutives plus diversifiées des troubles de l'enfance et de la crise maturative de l'adolescence, ainsi que leur pronostic moins défavorable si l'on intervient en temps opportun et avec des moyens adaptés.
Cet arrêt du développement comporte notamment l'impossibilité d'assumer le second processus de séparation-individuation(1). Une telle incapacité est liée surtout au refus maternel de participer à la première phase de ce processus. Des facteurs précipitants éventuels l'accentuent (séparation objective, perte, etc.). En résulteraient une angoisse et une réaction dépressive, elles-mêmes à la base de mécanismes de défense primitifs (clivage, déni, en particulier).

J. F. Masterson (1), psychiatre américain (1971)

[H3,O1]

Édit. 2018  

état métastable l.m.

metastable (state)

Etat caractérisant un composant capable de se transformer spontanément en un autre mais de manière infiniment lente, si bien que la vitesse de transformation n’est pas mesurable.
L’état métastable peut être rompu par addition d’un catalyseur. C’est le cas des enzymes en biologie, dont le rôle est d’accélérer des réactions chimiques qui sont spontanément trop lentes pour être détectables.
Syn métastabilité

[C1]

Édit. 2018  

état oniroïde l.m.

oneiroid state

(1), accompagné d'éléments confusionnels mineurs, sinon inexistants.
Ce syndrome assez complexe se présente surtout sous la forme d'un délire en général subaigu, réversible même s'il peut évoluer sur une longue période (2). Ineffable, mystérieux, pathétique ou fantastique, comportant souvent une exubérance imaginative et un contexte dysthymique, mais sans atteinte profonde de la personnalité ni discordance, il donne une impression de compréhensibilité, de proximité du sens latent.
S. Follin le rapproche des psychoses hystériques et de certaines formes délirantes de la psychose maniacodépressive. Mais il estime que de tels processus altèrent l'organisation de la vie mentale et constituent toujours un moment de discontinuité dans une trajectoire existentielle, qui se trouve ainsi modifiée. Car aucune évolution délirante n'est sans substrat ni incidences.
(1 (2) (2)
bouffée délirante, psychose délirante aigüe ou subaigüe

H. Ey (1955) et J. Rouart(1) psychiatres français (1950) ; W. Mayer-Gross, psychiatre allemand (1889-1961) (2); S. Follin , psychiatre français(1963) (2)

[H3]

Édit. 2018  

état précancéreux l.m.

état prénéoplasique

[F2]

Édit. 2018  

état prénéoplasique l.m.

precancerous condition

Ensemble d'altérations tissulaires qui, en elles-mêmes ne sont pas malignes, mais qui peuvent, dans leur évolution et selon une probabilité variable, être associées à un cancer ou en être le prélude, et constituent donc un facteur de risque plus ou moins déterminant.
Certaines sont des lésions non tumorales, régénératives, hyperplasiques ou dysplasiques, acquises, p. ex. rectocolite hémorragique, hyperplasie endométriale, métaplasie bronchique, leucoplasies buccale, vulvaire, pénienne, kératose solaire cutanée, radiodermite, gastrite chronique, etc. Elles peuvent produire un cancer à leur niveau dans une proportion variable de cas. D'autres sont des tumeurs bénignes dont l'évolution comporte un risque variable de transformation maligne, p. ex. polyadénome et tumeur villeuse du côlon, tumeur séreuse et mucineuse de l'ovaire, adénome pléomorphe des glandes salivaires. D'autres enfin sont des maladies génétiques à expression tumorale, telles la polypose rectocolique familiale, la neurofibromatose de Recklinghausen, dans l'évolution desquelles on voit fréquemment apparaître soit une transformation maligne de la, ou des tumeurs, soit l'émergence de néoformations variées : méningiome, gliome, mélanome, phéochromocytome p. ex. dans le cas de la maladie de Recklinghausen, avec une fréquence pouvant atteindre 100 % des cas.

Syn. état précancéreux

[F2]

Édit. 2018  

état pseudopeladique l.m.

pseudopeladique (état)

[J1]

Édit. 2018  

état second l.m.

Terme français qui, depuis J.M. Charcot notamment, décrit un état pathologique transitoire avec trouble particulier de la conscience, comportant une dissociation entre les activités automatiques, qui restent coordonnées bien que parfois incongrues et bizarres, et la personnalité, à laquelle ces activités restent étrangères, voire contrastent avec l'éducation reçue.
Proche de l'état crépusculaire ou même intriqué, il en différerait, au moins en théorie, par l'absence d'obnubilation confusionnelle globale et la notion d'un "rétrécissement du champ de conscience" (P. Janet), donc d'un trouble névrotique.
L'état second s'observe surtout chez les hystériques et au cours de l'hypnose. Une de ses formes les plus typiques serait le somnambulisme non épileptique. Il est devenu plus rare depuis qu'il suscite moins d'intérêt.

J.M. Charcot, neurologue français, membre de l’Académie de médecine (1825-1893) ; P. Janet, médecin, psychologue et philosophe français (1859-1947)

état crépusculaire, état hypnoïde

[H3]

Édit. 2018  

état végétatif l.m.

vegetative state

Coma profond après destruction plus ou moins complète des structures encéphaliques, mais avec conservation suffisante des structures du tronc cérébral pour permettre la ventilation spontanée.
Il s’agit d’un état chronique caractérisé par une perte de conscience de tout stimulus externe ou interne, une absence très vraisemblable des fonctions cognitives, mais avec persistance des fonctions végétatives.
Succédant habituellement à un coma prolongé, il est occasionné par des lésions hémisphériques étendues prédominant, selon les cas, sur le cortex ou la substance blanche sous-corticale.
Les yeux ouverts donnent une apparence d'éveil. L'activité motrice est très rudimentaire. Les fonctions végétatives sont respectées, parfois excessives, notamment la respiration spontanée et les régulations cardiovasculaires, en particulier tensionnelles. La perceptivité est le plus souvent nulle, y compris celle des sensations douloureuses. Une vie mentale non extériorisée pourrait cependant parfois persister. D'autres activités du tronc cérébral sont retrouvées quasi-constamment (rythme nycthéméral) ou fréquemment (réflexes cornéens, oculovestibulaires, photomoteurs). L'EEG est souvent de type thêta delta diffus.
Quelle que soit l’étiologie (lésion aigüe traumatique ou non, affection dégénérative ou métabolique, malformation encéphalique), l’espérance moyenne de vie est de deux à cinq ans. Une réversibilité devient peu probable après douze mois chez les traumatisés crânio-encéphaliques et trois mois dans les autres cas.
La récupération de la conscience et même des fonctions élémentaires de relation est exceptionnelle. La nutrition doit être assurée de manière artificielle. La difficulté est que cet état ne correspond pas vraiment à une mort cérébrale et ces patients restent à charge dans les services de réanimation sans espoir de convalescence.

mort cérébrale, respiratoire (centre)

[H1]

Édit. 2018  

état végétatif persistant l.m.

persistent vegetative state

État de perte de conscience caractérisé par la persistance de signes d'éveil, avec maintien des fonctions végétatives (notamment respiratoires, circulatoires et digestives), mais avec une abolition prolongée (pendant au moins trois mois) de toute fonction de relation ou cognitive.
Contrairement au coma (réversible ou aboutissant à la mort cérébrale), un rythme nycthéméral persiste, fait de phases d'éveil et de sommeil. Pendant les phases d'éveil, les yeux sont ouverts, des mouvements des globes oculaires, des mâchonnements, des bâillements, des déglutitions peuvent se produire. Mais le patient a perdu toute communication avec son entourage, toute expression verbale, il ne répond pas aux ordres simples, n'a aucune activité gestuelle finalisée ou organisée. Presque toujours il existe une hypertonie avec rétraction tendineuse.Les réflexes du tronc cérébral et de la moelle sont variables, les réflexes archaïques (de succion, mastication, déglutition, bâillement) de même les réflexes pupillaires à la lumièresont généralement présents.
Les causes de cet état sont variées : traumatiques, anoxiques (arrêt cardiaque), infectieuses, métaboliques, toxiques. Le pronostic est désastreux : il est exceptionnel qu'un retour à la conscience, même fragmentaire, survienne après une durée de trois mois.
Le traitement ne peut être que symptomatique.
éthique en réanimation d'adulte, éthique en réanimation pédiatrique

B. Jennett, neurochirurgien britannique et F. Plum, neurologue américain (1972) ; J. B. Posner neurologue américain (2007)

[H1]

Édit. 2018  

état septique l.m.

sepsis

Etat inflammatoire accompagnant une infection cliniquement vraisemblable ou bactériologiquement prouvée.
L'état septique chez les patients hospitalisés est le plus souvent d'origine respiratoire, abdominale ou veineuse (infection d'un cathéter). Des stades sont maintenant universellement adoptés:
1) sepsis "simple" : association à une infection des signes inflammatoires (SIRS,systemic inflammatory reponse syndrome, SRIS, syndrome de réponse inflammatoire généralisée) ;
2) choc septique: association d'une infection et d'une hypotension sévère ;
3) syndrome de défaillance multiviscérale : association d'une infection et de défaillances organiques : rénale, circulatoire, neurologique.
Le pronostic est d'autant plus sévère que l'état septique progresse. La mortalité augmente de 20% à plus de 50 % du premier au dernier stade.

R. C. Bone, médecin interniste américain (1992)

état septique, septicémie, bactériémie, choc septique, défaillance multiviscérale, syndrome de réponse inflammatoire généralisée

[D1,N1]

Édit. 2018

état mixte l.m.

mixed manic-depressive syndrome

Syndrome rare, où coexistent symptômes maniaques et dépressifs, qui se manifeste au cours d'une maladie bipolaire (syndrome maniaco-dépressif), habituellement pendant la phase de transition d'un accès mélancolique vers un accès maniaque ou vice-versa.
Sa survenue peut révéler un état schizophrénique chez l'adolescent et l'adulte jeune, ou être la première manifestation d'un processus d'affaiblissement intellectuel à expression dysthymique au-delà de la cinquantaine.
L'état mixte apparaissant dans le cours d'une psychose maniacodépressive révèle souvent une pathologie où domine le fond dépressif. Il constitue une bonne indication de sismothérapie.

maladie bipolaire, schizophrénie, dysthymie, sismothérapie

[H3]

Édit. 2018

état hypnoïde l.m.

hypnoid state

Type particulier de dissolution de la conscience survenant en dehors du sommeil, dans lequel les contenus de la pensée sont analogues à ceux du rêve.
Terme d'abord employé (1) pour désigner un état hystérique de conscience analogue à celui créé par l'hypnose.  S. Freudl pensait notamment que les représentations qui surviennent alors sont coupées du "trafic associatif" donc de toute "élaboration associative". Il voyait dans le clivage, introduit de ce fait au sein de la vie psychique, la condition de l'hystérie. Freud ne tarda pas à limiter la portée de ces conceptions, puis à les réfuter, et il dégagea la notion de mécanismes de défense.
Il reste que nombreux sont les états de ce type, plus ou moins marqués, rencontrés dans les manifestations hystériques. On les observe également lors de la prise de certaines drogues, cannabis p. ex.

(1) P. J. Möbius, neuropsychiatre allemand (1853-1907) ; (1) J. Breuer, neurologue et physiologiste autrichien (1842-1925) ; S. Freud, psychiatre autrichien (1856-1939)

trouble dissociatif,  hystérie, état second

[H3]

Édit. 2018

état dangereux dangerous state agressivité et criminologie, dangerosité en psychiatrie l.m.

dangerous state

agressivité et criminologie, dangerosité en psychiatrie

[H3]

Édit. 2018

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