MLTC sigle angl. pour Mixed Lymphocyte Tumor Culture
mixed lymphocyte tumor culture
Culture mixte de lymphocytes et de cellules tumorales.
L’expansion clonale de lymphocytes T dans ces conditions expérimentales démontre la présence de cellules T spécifiques d’antigènes exprimées par les cellules tumorales. Cette technique est à l’origine de la découverte d’antigènes spécifiques de tumeurs reconnus par les lymphocytes T de l’hôte.
mobilisation des cellules souches hématopoïétiques de la moelle osseuse n.f.
Technique permettant d’augmenter le passage des cellules souches hématopoïétiques des niches de la moelle osseuse, qui les contiennent, vers le compartiment sanguin par administration du facteur de stimulation des colonies de granulocyte (« granulocyte
Cette technique est utilisée pour obtenir à partir d’un recueil de sang les cellules souches en vue d’une greffe de cellules souches hématopoïétiques. Elle a été également utilisée pour cultiver ces cellules in vitro afin de les transformer en hématies pouvant être transfusées. Le sang recueilli à cet effet est appelé « sang mobilisé ».
→ greffe de moelle osseuse, facteur stimulant la prolifération des cellules de la lignée granuleuse, facteur stimulant la prolifération des cellules granuleuses et monocytaires
[F1]
Édit. 2017
myéloplaxe n.m.
myeloplaxe, giant cell
Grande cellule multinucléé par confluence de cellules d’origine probablement histiocytaire de la moelle osseuse.
Dans son cytoplasme d’apparence normal il existe de nombreux noyaux ovalaires, regroupés au centre de la cellule ; certains de ces noyaux peuvent être en mitose. Le myéloplaxe peut contenir plusieurs nucléoles. Cette cellule est caractéristique des tumeurs osseuses épiphysométaphysaires dites tumeurs à myéloplaxes ou tumeurs à cellules géantes. Elle se trouve également dans les épulis maxillaires, dans les lésions osseuses de l’hyperthyroïdie et dans des métastases osseuses de tumeurs périphériques. Elle est à distinguer d’autres types de cellules plurinucléées de l’os, les ostéoclastes, ou des granulomes inflammatoires.
Étym. gr. muelos : moelle ; plax : plaque
Syn. cellule géante
→ tumeur à cellules géantes, tumeur à myéloplaxes, épulis
myosine n.f.
myosin
Protéine fibrillaire présente dans les cellules musculaires, mais aussi en quantités faibles dans toutes les cellules, où elle est un constituant essentiel des systèmes contractiles.
Il a été très tôt établi que la myosine avait une activité ATPasique au cours de la contraction. Dans celle-ci, entre en jeu l'interaction actine-myosine qui est régulée par le complexe troponine-tropomyosine en présence de calcium. Sans calcium l'interaction actine-myosine est inhibée par le complexe troponine-tropomyosine.
La myosine est un hexamère constituée de deux chaînes lourdes de 200 kDa chacune et de deux paires de chaînes légères. Les chaînes lourdes peuvent être séparées en deux parties par la trypsine : la méromyosine légère constituée par la queue fibrillaire (tige) enroulée en hélice α avec une extrémité C terminale et la méromyosine lourde se séparant en forme d’Y dont chaque branche se termine par une tête globulaire, N terminale, site de fixation de l’actine et siège de l’activité ATPasique ; celle-ci transforme l’énergie chimique de l’hydrolyse de l’ATP en fonction mécanique. Chaque branche de l’Y supporte deux chaînes légères, l’une de 20kDa (LC20, chaîne régulatrice), phosphorylable, l’autre de 17 à 25 kDa (LC17, dite essentielle ou alcaline).
Il existe de nombreuses isoformes de la myosine. Le type I dit non conventionnel contient lui-même de nombreuses classes : le type II comprend la myosine musculaire avec des isoformes particulières pour les muscles striés, cardiaques et lisses, et la myosine non musculaire situé pratiquement dans toutes les cellules.
La myosine, filament épais, est associée à un ou plusieurs filaments fins d’actine doublés eux-mêmes de filaments de tropomyosine auxquels sont attachés les complexes de troponine. Après activation de celle-ci par les ions Ca++ et l’intervention de l’ATP, la myosine va glisser par rapport à l’actine provoquant le mouvement musculaire ou cellulaire.
Étym. gr. mus : souris, muscle
→ actine, tropomyosine, troponine, méromyosine, myofibrille, myosine non musculaire
nævus à cellules ballonnisantes l.m.
balloon cell nævus
Variété rare de nævus dont la structure histologique se compose en majorité de cellules dites "ballonnisantes", nettement plus volumineuses que les cellules næviques ordinaires, comportant un cytoplasme clair et finement granuleux et un noyau central rond, unique ou parfois multiple.
Ces cellules, non pigmentées, résultent probablement d'une dégénérescence vacuolaire progressive des mélanosomes empêchant la mélanisation normale de la matrice lamellaire. Leur ressemblance avec des adipocytes est à l'origine de la dénomination ancienne et erronée de « nævus nævocellularis partim lipomatosus ».
Étym. lat. nævus : marque, tache
→ mélanome à cellules ballonnisantes
nanomédicaments n.m.p.
Particules de taille nanométrique (de quelques dizaines à quelques centaines de nanomètres) chargées en principe(s) actif(s) à visée thérapeutique ou diagnostique.
Les nanomédicaments permettent une « vectorisation des médicaments » en les dirigeant de manière sélective vers les tissus et les cellules malades. Ils augmentent ainsi leur index thérapeutiques en améliorant l'activité et en réduisant toxicité. Ils concernent les thérapeutiques anti-cancéreuses en raison de leur toxicité cellulaire.
L'encapsulation d'un médicament fragile dans un nanovecteur permet une double protection: du principe actif vis-à-vis des enzymes de l'organisme et vis-à-vis de l'action éventuellement délétère du principe actif. La molécule active est envoyée spécifiquement vers sa cible biologique, car la surface du nanomédicament est traitée de façon à ne reconnaître spécifiquement que les marqueurs (récepteurs, antigènes) présents à la surface des cellules ou tissus malades. Par ex. la biotine ou l'acide folique permettent d’orienter des nanoparticules de manière sélective vers les cellules tumorales dont la membrane contient beaucoup de récepteurs de ces vitamines. La libération du contenu du nanovecteur, qui a atteint sa cible, sa biodégradation chimique ou enzymatique , résultent d'un stimulus soit endogène (diminution du pH ou présence d'enzymes spécifiques au sein des tissus cancéreux), soit exogène par augmentation locale de température ou par l'application d'un champ magnétique extracorporel, d'ultrasons ou de photons capables de le déstructurer ou d'en modifier l'organisation supramoléculaire.
neuropathie avec hypomyélinisation congénitale l.f.
congenital hypomyelinization (neuropathy with)
Sous-groupe de la neuropathie hypertrophique de Dejerine-Sottas (CMT-3), caractérisé par l'incapacité des cellules de Schwann à former ou à maintenir la myéline.
La sévérité de la maladie est liée à l'intensité des perturbations schwanniennes. Dans les formes les plus sévères (amyélinisation congénitale), les cellules de Schwann sont incapables de former des gaines de myéline ; cette anomalie surviendrait probablement avant la naissance. Dans certains de ces cas, aux lésions d'hypomyélinisation s'associent des hypermyélinisations telles que celles décrites dans le cadre des neuropathies tomaculaires ; ces aspects inhabituels pourraient être secondaires à une anomalie des interactions qui existent au cours de la myélinisation fœtale, entre les axones et leurs cellules de Schwann.
J. J. Dejerine, membre de l’Académie de médecine et J. Sottas, neurologues français (1893)
→ Charcot-Marie-Tooth (maladie de), Dejerine-Sottas (maladie de)
[H1]
neuroblastome n.m.
neuroblastoma
Tumeur très rare du système nerveux central, qui survient dans les premières années de la vie. Certains l'incluent dans les tumeurs primitives neuro-ectodermiques, d'autres en font une entité séparée, d'origine neuronale.
Macroscopiquement, c'est une masse intra-parenchymateuse supratentorielle souvent volumineuse, nécrotique et hémorragique. Microscopiquement, la prolifération cellulaire est faite de petites cellules rondes, disposées en rosettes, souvent en mitose, d'une trame de fond constituée de neurites, parfois de quelques cellules ganglionnaires et de calcifications. Les cellules tumorales contiennent des grains neurosécrétoires.
Diverses classifications ont été établies à propos des formes périphériques, dans un but de prospective thérapeutique. Des anomalies chromosomiques (délétion partielle du bras court du chromosome 1), une amplification de l'oncogène N-myc ont aussi été inconstamment mises en évidence.
Les divers traitements chirurgicaux, radiothérapiques et/ou chimiothérapiques n'empêchent pas les récidives ni une dissémination par voie liquidienne.
neurothécome n.m.
lobular neuromyxoma, neurothekoma, nerve sheath myxoma
Tumeur bénigne dérivée de cellules périneurales, atteignant l'enfant et l'adulte jeune, siégeant généralement sur les extrémités, mais aussi à la face, sur les épaules et les bras et se manifestant sous forme d'un nodule solitaire lobulé, plus ou moins translucide, dont le diamètre ne dépasse pas 1 cm.
Histologiquement, la lésion, située dans le derme, bien délimitée, se compose de lobules constitués de cellules fusiformes à noyau allongé, munies de prolongements cytoplasmiques et souvent séparées les unes des autres par de la mucine; lorsque celle-ci fait défaut, les cellules prennent un aspect épithélioïde et forment des plages denses présentant un certain degré de pléiomorphisme cellulaire. La lésion est bénigne. Le traitement consiste en l'excision chirurgicale.
Étym. gr. neuron : nerf ; thêkê : réceptacle
névroglie n.f.
neuroglia (TA)
neuroglia
Ensemble des cellules gliales qui, dans le système nerveux, constituent l’environnement des neurones.
Représentant environ 50 % du volume cérébral ; elles assurent l’homéostasie, produisent la myéline et assurent le soutien nutritif.
Parmi les cellules gliales, on distingue les astrocytes, les oligodendrocytes, les cellules de Schwann et la microglie.
R. Virchow, anatomopathologiste allemand (1856)
Étym. gr. neuron : nerf ; gloios : gluant
Syn. anc. basilemme, glie, glu nerveuse
→ astrocyte, oligodendrocyte, cellule de Schwann, microglie
[A1, A2, H1]
Édit. 2018
oncocytome n.m.
oncocytoma, Hürthle’s cells tumor
Tumeur formée d’oncocytes, observée plus généralement sous forme d'adénome, dans les parenchymes glandulaires (hypophyse, thyroïde, glandes salivaires) et dans les reins.
A priori, les oncocytomes sont des tumeurs bénignes. Les tumeurs oncocytaires qui renferment des mitoses ou des zones de nécrose devraient être nommées onco-carcinomes, car leur avenir est incertain et parfois marqué par des métastases possédant une autre morphologie.
Au niveau de l’œil, cette tumeur peut atteindre la caroncule, le repli semi-lunaire, la glande lacrymale et le sac lacrymal. Au niveau de la thyroïde 80% des tumeurs oncocytaires sont bénignes. Les cancers thyroïdiens à cellules oncocytaires, souvent de grande taille, de variété folliculaire plutôt que papillaire, sont de moins bon pronostic, car inaccessibles au traitement radioactif en cas de récidive ou de métastase. Les termes de tumeurs thyroïdienne, d’adénomes ou de carcinomes à cellules de Hürthle sont abandonnés dans la littérature médicale francophone au profit de tumeurs à cellules oncocytaires ou oxyphiles, mais restent très usités dans le littérature anglosaxonne.
K. Hürthle, histologiste allemand (1894)
Étym. gr. ogkos : tumeur ; kytos : cellule
Syn. Hürthle (tumeur à cellules de)
→ oncocyte
[O4]
Édit. 2017
opsine n.f.
opsin
Protéine membranaire des cellules réceptrices des cônes et des bâtonnets de la rétine, associé à un chromophore, le rétinal (11-cis-rétinal) dérivé de la vitamine A, permettant la transmission de la sensation lumineuse.
Dans l’œil humain on distingue :
1) La rhodopsine, pigment photorécepteur des cellules rétiniennes à bâtonnet. Sa grande sensibilité à la lumière, maximum autour de 500 nm, permet une vision à faible luminosité (vision scotopique) mais ne distinguant pas les couleurs. Le gène RHO de la rhodopsine humaine est situé sur le chromosome 3 en 3q21-q24.
2) Les opsines des cellules rétiniennes en cône sensibles à forte luminosité (vision photopique) permettant la perception des couleurs. Elles sont de trois variétés pour chacune des trois couleurs primaires : rouge, vert et bleu. Les cônes contiennent ces trois variétés mais deux sont inactivées ; une seule est fonctionnelle par cône.
- L’opsine R (pour rouge) ou L (long wavelength) située dans les membranes des cônes L a un pic d’activité pour les photons de longueur d’onde entre 555 et 565 nm. Son gène RCP (red cone pigment) est situé sur le chromosome X en Xq28.
- L’opsine V (pour vert) ou M (medium wavelength) dans les cônes M a son maximum d’absorption pour les longueurs d’ondes moyennes, entre 531 et 535 nm. Elle est codée par deux gènes GCP (green cone pigment) dont l’un est pratiquement inactif. Les gènes des opsines L et M sont situés à la suite les uns des autres, dans la même orientation (en tandem) en Xq28. Ils codent pour 364 acides aminés ; il n’y a que quelques acides aminés de différence entre les deux opsines L et M. En cas de mutation, la transmission est récessive, liée au sexe, expliquant la très forte prédominance masculine de leurs anomalies.
- L’opsine B (pour bleu) ou S (short wavelength) est activée dans les cônes S par les radiations courtes vers 420-430 nm. Formée de 348 acides aminés, elle est codée par le gène BCP (blue cone pigment) en 7q31-q32. Ses mutations, très rares, sont à transmission autosomique dominante, atteignant autant les hommes que les femmes. Elles sont responsables de la tritanopie et de la tritanomalie.
Seul les humains, certains grands primates et des oiseaux ont les opsines pour les trois couleurs ; ils sont trichromates. La plupart des vertébrés sont dichromates le plus souvent par absence de l’opsine L et des cônes correspondants.
Étym. gr. ops : œil ; opsis : vue, vision
→ cône, rhodopsine, trichromatisme, vision scotopique, vision photopique
Édit. 2017
PAF-acéther n.m.
PAF-acether
Phospholipide activateur des plaquettes, de type alcoxyphosphatide, constitué d'un alcool gras, l'alcool cétylique, lié par une liaison éther au C1 d'une acétyl-2-glycérophosphorylcholine.
Appelé plus simplement PAF (platelet activating factor), le PAF-acéther est un très puissant agrégant naturel pour les plaquettes sanguines déclenchant la libération de sérotonine. Il agit aussi sur d'autres cellules, par ex. muscle lisse, foie, poumon, cœur, et il a un pouvoir hypotenseur. Il est stocké dans les cellules sous forme inactive. Libéré lors de l’activation des cellules, il est rapidement dégradé par des hydrolases. Il est présent entre autre dans la moelle, la rate, les parois artérielles et les plaques athéromateuses. Il est formé à partir de phospholipides hydrolysés par une phospholipase A2. Il est biosynthétisé mais non libéré par les macrophages humains. Il provoque une bronchoconstriction intense qui n’est inhibée ni par l’aspirine, ni par les autres anti-inflammatoires non stéroïdiens. Des inhibiteurs spécifiques ont été synthétisés. Lors de sa mise en évidence, la molécule a été identifiée par sa capacité à activer les plaquettes d’où sa dénomination. C’est un des principaux médiateurs de l’inflammation.
Syn. PAF, médiateur de l’inflammation allergique
pancréas n.m.
pancreas (TA)
pancreas
Glande digestive à sécrétion externe et interne communiquant avec le duodénum par ses canaux excréteurs, le conduit pancréatique et le conduit pancréatique accessoire.
Le pancréas s’étend transversalement en avant des gros vaisseaux prévertébraux et du rein gauche depuis la partie descendante du duodénum jusqu’à la rate. Il précroise la deuxième vertèbre lombaire. Il est recouvert par le péritoine de la paroi abdominale postérieure. de forme allongée, il comporte une extrémité droite, la tête du pancréas, une partie moyenne plus étroite et allongée, le corps du pancréas, réuni à la tête par le col du pancréas, et une portion terminale gauche, mince, la queue du pancréas. Son poids est de 70 à 80 grammes.
Le pancréas exocrine est formé d’acini glandulaires faits de cellules cubiques dont la partie apicale renferme des granulations acidophiles et sécrète les enzymes du suc pancréatique (trypsine, chymotrypsine, amylase, lipase…), et un système excréteur fait de canaux intercalaires, interlobulaires et extralobulaires, aboutissant au conduit pancréatique et au conduit pancréatique accessoire qui s’ouvrent dans la partie descendante du duodénum. L’activité exocrine du pancréas est sous la dépendance d’une action nerveuse, par l’intermédiaire du nerf vague et du nerf splanchnique, et d’une action endocrinienne, sécrétine notamment.
Le pancréas endocrine est constitué par les ilots pancréatiques formés d’amas cellulaires qui, par leur aspect clair, tranchent nettement sur le parenchyme acineux environnant. Les cellules alpha des ilots sécrètent le glucagon ; les cellules bêta sécrètent l’insuline. L’action endocrine du pancréas s’exerce par l’intermédiaire d’une sécrétion hormonale complexe, l’insuline et le glucagon, jouant un rôle essentiel dans le métabolisme des glucides.
paraganglion n.m.
En embryologie, élément dérivé de la crête neurale et constitué de cellules sécrétant des substances analogues à celles que sécrètent les cellules nerveuses à leur périphérie.
On en distingue deux types :
1 – les paraganglions adrénergiques qui sécrètent l’adrénaline et la noradrénaline. Le type en est la médulla de la glande suprarénale, masse importante provenant de diverses ébauches ganglionnaires issues de la crête neurale. Ses cellules constitutives émigreraient plus ou moins isolément, se mélangeraient à l’ébauche du cortex de la glande suprarénale et ne formeraient que secondairement un tissu massif au centre de la glande suprarénale. On peut y reconnaître assez précocement (12ème semaine chez l’homme) la présence d’adrénaline, mais les réactions histochimiques dites chromaffines ne se manifestent que plus tard. Ce n’est qu’après la naissance que l’adrénaline se trouve en concentration élevée. D’autres paraganglions du même type sont les corps para-aortiques dont l’évolution est précoce et qui sont situés au niveau de l’artère mésentérique inférieure.
2 – les paraganglions cholinergiques qui ne donneraient pas les réactions chromaffines, mais sécrèteraient de l’acétylcholine.
→ corps para-aortiques, glande suprarénale
[A,A2,A4,C2,K4,O4,O6]
Édit. 2017
periostine n.f.
periostin
Protéine de la matrice cellulaire de 90 kDa, appelée aussi facteur ostéoblastique spécifique de type 2 (« osteoblastic specific factor 2 ») parce que produite par les ostéoblastes, exprimée essentiellement dans le périoste et le ligament périodontal, intervenant dans l’embryogenèse, les interactions cellules-matrice, la migration des cellules inflammatoires, la réaction stromale, les métastases des cancers, et le développement de la fibrose.
La protéine comporte un domaine EMI N-terminal riche en cystéine qui est le site d’interaction avec les autres protéines dont le collagène I et la fibronectine. Présente à l’état physiologique au cours du développement embryonnaire et, à l’âge adulte, dans le périoste, elle est réexprimée dans les stromas de nombreux cancers et les tissus entamant un processus de fibrose. Sans cette protéine, la cellule souche cancéreuse ne peut pas développer des métastases. Sa réexpression dans les tissus lésés promeut la conversion en fibroblastes des cellules épithéliales et la synthèse de collagène I. Sa production est stimulée par le facteur de croissance transformant (TGF) bêta. Elle constitue un facteur essentiel du remodelage du tissu rénal.
Ilaria Malanchi et J. Huelsken, chercheurs en activités cancérologiques en Suisse (2011)
Perls (coloration de ) l.f.
Perls’ staining
Réaction histochimique de coloration dans laquelle le fer ferrique (non héminique), en présence de ferrocyanure de potassium, précipite en milieu acide sous forme de ferrocyanure ferrique ou bleu de Prusse, rendant alors les granules de fer visibles au microscope optique.
La présence de fer ferrique peut être ainsi aisément décelée dans les tissus dans des conditions d’hémolyse, de troubles métaboliques du fer et de maladie de surcharge. Qu’il s’agisse d’un excès local ou systémique de fer, la ferritine entre dans la constitution des granules d’hémosidérine décelables en microscopie photonique par la coloration de Perls.
Les excès locaux de fer et d’hémosidérine proviennent d’hémorragies ; l’exemple le plus simple est l’hématome. L’hémoglobine provenant de la lyse des hématies subit une transformation en hémosidérine. Les macrophages prennent alors part au processus de phagocytose des débris cellulaires et contribuent à transformer dans leurs lysosomes l’hémoglobine en hémosidérine sous forme de granules colorables par le Perls.
Dans la surcharge systémique en fer, l’hémosidérine se dépose dans de nombreux organes et tissus : hémosidérose observée en cas d’absorption exagérée de fer dans l’alimentation, en cas de mauvaise utilisation du fer, en cas d’anémie hémolytique et de transfusions répétées. Dans la plupart de ces cas de surcharge systémique en fer, l’accumulation intracellulaire ne provoque pas de lésion parenchymateuse ni d’altération fonctionnelle des organes. Par contre, dans l’hémochromatose idiopathique, où l’accumulation de fer est la plus importante, il existe des lésions du foie et du pancréas principalement, aboutissant à une fibrose hépatique d’évolution cirrhotique et à un diabète sucré. La coloration de Perls souligne l’importance de la surcharge ferrique dans les cellules hépatiques et dans les cellules de Kupffer.
Lors de l’analyse de frottis de sang et de moelle osseuse, la coloration de Perls permet d’identifier les sidéroblastes : érythroblastes médullaires contenant des granules de fer ; et les sidérocytes : hématies contenant des granules de fer ; elle permet aussi de localiser les granules de fer dans d’autres cellules de la moelle hématopoïétique ou les macrophages, ou en dehors de toute cellule (fer extracellulaire).
M. Perls, anatomopathologiste allemand (1867)
pigment épithélial (facteur dérivé du) l.m.
Facteur de différenciation du rétinoblaste identifié sur des cellules de l'épithélium pigmenté rétinien fœtal humain.
Ce facteur induit pour les cellules de rétinoblastome humain Y79 d'une part une différenciation neuronale extensive et, d'autre part une différenciation en rétinoblastes normaux. Ce facteur serait synthétisé dans les cellules de l'épithélium pigmenté rétinien et sécrété dans la matrice des interphotorécepteurs avec pour action le développement et la différenciation de la neurorétine. Gène localisé en 17p13.3 (MIM 172860).
F. R. Steele, biologiste américain (1993)
plasmocyte n.m.
plasma cell
Lymphocyte B activé par sa rencontre avec l’antigène et producteur d’anticorps.
Habituellement non présent dans le sang circulant, il agit au niveau des tissus de la zone paracorticale des nodes (ganglions) lymphatiques, de la pulpe blanche de la rate, du tissu conjonctif des muqueuses, principalement intestinales, de la moelle osseuse. Cette cellule possède un noyau excentré, à chromatine en motte, répartie en rayons de roue ; un cytoplasme basophile riche en ribosomes et renfermant un appareil de Golgi et un réticulum endoplasmique granuleux très développés. L’ensemble de ces constituants cytonucléaires permet une intense activité de synthèse protéique et la production d’immunoglo
Chaque plasmocyte est spécialisé dans la biosynthèse d'une variété de chaîne légère κ ou λ, et d'une variété de chaine lourde α, γ, δ,, exceptionnellement epsilon. Cette spécialisation est acquise à la suite de remaniements portant sur les gènes des immunoglobines des précurseurs lymphoïdes B. Les plasmocytes sont observés comme une population minoritaire des cellules des nodes (ganglions) et tissus lymphatiques. Ils sont rares dans la moelle osseuse, absents dans le sang normal. La prolifération d'une lignée de plasmocytes est à l'origine de la maladie de Kahler ou de plasmocytomes solitaires. Ils peuvent, dans certains états inflammatoires, revêtir des aspects morphologiques particuliers par la distension de l'ergatoplasme (cellules de Mott).
pleurésie exsudative l.f.
exsudative pleurisy
Épanchement pleural d'un liquide riche en protéines (supérieures à 30 g/L), riche en cellules.
Toutes les affections systémiques ou pulmonaires qui atteignent la plèvre entraînent l'accumulation de liquide et de cellules dans l'espace pleural. Les cellules sont essentiellement des macrophages et des lymphocytes, ailleurs il s'agit de polynucléaires, neutrophiles le plus souvent, parfois éosinophiles, rarement de mastocytes ou de granulocytes basophiles.
plexiformes (couches) l.f.p.
plexiform layers
Couche plexiforme externe et interne correspondant à des zones de synapses de la rétine.
La couche plexiforme externe est constituée des synapses entre les photorécepteurs et les cellules bipolaires et des prolongements cytoplasmiques des cellules de Müller et des cellules horizontales. La couche plexiforme interne correspond à une zone de synapse en diode mettant en connexion l’axone d’une cellule bipolaire, le dendrite d’une cellule ganglionnaire, le dendrite d’une cellule amacrine ; elle est absente au niveau de la fovéola.
prostaglandine n.f.
prostaglandine
Chacune des substances pharmacologiquement actives dérivées de l'acide prostanoïque.
Les prostaglandines sont biosynthétisées par la plupart des cellules de l’organisme : elles ont une demi-vie courte dans les milieux biologiques et agissent localement par effet autocrine ou paracrine.
Schématiquement, les prostaglandines de la série 1 sont dérivées de l'acide eicosatriénoïque, celles de la série 2 de l'acide eicosatétraénoïque (acide arachidonique), et celles de la série 3 de l'acide eicosapentaénoïque. Seules les prostaglandines de la série 2 semblent avoir une importance biologique. Les enzymes responsables de synthèse à partir de l'acide arachidonique sont les cyclooxygénases (COX), dont il existe une forme constitutive (COX1) et une forme inductible (COX2). L'inhibition pharmacologique des COX par les antiinflammatoires non stéroïdiens rend compte de l'effet antiinflammatoire de ces substances.
Pour plus de précision il faut ajouter que
- leur structure d'acides gras cycliques à 20 atomes de carbone leur a valu le nom d'eicosanoïdes qu'elles partagent avec d'autres dérivés métaboliques des acides gras polyéthyléniques à 20 carbones (thromboxanes, leucotriènes).
- les principales prostaglandines proviennent de la peroxydation de l'acide arachidonique, et ont 2 doubles liaisons : elles forment la classe des PG2 ; celle des PG3 qui ont 3 doubles liaisons dérivent de l'acide eicosapentaénoïque et se trouvent chez les esquimaux qui se nourrissent de graisse de phoque. La prostaglandine I2, isomère époxy 6-9 de la PGE2 est appelée prostacycline. Les prostaglandines D sont des isomères des PGE dans lesquels les fonctions cétone et hydroxyle ont une position inverse dans le cycle. Les prostaglandines A, B et C ont une double liaison dans le cycle pentanique. Les deux autres classes de prostaglandines dérivent d'acides gras à 20 carbones ayant une double liaison en moins en 5-6 (PGE1, PGF1) ou en plus en 17-18-cis (PGE3, PGF3). La première prostaglandine biosynthétisée dans les cellules par action de 2 molécules de dioxygène sur une molécule d'acide arachidonique, est nommée PGG2 (endoperoxy-9-11-hydroperoxy-15-prostadiènoïque). Celle-ci est réduite par la glutathion-peroxydase en prostaglandine H2 qui est biosynthétisée, stockée et sécrétée par les plaquettes sanguines et utilisée par les cellules des parois artérielles qui les transforment en prostacycline. Dans les plaquettes sanguines elle est également transformée en thromboxanes sous l'action d'une thromboxane-synthase.
Les prostaglandines sont impliquées dans les processus inflammatoires (douleur, œdème). Elles agissent sur les muscles lisses (vasodilatatrices, bronchodilatatrices), sur le muscle utérin (déclenchement de l'accouchement, avortement), sur l'intestin (stimule la contraction), sur le système nerveux central, sur les plaquettes sanguines, sur les adipocytes (lipomobilisation), etc. Elles sont spécialement utilisées :
- en obstétrique où leurs effets sont multiples : elles sont lutéolytiques ; elles sont ocytociques et présentes en fortes concentrations dans les membranes de l’œuf et dans le liquide amniotique au début de la parturition ; sous forme de gel ou d’ovule, elles sont utilisées pour déclencher artificiellement le travail de l’accouchement ou des avortements et pour induire une maturation du col préalable au déclenchement ; elles sont vasoactives et responsables, notamment PGE2, de la forte baisse des résistances vasculaires pendant la grossesse et du maintien de la perméabilité du canal artériel pendant la vie fœtale;
- dans le tube digestif, où l'effet le mieux connu des prostaglandines est sur la sécrétion gastrique, elles stimulent la sécrétion de mucus et de bicarbonates, et à doses pharmacologiques peuvent inhiber la sécrétion acide pariétale. De ce fait, des analogues de synthèse comme le misoprostol sont utilisés en prophylaxie des lésions gastriques induites par les antiinflammatoires non stéroïdiens;
- dans le traitement de l’hypertension artérielle pulmonaire.
Elles ont été découvertes en 1935 dans les vésicules séminales du mouton par von Euler (qui a cru par erreur qu'elles étaient sécrétées par la glande prostatique)
U. von Euler, physiologiste suédois, prix Nobel de médecine en 1970 (1935)
Étym. prostate
Sigle : PG
→ PGA, PGB, PGC, PGD, PGE, PGF, PGI, PGH, poumon (fonctions métaboliques du), prostanoïque (acide)
rejet d'un greffon médullaire l.m
host versus graft effect
Processus immunologique observé dans les greffes de cellules médullaires ou de cellules souches hématopoïétiques périphériques qui se traduit par l’élimination du greffon par les tissus du receveur.
Le processus de rejet d’un greffon de moelle osseuse ou de cellules souches hématopoïétiques est souvent précoce ; il est, dès lors, difficile à différencier d’une non-prise. Ce rejet est dû à la persistance, après le conditionnement, de lymphocytes T de l’hôte capables de s’activer et de rejeter le greffon. Le rejet est une complication rare, de l’ordre de 1%, après greffe de moelle géno-identique utilisant un conditionnement myélo-ablatif. Dans les greffes réalisés à partir d’un donneur non apparenté cette complication très grave survient dans 5 à 15 % des cas.
respiration n.f.
respiration
En physiologie, ensemble de fonctions qui régissent les échanges gazeux, principalement ceux de l'oxygène et du gaz carbonique.
On y distingue trois étages, cellulaire, circulatoire et bronchopulmonaire, correspondant respectivement à la respiration tissulaire, au transport des gaz par la circulation du sang et à la ventilation.
Le mot respiration ne concernait à l'origine que le rejet périodique de l'air hors des poumons, mais on doit actuellement réserver le mot ventilation à cette fonction ventilatoire et dire ventilation artificielle (et non respiration artificielle), mouvements ventilatoires (et non respiratoires), arrêt de la ventilation (et non arrêt de la respiration : la respiration continue en apnée, au moins un certain temps, ex. oxygénation sous apnée). La conception actuelle est résumée dans le schéma ci-dessous (Cara, 1976) où l'air inspiré, est séparé de l'air expiré, (schéma de Riley, 1951). Ce schéma met en évidence l'analogie entre la ventilation et la circulation dans les échanges gazeux et il permet d'interpréter les principaux syndromes respiratoires.
Si la ventilation est insuffisante (trop faible pour les besoins de l'organisme, l’oxygène ne parvient pas aux poumons en quantité suffisante créant une hypoxie et en même temps le CO2 s'élimine mal, ce qui entraîne une hypercapnie.
Si la ventilation est trop forte, une plus grande quantité d’oxygène est fixée par le sang (elle est limitée par la saturation oxyhémoglobinée) et trop de CO2 est éliminé, déterminant une hypocapnie.
De même si la circulation capillaire est insuffisante, un syndrome de choc s'installe : il correspond à une insuffisance respiratoire tissulaire que les fonctions ventilatoires, circulatoires et rénales peuvent tenter de compenser
Les molécules d’oxygène inspirées passent par le côté inspiratoire. L'espace mort correspond à un court-circuit entre inspiration et expiration (normalement 40% de l'air inspiré ressortent des bronches sans aller jusqu'à l'alvéole). Du poumon, le sang oxygéné va vers le sang artériel. La contamination veineuse du sang pulmonaire (5% chez le sujet sain, beaucoup plus dans les «maladies bleues») correspond aussi à un court-circuit. Ensuite le sang artériel oxygéné va dans les capillaires et l’oxygène peut enfin arriver jusqu'aux cellules et dans les mitochondries (m). Mais dans les capillaires il existe un court-circuit des métartérioles (ma), négligeable en conditions normales mais important en cas de vasoconstriction des sphincters précapillaires qui induit dans ce dernier cas un état de choc, «asphyxie» des cellules bien que le sang artériel soit bien oxygéné.
A partir des cellules la circulation des molécules de CO2 se fait en sens inverse, des veines jusqu'au poumon. De là, les molécules de CO2 sortent avec l'air expiré.
M. Cara, réanimateur et physiologiste français, membre de l’Académie de médecine (1917-2009) ; R. L. Riley, physiologiste américain (1951)
→ apnée (oxygénation sous), choc, ventilation, apnée, hypoxie, hypercapnie, saturation oxyhémoglobinée, hypocapnie, cardiopathie cyanogène, mitochondrie, métartériole
[C2, K1]
Édit. 2019
rhabdomyome embryonnaire l.m.
Tumeur bénigne de cellules musculaires striées.
Si l'on met de côté le rhabdomyome cardiaque que l'on peut observer en association avec une sclérose tubéreuse de Bourneville et qui n'est probablement pas une vraie tumeur, le rhabdomyome reste exceptionnel. Bien limitée et sphérique, cette tumeur survient chez l'adulte au niveau et dans le voisinage de la cavité buccale. Elle est faite de grandes cellules rondes, au cytoplasme éosinophile contenant des vacuoles lipidiques et glycogéniques pouvant repousser le noyau en positon centrale, d'où la dénomination de cellules araignées ; des striations transversales intracytoplasmiques sont fréquentes.
→ rhabdomyome, rhabdomyome embryonnaire, rhabdomyosarcome, tumeur à cellules granuleuses