Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

493 résultats 

stomatite vésiculeuse l.f.

vesicular stomatitis

Maladie endémo-épizootique atteignant les ruminants, les chevaux, les porcs, due à un arbovirus du genre Vesiculovirus (VSV, famille des Rhabdovirus) répandu sur l’ensemble du continent américain.
Ce virus entraîne, chez l’animal, l’apparition de lésions vésiculeuses des muqueuses buccales et de la langue, ainsi que des mastites et des avortements. Son importance économique est considérable.
La contamination de l’Homme est possible lors de contacts avec des animaux infectés (vétérinaires, éleveurs) ou parmi les personnels de laboratoire : elle entraîne alors fièvre, céphalée, myalgies, arthralgies, conjonctivite, prostration.
Plusieurs sérotypes de ce virus sont connus (Algoas, Cocal, Indiana, New Jersey). Ces virus sont transmis par des phlébotomes du genre Lutzomyia (sérotype Indiana) ou, peut-être, par des Ceratopogonides du genre Culicoides (sérotype New Jersey).

Étym. gr. stoma : bouche

streptococcémie n.f.

streptococcaemia

Présence de streptocoques dans le sang traduisant, le plus souvent, une bactériémie.
La porte d’entrée diffère selon l’espèce de streptocoques en cause. Les signes cliniques sont variés : fièvre, frissons, altération de l’état général, splénomégalie, diversement associés à des lésions cutanées, à des arthralgies ou à des arthrites, à une phlébite des membres inférieurs. Après isolement, dans l’hémoculture, de la souche responsable, le traitement antibiotique  consiste soit en une monothérapie (pénicilline G ou aminopénicilline), soit en une association pénicilline-aminoside.

streptococcie n.f.

streptococcia

Infection provoquée par un streptocoque.
Les infections qu’il provoque varient beaucoup selon les espèces. Ainsi, les streptocoques bêta-hémolytiques des groupes A, C et G sont responsables d’angines aigües, de la scarlatine, d’infections cutanées, de dermohypodermites aigües et de bactériémies, alors que les streptocoques des groupes D et H et les streptocoques ingroupables le sont d’endocardites subaigües et les streptocoques du groupe B d’infections néonatales.
Sa présence dans le vagin au cours de l'accouchement fait courir au nouveau-né un risque d'infection, de pneumonie, de septicémie ou de méningite. Il est donc fréquemment recherché au cours de la grossesse, dans les semaines qui précèdent la naissance. S'il est identifié, un traitement antibiotique est proposé pour la mère, soit systématiquement, soit plutôt en présence de risques supplémentaires d'infection néonatale tels qu’ une rupture prolongée des membranes de l'œuf, ou de la fièvre pendant le travail.

→ Streptococcus

sudamina n.m.p.

sudamen, miliaria crystallina

Minuscules petites vésicules claires de la taille d'une tête d'épingle secondaires à une transpiration abondante et brusque qui clive la couche cornée de l’épiderme.
Provoquées par une poussée de fièvre ou par le port d'un pansement occlusif, cette éruption, qui disparaît en quelques jours, se distingue de la bourbouille par l'absence d'un halo inflammatoire et de prurit.

Syn. miliaire cristalline

→ miliaire sudorale

syndrome de fièvre sévère avec thrombopénie l.m.

severe fever with thrombopenia syndrome

Arbovirose sévère due à un Phlebovirus (famille des Phenuiviridae), observée en Chine au Japon et en Corée.
Ce syndrome aigu, décrit en Chine en 2009, associe une fièvre élevée, des troubles gastro-intestinaux, une leucopénie et une thrombocytopénie. Le décès peut survenir dans un tableau de défaillance multiviscérale. Selon les régions, la létalité varie de 6 à 30 %. En l'absence de thérapeutique spécifique, le traitement est purement symptomatique. Au total, plus de 2 000 cas ont été observés en 2011-2012, en Chine où l'incidence est maximale en juin et juillet. La maladie est surtout répandue en zones rurales de Chine centrale et orientale ; quelques dizaines de cas ont été recensées tant en Corée du Sud qu'au Japon, principalement chez des personnes âgées. Les séroprévalences élevées observées chez les animaux domestiques et chez des rongeurs ont permis de conclure à la nature zoonotique de cette maladie. Le virus en cause (virus SFTSV) est un Phlebovirus, proche du virus Heartland et probablement transmis par des tiques du genre Haemaphysalis. De rares cas de transmission interhumaine par contact sanguin ont été décrits.
 

Abrév. internationale : SFTS

→ Phlebovirus, Heartland (virus), Phenuiviridae

[D1]

Édit. 2018

syndrome malin des neuroleptiques l.m.

neuroleptic malignant syndrome

Accident médicamenteux exceptionnel ((0,07 à 0,1%) mais qui comporte un pronostic grave avec 25% de mortalité ; il provoque des troubles neuromusculaires et généraux susceptibles de survenir après administration de neuroleptiques ou de produits apparentés (phénothiazines, thioxantènes, butyrophénones, sels de lithium, antidépresseurs, etc.).
Pour ce diagnostic, trois critères sont nécessaires : la fièvre élevée, supérieure à 38°, d'augmentation rapide, avec troubles de la conscience et apparition précoce d'un syndrome extrapyramidal ; la prise de neuroleptiques ; l'absence de toute autre cause d'état fébrile.
Après une phase initiale fébrile, la période d'état associe une forte hyperthermie (plus de 40°C), des syndromes neuropsychiques avec coma, des signes extrapyramidaux avec hypertonie, et neurovégétatifs avec tachycardie, tachypnée, une sudation accrue et une hypersialorrhée.
Il peut également exister une détresse respiratoire avec rhabdomyolyse (la présence d'une augmentation des enzymes musculaires serait constante) et insuffisance rénale aigüe. On peut voir des formes mineures purement fébriles.
Tous les neuroleptiques peuvent provoquer un syndrome malin, en particulier ceux des familles des phénothiazines pipérazinées (fluphénazine, thiopropérazine) et des butyrophénones (halopéridol, triflupéridol). L'administration et la posologie ont été le plus souvent habituelles ; la durée du traitement ne semble pas jouer. La pathogénie dépend du blocage des récepteurs dopaminergiques centraux et de perturbations des mouvements du Ca dans le réticulum endoplasmique (déséquilibre entre les entrées et les sorties).
Le traitement associe antipyrétiques, antiparkinsoniens, myorelaxants et surtout du dantrolène (2,5 mg/kg).

→ dantrolène, hyperthermie maligne, coup de chaleur

[G3,G4,G5,H1]

Édit. 2017

syndrome périodique associé à la cryopyrine l.m

cryopyrin-associated periodic syndrome (CAPS)

Groupe de maladies auto-inflammatoires, héréditaires à transmission autosomique dominante, caractérisées par des épisodes répétés de crises inflammatoires systémiques sans infection liées à des mutations du gène NLRP3 (ou CIAS1) codant pour la cryopyrine.
Ce syndrome comprend 3 maladies, l’urticaire familiale au froid (« familial cold urticaria » ou FCU), le syndrome de Muckle Wells et le syndrome chronique infantile neurologique cutané et héréditaire (CINCA). Ces maladies ont en commun la fièvre associée à une éruption cutanée semblable à l’urticaire, une fatigue intense, des douleurs musculaires et articulaires, des céphalées et des conjonctivites. On constate une élévation importante de la C réactive protéine (CRP). Le mécanisme de la maladie provient d’un dysfonctionnement de la cryopyrine mutée, facteur majeur de l’immunité innée, qui entraîne une production anormale de cytokines pro-inflammatoires comme l’interleukine-1 (IL-1). D’où le traitement de fond par des antagonistes du récepteur de IL-1 qui ont remplacé les glucocorticoïdes. La sévérité de la maladie dépend de la nature de la mutation. Les complications à long terme sont la surdité, l’insuffisance rénale et l’amylose généralisée dans les formes les plus graves.

→ cryopyrine, urticaire familiale au froid, Muckle et Wells (syndrome) NLRP3 gene, interleukine-1

syndrome PFAPA sigle angl. pour Periodic Fever Adenopathies Pharyngitis Aphtous stomatitis

Syndrome auto-inflammatoire observé pendant la petite enfance, caractérisé par des épisodes fébriles récurrents associés à une stomatite aphteuse, une pharyngite et une adénopathie cervicale.
La prévalence et l’hérédité sont inconnues Le diagnostic différentiel avec le syndrome de fièvre périodique avec hyperimmunoglobulinémie peut être difficile

G. S. Marshall, pédiatre américain, (1987) : M. Berlucchi, otorhinolaryngologiste pédiatrique (2004)

Syn. fièvre périodique type Marshall, syndrome de fièvre périodique-stomatite aphteuse-pharyngite-adénopathie

Réf. Orphanet : M. Berlucchi janvier 2004

→ syndrome de fièvre périodique avec hyperimmunoglobulinémie

[D1,O1,P1,F1]

Édit. 2017

syndrome post-commissurotomie l.m.

postcommissurotumy syndrome

Syndrome inflammatoire non spécifique compliquant la convalescence des patients ayant bénéficié d’une commissurotomie.
De la fièvre et des douleurs thoraciques surviennent dans les 15 jours qui suivent l'intervention chirurgicale, quelquefois accompagnées d'une péricardite et d'une pleurésie surtout gauche. La nature de ce syndrome est discuté : il s'accompagne d'un syndrome biologique inflammatoire, sans augmentation des antistreptolysines et sans que les hémocultures ne poussent. Le traitement repose sur l'aspirine, l'évolution peut durer quelques semaines, elle aboutit toujours à la guérison sans séquelles.

→ commissurotomie

[K3]

syndrome pulmonaire à Hantavirus l.m.

Hantavirus pulmonary syndrome

Maladie aiguë fébrile due à plusieurs Hantavirus du continent américain, caractérisée par des troubles cardiaques et respiratoires.
Après une incubation de deux semaines environ, le tableau clinique initial comporte de la fièvre, des myalgies, des céphalées, des douleurs abdominales, des vomissements et de la diarrhée ; assez rapidement surviennent un œdème pulmonaire et des épanchements pleuraux, une détresse respiratoire, parfois une dépression de l’activité cardiaque. Biologiquement, on note une hémoconcentration, une thrombocytopénie et une hyperleucocytose. Une atteinte rénale est parfois observée. Il n’y a pas de manifestations hémorragiques. Avec certains de ces virus, les cas mortels ne sont pas rares. Le traitement est symptomatique. Dans les cas sévères (p.ex. les infections à virus Sin Nombre), la mortalité est de l’ordre de 40%.
Souvent épidémique, cette maladie est principalement répandue dans les régions rurales du continent américain, du Canada, au Chili et en Argentine ; elle y constitue le tableau habituel des hantaviroses, mais de rares cas sont parfois observés en Europe ou en Asie.
Les réservoirs des virus en cause sont des rongeurs : la survenue des épidémies est souvent liée à la dynamique des populations de ces animaux. Les rongeurs infectés excrètent le virus dans leurs urines, leurs déjections et leur salive. La contamination humaine se fait par inhalation de poussières contaminées par des excréments de rongeurs chroniquement infectés ou, plus rarement, par morsure de rongeur. La contamination interhumaine demeure exceptionnelle. La prévention consiste à éviter les contacts avec les rongeurs réservoirs dont certains peuvent être péri-domestiques.

Syn. syndrome cardio-pulmonaire à Hantavirus

→ Hantavirus, Andes virus, Sin Nombre virus

syndrome respiratoire aigu sévère l.m.

severe acute respiratory syndrome (SARS)

Syndrome respiratoire infectieux zoonotique, potentiellement grave, survenant par épidémies ou par cas sporadiques en Asie.
Ce syndrome a été identifié, ainsi que le virus responsable, à l'occasion de la survenue d'une épidémie en Chine en 2002-2003 (environ 8 000 cas, 800 morts). Le tableau clinique débute par une pneumonie d'apparence banale avec fièvre, frissons, myalgies, céphalées, toux, dyspnée. Il existe souvent des vomissements et une diarrhée, parfois une hépatite, rarement une symptomatologie neurologique. Généralement bénigne chez les jeunes enfants, l'évolution est en revanche plus sévère chez les adultes et surtout les personnes âgées où est observée une progression de l'atteinte pulmonaire aboutissant fréquemment à une détresse respiratoire aiguë. La létalité globale est de l'ordre de 10 %. Le diagnostic fait appel à des techniques de biologie moléculaire. Nous ne disposons actuellement d'aucun traitement spécifique. Des vaccins sont à l'étude.

Un syndrome proche, dénommé Covid-19, et dû au Betacoronavirus SRAS-CoV-2, a émergé en Chine en 2019.
Le virus en cause est un Betacoronavirus (SRAS-CoV, famille des Coronaviridae) dont le génome présente de fréquentes mutations ponctuelles qui lui permettent de franchir les barrières d'espèces et de s'adapter à des environnements différents. Ce syndrome sévit en Asie par petites épidémies, principalement chez des personnes ayant des contacts avec des animaux (éleveurs ou marchands d'animaux vivants). En raison du fort pouvoir contagieux de ce virus qui est éliminé notamment dans les sécrétions naso-pharyngées et dans les selles, des cas nosocomiaux ont été observés parmi les personnels soignants ainsi que dans différents pays chez des voyageurs revenant d'un foyer épidémique. Comme pour la plupart des Betacoronavirus, les hôtes habituels du virus, qui en constituent probablement les réservoirs, sont des chauves-souris, les autres animaux infectés n'étant que des hôtes-relais.  

Sigle SRAS

→ Coronaviridae, syndrome respiratoire aigu sévère dû au Coronavirus 2

[D1, G1, K1]

Édit. 2020

syndrome respiratoire du Moyen-Orient  l.m.

Middle East respiratory syndrome

Syndrome respiratoire infectieux zoonotique, potentiellement grave, survenant par petites épidémies ou par cas sporadiques dans différents pays du Moyen-Orient.
Ce syndrome fut identifié, ainsi que le virus responsable, à l'occasion de cas sporadiques survenus dans la péninsule arabique en 2012. Après une incubation de 8 à 12 jours, le tableau clinique débute par une pneumonie d'apparence banale avec fièvre, frissons, myalgies, céphalées, toux, dyspnée, et peut aboutir à une détresse respiratoire aiguë ou parfois à une insuffisance rénale. La létalité semble être de l'ordre de 50 %. Le diagnostic fait appel à des techniques de biologie moléculaire. Nous ne disposons actuellement d'aucun traitement spécifique hormis la cyclosporine A. Des vaccins sont à l'étude.
Des cas humains ont été observés en Arabie, Emirats arabes, Qatar, Oman, Koweït, Yémen, Jordanie,
ainsi que dans différents pays d'Europe et d'Afrique du Nord, chez des voyageurs revenant de région d'endémie. Néanmoins, le virus ne semble pas facilement transmissible d'Homme à Homme. Les dromadaires sont souvent infectés et éliminent le virus dans leurs sécrétions naso-pharyngées, ce qui explique que ce syndrome atteint principalement des personnes ayant des contacts avec ces animaux. Comme pour la plupart des Betacoronavirus, les hôtes habituels du virus, qui en constituent probablement les réservoirs, sont des chauves-souris, les dromadaires infectés n'étant vraisemblablement que des hôtes-relais.

→ Coronaviridae   

syndrome sérotoninergique l.m.

serotonin syndrome

Ensemble rare d'effets secondaires récemment individualisés de certains antidépresseurs, décrits comme liés à une hypersérotoninergie mais nécessitant confirmation et précisions.
En l'absence d'autre étiologie et lors de l'institution ou de l'augmentation posologique de substances connues pour agir sur le système sérotoninergique, apparition simultanée ou séquentielle d'au moins trois des symptômes suivants selon la description princeps de H. Sternbach (1991), plus ou moins discutée : confusion et hypomanie, agitation, myoclonies surtout non rythmiques, hyperréflexie, sueurs abondantes, frissons, tremblements, diarrhée, incoordination motrice, fièvre. L'évolution peut être sévère et même mortelle. La distinction avec le syndrome malin des neuroleptiques est difficile.
Habituellement en association, sinon en surdosage, ont été surtout incriminés les inhiiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) non sélectifs ou sélectifs A (toloxatone, moclobémide) et les inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine (ISRS), mais aussi certains antidépresseurs tricycliques, le lithium, l'Ecstasy (MDMA), voire des molécules non psychotropes comme le dextromorphane, présent dans de nombreux antitussifs. La mesure thérapeutique essentielle est l'arrêt du ou des produits incriminés avec, dans les formes moyennes, disparition des symptômes en 24 à 48 heures, sauf de la confusion, qui peut persister quelques jours.

syphilis secondaire l.f.

secondary syphilis

Deuxième phase de la syphilis survenant au décours d'une syphilis primaire non traitée, caractérisée par la dissémination septicémique des tréponèmes, responsable de manifestations générales telles que fièvre, céphalées, de polyadénopathies, de lésions cutanées constituant la première floraison ou roséole puis la seconde floraison ou syphilides, ainsi que d'une atteinte de divers organes à type de méningite, hépatite, polyarthrite, etc.
Toutes les réactions sérologiques de la syphilis sont fortement positives. En l'absence de traitement, cette phase peut durer 2 à 3 années.

→ floraison syphilitique

Tacaiuma (virus)

Tacaiuma (virus)

Virus à ARN de la famille des Orthobunyaviridae, responsable de syndromes fébriles au Brésil.
Ce virus appartient au "groupe Anopheles A" des Orthobunyaviridae ; il  circule en Amazonie brésilienne. L'infection de l'Homme se traduit par de la fièvre, des céphalées, des myalgies et arthralgies. Le virus Tacaiuma circule probablement en forêt chez les Singes, par l'intermédiaire de moustiques des genres Haemagogus et Aedes.

Sigle TCMV

taches rosées lenticulaires l.f.p.

Macules de couleur rosée et de la taille d’une lentille, qui apparaissent à la base du thorax et sur l’abdomen, vers le septième jour d’évolution de la fièvre typhoïde.

→ fièvres typhoïde et paratyphoïde

Tahyna (virus)

Tahyna (virus)

Virus à ARN de la famille des Bunyaviridae et du genre Bunyavirus, transmis à l’Homme par piqûre de moustiques et responsable, en Europe centrale, de syndromes fébriles bénins d’allure pseudogrippale.
Le virus Tahyna appartient au sérogroupe California. Cet arbovirus est répandu dans toute l'Europe, en Russie et en Asie centrale jusqu'en Chine, en Afrique du Nord et en Afrique sub-saharienne. Ses hôtes naturels sont des petits mammifères (rongeurs, lagomorphes, insectivores, ...) et ses vecteurs des moustiques de différents genres (en particulier Aedes vexans). Les infections humaines, généralement bénignes, se manifestent par une fièvre, des céphalées, des myalgies, une pharyngite, des nausées, une anorexie, parfois une discrète atteinte méningée ou une broncho-pneumonie. Le virus Lumbo, circulant sur le continent africain, est considéré comme un variant du virus TAH.

Sigle TAHV

→ encéphalite de Californie

Tataguine (virus)

Virus à ARN de la famille des Orthobunyaviridae, largement répandu en Afrique occidentale

Transmis principalement par des moustiques du genre Anopheles, ce virus cause, lorsqu'il infecte l'Homme, une fièvre exanthématique avec, parfois, céphalées et arthralgies. L'évolution est bénigne.

Étym. Tataguine, ville du Sénégal

Sigle TATV

température n.f.

temperature

Expression scientifique du degré de chaleur ou de froid, qui correspond à l'énergie cinétique moyenne des molécules due à l'agitation calorique.
L'échelle centigrade, créée en 1742 par Celsius, prend pour repères la glace fondante et l'ébullition de l'eau sous une pression atmosphérique normale (760 mm de Hg = 1013,25 hPa).
On utilise actuellement trois échelles thermométriques :
- Celsius, échelle internationale, de 0°C pour la glace fondante à 100°C pour l'ébulition de l'eau, ce qui définit le degré centigrade ;
- thermodynamique, part du zéro absolu, où il n'y a pas d'agitation moléculaire, elle utilise le degré centigrade et exprime la température en degré Kelvin (0 K = - 273,16°C) ;
- Fahrenheit (utilisée seulement dans les pays anglosaxons) emploie un degré différent (1°F = 0, 54°C) et des références différentes
(0°F = - 17,78°C ; 32°F = 0°C ; 99°F = 37,22°C = 310,37 K ; 100°F = 37,78°C ; 101°F = 38,33°C).
En médecine, la température du corps est particulièrement importante à connaitre car elle précise les concepts de température normale (entre 36,5°C et 37,5°C), d'hyperthermie, d'hypothermie et de fièvre (qui n'était autrefois appréciée que sur le pouls «fébrile»).
Une température centrale élevée (température létale) amène une détérioration des protéines, la nécrose des cellules et la mort des êtres vivants.

D.G. Fahrenheit, physicien néerlandais d’origine allemande (1709), A. Celsius, astronome et physicien suédois (1742), W. Thomson, Lord Kelvin, physicien britannique (1854)

Étym. italien temperatura : température (Galilée, 1592), lat. temperatura : organisation, tempérament et, très exceptionnellement, température (au sens qualitatif de chaleur).

→ température létale

Thailande (virus) l. m

Thailand virus

Virus à ARN, appartenant à la famille des Bunyaviridae et au genre Hantavirus.
Ce virus, répandu en Asie du Sud-Est, est probablement responsable, chez l'Homme, de fièvre hémorragique avec syndrome rénal. Ses réservoirs sont des rongeurs du genre Bandicota (B. indica principalement).

Sigle THAIV

→ fièvre hémorragique avec syndrome rénal, Hantavirus

thrombophlébite cérébrale puerpérale l.f.

puerpueral cerebral thrombophlebitis

Thrombose d’une veine cérébrale, le sinus longitudinal le plus souvent, survenant dans les suites de couches.
Elle se traduit par des céphalées, de la fièvre et des déficits neurologiques. Elle est mise en évidence par la tomodensitométrie ou l’imagerie à résonance magnétique nucléaire du cerveau après injection de produit de contraste. Elle se traite par l’héparine intraveineuse puis sous-cutanée.

thrombophlébite pelvienne du postpartum l.f.

post-partum thrombophlebitis of the pelvis

Occlusion des veines de l’utérus, du vagin et du ligament lombo-ovarien et par extension des autres veines pelviennes dans les suites d’un accouchement.
Elle se traduit par de la fièvre et des douleurs pelviennes spontanées et à la mobilisation utérine. Elle complique le plus souvent une endométrite. Son diagnostic est surtout clinique, car ni les examens aux ultrasons ni les examens phlébographiques ne sont capables de l’identifier. Elle se traite par l’héparine intraveineuse puis sous-cutanée.

thrombose de la veine porte l. f.

portal vein thrombosis

La thrombose de la veine porte avec ou sans extension aux branches portales droite et gauche est caractérisée par l’existence d’un thrombus d’apparition récente ou ancienne.
La thrombose peut s’étendre aux veines splénique, mésentérique et aux segments intrahépatiques.
La thrombose récente ou aigüe peut être asymptomatique ou se manifester par des douleurs abdominales aspécifiques, de la fièvre. Lorsque le foie est normal, non cirrhotique, la fonction hépatique est préservée, par l’augmentation compensatrice du flux sanguin artériel. Lorsque la thrombose concerne aussi la veine mésentérique, une ischémie intestinale peut survenir.
La thrombose ancienne est découverte devant une hypertension portale et un hypersplénisme.
Le thrombus peut être cruorique, néoplasique ou infecté.
Les causes les plus fréquentes, chez l’adulte, sont le carcinome hépatocellulaire dans le territoire porte concerné, la cirrhose à un stade le plus souvent avancée et chez l’enfant une omphalite néonatale ou une canulation de la veine ombilicale néonatale. Les autres causes  sont un foyer inflammatoire intra-abdominal dans les thromboses récentes ou aigues. Dans tous les cas, il faut rechercher une thrombophilie : syndrome myéloprolifératif, une mutation du facteur V Leiden, un déficit en protéine C ou S, en antithrombine III, un syndrome des antiphospholipides, la présence d’un anticoagulant circulant, une mutation du gène JAK2. Les causes pouvant être associées, le bilan de thrombophilie doit être fait dans tous les cas.
Le diagnostic repose sur l’imagerie qui permet de dater la survenue de la thrombose, de rechercher une cause locale  et de faire le bilan d’extension. L’échographie, examen de première intention, montre dans la veine porte un matériel échogène hyperdense. Le scanner est l’examen de référence qui met en évidence la thrombose veineuse et un signe très évocateur l’hyper-artérialisation à la phase artérielle avec une augmentation du calibre de l’artère hépatique. Lorsque la thrombose est récente, il n’y a pas de cavernome portal. Celui-ci se développe très rapidement, pouvant apparaître une semaine après la thrombose. Le traitement anticoagulant, une urgence thérapeutique, est poursuivi pendant 6 mois en cas de thrombose aigüe ou chronique, prolongé toute la vie en cas d’état prothrombotique ou d’extension à la veine mésentérique supérieure. Il faut y associer le traitement de la cause. Pour l’hypertension portale le traitement est celui des cirrhotiques.

→ cavernome portal

thrombose de la veine ovarienne droite l.f.

thrombosis of the right ovarian vein

Occlusion des veines du ligament lombo-ovarien droit survenant dans les suites de couches, singularisée parce que la douleur et la fièvre qui l’accompagnent amènent classiquement à envisager une appendicite.

thyroïdite subaigüe de de Quervain l.f.

de Quervain’s thyroiditis

Inflammation de la thyroïde d’origine probablement virale.
Son diagnostic est évoqué devant une thyroïde douloureuse et augmentée de volume, avec fièvre et thyrotoxicose discrète transitoire. Les examens complémentaires mettent en évidence une vitesse de sédimentation très augmentée, des teneurs en T3 et T4 libre légèrement élevées, l’absence de fixation à la scintigraphie. L’évolution est spontanément favorable avec parfois une hypothyroïdie transitoire et un rebond possible.

F. de Quervain, chirurgien suisse (1902) ; G. W. Crile Jr, chirurgien américain (1950)

Syn. thyroïdite subaigüe de Crile

→ exploration fonctionnelle thyroïdienne

| page précédente | /20 | page suivante