épicardite n.f.
epicarditis
Atteinte inflammatoire ou infectieuse du péricarde viscéral.
L’épicardite chronique se caractérise par un épaississement du péricarde viscéral qui devient adhérent aux structures cardiovasculaires, gênant ainsi le remplissage diastolique des ventricules. Le péricarde pariétal reste, par contre, souple et sans symphyse avec le péricarde viscéral.
→ épicarde
[K2]
Édit. 2020
Levandowsky-Lutz (épidermodysplasie verruciforme de) l.f.
epidermodysplasia verruciformis
Génodermatose rare autosomique récessive se manifestant par une infection cutanée disséminée et chronique à PVH 5 et 8, plus rarement 17 ou 20, qui associe des lésions à type de verrues planes et des macules érythémateuses, pigmentées ou achromiques, squameuses, ressemblant au pityriasis versicolor.
Les lésions siègent sur le dos des mains, les avant-bras, le visage, les jambes, le tronc. Leur structure histologique est très spécifique : grands kératinocytes à noyau vacuolisé et à cytoplasme vitreux contenant des granules ronds de kératohyaline. Le risque majeur est constitué par les cancers cutanés épithéliaux de survenue précoce. Une protection contre les ultraviolets est indispensable.
F. Lewandowsky, dermatologiste allemand et W. Lutz, dermatologiste suisse (1922)
[A3, J1, Q2]
Édit. 2020
épididymite n.f.
epididymitis
Inflammation aigüe ou chronique de l'épididyme, due à une infection spécifique ou non.
Étym. gr. epi : sur ; diduma : testicule
→ épididyme, épididymite aigüe, épididymite chronique
[D1, M2]
Édit. 2020
épilepsie n.f.
epilepsy
"Affection chronique dont l'unité pathologique est représentée par la survenue de crises non provoquées qui vont se répéter plus ou moins fréquemment, plus ou moins longtemps, au cours de la vie d'un individu."1
Elle est caractérisée par la répétition d'accidents paroxystiques qui constituent des crises dues à la décharge simultanée et excessive d'une population plus ou moins étendue de neurones de la substance grise cérébrale. Une crise convulsive isolée ne peut être considérée comme épileptique sans autre preuve formelle de la maladie. Les crises accidentelles ne constituent pas non plus une épilepsie.
1P. Jallon, neurologue helvétique d’origine française (1992) : P. E. M. Smith, neurologue britannique (2021)
Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprendre
Syn. comitialité
→ absence, crise épileptique, épilepsie généralisée, hémiconvulsion-hémiplégie-épilepsie (syndrome HHE), grand mal (épilepsie), mal épileptique (état de), crise épileptique abdominale, crise épileptique clonique, crise épileptique cognitive, crise épileptique
[H1]
Édit. 2021
épithéliomatose multiple l.f.
multiple epitheliomatosis
Affection peu fréquente consistant en la présence sur le tégument de multiples tumeurs cutanées malignes appartenant au même type histologique ou pouvant, par contre, présenter un polymorphisme histologique parfois important.
Elle s'observe le plus souvent au cours d'un arsenicisme chronique, dans le xeroderma pigmentosum, ainsi que dans les formes disséminées du carcinome basocellulaire encore appelées "épithéliomatose basocellulaire disséminée polymorphe" et qui se rapproche de la nævomatose basocellulaire dégénérée.
Étym. gr. epi : sur ; thêlê : mamelon
Syn. épithéliomatose multicentrique
→ arsenicisme, xeroderma pigmentosum, carcinome basocellulaire
[A3, F2, J1]
Édit. 2020
épithéliopathie rétinienne diffuse l.f.
diffuse serous central chorioretinopathy
Forme clinique de choriorétinopathie séreuse centrale, d’évolution chronique et caractérisée par des points de fuites multiples à l’angiographie fluorescéinique.
Étym. gr. epi : sur ; thêlê : mamelon
→ choriorétinopathie séreuse centrale
[P2]
Édit. 2020
épreuve à l'ocytocine l.f.
oxytocin challenge test
Epreuve de tolérance fœtale à la contraction utérine induite par l'ocytocine.
Lorsqu'existe une souffrance fœtale chronique en fin de grossesse, on tente d'en évaluer la sévérité et d'apprécier la tolérance du fœtus à une éventuelle épreuve du travail, en induisant par l'ocytocine des contractions utérines, au moins trois à dix minutes, à titre d'essai. Les ralentissements du rythme cardiaque fœtal provoqués par les contractions signifient en principe que la vitalité fœtale est menacée. En réalité, ce test est abandonné par manque de sensiblité.
[O3]
Édit. 2020
érythème annulaire centrifuge l.m.
erythema annulare centrifugum
Dermatose définie cliniquement par la présence de lésions annulaires pouvant atteindre plusieurs centimètres de diamètre, dont la bordure érythémateuse progresse lentement de façon centrifuge laissant une partie centrale qui guérit progressivement.
L'aspect histologique n'est pas spécifique. Cet aspect peut révéler un erythema gyratum repens, un érythème marginé discoïde de Besnier, ou encore un érythème chronique migrateur : il y a dans ce dernier cas une seule lésion. L'étiologie en reste souvent inconnue. On parle d'érythème annulaire de Darier lorsqu’il y a plusieurs éléments et que la bordure des lésions est érythémateuse et infiltrée.
F. J. Darier, dermatologue français, membre de l’Académie de médecine (1916) ; E. Besnier, dermatologue français, membre de l’Académie de médecine (1831-1909)
Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau ; lat. annulus : anneau
→ erythema gyratum repens, érythème marginé discoïde de Besnier, érythème chronique migrateur
[J1]
Édit. 2018
érythème induré de Bazin l.m.
erythema induratum or indurativum, tuberculosis cutis indurativa, Bazin's disease, nodular vasculitis
Hypodermite chronique bilatérale des membres inférieurs évoluant parfois vers l'ulcération, se manifestant par des lésions violacées, peu douloureuses, peu inflammatoires.
L'image histologique est celle d'une hypodermite septale avec un infiltrat tuberculoïde, mais sans bacilles acido-alcoolo-résistants. La nature tuberculeuse de l'affection est discutée.
E. Bazin, dermatologue français (1852)
Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau
Syn. scrofulides érythémateuses (obsolète)
[J1]
Édit. 2018
érythroblastose du nouveau-né l.f.
erythroblastosis fœtalis
Augmentation du nombre des formes jeunes des hématies chez le nouveau-né liée à une anémie régénérative.
Sa cause la plus fréquente est l'allo-immunisation anti-D dans le système rhésus. Elle est rare mais grave dans l'allo-immunisation anti-Kell. Les anticorps maternels franchisssent le placenta et détruisent les érythrocytes fœtaux. Elle se traite par les transfusions du fœtus in utero dans la veine ombilicale. Elle se prévient par l'injection d'anticorps anti-D après l'accouchement des femmes non immunisées rhésus négatif dont l'enfant est rhésus positif. En dehors de l’allo-immunisation l'érythroblastose fœtale est le témoin d'une souffrance fœtale chronique sévère.
Étym. gr. eruthros : rouge ; blastê : germe, bourgeon
→ allo-immunisation foetomaternelle
[F1,O1,F3]
Édit. 2018
érythroplasie bénigne à plasmocytes l.f.
plasma cell erythroplasia
Inflammation bénigne, idiopathique, mais résistant aux traitements, traduite histologiquement par une infiltration du chorion par des plasmocytes, atteignant la muqueuse génitale voire orale.
Chez l'homme, cette lésion érythémateuse à bord très bien délimité, fixe, correspond à la balanite chronique circonscrite à plasmocytes de Zoon. Chez la femme, elle réalise la vulvite érythémateuse circonscrite bénigne à type érythroplasique de Garnier. L'examen histologique permet de différencier de la maladie de Bowen qui peut revêtir le même aspect clinique mais est un carcinome in situ
J. J. Zoon, dermatologue néerlandais (1952) ; J. T. Bowen, dermatologue américain (1912) ; G. Garnier, dermatologue français (1954)
Étym. gr. eruthros : rouge ; plassein : façonner
→ balanite à plasmocytes de Zoon, vulvite à plasmocytes, Bowen (maladie de)
[J1,O3,M3]
Édit. 2018
expérience délirante primaire l.f.
primary delirious experience
État délirant irréductible aux mécanismes de la pensée normale car vécu comme une expérience (all. : erlebnis) originale et ineffable de bouleversement de la relation du sujet à son monde (K. Jaspers, 1913).
Perceptions, représentations et intuitions délirantes occupent la conscience de façon incoercible et font éprouver au patient des impressions bouleversantes, des significations redoutables ("atmosphère de vendredi saint") ou merveilleuses. Des éléments d'un syndrome d'automatisme mental les expriment souvent. Cette disposition délirante fondamentale pourra persister après la période aigüe, constituant alors le fond d'une évolution délirante chronique, tout particulièrement schizophrénique.
Le caractère "primordial" (J.J. Moreau de Tours), de ce délire, qui renvoie à l'expérience du rêve, ne doit pas être entendu comme applicable seulement à une phase psychotique initiale, mais aussi à d'autres "moments féconds" qui peuvent jalonner l'évolution.
K. Jaspers, psychiatre et philosophe allemand (1913) ; J. J. Moreau de Tours, psychiatre français (1845)
[H3]
Édit. 2018
facteurs de croissance fibroblastiques n.m.
fibroblastic growth factors
Famille de facteurs de croissance synthétisés essentiellement par les fibroblastes, liant l’héparine et interagissant avec des heparan sulfate proteoglycanes, impliqués dans la cicatrisation des plaies, l’angiogenèse, le développement de l’embryon, la prolifération et la différentiation de nombreux types cellulaires.
Il existe 23 isoformes de structure apparentée dont les 10 premiers (FGF1-FGF10) se lient aux récepteurs FGFR au nombre de 4 (FGFR1-FGFR4). FGF1 est encore appelé acide (FGFa) et FGF2 basique (FGFb). Ces récepteurs possèdent une activité protéine kinase. Parmi eux, les FGF1 et 2 stimulent la prolifération de cellules endothéliales et favorisent l’angiogenèse, le FGF7 est un puissant facteur de multiplication des cellules épithéliales. Le FGF23 a une place à part. Il se comporte comme une hormone contrôlant le métabolisme phosphocalcique. Synthétisé par les ostéocytes, il diminue la réabsorption tubulaire des phosphates et inhibe la 1 alpha-hydroxylase aboutissant ainsi à un déficit en 1, 25 dihydrocholecalciférol. Sa concentration sanguine augmente dans l’insuffisance rénale chronique. Des mutations de son gène sont responsables du rachitisme héréditaire hypophosphatémique et de la calcinose familiale tumorale hyperphosphatémique.
→ angiogenèse, protéoglycanes, calcinose, rachitisme
[K4,I1]
Édit. 2018
famille dissociée l.f.
distorted family
Famille dans laquelle se retrouvent fréquemment certains éléments sociologiques : misère sociale chronique ; insertion professionnelle des parents instable ; histoire du couple faite de nombreuses ruptures et d'unions multiples plus ou moins transitoires ; alcoolisme et violence.
Les enfants ont rarement un développement satisfaisant. Les fratries sont nombreuses. Durant la petite enfance, la carence de soins est habituelle et le taux de mortalité infantile élevé. À la période préscolaire et scolaire, les troubles du langage sont quasi constants (pauvreté en stock verbal, agrammatisme) et les difficultés intellectuelles constantes.
La majorité des enfants se situe dans la zone de la déficience intellectuelle, alors que le premier développement s'est effectué normalement. Avec l'âge, les troubles du comportement sont fréquents. L'avenir de tels enfants est dominé par le risque de marginalité, de délinquance et de psychopathie.
Syn. famille-problème
→ famille, famille éclatée, famille monoparentale
[H4]
Édit. 2018
fatigue chronique (syndrome de) l.m.
systemic exercice intolerance disease (SEID)
Maladie ou syndrome d’intolérance systémique à l’effort (entité précisée par l’Institute of Medicine of the National Academy en 2015) qui associe trois symptômes obligatoires :
1.- fatigue depuis au moins 6 mois, intense, nouvelle ou d'un début défini, ne résultant pas d'un effort excessif continu et non améliorée par le repos, avec réduction substantielle ou altération du niveau des activités personnelles, professionnelles ou sociales auparavant réalisées ;
2- malaise après l’effort ;
3- sommeil non réparateur et au moins une des deux manifestations suivantes : altération cognitive ou intolérance orthostatique.
Tous les âges peuvent être atteints y compris les enfants, les femmes sont 2 à 4 fois plus concernées que les hommes.
Outre les manifestations énoncées ci-dessus, des douleurs musculaires et pharyngées peuvent être présentes.
L’étiologie est inconnue. Les causes suspectées sont virales : famille des herpes virus (HHV-6, HHV-7, cytomégalovirus), entérovirus (Coxsackie B et Echovirus), ainsi que le Parvovirus B19. Le virus Epstein-Barr n'est plus considéré comme une cause potentielle. Les symptômes pourraient aussi être d'origine auto-immunitaire sans que le déclencheur de la réponse soit connu.
Le microbiote de ces patients pourrait présenter un déséquilibre, certaines espèces bactériennes (Faecalibacterium, Roseburia, Dorea, Coprococcus, Clostridium, Ruminococcus, Coprobacillus) seraient retrouvées beaucoup plus fréquemment que chez les témoins.
Au moins les deux tiers des personnes atteintes de ce syndrome satisfont aux critères psychiatriques existants pour les troubles anxieux, la dépression ou la dysthymie, mais il reste à élucider si ces troubles sont la cause ou le résultat. Une fatigue chronique est également associée à la myofasciite à macrophages.
Une thérapie cognitive du comportement et l'exercice physique (en douceur au début et plus poussé par la suite) semblent être les plus bénéfiques.
Syn. encéphalomyélite myalgique
→ microbiote, dysthymie, myofasciite à macrophage, fatigue
[N1]
Édit. 2018
faux pilier postérieur l.m.
Hypertrophie lymphoïde, située en arrière des piliers postérieurs du voile du palais, témoins d’une pharyngite chronique.
Ils sont fréquents chez les sujets amygdalectomisés.
[P1]
Édit. 2018
syndrome des fentes médianes l.m.
midline cleft syndrome
Fente craniofaciale avec holoprosencéphalie.
Microcéphalie, insuffisance hypophysaire, hypotélorisme, fente médiane de la langue et du palais, luette bifide, incisive maxillaire centrale unique, retard mental, scoliose, constipation chronique. Au niveau des yeux on peut trouver, strabisme convergent, nystagmus, microphtalmie, cataracte congénitale, colobome uvéal et cyclopie dans les formes les plus sévères. Locus du gène (HPE2) en 2p21. L’affection est autosomique dominante (MIM 157170).
W. DeMyer, neurologue américain (1967)
Syn. holoprosencéphalie de type 2
→ syndrome des fentes médianes de la face, holoprosencéphalie, microcéphalie, hypotélorisme, strabisme, nystagmus, microphtalmie,cataracte congénitale, colobome de l'uvée, cyclopie
[Q2,P1,P2,P3,H1,O4]
Édit. 2018
fibrofolliculome n.m.
fibrofolliculoma
Hamartome d'apparition tardive, issu de l'épithélium folliculaire situé au-dessus de l'abouchement de la glande sébacée, apparaissant chez l'adulte dans la 5e ou 6e décennie, et consistant en une lésion habituellement localisée au visage ou en de multiples papules blanc jaunâtre en dôme siégeant sur le cuir chevelu, le cou, le dos et dans les grands plis.
L'aspect histologique consiste en une prolifération trabéculaire de l'infundibulum entourée par une hyperplasie fibreuse périfolliculaire. L'évolution est bénigne et chronique. Les fibrofolliculomes peuvent faire partie du syndrome de Birt-Hogg-Dubé qui associe des fibrofolliculomes, des trichodiscomes, des acrochordons et, souvent, des fibromes périfolliculaires.
A. R. Birt, Georgina Ruth Hogg et W. J. Dubé, dermatologistes canadiens (1977)
→ hamartome, Birt, Hogg et fibDubé (syndrome de)
[F5,J1]
Édit. 2018
fibrome folliculaire l.m.
follicular fibroma
Tumeur bénigne rare émanant de la gaine conjonctive du follicule pileux, se manifestant soit comme une lésion solitaire siégeant surtout sur le nez de sujets âgés, soit sous la forme de multiples papules hémisphériques blanchâtres, souvent centrées par un comédon et principalement localisées sur le visage et le cou.
Les fibromes folliculaires multiples peuvent faire partie de l'épiloïa, du syndrome de Birt, Hogg et Dubé ou d'un hamartome conjonctif volumineux. Histologiquement, la tumeur consiste en une densification strictement péripilaire du tissu conjonctif, qui est riche en fibroblastes et en collagène, mais ne contient pas d'élastine. La lésion est chronique et stable.
A. R. Birt, Georgina Ruth Hogg et W. J. Dubé, dermatologistes canadiens (1977) ; R. Burnier, dermatologiste français et B. Rejšek, dermatologiste tchèque (1925)
Syn. fibrome périfolliculaire, fibromes sous-cutanés péripilaires multiples de la face et du cou de Burnier et Rejšek (1925)
[F5,J1]
Édit. 2018
fibrose élastique l.f.
elastic fibrosis
Formation excessive de fibres élastiques dans un tissu cicatriciel, une inflammation chronique, certaines dystrophies.
Syn. fibrose élastigène
[A2]
Édit. 2018
fibrose hépatique l.f.
hepatic fibrosis
Mécanisme de cicatrisation pathologique consécutif à une agression (toxique, infectieuse, métabolique…) source d’inflammation chronique, responsable d’une destruction de l’architecture tissulaire, consécutive au dépôt excessif de tissu collagène.
La fibrose est le résultat d’une dérégulation de l’équilibre entre synthèse et destruction de la matrice extracellulaire.
En pratique clinique, on distingue selon une gravité croissante le stade 1 où la fibrose est minime, le stade 2 où elle devient significative, le stade 3 pré-cirrhotique et le stade 4, ultime qui est la cirrhose. La cirrhose est définie histologiquement par une désorganisation diffuse de l’architecture hépatique avec une fibrose annulaire délimitant des nodules d’hépatocytes, appelés nodules de régénération.
Lorsque le facteur d’agression du foie a disparu et que la fibrose n’est pas au stade de cirrhose, elle régresse complètement. On a longtemps cru que la régression de la fibrose n’était pas possible au stade de cirrhose. On sait maintenant que si le facteur d’agression a disparu, la réaction inflammatoire étant donc stoppée, la cirrhose peut régresser. La régression de la cirrhose n’est pas possible lorsque les septums fibreux sont épais avec de petits nodules de régénération ce qui correspond souvent au plan clinique à des cirrhoses s’accompagnant de signes d’insuffisance hépatocellulaire et d’hypertension portale. A l’opposé, lorsque les septums fibreux sont minces avec de gros nodules de régénération, la réversibilité de la cirrhose avec restitution ad integrum du parenchyme hépatique est possible, une fois le facteur d’agression éliminé.
→ cirrhose hépatique, fibrose hépatique congénitale
[A2,L1]
Édit. 2018
fibrose orale sous-muqueuse l.f.
oral submucous fibrosis
Affection chronique de la cavité buccale à potentialité précancéreuse, observée surtout en Inde mais aussi dans d'autres régions d'Asie, avec développement insidieux d'une fibrose sous-épithéliale sur toute la muqueuse buccale, entrainant progressivement un trismus et la fermeture irréductible de la bouche.
L'amincissement épithélial associé sensibilise la muqueuse à des carcinogènes comme le tabac. On évoque le rôle étiopathogénique de certains piments alimentaires et du bétel.
→ trismus
[J1,F2,P3]
Édit. 2018
fibrose pulmonaire idiopathique l.f.
idiopathic pulmonary fibrosis, cryptogenic fibrosis alveolitis, idiopathic interstitial fibrosis
Maladie pulmonaire infiltrative diffuse aboutissant à une fibrose pulmonaire interstitielle diffuse.
La fibrose pulmonaire idiopathique, survenant après 40 ans, à caractère familial, est liée à la mutation des gènes TERT, TERC ou RTEL1 et entre dans le cadre des téloméropathies. Elle peut s’associer à d’autres atteintes telles que l’aplasie médullaire ou la dyskératose congénitale.
Les particularités sémiologiques, l'évolution et l'absence de cause sous-jacente permettent de conclure au caractère autonome, primitif ou idiopathique de l'affection. Le pronostic de cette affection est très réservé avec une survie médiane de 3,8 ans chez des patients de 65 ans et plus. De nombreux patients décèdent de défaillance respiratoire hypoxémique chronique,
Deux médicaments apportent une amélioration de l'évolution de cette pathologie :
Nintedanib un inhibiteur de la tyrosine kinase qui cible la voie du facteur de croissance
Pirfenidone, par son effet anti-inflammatoire et antifibrotique incluant une inhibition de la synthèse du collagène
Ces deux produits ont une efficacité équivalente
D. J. Lederer, médecin américain (2018)
Syn. fibrose pulmonaire primitive, fibrose pulmonaire cryptogénétique
→ fibrose pulmonaire, téloméropathies, TERT, TERC, RTEL1, aplasie médullaire, dyskératose congénitale
[Q2,K1,F1,J1, G5]
Édit. 2018
Fibrotest® n.m.
Test diagnostique non invasif d’évaluation de l’importance de la fibrose hépatique.
Initialement conçu pour les patients atteints d’hépatite chronique virale C, il combine les dosages de cinq marqueurs : l'alpha2 macroglobuline, l'haptoglobine, l'apolipoprotéine A1, la bilirubine totale et les gamma-glutamyl transférases avec un ajustement à l'âge et au sexe. Une formule mathématique permet le calcul du fibrotest qui varie de 0 à 1. Pour faciliter l’interprétation visuelle le résultat est accompagné d’un graphique en couleurs avec trois classes de gravité croissante.
Le test de fibrose varie entre 0.00 et 1.00 avec une prédiction des stades selon la classification Métavir. La corrélation de l’estimation de la fibrose par le Fibrotest® et l’examen anatomopathologique du foie est dans l’ensemble satisfaisante. Cependant, il ne faut pas retenir uniquement du résultat final mais analyser et tenir compte de chaque composante du test dans l’interprétation de celui-ci. En effet, des causes non liées au virus peuvent le perturber et donc rendre le résultat ininterprétable. Ainsi, la maladie de Gilbert qui élève le taux de bilirubine, une hémolyse qui entraîne une élévation de l’haptoglobine et un syndrome inflammatoire qui provoque une élévation des alpha2 globulines perturbent les résultats.
Il est combiné à l'ActiTest® qui estime l’activité nécrotico-inflammatoire dans les hépatites chroniques en intégrant le dosage de l’ALAT.
→ hépatite chronique virale C, ActiTest®, Métavir (classification de la fibrose hépatique), marqueurs non invasifs de fibrose hépatique, Fibrotest®
[L1]
Édit. 2018
fièvre Q l.f.
Q fever
Infection par Coxiella burnetii, parfois transmise par la piqûre et les déjections de différents acariens (Amblyomma, Dermacentor, Rhipicephalus, Ixodes, Argas, Ornithodoros) et dont le réservoir est constitué par de nombreux animaux sauvages.
Il s'agit d'une maladie très polymorphe. L'incubation est en moyenne de 20 jours. Sous sa forme aiguë, elle se manifeste souvent par un syndrome pseudo-grippal, une hépatite ou une pneumopathie. Un exanthème est fréquent. Des manifestations neurologiques (méningite, encéphalite, névrite, diplopie…), rénales (protéinurie), hématologiques (thrombopénie, anémie), cardiovasculaires (péricardite, myocardite) s'observent parfois. La forme chronique se manifeste généralement par une endocardite chez des patients déjà porteurs d'une anomalie valvulaire. En cas d'infection lors de la grossesse, un accouchement prématuré ou une mort fœtale peut survenir. Le traitement repose sur l'antibiothérapie par doxycycline ou fluoroquinolones. Les infections inapparentes sont certainement fréquentes. Elle est cosmopolite et peut sévir par épidémies saisonnières ou sous forme de cas sporadiques.
De nombreuses espèces de tiques, appartenant à des genres variés, peuvent transmettre C. burnetii.
Cette bactérie infecte de nombreux animaux sauvages et domestiques. Le bétail représente la première source des contaminations humaines, surtout lors de la mise bas (maladie professionnelle) mais ce sont les rongeurs qui constituent le principal réservoir de germes.
E. H. Derrick, microbiologiste australien (1937) ; F. M. Burnet, Sir, virologue et immunologiste australien, prix Nobel de Médecine en 1960 (1937)
Étym. de query fever (fièvre étrange). A ne pas confondre avec la fièvre à tiques du Queensland
Syn. maladie de Derrick et Burnet
[D1,D4,L1,K1,E2]
Édit. 2018