Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

1829 résultats 

complexe de castration l.m.

castration complex

Pour S. Freud, à la fois signe et pivot du complexe d'Œdipe, décrit dans un premier temps chez le garçon ("Le petit Hans", 1909), c'est la peur qui s'attache à la menace de perdre le pénis, associée à la vue des organes génitaux féminins.
À partir de 1923, avec la mise en place du primat du phallus, la question se pose tout autant pour le garçon que pour la fille. Freud maintient, pour le garçon, l'angoisse de castration, et pour la fille, l'envie de pénis ("Penisneid"). Les deux peuvent, selon lui, constituer la butée d'une analyse.
Pour J. Lacan, la castration ne peut se comprendre qu'à partir de la privation : absence de pénis chez la femme. La castration est une opération symbolique marquée par l'intervention du père réel et qui porte sur un objet imaginaire : le phallus imaginaire. En effet, cette castration n'est jamais, du moins dans la structure névrotique, une castration réelle.

[H4]

conduit biliaire l.m.

ductus choledochus, ductus biliaris (TA)

bile duct

Segment terminal de la voie biliaire principale qui fait suite au conduit hépatique commun à partir du confluent avec le conduit cystique.
De son origine dans le bord libre du petit omentum, en arrière de la partie supérieure du duodénum, il descend en arrière de ce segment du duodénum puis en arrière de la tête du pancréas ; il traverse obliquement la paroi médiale de la portion descendante du duodénum dans laquelle il s’ouvre, soit directement, soit par l’intermédiaire de l’ampoule hépato-pancréatique.

Syn. anc. cholédoque, canal cholédoque

[A1,L1]

Édit. 2020

cornea plana l.f.

cornea plana
Affection congénitale comportant un aplat de la cornée dont le rayon de courbure est plus petit que la normale, ou dans les cas extrêmes cornée tout à fait plate.
Il existe souvent une microcornée avec quelques petites opacités dans le stroma. La chambre antérieure est étroite mais le globe de dimension normale. D'autres anomalies peuvent être associées : cataracte congénitale et colobome choriorétinien. Il existe des gènes d'expression surajoutés récessifs et dominants, et la maladie serait secondaire à l'absence de résorption du mésoderme de la chambre antérieure avec un contact prolongé de la cornée au trabéculum uvéal. Le gène est localisé en 12q21. L’affection est autosomique dominante (MIM 121400) ou autosomique récessive (MIM 217300).

V. Larsen et Anne W. Eriksen, ophtalmologistes danois (1949)

Syn. Syn. CNA1 (dominante), CNA2 (récessive)

[Q2,P2]

corne utérine rudimentaire l.f.

rudimentary uterine horn

Cavité borgne de petit volume, prolongée par une trompe, résultant de l'agénésie partielle d'un canal de Müller.
Adjacente à l'hémi-cavité utérine normale, sans communication avec le vagin, elle peut être le siège d'une grossesse qui évoluera comme une grossesse ectopique.

[Q2,O3]

corps du fémur l.m.

corpus femoris (TA)

shaft of femur, body of femur

Partie du fémur intermédiaire entre l’extrémité supérieure au-dessous du petit trochanter et l’extrémité inférieure au-dessus des condyles.
Prismatique triangulaire elle a trois faces, antérieure, postéro-latérale et postéro-médiale et trois bords dont le postérieur constitue la ligne âpre.

[A1]

Édit. 2015

corps étranger du pharynx l.m.

pharyngeal foreign body

Corps le plus souvent d’origine alimentaire, acéré, (arête de poisson, petit os), qui se pique dans la base de langue, l’amygdale palatine, le sinus piriforme.
La douleur et la dysphagie, souvent immédiates, donnent l’alarme et imposent un examen clinique souvent difficile. L’exérèse à l’aide d’une pince appropriée évite souvent le recours à une anesthésie générale.

[P1]

corpuscule de Krause l.m.

Krause’s corpuscle

Petit organe sensitif correspondant à une dilatation de fibres myélinisées, situé dans le derme superficiel, rendu visible sur les coupes histologiques seulement par des techniques spéciales, servant de thermorécepteur au froid.

W. Krause, anatomiste allemand (1860)

[A2]

Édit. 2015

corpuscule tactile l.m.

tactile body

Petit organe récepteur situé dans la peau, en relation avec des fibres nerveuses sensitives libres ou dont il représente les terminaisons, destiné à percevoir des incitations sensorielles.
Il en existe quatre variétés : les corpuscules de Meissner ou de Wagner-Meissner, de Vater-Pacini, de Krause et de Ruffini ; les deux derniers nécessitent des techniques particulières pour être mis en évidence sur les coupes histologiques.

G. Meissner, anatomiste allemand (1853) ; R. Wagner, zoologiste allemand (1852) ; A. Vater anatomiste allemand (1741) ; A. Pacchioni, anatomiste et médecin italien (1705) ;

[A1]

Édit. 2015

corticothérapie locale l.f.

topical steroid therapy

Thérapeutique d'usage courant en dermatologie, consistant en l'application sur les lésions cutanéomuqueuses d'une préparation contenant un dérivé stéroïdien anti-inflammatoire.
Les principaux dermocorticoïdes sont des dérivés de la triamcinolone et de la bêtaméthasone. La corticothérapie locale, dont l'action peut être renforcée par des pansements occlusifs, a comme principales indications les eczémas, le psoriasis et les autres dermatoses inflammatoires. Très efficace, elle obéit à des règles précises destinées à en minimiser les effets secondaires locaux tels que atrophie cutanée, risque infectieux, et même risques généraux en cas d'utilisation excessive chez le petit enfant.

Syn. corticothérapie topique

[H5]

courbure n.f.

curvature

Forme de ce qui est courbe.
La droite et le plan ont une courbure nulle, les autres lignes ou surfaces sont dites courbes.
La courbure d’une ligne en un point est mesurée par l’inverse de la longueur du rayon de courbure en ce point, la dimension de la courbure est donc L-1. En tout point d’une surface il y a une courbure maximale et une minimale, elles sont dites principales. On appelle courbure moyenne la somme des deux courbures principales (dimension L-1).
En tout point on peut assimiler une ligne courbe à une portion infinitésimale de cercle, dit osculateur (courbe du 2e degré, dont le rayon, R, est d’autant plus petit que la courbure est forte), et l’on mesure la courbure par l’inverse de la longueur du rayon de ce cercle, soit 1/R. De même en tout point on assimile une surface courbe à une portion de surface du deuxième degré sur laquelle les deux courbes, de plus forte et plus faible courbure, dites courbures principales, sont perpendiculaires. La sphère étant symétrique ces courbures sont égale en tout point : la courbure moyenne des alvéoles du poumon est donc 1/R + 1/R = 2/R. Par contre le cylindre ayant une courbure nulle selon son axe, la courbure moyenne des artères n’est que 1/R. La courbure moyenne des membranes biologiques et des parois des organes creux, joue un rôle essentiel dans tous les équilibres de pression entre les deux faces des membranes ou avec la tension de la paroi, notamment celle du cœur.
 

Étym. lat. curvus déverbal de curvo : courber (racine indo-européenne KER, qui porte l’idée de courber

Laplace (loi de), surfactant, tension, tension superficielle

[B1]

couronnement n.m.

coronation

Distension de l'anneau vulvaire au moment de l'expulsion de la tête fœtale, comparée à une couronne posée sur la tête de l'enfant.
On parle ainsi de petit, puis de grand couronnement, en fonction de l'agrandissement du diamètre de l'anneau vulvaire.

[O3]

cranioclaste n.m.

cranioclast

Instrument obstétrical dérivé du forceps à branches croisées utilisé pour la cranioclasie.
Une des branches est porteuse d'une extrémité convexe et l'autre d'une extrémité concave. La tête fœtale est d'abord perforée par craniotomie et la cuiller convexe est introduite dans l'orifice de perforation, puis la cuiller concave est glissée profondément entre la tête et le bassin pour aller saisir la région malaire. Grâce à une vis de serrage, un grand broiement est ainsi réalisé. Celui-ci suffit pour permettre l'extraction. Dans d'autres circonstances, la cuiller concave est introduite dans la région de la pyramide pétreuse et le serrage des deux cuillers provoque un petit broiement. L'utilisation du cranioclaste est exceptionnelle. Elle ne peut être justifiée que si la mère présente un bassin mécaniquement imperméable, si le fœtus est mort et la dilatation complète.

[O3]

crête du petit tubercule de l'humérus l.f.

crista tuberculi minoris humeri, labium mediale sulci intertubercularis (TA)

crest of lesser tubercle, medial lip of intertubercular sulcus, medial lip bicipital groove

Crête osseuse saillante qui borde en arrière et en dedans le sillon intertuberculaire de l’humérus.
Elle prolonge vers le bas la saillie du petit tubercule de l’humérus et donne insertion au muscle grand rond.

Syn. anc. crête sous-trochinienne

[A1]

Édit. 2015

crête du petit tubercule du sillon intertuberculaire de l'humérus l.f.

crista tuberculi minoris humeri, labium mediale sulci intertubercularis (TA)

crest of lesser tubercle, medial lip of intertubercular sulcus, medial lip bicipital groove

Crête osseuse saillante qui borde en arrière et en dedans le sillon intertuberculaire de l’humérus.
Elle prolonge vers le bas la saillie du petit tubercule de l’humérus et donne insertion au muscle grand rond.

Syn. anc. crête sous-trochinienne

[A1]

Édit. 2015

crête inter-trochantérique l.f.

crista intertrochanterica (TA)

intertrochanteric crest

Crête très saillante qui limite en dehors la face postérieure du col du fémur.
Elle s’étend obliquement de haut en bas et de dehors en dedans, du bord postérieur du grand trochanter au petit trochanter. De sa partie moyenne descend verticalement la saillie rugueuse d’insertion du muscle carré fémoral.

Syn. anc. crête inter-trochantérienne postérieure, ligne inter-trochantérienne postérieure

[A1]

Édit. 2015

curiethérapie n.f.

brachytherapy, curietherapy

Traitement par des sources radioactives, émettrices de rayons gamma, placées au voisinage ou au sein de la masse tumorale, par oppositions au traitement par une source radioactive, distante de l’organisme, désignée par le terme  de de radiothérapie externe ou de  téléradiothérapie.
Le terme initialement appliqué au traitement par le radium (radiumthérapie) a été étendu à d’autres radioéléments iridium 192, césium 137 et iode 125. L’irradiation est continue lorsque ces sources sont en place, délivre une forte dose à un petit volume et dure de quelques minutes (haut débit) à plusieurs jours en fonction du débit de dose et de la dose à délivre r.  La curiethérapie dite à haut débit de dose utilise des sources 10 000 fois plus actives que celles utilisées en curiethérapie classique.
Selon le mode d’application, on parle de plésiothérapie ou de curie endocavitaires, lorsque les sources (le plus souvent fils d’iridium) sont introduites dans une cavité naturelle telles le cavum, le nasopharynx le vagin, ou l’utérus. On parle d’endocuriethérapie ou de curiethérapie interstitielle si les sources (fils d’iridium ou grains d’or) sont implantées dans les tissus (peau, lèvre, langue, sein, prostate, anus).
La curiethétapie est dite métabolique lorsqu’elle consiste à injecter des substances par voie intra-veineuse : iode 131, pour les cancers de la thyroïde et autrefois, phosphore 32 pour la polyglobulie primitive (abandonné car il augmente le risque leucémogène et la fréquence de tumeurs solides associées).

P. Curie (1859-1906) et M. Skłodowska-Curie (1867-1934), physiciens français, prix Nobel de physique en 1903; M. Skłodowska-Curie, prix Nobel de Chimie en 1911

[F2, G5]

Édit. 2020

Cushing (maladie de) l.f.

Cushing’s disease

Hypercorticisme glucocorticostéroïde ACTH-dépendant lié à un adénome corticotrope du lobe antérieur de l’hypophyse.
La maladie atteint le plus souvent la femme jeune (5 femmes pour un homme). Le début est progressif et le tableau clinique se complète en plusieurs années ; il est caractérisé par l’aspect du faciès bouffi avec des télangiectasies et une pilosité excessive (hirsutisme), une obésité de la partie supérieure du corps, des vergetures pourpres de l’abdomen et des cuisses, une insuffisance musculaire avec amyotrophie, une ostéoporose responsable de fractures vertébrales multiples par tassement, de fractures de côtes et de la tête fémorale. Il s’y associe souvent une hypertension artérielle, des troubles de la glycorégulation avec hyperplasie bilatérale des glandes surrénales, des troubles génitaux et psychiques. Les examens biologiques sanguins et urinaires (excès de l’ACTH plasmatique, cortisolémie et cortisolurie excessives) permettent d’affirmer l’hypercorticisme et aussi son origine hypophysaire. L’IRM recherche la tumeur hypophysaire et en apprécie son volume, parfois très petit de moins de 3 mm de diamètre (les micro-adénomes ne sont pas toujours décelables) et son extension locale, ce qui oriente les indications thérapeutiques médicales ou chirurgicales et sa voie d’abord.

H. W. Cushing, neurochirurgien américain, membre de l'Académie de médecine (1932)

ACTH, hypercorticisme, adénome hypophysaire

[O4]

Cyon (nerf de) l.m.

Petit nerf pair, branche du nerf pneumogastrique cervical se terminant sur la crosse aortique, qui joue un rôle considérable, avec le nerf de Hering dans la régulation de la tension artérielle.
Il est stimulé par les barorécepteurs de la paroi aortique qui réagissent à une modification tensionnelle en hausse ou en baisse. Le nerf de Cyon est le premier segment d’un arc réflexe, qui va au niveau du bulbe, déclencher une réponse vagosympathique, vasoconstrictive ou vasodilatatrice, pour ramener la tension artérielle à son niveau normal. On l’appelle parfois nerf dépressif mais ce terme ne s’applique qu’à sa fonction de vasodilatation.

E.de Cyon, physiologiste français (1843-1912)

[A1]

Édit. 2015

daltonisme n.m.

daltonism

Dyschromatopsie héréditaire avec déficience totale au rouge.
La vision normale des couleurs, trichromatique, permet à un observateur d’égaliser toutes les couleurs avec trois sources appelées primaires. Devant cette tache, un daltonien utilise une proportion anormale des primaires (anomalie trichromatique) ou moins de trois primaires (dichromatisme si le nombre des primaires est 2, monochromatisme si le nombre est 1).
Le sujet confond le gris avec le bleu-vert et le rouge.
Les formes les plus connues du daltonisme sont congénitales, sous la dépendance de gènes situés sur le bras long du chromosome X, ce qui explique la forte proportion d'hommes atteints (8%) et le petit nombre de femmes (0,4%), qu'il s'agisse de la déficience des cônes de type M ou L. Les femmes vectrices présentent souvent de petites anomalies aux tests de dépistage les plus sensibles. On parle dans ce cas de déficience de la perception du rouge-vert. Les déficits congénitaux des cônes de type S sont beaucoup plus rares, mais le dysfonctionnement ou la perte des cônes S accompagne plusieurs affections ophtalmologiques.
Les anomalies des cônes L, M et S portent respectivement les noms de protan, deutan et tritan. Le suffixe anomalie ou anopsie (protanomalie, protanopie) indique qu'il s'agit d'un trichromatisme anormal ou d'un dichromatisme. L'anomalie représente10% des dyschromatopsies héréditaires. Dalton ne serait pas protanope selon une étude récente faite avec les marqueurs microsatellites du gène et pratiquée sur ses restes. Le locus du gène (CBP ou RCP), est en Xq28. L'affection est récessive, liée au sexe (MIM 303900),
J. Dalton, physicien et chimiste britannique (1794), a décrit l'anomalie héréditaire de la vision des couleurs dont il était lui-même atteint, ainsi que son frère. L'analyse récente des restes de sa rétine n'a retrouvé que les copies des gènes associés aux cônes L, confirmant le diagnostic de deutéranopie.

Syn. CBP, protanopie, cécité au rouge

sensibilité chromatique

débit de déclenchement d'un respirateur l.m.

triggering flow

En ventilation mécanique assistée, petit débit déclenchant l'insufflation grâce à un faible mouvement inspiratoire du patient.
On mesure ce débit au niveau de l'orifice de raccordement du ventilateur aux voies aériennes.

Étym. déverbal du verbe franco-normand débiter : couper un tronc en morceaux

débitmètre de pointe l.m.

peakflowmeter

Petit appareil portable, peu encombrant, permettant la mesure instantanée du débit expiratoire de pointe.
En soufflant à travers un embout, le sujet déplace un curseur devant une échelle graduée permettant la lecture immédiate du débit en litres par minute. Ce système permet la surveillance à domicile de certaines affections respiratoires chroniques telles la BPCO et l'asthme. Il peut aider à la reconnaissance de maladies asthmatiques professionnelles grâce à son utilisation possible pendant le travail.

Étym. déverbal du verbe franco-normand débiter : couper un tronc en morceaux

Debré-Fibiger (syndrome de) l.m.

Debré-Fibiger’s syndrome

Hyperplasie congénitale des surrénales liée à un bloc complet de la 21 hydroxylase, altérant la synthèse à la fois des gluco- et des minéralo-corticoïdes déterminant de ce fait une hyperplasie des surrénales avec syndrome de perte de sel.
En l’absence de thérapeutiques substitutives par les dérivés de la cortisone, l’affection est responsable, dès les premières semaines d’une déshydratation létale en liaison avec une insuffisance surrénale aigüe. Le défaut de synthèse du cortisol et de l’aldostérone et de leurs précurseurs immédiats liés au bloc enzymatique emballe la production des sexocortoticoïdes, ce qui détermine des signes d’hyperandrogénie : masculinisation des organes génitaux externes responsable d’ambiguïté sexuelle chez la petite fille, parfois macrogénitosomie chez le petit garçon. Ce syndrome se différencie de celui de Wilkins où le bloc partiel n’altère pas la synthèse des minéralocorticoïdes.
La transmission est autosomique récessive, liée à des mutations du gène CYP21A2.

J. Fibiger, anatomopathologiste danois, prix Nobel de médecine en 1926 (1905) ; R. Debré, pédiatre français, membre de l'Académie de médecine (1925)

déficit en 21-hydroxylase, Wilkins (syndrome de), hyperplasie congénitale des surrénales, CYP21A2 gene

[O4]

déficit en 21-hydroxylase l.m.

21-hydroxylase deficiency

Hyperplasie congénitale des surrénales, à révélation néonatale ou tardive, en relation avec un bloc enzymatique de la 21-hydroxylase, à transmission autosomique récessive, liée à des mutations du gène CYP21A2 (locus en 6p21.1).
Le déficit ou bloc de la 21-hydroxylase constitue le type le plus fréquent (95% des cas) des hyperplasies congénitales des surrénales. Il altère la synthèse des glucocorticoïdes et détermine un excès de production des androgènes (syndrome de Wilkins) ; si le bloc altère aussi la synthèse des minéralocorticoïdes s’observe de plus un hypoaldostéronisme avec perte de sel (syndrome de Debré-Fibiger).
Dans la forme classique, la plus sévère et à révélation précoce, l’hyperandrogénie détermine un pseudohermaphrodisme féminin avec ambiguïté sexuelle : la virilisation des organes génitaux externes des filles atteintes est nettement visible dès la naissance, et dans les formes de virilisation complète, peut rendre difficile l’identification du sexe ; une macrogénitosomie est possible mais rarement reconnue chez le petit garçon. La forme virilisant pure expose à un risque de décompensation surrénale aiguë dans les situations de stess. La forme avec hypoaldostéronisme et syndrome de perte de sel présente un risque d’insuffisance surrénale aigüe dès les premières semaines, et l’état de déshydratation majeure peut conduire au décès en l’absence de prise en charge thérapeutique rapide et intensive. L’hypertrophie des glandes surrénales est décelable par l’imagerie médicale. La teneur en 17-hydroxyprogestérone, précurseur hormonal en amont de la 21-hydroxylase déficiente est élevée, et son dosage constitue le marqueur biologique de l’affection. En cours de croissance, l’apparition de la pilosité et le développement pubertaire sont précoces, la maturation osseuse est rapide avec une fermeture prématurée des cartilages de croissance ; la taille définitive est petite, la fertilité diminuée. La fréquence de la maladie (1/ 4 000 naissances) et sa sévérité ont justifié la mise en place de son dépistage néonatal par la mesure de la 17-hydroxyprogestérone.
Dans la forme non classique, à déficit hormonal moindre, le diagnostic est retardé, soupçonné devant l’hirsutisme et les troubles pubertaires. Il est confirmé par le dosage de la 17-hydroxypogestérone en base et lors du test de stimulation par la 1-24 corticotrophine qui démasque le bloc enzymatique.
Les patients doivent bénéficier du traitement par les dérivés des corticoïdes qui permettent de réduire les signes d’hyperandrogénie, et le risque de défaillance surrénale aiguë. La gestion des grossesses est à envisager préventivement dans le cadre de consultations hautement spécialisées.

hyperplasie congénitale des surrénales, Wilkins (syndrome de), Debré-Fibiger (syndrome de), CYP21A2

[O4]

défilé coracopectoral l.m.

Espace supérieur de l’aisselle compris entre en avant le processus coracoïde qui donne insertion aux muscles petit pectoral, coraco-brachial et au chef court du muscle biceps brachial, en dedans à la 2ième côte et en dehors au tendon commun du muscle coraco-biceps.
Ce défilé fait suite au défilé costoclaviculaire et livre passage à la totalité des éléments constitutifs du paquet vasculonerveux axillaire.

[A1]

dégagement des bras l.m.

extraction of the arms

Aide portée par l'accoucheur à la sortie des membres supérieurs retenus dans le petit bassin.
En cas de dystocie des épaules, l'abaissement peut intéresser le bras antérieur, (manœuvre de Couder) ou le bras postérieur, (manœuvre de Jacquemier). Dans l'accouchement en présentation du siège, il peut être pratiqué de manière systématique, dans la petite extraction du siège, ou en cas de relèvement des bras, (manœuvre de Løvset).

J. M. Jacquemier, gynécologue accoucheur français, membre de l'Académie de médecine (1846) ; J. Løvset, gynécologue obstétricien norvégien (1937)

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