Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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purpura papuleux en gants et en chaussettes l.m.

papular purpuric gloves and socks syndrome

Entité caractérisée par un érythème œdémateux des mains et des pieds accompagné d'une éruption purpurique micropapuleuse d'une fièvre en plateau et parfois d'une glossite, et dont l'origine est virale avec parfois mise en évidence d'une séroconversion pour le parvovirus B19.
L'évolution est bénigne, sans altération de l'état général et sans conjonctivite ni desquamation secondaire des paumes ou des plantes, ce qui permet d'écarter un syndrome de Kawasaki de l'adulte.

Monika Harms, dermatologue suisse (1990)

pustulose neutrophilique l.f.

neutrophilic pustulosis

Dermatose faite de poussées aiguës récidivantes de pustules apparaissant sur les avant-bras et l’abdomen, en peau saine ou érythémateuse, comportant histologiquement un infiltrat de polynucléaires neutrophiles et éosinophiles dans le derme superficiel et autour des annexes, sans atteinte vasculaire, et régressant sous corticothérapie générale.
Si certains en font une simple forme clinique de syndrome de Sweet, pour d’autres il s’agit d’une entité clinique distincte  pouvant comporter de la fièvre, des manifestation musculaires et articulaires  parfois associée à  une maladie sérique, à une polyarthrite rhumatoïde ou à un état pathologique digestif.

R. S. Sweet, dermatologiste britannique (1964)

→ dermatose neutrophilique

Puumala (virus)

Puumala (virus)

Virus à ARN, appartenant à la famille des Bunyaviridae et au genre Hantavirus.
Il est l'un des responsables de la fièvre hémorragique avec syndrome rénal de gravité modérée, encore appelée nephropathia epidemica. Le tableau clinique associe un état fébrile, des myalgies, des céphalées, des troubles digestifs, quelques hémorragies,  une insuffisance rénale aiguë avec oligurie et parfois quelques signes neurologiques. L’évolution est habituellement favorable, avec une guérison sans séquelles. Le diagnostic biologique repose sur l’isolement et l’identification du virus en cultures cellulaires et sur la sérologie. Se manifestant parfois sur un mode épidémique, ce virus est présent en Europe, surtout fréquent en Scandinavie et du Nord-Est de la France à la Russie ; il est  absent des régions méditerranéennes. Son réservoir est constitué par le campagnol roussâtre (Myodes glareolus). L’Homme se contamine, surtout en milieu rural, par contact direct avec ce rongeur ou indirectement par l’intermédiaire de ses excreta.

Sigle : PUUV

→ fièvre hémorragique avec syndrome rénal, nephropathia epidemica, Hantavirus

pyomyosite n.f.

pyomyositis

Affection musculaire purulente.
Ce terme s'applique surtout aux myosites bactériennes, fréquentes en pays tropical, exceptionnelles en Europe.
Il s'agit d'abcès musculaires staphylococciques, de myosites streptococciques fulminantes mortelles, de myonécroses focales clostridiales avec gangrène gazeuse.
Des myosites nécrosantes avec myoglobinurie s'observent dans la leptospirose ou la fièvre typhoïde.

pyopneumothorax chronique l.m.

chronic pyopneumothorax

Surinfection d'une poche pleurale chronique par l'ouverture de bronches dans cette poche.
Habituellement, c'est une plaque calcifiée de la plèvre viscérale qui ulcère et ouvre de petites bronches.
Le pyopneumothorax se révèle par une vomique modeste, souvent méconnue. Les signes infectieux sont discrets : un peu de fièvre à 38°, une discrète altération de l'état général. C'est dans le cadre d'une poche pleurale chronique tuberculeuse (ancienne poche de pneumothorax thérapeutique, poche de pleurésie sérofibrineuse non traitée, ancienne) que s'observe un tel tableau. La poche est apparemment stable, mais un niveau liquide y apparaît.
Le traitement de fond repose sur le traitement antituberculeux avec, de façon décalée à son instauration, l'ablation de la poche pleurale surinfectée et du parenchyme pulmonaire détruit.

pyrétique adj.

pyretic

Qui se rapporte à la fièvre.

pyrogène n.m.

pyrogen

Substance endogène ou exogène induisant la fièvre.
Les principaux pyrogènes endogènes sont des prostaglandines et des cytokines de l’inflammation tels que l’interleukine-1 et le TNFa.
Les pyrogènes exogènes peuvent être les différentes molécules de microorganismes telles que les endotoxines (lipopolysaccharides de bactéries gram négatif) ou les protéoglycanes de bactéries gram positif.
On recherche l’activité pyrogène d’une solution injectable par mesure de la température après injection intraveineuse chez le Lapin ou bien par le test du Limulus (agrégation de l’hémolymphe d’un crabe microscopique).
En réanimation, une souillure des solutions injectables provoque une réaction fébrile d'autant plus intense que la quantité injectée est plus grande. Ce risque affecte donc surtout les perfusions. Ces souillures résultent de résidus protéiques venant des cellules microbiennes tuées lors de la stérilisation du solvant ou des ampoules et des flacons ou encore des tubulures mal nettoyées au préalable. Les produits distribués par les pharmaciens doivent avoir subi un contrôle pour garantir qu'ils sont exempts de pyrogènes.

Étym. gr. pur : feu (purektikos : fiévreux) ; gène : "qui cause" (contresens usuel)

quarte (fièvre) l.f.

quartan malaria

Fièvre palustre provoquée par Plasmodium malariae, dont les accès fébriles surviennent chaque quatrième jour.

→ paludisme, Plasmodium malariae

Queensland (fièvre du) l.f.

Queensland tick fever

Rickettsiose due à Rickettsia australis.
Transmise par des tiques, en particulier Ixodes holocyclus, cette maladie est une fièvre boutonneuse propre à l'Australie.

Syn. fièvre à tiques du Queensland

→ rickettsiose

quinine n.f.

quinine

Alcaloïde naturel extrait de l’écorce d’un arbre indigène des forêts tropicales d’Amérique du Sud, secondairement cultivé en Indonésie et en Malaisie, le "quinquina" (Cinchona ledgeriana).
Le plus ancien des antipaludiques, la quinine demeure l’un des médicaments les plus actifs pour le traitement parentéral du paludisme, en particulier du neuropaludisme. On utilise généralement des sels de quinine (chlorhydrate, formiate, etc.) L’absorption est très rapide et la concentration sanguine maximale est rapidement atteinte, mais la demi-vie est brève, ce qui oblige à répéter les doses. Souvent réalisées en Afrique dans de mauvaises conditions, les injections intramusculaires de sels de quinine sont la cause fréquente de divers accidents qui ont récemment conduit à proposer une administration par voie intrarectale. La quinine et ses dérivés sont actifs sur les formes plasmodiales endoérythrocytaires (schizonticides), sans action sur les gamétocytes ou sur les formes intrahépatiques. Le mécanisme d’action est complexe et se situe à différents niveaux, ce qui explique la lente apparition des premières résistances. Jadis utilisée en chimioprophylaxie, la quinine a été, en cas de prises irrégulières, à l’origine d’une complication grave, la fièvre bilieuse hémoglobinurique.

→ paludisme

réaction du greffon contre l'hôte l.f.

graft versus host disease GVHD

La réaction du greffon contre l'hôte (GVH), survenant après une greffe de cellules souches hématopoïétiques allogéniques, est une réaction des cellules immunocompétentes du donneur contre les tissus de l'hôte.
Les lymphocytes T activés du donneur attaquent les cellules épithéliales de l'hôte suite à des réactions inflammatoires en cascade débutant lors du conditionnement. Environ 35 à 50% des patients recevant une greffe de cellules souches hématopoïétiques (SCH) développent une GVH aigüe.
Cette réaction peut être aigüe (dans les trois premiers mois de la greffe) et se manifeste par de la fièvre, des éruptions cutanées, des troubles digestifs, faits de douleurs abdominales de diarrhées, et de troubles hépatiques (ictère, hépatomégalie, augmentation de la bilirubine).Elle peut être chronique si elle se manifeste après le troisième mois. Il s'agira alors d'un syndrome de malabsorption, de manifestations cutanées de type lichénoïde, d'une hépatite chronique.
Syn. maladie du greffon contre l’hôte

→ greffe (rejet de)

[F1, G5]

Édit. 2020

rejet aigu de greffe hépatique l.m.

Rejet survenant en cas de transplantation hépatique soit dès le 3e jour postopératoire et dans 80% des cas avant le 15e jour, soit tardivement nécessitant la poursuite du traitement immunosuppresseur.
Un traitement est nécessaire dans 35 à 70% des cas. Suspecté en cas de fièvre, d'élévation des tests hépatiques, le diagnostic est fait histologiquement par biopsie hépatique. Il existe dans l'espace porte un infiltrat inflammatoire portal, des canaux biliaires interlobulaires et de l'endothélium veineux. Le traitement repose sur les fortes doses de corticoïdes (bolus), en cas d'échec sur l'anticorps monoclonal antiCD 3 (OKT3) ou le tacrolimus (ou FK 506, lactone macrocyclique hydrophobe de mécanisme d'action voisin de celui de la ciclosporine).

→ rejet de greffe, traitement immunosuppresseur et transplantation, histocompatibilité (système d'), HLA

rejet aigu d'un greffon pulmonaire l.m.

acute pulmonary graft rejection

Élimination par le receveur d'une greffe pulmonaire.
Le rejet survient le plus souvent dans les trois premiers mois, mais il peut être tardif, même après plusieurs années. Il se traduit par de la fièvre, des infiltrats pulmonaires et une détérioration de la fonction pulmonaire que traduisent la chute des débits et volumes pulmonaires et de la PaO2. Au-delà du premier mois, le tableau est plus subaigu. La radiographie pulmonaire est très souvent normale. Le diagnostic repose sur les biopsies transbronchiques faites en nombre suffisant.

→ rejet de greffe, traitement immunosuppresseur et transplantation, histocompatibilité (système d'), HLA

Reoviridae

Reoviridae

Famille de virus à ARN, non enveloppés, comprenant plusieurs genres dont certains sont pathogènes pour l’Homme (Rotavirus, Orbivirus et Coltivirus, agent de la fièvre à tiques du Colorado).

repositionnement de médicaments l.m

drug repositioning, repurposing or reprofiling

Nouvelles indications d’utilisation d’un médicament pour le traitement de maladies différentes de celles initialement ciblées.
Le repositionnement a été souvent le fruit du hasard. Un médicament a été prescrit pour traiter une maladie pour laquelle l’autorisation de mise sur le marché a été donnée. Une amélioration imprévue d’une maladie associée a été constatée. Le cas général d’une découverte scientifique faite de façon inattendue s’appelle aussi sérendipité. Un exemple célèbre est celui du sildénafil considéré initialement comme un traitement de l’insuffisance coronarienne qui s’est révélé un facilitateur de l’érection. De même, la colchicine, traitement de la goutte connu depuis longtemps, s’est avérée être le meilleur traitement d’une maladie génétique, la fièvre méditerranéenne familiale. Plus fréquemment maintenant, la découverte est la conséquence d’une étude systématique d’une molécule déjà connue sur des modèles de maladies, comme par exemple dans les maladies génétiques, les cellules pluripotentes induites et différentiées en cellules de l’organe exprimant le phénotype. Le repositionnement a l’avantage pour les firmes pharmaceutiques d’éviter le coût élevé des études toxicologiques déjà effectuées.

→ sérendipité

Restan (virus)

Restan (virus)

Virus à ARN de la famille des Bunyaviridae, responsable, en Amérique tropicale, de syndromes fébriles et algiques.
Ce virus, qui appartient au "groupe C" des Bunyaviridae, entraîne, chez l'Homme, une maladie bénigne
associant fièvre, frissons, céphalées, myalgies, photophobie durant 4 à 5 jours. Il est transmis par des
moustiques et ses hôtes habituels sont probablement des mammifères forestiers.

Sigle RESV

Reynolds (pentade de) l.f.

Reynolds’ pentad

Association, au cours d'angiocholites obstructives suppuratives, de : douleurs, ictère, fièvre, troubles de la conscience et hypotension artérielle.
Le pus présent dans un système complètement obstrué est soumis à de hautes pressions qui facilitent le passage des microorganismes dans la circulation.

B. M. Reynolds et E. L. Dargan, chirurgiens américains (1959)

→ angiocholite

Rhipicephalus sanguineus

Rhipicephalus sanguineus
Tique de la famille des Ixodidae, parasite du chien, dont la répartition en France est liée au climat méditerranéen.
Cette tique transmet Rickettsia conorii, agent de la fièvre boutonneuse méditerranéenne.

→ Rickettsia conorii, fièvre boutonneuse méditerranéenne

rhumatisme articulaire aigu l.m.

acute rheumatic fever

Maladie inflammatoire aigüe survenant dans les suites d’une infection pharyngée à streptocoque bêta-hémolytique du groupe A et caractérisée par un état fébrile avec polyarthrite touchant surtout les grosses articulations, fugace et guérissant sans séquelles apparentes, mais pouvant se compliquer, surtout chez l’enfant, d’atteintes cardiaques (endocardite, myocardite, péricardite ou pancardite) qui font la gravité de la maladie, et parfois d’atteintes extracardiaques (érythème marginé, nodules sous-cutanés de Meynet, chorée).
Biologiquement, il n’y a pas de test spécifique du rhumatisme articulaire aigu mais seulement un syndrome inflammatoire  non spécifique très prononcé (augmentation de la vitesse de sédimentation, élévation de la protéine C-réactive, de l'haptoglobine) et des stigmates directs et indirects de l’infection streptococcique, à savoir la présence de streptocoques bêta-hémolytiques au prélèvement de gorge fait au tout début de la maladie et élévation des anticorps anti-streptococciques (antistreptolysines O et autres) à sa période d’état.
Le traitement fait appel au repos au lit en phase aigüe, associé à une surveillance cardiaque. La pénicilline est mise en route d'abord dans un but curatif, puis à titre prophylactique. Les salicylés à forte dose et les glucocorticostéroïdes ont une action favorable sur la fièvre, les arthrites et les manifestations cardiaques.

J-B. Bouillaud, médecin français, membre de l'Académie de médecine (1832)

Étym. gr. rheuma : fluxion

Sigle RAA

→ endocardite rhumatismale, Meynet (nodules de)

ribavirine n.f.

ribavirine

Antiviral, analogue nucléosidique de la guanosine, utilisé, sous forme orale, dans le traitement des hépatites C, en aérosols au cours des infections graves à virus respiratoire syncytial et, par voie parentérale, dans le traitement de certaines fièvres virales hémorragiques (fièvre de Lassa).
La toxicité essentielle du médicament est d’ordre hématologique avec l’induction rapide et fréquente d’une anémie hémolytique.

Rickettsia africae

Rickettsia africae
Agent de la fièvre à tiques africaine, sévissant principalement sur le continent africain, transmis par plusieurs  espèces de tiques du genre Amblyomma qui servent également de réservoir grâce à l'existence d'une transmission verticale chez ces Arthropodes.
Outre l'Afrique subsaharienne, cette rickettsie existe également dans les Caraïbes et à La Réunion où elle a été introduite avec la tique Amblyoma variegatum, ainsi qu'en Nouvelle Calédonie.

→ fièvre à tiques africaine

Rickettsia akari   

Rickettsia akari
Agent d'une fièvre vésiculeuse, la rickettsiose varicelliforme (ou rickettsial pox), transmis par la piqûre d'acariens (Allodermanyssus sanguineus) et dont le réservoir est la souris domestique.

→ rickettsiose varicelliforme

Rickettsia australis

Rickettsia australis
Agent causal de la fièvre à tiques du Queensland.
Cette bactérie, répandue au Queensland, sur la côte nord-est de l'Australie, admet comme vecteur la tique Ixodes holocyclus.

→ fièvre du Queensland

Rickettsia conorii  

Rickettsia conorii
Espèce de rickettsie dont la forme typique (R. conorii conorii) est responsable de la fièvre boutonneuse méditerranéenne, transmise par la morsure de diverses tiques, principalement Rhipicephalus sanguineus, parasite du chien.
Le réservoir de cette bactérie est constitué par les chiens et par divers rongeurs sauvages. Des sous-espèces (ou génotypes) de R. conorii sont responsables des fièvres boutonneuses indienne, d'Astrakhan et d'Israël (respectivement R. conorii indica, R.c. caspia et R.c. israelensis).
Etym.: A. Conor, bactériologiste français (1910)

→ fièvre boutonneuse méditerranéenne, Rickettsia, fièvre boutonneuse indienne, fièvre boutonneuse d'Astrakhan, fièvre boutonneuse d'Israël

Rickettsia felis 

Rickettsia felis
Rickettsie du groupe boutonneux-pourpré, très largement répandue, infectant l'Homme et de nombreux animaux, principalement transmise par piqûre de puce.
Chez l'Homme, les infections par Rickettsia felis, initialement dénommées pseudotyphus de Californie ou typhus à puces de Californie, se traduisent par une escarre d'inoculation, une fièvre, des céphalées, un rash et, parfois, des atteintes viscérales ou neurologiques habituellement sans gravité. Il s'agit d'une rickettsiose pratiquement cosmopolite, souvent confondue avec le typhus murin. La bactérie infecte les chats, les chiens, les opossums, de nombreuses espèces de rongeurs. Elle est également retrouvée chez différentes espèces de puces mais son vecteur majeur est la puce du chat Ctenocephalides felis, chez laquelle la transmission verticale est habituelle ce qui en fait un réservoir efficace.

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