Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

78 résultats 

petite taille, hyperextensibilité, hernie et dépression oculaire l.f.

short stature, hyperextensibility, hernia, ocular depression, Rieger anomaly, and teething delay

H. Rieger, ophtalmologiste autrichien (1935)

SHORT (syndrome)

post-partum (dépression du) l.f.

post-partum depression
Syndrome dépressif qui apparaît le plus souvent dans les quatre à huit semaines après l'accouchement avec une intensité variée, notamment : bénigne, "névrotique" ou de niveau psychotique (mélancolique).
Son début est possible par un tableau de "post-partum blues" qui dure. Surtout dans les formes majeures, des troubles de la relation mère-enfant, parfois majeurs, constituent un risque.
Généralement associée à des antécédents de traits pathologiques de la personnalité (instabilité, hyperémotivité, quête affective, etc.), à un contexte conjugal conflictuel, à une insécurité relationnelle et à un nombre élevé d'éléments de vie négatifs dans l'année précédente, cette dépression doit être d'autant moins banalisée par l'entourage qu'au bout d'un an, près d'un tiers de ces patientes gardent des signes résiduels.
Elle nécessite une approche relationnelle, un traitement antidépresseur et des explorations thyroïdiennes à la recherche d'une insuffisance sécrétoire (thyroïdite du post-partum).

post-partum blues

prostatectomie sous dépression l.f.

Terme impropre d'adénomectomie chirurgicale à ciel ouvert appliqué à la technique de Denis.

Echelle de dépression et d'anxiété l.f.

hospital anxiety and depression scale

Cette échelle explore les symptômes anxieux et dépressifs
1) Anxiété
- Je me sens tendu ou énervé
         0 Jamais
         1 De temps en temps
         2 Souvent
         3 La plupart du temps                          
-
J'ai une sensation de peur comme si quelque chose d'horrible allait m'arriver
         0 Pas du tout
         1 Un peu mais cela ne m'inquiète pas
         2 Oui mais ce n'est pas trop grave
         3  Oui, très nettement                                 
- Je me fais du souci
         0 Très occasionnellement
         1 Occasionnellement
         2 Assez souvent
         3 Très souvent
- Je peux rester tranquillement assis à ne rien faire et me sentir décontracté
         0 Oui quoi qu'il arrive
         1 Oui, en général
         2 Rarement
         3 Jamais
- J'éprouve des sensations de peur et j'ai l'estomac noué
         0 Jamais
         1 Parfois
         2 Assez souvent
         3 Très souvent
- J'ai la bougeotte et n'arrive pas à tenir en place
         0 Pas du tout
         1 Pas tellement
         2 Un peu
         3 Oui, c'est tout le cas
- J'éprouve des sensations soudainesde panique
         0 Jamais
         1 Pas très souvent
         2 Assez souvent
         3 Vraiment très souvent
2) Dépression
- Je prends plaisir aux mêmes choses qu'autrefois
         0 Oui, tout autant
         1 Pas autant
         2 Un peu seulement
         3 Presque plus  
- Je ris facilement et vois le bon côté des choses
         0 Autant que par le passé
         1 Plus autant qu'avant
         2 Vraiment moins qu'avant
         3 Plus du tout
- Je suis de bonne humeur
          0 La plupart du temps
          1 Assez souvent
          2 Rarement
          3 Jamais   
- J'ai l'impression de fonctionner au ralenti
         0 Jamais
         1 Parfois
         2 Très souvent
         3 Presque toujours
- Je ne m'intéresse plus à mon apparence
          0 J'y prête autant d'attention que par le passé
          1 Il se peut que je n'y fasse plus autant attention
          2 Je n'y accorde pas autant d'attention que je devrais
          3 Plus du tout
- Je me réjouis d'avance à l'idée de faire certaines choses
           0 Autant qu'avant
           1 Un peu moins qu'avant
           2 Bien moins qu'avant
           3 Presque jamais
- Je peux prendre plaisir à un bon livre
           0 Souvent
           1 Parfois
           2 Rarement
           3 Très rarement

Faire le total du versant anxiété et dépression : 21 points maximum pour chacun.
Entre 8 et 10 : état anxieux ou dépressif douteux. Au-delà de 10 : état anxieux ou dépressif certain.

A. S. Zigmond et R. P. Snaith, psychiatres britanniques, Leeds (1983)

Sigle HAD

Réf. Zigmond AS, Snaith RP. : The Hospital Anxiety and Depression Scale. Acta Psychiatrica Scandinavica 1983 Jun; 67(6):361-370

[H3]

Édit. 2020

aphasie acquise de l'enfant avec épilepsie l.f.

acquired child aphasia with epilepsy

W. M. Landau et F.R. Kleffner, neurologues américains (1957)

Landau-Kleffner (syndrome de)

aphasie-épilepsie acquise l.f.

acquired aphasia-epilepsy syndrome

Landau-Kleffner (syndrome de)

atrophie optique, surdité, épilepsie, spasticité et décès précoce l.m.

optic atrophy, deafness, epileptic seizures, spasticity, and early death

Syndrome d'atrophie optique liée au sexe avec surdité, épilepsie, spasticité, retard mental sévère, raideur articulaire, et décès précoce.
Au niveau des yeux l'atrophie optique est accompagnée d'une cécité. L’affection récessive est liée au sexe.

K. H. Gustavson, médein généticien suédois (1993)

Étym. gr. a : privatif ; trophê : nourriture

dégénérescence rétinienne et épilepsie l.f.

retinal degeneration and epilepsy

Association de crises d’épilepsie et d’une dégénérescence rétinienne dans une famille éthiopienne.
Un frère et une sœur ont été décrits. L’affection est autosomique récessive (MIM 267740).

S. L. Cohan, neurologue américain (1979)

Étym. lat. degenerare : dégénérer

épilepsie n.f.

epilepsy

"Affection chronique dont l'unité pathologique est représentée par la survenue de crises non provoquées qui vont se répéter plus ou moins fréquemment, plus ou moins longtemps, au cours de la vie d'un individu."1
Elle est caractérisée par la répétition d'accidents paroxystiques qui constituent des crises dues à la décharge simultanée et excessive d'une population plus ou moins étendue de neurones de la substance grise cérébrale. Une crise convulsive isolée ne peut être considérée comme épileptique sans autre preuve formelle de la maladie. Les crises accidentelles ne constituent pas non plus une épilepsie.

1P. Jallon, neurologue helvétique d’origine française (1992) : P. E. M. Smith, neurologue britannique (2021)

Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprendre

Syn. comitialité

absence, crise épileptique, épilepsie généralisée, hémiconvulsion-hémiplégie-épilepsie (syndrome HHE), grand mal (épilepsie), mal épileptique (état de), crise épileptique abdominale, crise épileptique clonique, crise épileptique cognitive, crise épileptique

[H1]

Édit. 2021

épilepsie abdominale l.f.

abdominal epilepsy

Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprendre

épileptique (crise)

[H1, L1]

Édit. 2018

épilepsie-absences de l'enfant l.f.

child absences-epilepsy

Syndrome épileptique appartenant au cadre des épilepsies généralisées, se manifestant, entre 3 et 12 ans avec un maximum d'incidence à 6-7 ans, par des absences typiques simples ou complexes  chez des enfants jusque-là normaux.
Toutes les variétés d'absences peuvent être observées à l'exclusion des absences myocloniques. Elles sont très fréquentes durant la journée, survenant spontanément ou sous l'influence de facteurs extérieurs. À l'EEG, elles correspondent à une décharge de pointes-ondes à 3 c/s, bilatérales, symétriques et synchrones, souvent provoquées par l'hyperpnée. Le fond du tracé est le plus souvent normal
Les absences ont tendance à disparaître spontanément. Dans 80 % des cas, elles sont supprimées par des médicaments antiépileptiques spécifiques. Lors de l'adolescence ou plus tard, 40 % des sujets développent une épilepsie avec crises généralisées tonicocloniques relativement bénignes. Il est retrouvé dans ce syndrome une forte composante génétique.

Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprendre

Syn. petit mal, pycnolepsie

absence

[H1, O1, Q2]

Édit. 2020

épilepsie à paroxysmes rolandiques l.f.

epilepsy with rolandic paroxysms

épilepsie rolandique

[H1]

Édit. 2020

épilepsie à pointes centrotemporales l.f.

benign partial epilepsy with centrotemporal spikes

Épilepsie fréquente et bénigne de l'enfance, caractérisée par des crises partielles motrices nocturnes comportant l'association de bruits orofaciaux et de mouvements de rotation de la tête.
Affection à transmission autosomique récessive ou dominante à pénétrance incomplète et grande hétérogénéité génétique.

Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprendre

[H1, O1, Q2]

Édit. 2020

épilepsie centrencéphalique l.f.

centrencephalic epilepsy

Terme désuet et impropre, car faussement localisateur, qui regroupait les épilepsies généralisées idiopathiques ou cryptogénétiques.

[H1]

Édit. 2020

épilepsie du nord l.f.

northern epilepsy

Hérédodégénérescence neurologique débutant dans l’enfance, associant des convulsions, des myotonies, une dégradation intellectuelle et motrice progressive.
Les premiers signes apparaissent entre 5 et 10 ans, en moyenne vers 6 ou 7 ans. Les troubles neurologiques augmentent progressivement en fréquence et en intensité (l’épilepsie est sensible au traitement) ; les troubles visuels sont modérés. La déficience mentale est constante vers 30 ans. Une atrophie cérébrale et cérébelleuse  est constatée par imagerie médicale et confirmée à l’autopsie. Le décès survient entre 50 et 60 ans.
L’affection est limitée à une population du nord de la Finlande  avec forte consanguinité ; un individu sur 135 porte le trait ; sa transmission est autosomique récessive. Elle est  liée à une mutation du gène CLN8 codant une protéine transmembranaire, locus en 8p23. Elle est actuellement classée comme céroïde lipofuschinose neuronale de type 8 (CLN 8). Un variant turque de même localisation chromosomique, allélique de l’épilepsie du Nord (CLN 7) a été décrit.

Aune Hirvasniemi et H. Lang, pédiatre et généticien finlandais (1994)

Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprendre

céroïde lipofuscinose neuronale, céroïde lipofuscinose infantile tardive variant turque, myotonie

[H1, Q2]

Édit. 2020

épilepsie essentielle l.f. (obsolète)

idiopathic epilepsy

"Terme impropre et périmé par lequel on désignait autrefois toute épilepsie qui ne dépendait pas d'une cause cérébrale apparente ou d'un trouble métabolique reconnu, et qui était donc supposée représenter la maladie épileptique proprement dite"1.
Le cadre obsolète des épilepsies essentielles englobe actuellement les épilepsies idiopathiques et les épilepsies ou crises cryptogénétiques.

1 H. Gastaut, neurologue français, membre de l'Académie de médecine (1973)

Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprendre

[H1]

Édit. 2020

épilepsie et alcool l.f.

epilepsy and alcohol

épilepsie alcoolique

[H1, G4]

Édit. 2020

épilepsie (épidémiologie de l') l.f.

epidemiology of epilepsy

Affection ubiquitaire, mais inégalement répartie selon l'âge (taux très élevés aux deux extrêmes de la vie, surtout chez le sujet âgé), le sexe (fréquence supérieure chez l'homme) et dans certains pays (plus souvent dans ceux en cours de développement et en milieu tropical, où le rôle des infections et surtout des parasitoses, certes non exclusif, peut être souligné).
En fait, des biais (notamment l'absence de confirmation par l'EEG et de respect des critères de la classification internationale) sont nombreux, entravant le recueil des cas, leur diagnostic, leur interprétation et suscitant des réserves sur la validité des résultats enregistrés.
L'incidence des premières crises a été évaluée autour de 70/100 000 habitants, celle de l'épilepsie à 40/100 000. La prévalence se situe à 7-8/1 000 habitants, avec d'importantes variations. Selon le type des crises, les proportions seraient les suivantes : généralisées, 40 à 60 % ; partielles, 32 à 52 % ; d'origine indéterminée, 10 %. Après une première crise, le risque de récurrence serait de l'ordre de 51 %.
Un ratio standardisé entre 2,3 et 3,5 montre une surmortalité par causes directes (crise ou état de mal), indirectes (accident, suicide), par des affections épileptogènes (cancers p. ex.) ou d'origine médicamenteuse.
Parmi les facteurs de risque, les mieux identifiés et les plus fréquents sont les retards mentaux, les infections du système nerveux central (et les parasitoses en milieu tropical), l'alcool, les accidents vasculaires cérébraux et les prédispositions géniques. C'est envers ceux-ci que la prévention pourrait se montrer efficace.

P. E .M. Smith, neurologue britannique (2021)

Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprend

[E1, H1]

Édit. 2020

epilepsie et grossesse l.f.

epilepsy and pregnancy

grossesse et épilepsie

[H1, O3]

Édit. 2020

épilepsie et troubles psychiques l.f.

epilepsy and psychic disorders

Relation dont la fréquence (actuellement de l'ordre de 2,8 à 5,5 % en milieu psychiatrique selon les auteurs) est très anciennement admise (Hippocrate, "morbidus lunaticus" du Moyen Age, etc.), mais qui est marquée par de nombreux biais possibles du fait de sa complexité, et reste discutée.
On observe principalement :
- des crises partielles, exclusivement ou principalement sensorielles (en particulier auditives ou visuelles), à type d'"état de rêve", de peur et d'angoisse, d'automatismes divers, etc. ;
- des épisodes psychiatriques aigus de quelques jours à quelques semaines, à début et fin brusques, polymorphes, pouvant comporter des éléments confusionnels, délirants, dépressifs et une agitation, surtout postcritiques, parfois apparaissant après la cessation des crises (psychoses alternatives) et/ou d'origine médicamenteuse (surdosage en particulier) ; ils sont volontiers récidivants ;
- des formes psychotiques chroniques, hétérogènes, de type schizophrénique dans la moitié des cas, souvent fluctuantes ;
- des états dépressifs de diverses formes, surtout névrotiques et réactionnels, d'étiologie souvent multiple, contribuant à la surmortalité suicidaire ;
- des troubles intellectuels dépendant, eux aussi, de facteurs divers, parmi lesquels une encéphalopathie sous-jacente mais également des médicaments anticomitiaux ;
- des anomalies de la personnalité classiquement constituées d'adhésivité à l'entourage, dite glischroïdie, de perte de la fluidité idéique (bradypsychie) et de décharges agressives (F. Minkowska, 1923), en fait sans spécificité. De plus, la réalisation d'une existence satisfaisante pour ces personnes est très possible.
Parmi les facteurs éventuels, un rejet et/ou une hyperprotection du patient, notamment par ignorance sur l'épilepsie, sont fréquents.

Franziska Minkowska-Brokman, neuropsychiatre française (1923)

Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprendre

épilepsie et dépression

[H1, H3]

Édit. 2020

épilepsie frontale nocturne familiale autosomique dominante l.f.

autosomal dominant nocturnal frontal lobe epilepsy

Forme familiale de certaines épilepsies frontales débutant dans l'enfance.
Le polymorphisme de leur symptomatologie rend leur diagnostic difficile, car ces crises nocturnes sont souvent confondues avec des troubles psychiques, des parasomnies, des mouvements anormaux.
Le caractère génétique de cette affection est son hétérogénéité.

Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprendre

[H1, Q2]

Édit. 2020

épilepsie généralisée l.f.

generalized epilepsy

Épilepsies et syndromes épileptiques se manifestant par des crises généralisées, convulsives ou non convulsives.
On distingue :
- les épilepsies généralisées et les syndromes généralisés idiopathiques ;
- les épilepsies et les syndromes généralisés cryptogéniques ou symptomatiques ;
- les épilepsies généralisées symptomatiques répondant à une étiologie spécifique ou pas.

Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprendre

tonicoclonique (crise)

[H1]

Édit. 2020

épilepsie grand mal l.f.

grand mal epilepsy

grand mal (épilepsie)

[H1]

Édit. 2020

épilepsie idiopathique l.f.

idiopathic epilepsy

Syndrome épileptique réunissant des caractères électrocliniques communs : crises généralisées ou partielles, d'expression sémiologique âge-dépendante, survenant chez des patients le plus souvent normaux, sans lésion cérébrale, et comportant sur l'EEG des anomalies spécifiques du syndrome individualisé.
Il en est ainsi :
- de l'épilepsie à paroxysmes centrotemporaux, caractérisée par l'association de crises partielles simples ou complexes et d'anomalies paroxystiques à projection temporale droite ou gauche ;
- de l'épilepsie-absences de l'enfant, forme généralisée idiopathique comportant l'association, chez l'enfant ou l'adolescent, d'absences simples ou complexes et, sur l'EEG, de décharges de pointes-ondes à 3 c/s.
La seule explication actuelle de l'épilepsie idiopathique est un seuil épileptogène anormalement bas et un caractère génétique plus ou moins démontrable par l'histoire familiale.
Terme à ne pas confondre avec cryptogénique.

Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprendre; idios : propre à

Syn. épilepsie essentielle, primaire (déconseillé)

[H1]

Édit. 2020

épilepsie myoclonique à fibres rouges en lambeau l.f.

myoclonic epilepsy with ragged-red fibers (MERRF)

Affection mitochondriale avec une symptomatologie de contractions musculaires (myoclonies), faiblesse musculaire (myopathie), ataxie, surdité, convulsions et diabète.
Le syndrome est occasionné par le changement d’un seul nucléotide au niveau du gène MT-TL1.

Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprendre

 myoclonie, myopathie, ataxie

[H1, Q2]

Édit. 2020

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