Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Parkinson (maladie de) l.f.

Parkinson disease, paralysis agitans

Affection neurodégénérative liée à une perte neuronale affectant principalement les neurones dopaminergiques du mésencéphale, et essentiellement mais non exclusivement la pars compacta de la substantia nigra.
Bien que non pathognomoniques, des inclusions appelées corps de Lewy sont observées dans les neurones dopaminergiques restants et constituent un stigmate histopathologique de la maladie.
Plus fréquente chez l'homme que chez la femme, débutant en moyenne vers l'âge de 55 ans, son incidence initiale, de l'ordre de 1p.1000, atteint 1% après 60 ans. L'étiologie est inconnue. Les cas familiaux sont peu fréquents (environ 10%). Dans certaines populations, en particulier juifs et arabes – la mutation du gène LRRK2 (leucine rich repeat kinase 2), responsable d'une mutatation de la parko,est présente chez quasiment 40 % des maladies de Parkinson. Une seule mutation explique l'importance de la transmission. Il s'agit de la mutation G2019S localisée dans l’exon 41 du gène LRRK2, dont la taille est de 144 kb avec 51 exons codants. Cette mutation initialement associée à 6-7 % des formes familiales de la maladie de Parkinson d’origine européenne et à 2 % des cas apparemment isolés. Depuis, de nombreuses études montrent que la fréquence de la mutation G2019S varie considérablement selon l’origine géographique et ethnique des populations
Dans les formes complètes, établies au fil des années, elle comporte classiquement une triade majeure : akinésie avec amimie et perte du balancement automatique des bras ; hypertonie à type de rigidité plastique ; tremblement de repos sous forme d'émiettement. En résultent principalement, et de façon variable : des modifications posturales avec attitude générale en flexion ; une démarche caractéristique, à petits pas, les bras semblant collés au corps, parfois hâtive (dite festinante), le patient paraissant courir après son centre de gravité ; des kinésies paradoxales. Sont associés des troubles végétatifs (problèmes génito-vésico-sphinctériens, constipation, sécheresse buccale fréquente), des douleurs et paresthésies diverses dans un contexte de contrariété, d'hyperémotivité, de fatigue, par raideur musculaire, déformations vertébrales et/ou attitudes vicieuses, ainsi que des difficultés croissantes à communiquer (troubles de la voix, gêne pour l'écriture avec micrographie).
Le rythme du malade se ralentit avec les années. Ses difficultés de relation s'accroissent. Contrôle émotionnel instable, insomnie, fatigabilité et amaigrissement sont habituels. Des troubles psychiques, notamment dépressifs, se développeraient dans près de la moitié des cas.
La physiopathologie de la maladie est encore incomplètement connue. Néanmoins deux orientations sont étudiées.
La maladie de parkinson se caractérise par la dégénérescence des neurones dopaminergiques de la susbtance noire, provoquée par l'agrégation d'une protéine l'alpha-synucléine signe cardinal de la maladie. Cette protéine a des propriétés d'aggrégation mais aussi de propagation proche des maladies à prions.  On connait depuis longtemps la connexion bidirectionnelle entre l'intestin et le cerveau. Or, l'alpha-synucléine est présente dans le système nerveux entérique, avant son apparition dans le cerveau suggérant une propagation intestin cerveau et confortant l'hypothèse d'une maladie à prions. 
Un autre axe est la constatation d'une accumulation anormale de fer labile au niveau de la sustance noire, qui entraine une production importante de radicaux libres et, à terme, la mort des neurones dopaminergiques. La mort cellulaire non apoptotique , dépendante du fer appelé ferroptose, prédominante dans la maladie de Parkinson ouvre des perspectives thérapeutiques par les chélateurs du fer.
Le traitement de base, qui doit être retardé jusqu'à l'apparition d'une gène motrice significative est constitué par la L-Dopa,  précurseur de la dopamine qui passe la barrière hémato encéphalique.  L'apparition progressive de signes  secondaires tels que les dyskinésies indiquent des traitements adjuvants tels des agonistes dopaminergiques ou des inhibiteurs de COMT. 
La stimulation électrique cérébrale profonde, mise au point en France par L.A. Benabid  à Grenoble, est une alternative séduisante, dont la complexité fait qu'ele ne peut s'appliquer qu' à un très petit nombre de patient.
En une dizaine d'années environ, malgré l'amélioration apportée notamment par les substances dopaminergiques, à une période de "lune de miel" relative succèdent inexorablement la maladie installée avec sa gène et sa restriction d'activité, puis la période de déclin d'efficacité du traitement avec des mouvements anormaux induits par celui-ci, des troubles majeurs de la marche, des chutes, une existence grabataire et des complications de décubitus.

J. Parkinson, médecin britannique (1817)

dopamine, Lewy (corps de), akinésie, amimie, rigidité, alpha-synucléine, prions (maladies à), apoptose, ferroptose, parkine, LRRK2 gene, L dopa, dyskinésie,
agoniste dopaminergique, inhibiteurs de la COMT

[H1, Q2]

Édit. 2019

patch test l. angl.

Test cutané d’exploration d’une allergie cutanée de contact telle du type de l’eczéma.
Test réalisé avec un timbre ou une micro cupule imbibés d'une solution de l'allergène étudié et la lecture se fait à 72 heures après 48 heures de contact. Localement, on provoque un petit eczéma localisé. Il s’agit d’un test épicutané ou patch test.
Lorsque les tests classiques n’ont pas fait la preuve d’une allergie à un produit fortement suspecté selon l’histoire clinique du patient, on pratique un ROAT test (Repeated Open Application Test). Les substances à tester, en particulier celles de nature industrielle sont appliquées sans préparation ou modification, deux fois par jour, sur l’avant-bras ou sur le dos. La lecture du test se fait au bout de 2 à 4 jours mais il est recommandé de la répéter le 7ème jour. Certaines réactions pouvant être liées à un effet irritant, il est bon dans ce cas d’avoir recours à des témoins non allergisants.
Il peut arriver que tous ces tests soient négatifs et que le patient déclare que son eczéma de contact n’apparaît qu’après une exposition solaire, même minime. Il convient alors de réaliser des « photopatch tests », tests épicutanés (patch tests) effectués en associant une irradiation par des rayons ultra-violets afin de révéler les photo-allergènes.
tests cutanés en allergologie, photopatch test, ROAT test

pédophilie n.f.

pedophilia

Le trouble pédophilie est caractérisé par une attirance sexuelle intense et récurrents vers un ou des enfants prépubères (moins de 13 ans) manifestée chez des individus adolescents ou adultes.
Ce trouble appartient au groupe des paraphilies : ce diagnostic suppose de reconnaître des indices de souffrance psychique (incapacité à une relation sexuelle avec un adulte,  sentiment d’insécurité affective ou de culpabilité ) et des conséquences sociales négatives en particulier confrontation à l’autorité judiciaire.  Une attitude de minimisation ou de déni n’est alors pas rare. Certains sujets peuvent contester le caractère répréhensible des actes pédophiliques.

L’attrait pédophilique peut se manifester de diverses manières : fantasmes, fréquentation de sites pornographiques à contenu pédophilique, comportements allant d’actes d’attouchements à des actes de masturbation ou de fellation voire de sodomisation.
Il convient de distinguer les cas de pédophilie sans modalité prédatrice (le sujet saisissant l’opportunité d’expériences pédophiliques en particulier sous forme incestueuse dans le cadre familial) et les cas de pédophilie prédatrice (le sujet préparant et construisant activement les situations permettant une expérience pédophilique) qui peuvent (rarement) aller jusqu’au meurtre.
La pédophilie peut être exclusive (sujet uniquement attiré par les enfants) ou non exclusive .
Ce trouble masculin peut revêtir la forme d’une attirance vers les garçons, vers les filles voire vers les deux. La prévalence en population masculine serait de l’ordre de 1 à 2%.
D’autres paraphilies sont souvent associées : voyeurisme, exhibitionnisme. Diverses comorbidités peuvent être rencontrées en particulier trouble de la personnalité à caractère antisocial ou schizophrénique : d’autres troubles du comportement (trouble d’usage de substances, criminalité) sont alors relevés. Dans les pathologies obsessionnelles peuvent exister des obsessions à contenu pédophiliques ressenties par le sujet comme égodystoniques : le passage à l’acte est exceptionnel.
Il est fréquent que les sujets porteurs du trouble pédophilie signalent avoir été victimes d’abus sexuels durant l’enfance.
L’évolution du trouble est éminemment variable. La sanction judiciaire peut avoir valeur thérapeutique en particulier dans les cas de pédophilie intrafamiliale. Des thérapies médicamenteuses inhibitrices de la sexualité peuvent être proposées. Un suivi médical peut aider le sujet à organiser ses interactions sociales voire ses pratiques sexuelles vers un mieux être .  
  

Étym. gr.  paidos:enfant; philia : affection

paraphilie, exhibitionnisme, voyeurisme, trouble de personnalité antisociale

[H3, O1]

Édit. 2020

pénétration transcutanée l.f.

percutaneous absorption

Passage à travers la peau de substances provenant de l'extérieur pour être éventuellement prises en charge par le système circulatoire.
La pénétration transcutanée dépend de la taille de la molécule, de son degré d'hydrophilie et de l'excipient dans lequel elle est dissoute; cette pénétration est généralement augmentée en cas de lésion cutanée ou par la réalisation d'une occlusion.

Syn. absorption percutanée

perméabilité cutanée, fonction barrière de l'épiderme

péricardioplastie n.f.

pericardioplasty

Technique de chirurgie cardiaque utilisant des lambeaux péricardiques pédiculés ou plus souvent libres (autologues ou homologues cliniquement traités) dans des buts divers : oblitération de défauts du septum cardiaque, réalisation de cloisonnement intracardiaque, comblement de pertes de substances, élargissement d’une structure de surface insuffisante, etc.

perméabilité cutanée l.f.

cutaneous permeability

Qualité qu'a la peau de laisser passer certaines substances soit de l'intérieur vers l'extérieur, comme l'eau (perte insensible en eau), soit de l'extérieur vers l'intérieur de l'organisme.
Dans le deuxième cas, la peau se comporte comme une membrane semi-perméable qui obéit à la loi de diffusion de Fick, selon laquelle la pénétration d'un produit dans la peau dépend de sa taille, de son degré de lipophilie et de la différence de sa concentration de part et d'autre de la membrane.

fonction barrière de l'épiderme, pénétration transcutanée, absorption percutanée

personnalité (épidémiologie des troubles de la) l.f.

Études difficiles à effectuer en population générale, même par une équipe expérimentée, et en fait peu nombreuses.
Avec l'aide de nouveaux instruments d'évaluation standardisés, la prévalence de l'ensemble de ces troubles pour la vie entière est située entre 5,09 et 11,01 p.100. Elle est estimée respectivement à 45 et 67 p.100 dans un service psychiatrique d'hôpital général et dans un établissement psychiatrique.
Sont rencontrées surtout : les personnalités schizotypiques, "bordelines", histrioniques, dépendantes et obsessionnelles-compulsives. Des associations sont fréquentes chez un même patient (2,8 à 4,6 p.100 en moyenne). La comorbidité est élevée avec, notamment, une appétence pour des substances (toxiques, drogues, médicaments, etc.) un état anxieux, une dépression. Une forte fréquence des difficultés conjugales, du chômage, de problèmes relationnels, de conduites suicidaires, est observée par beaucoup d'auteurs.

pesticide n.m.

pesticide

Produit chimique pouvant détruire des organismes vivants considérés comme dangereux et nuisibles.
Dans l'agriculture, ces produits phytosanitaires sont utilisés pour la protection des plantes contre les ravageurs (y compris les rongeurs et les oiseaux) et les infections bactériennes, fungiques et virales. L'emploi des pesticides couplé avec les fertilisants et les engrais a triplé les rendements agricoles, permettant ainsi de faire face à l'augmentation de la population.
Les principales catégories de pesticides sont : les toxiques contre les animaux supérieurs (raticides, rodenticides, corvicides, contre les vers et les mollusques (nématocides, hélicides), contre les insectes et les acariens (insecticides, acaricides), contre les champignons (xyloprotecteurs fungicides) et contre les mauvaises herbes (herbicides). De très nombreuses substances chimiques ont été  utilisées et pour beaucoup interdites d’emploi : organochlorés du type DDT, organophosphates du type parathion, dérivés de l'urée, du pyridinium (Paraquat®), antimétabolites (glyphosate), extraits naturels et de synthèse (pyrèthre, pyréthroïdes, roténone). Leur mise sur le marché est soumise à une réglementation rigoureuse, nationale et internationale, touchant leur toxicité pour l'homme et leurs impacts possibles sur l'environnement.
En médecine du travail les pesticides  sont reconnus responsables de syndromes parkinsoniens pris en charge par le tableau 58 du RA avec un délai d'un an sous réserve d’une durée d’exposition de 10 ans.

Étym. angl. pest : insect ou animal nuisible (lat. pestis : maladie contagieuse épidémique, fléau) ; cide : qui tue). Cet anglicisme d’usage courant dans le sens de « produit phytosanitaire » est déconseillé.

Paraquat® (intoxication par le)

[E2, G4]

Édit. 2018

P-glycoprotéine n.f.

P-glycoprotein

Phosphoglycoprotéine membranaire contenant 1 280 aminoacides, présente à la surface de nombreuses espèces cellulaires (glandulaires, intestinales, endothéliales, rénales, etc.), ayant un rôle de transport de nombreuses molécules « médicamenteuses », et responsable de la résistance à de multiples substances, telles que vérapamil, colchicine, forskoline, ciclosporine, etc.

Syn. multidrug resistance protein

Sigle  : MDR

pharmacognosie n.f.

pharmacognosy

Discipline consacrée à l'étude des matières premières, surtout végétales, renfermant des substances pharmacologiquement actives, en vue de la production de médicaments (ex. du Pavot à l’opium, puis à la morphine et à la codéine, du pancréas de Porc à l’insuline).
Autrefois dénommée « matière médicale », depuis Materia medica selon  Dioscoride

pharmacologie n.f.

pharmacology

Dans un sens large, étude des médicaments et des substances d’origine exogène, dites xénobiotiques, susceptibles d’avoir cet usage, ce qui correspond à plusieurs disciplines pharmaceutiques : chimie thérapeutique, pharmacognosie, pharmacotechnie, toxicologie pro parte...
De façon plus restreinte et habituelle, la pharmacologie étudie les effets d’une substance sur un organisme vivant. Elle met en évidence les caractéristiques spatio-temporelles de ces effets, leurs évolutions en fonction des doses, leur réversibilité (ou non) et tente d’en comprendre les mécanismes. Cette science connaît des développements multiples qui intègrent les méthodes d’observation, d’analyses, de modélisation et de pathologie expérimentale les plus récentes. Il en résulte en particulier une connaissance plus précise des interactions des médicaments et de l'organisme. C’est le fondement de toute thérapeutique rationnelle.

Étym. gr. pharmakon : poison, remède ; logos : discours, science

pharmacorésistance n.f.

pharmacoresistance

Absence de réactivité d’une cible biologique à des substances à effets thérapeutiques.

cible biologique

[G5]

Édit. 2017

phosphamidase n.f.

phosphoamidase

Enzyme catalysant l'hydrolyse d'une liaison amide phosphorique, de substances telles que la phospho-arginine, la phospho-créatine, etc.
On a mis en évidence des phosphamidases dans le rein des animaux, dans les levures et chez les végétaux. La chymosine (rennine) est un de ces enzymes.

phosphatidylcholine n.f.

phosphatidylcholine

Lipide cholinique faisant partie des glycérophospholipides, présent dans tous les tissus animaux et végétaux, et participant à la constitution des lipoprotéines plasmatiques, ce qui explique son rôle lipotropique, ainsi que celui de la choline et des substances génératrices de radicaux méthyle (diacyl-1,2-L-glycérol-3-phosphoryl-choline).
.Le plasma sanguin en contient environ 1,3 g/L (de 1 à 1,5 g/L). Pour un tissu donné, la teneur en phosphatidylcholine est très peu variable. La bile vésiculaire en contient 35 g/L. Le jaune d'œuf en est spécialement riche (10% du poids sec), d'où le nom de lécithine qui a été donné à ces phospholipides. Le plus souvent l'acide gras fixé sur le C1 du glycérol est saturé et celui fixé sur le C2 non saturé.

Syn. lécithine

photo-onycholyse n.f.

photoonycholysis

Onycholyse, c'est-à-dire décollement unguéal, respectant les bords latéraux de l'ongle, qui résulte d'une phototoxicité.
Les substances photosensibilisantes responsables de photoonycholyse sont nombreuses et essentiellement médicamenteuses : tétracyclines (déméthylchlortétracycline), fluoroquinolones, psoralènes, phénothiazines.

photosensibilité rémanente l.f.

chronic actinic dermatitis, persistent light reactivity

Forme clinique de dermatite actinique chronique se manifestant par une éruption eczématiforme prédominant sur les zones exposées, associée à une photosensibilité chronique qui a succédé à une dermatose de contact photo-allergique aiguë due à certaines substances comme les salicylanilides halogénés et le musc ambrette.

phototoxicité n.f.

phototoxicity

Réaction cutanée secondaire à l'interaction de la lumière solaire ou artificielle avec un agent photosensibilisant qui entraîne la formation de peroxydes, des réactions avec des molécules telles que des protéines, des lipides ou des acides nucléiques, aboutissant à l'altération des structures cutanées survenant chez tout individu dès que, dans la peau, la concentration en photosensibilisant et l'exposition solaire sont suffisantes.
La phototoxicité se manifeste par la survenue sur les zones exposées d'une éruption à type d'érythème actinique ou de "super coup de soleil" nettement délimité avec présence de sunburn cells. Certains aspects sont particuliers : dermite des prés d'Oppenheim, dermite pigmentaire en breloque, photo-onycholyse, pseudoporphyrie cutanée tardive, urticaire. La phototoxicité peut être induite par de nombreuses substances : médicaments (antibiotiques, dont tétracyclines et quinolones, phénothiazines, psoralènes, antimitotiques, goudrons, colorants, etc.), plantes (furocoumarines, etc.). On différencie la phototoxicité de la photo-allergie.

Étym. gr. phôs, phôtos : lumière ; toxikon : empoisonnement ; lat. toxicum : poison de flèche

pica n.m.

pica

Absorption pathologique itérative, au-delà de l'âge de 12 mois, de substances non comestibles, habituellement plus ou moins répugnantes et parfois nuisibles, telles que terre (géophagie), papier ou écailles de peinture.
Il s'agit surtout d'enfants arriérés profonds ou autistes et de déments séniles. À une théorie ferriprive ancienne des picas s'opposent les tenants d'une relation étiologique inverse.

Étym. gr. kakos : mauvais, et phagein : manger. lat. : pica : pie, réputée omnivore

Syn. cacophagie

pigment n.m.

pigment

Substance colorée par elle-même quelle qu'en soit l'origine, la structure et la nature.
Du point de vue biologique, on distingue des pigments d'origine endogène et des pigments exogènes d'origine animale ou d'origine végétale.
Leur structure est extrêmement variée : ce sont des molécules organiques complexes, insaturées ; les doubles liaisons conjuguées y sont fréquentes (caroténoïdes) ainsi que les fonctions phénols (flavonoïdes). Plusieurs renferment des métaux comme le fer et le cuivre ; certains sont des polymères (mélanines). Dans les tissus on les trouve à l'état libre et à l'état combiné (sous forme d'hétérosides et d'uronides pour certains pigments flavoniques et surtout sous forme de chromoprotéides porphyriniques ou non prophyriniques). Selon leur rôle physiologique on distingue les pigments respiratoires de structure porphyrinique ou pyrrolique non cyclique, et les pigments non respiratoires qui comprennent l'érythropsine, des constituants des chlorophylles, des coenzymes d'oxydoréduction (flavoenzymes), des substances de réserve (ferritine), de transport (sidérophiline, céruléoplasmine). Certains pigments se présentent sous forme de grains, comme le charbon responsable de l'anthracose, ou le fer (hémosidérine) le cuivre ou de flaques, comme dans la mélanose, les lipopigments ou les produits dérivés de l'hémoglobine.

Étym. lat. pigmentum : pigment

pigmentation n.f.

pigmentation

Accumulation de pigments, c'est-à-dire de substances noires ou colorées, dans certains organes, et notamment la peau, dont la teinte est ainsi modifiée.
Il s'agit d'une surcharge en pigments soit physiologiques, principalement mélanine, soit d'autre origine, interne ou externe.

mélanose, mélanodermie, hypermélanose, ochronose, argyrie, chrysiase, hyperchromie

pôle apical l.m.

apical pole

Partie de la membrane des cellules épithéliales tubulaires bordant la lumière et ainsi en contact avec l'urine.
Le pôle apical ou luminal des cellules épithéliales tubulaires contient des canaux et des transporteurs assurant le passage de nombreuses substances de l'urine vers la cellule. Il exprime également des enzymes spécifiques.

pôle basolatéral l.m.

basolateral pole

Partie de la membrane des cellules épithéliales tubulaires bordant les espaces interstitiels du rein.
Le pôle basolatéral ou plasmatique des cellules épithéliales contient des canaux et des transporteurs assurant le passage de nombreuses substances de la cellule vers les liquides interstitiels. Il exprime en particulier la Na+-K+-ATPase.

pollution du bloc opératoire par les gaz anesthésiques l.f.

operating room pollution

L’anesthésie générale amène un rejet de gaz et de vapeurs dans le bloc opératoire où ces polluants peuvent s’accumuler.
Les principaux polluants sont l’acide nitreux (comburant) et les vapeurs anesthésiques halogénées (peu combustibles), halothane, isoflurane, enflurane, desflurane, sévoflurane. L’oxyde d’éthyle et le cyclopropane ne sont plus employés car ils étaient source d’explosions.
On évalue l’importance de la pollution par la concentration du gaz ou de la vapeur dans l’air exprimée en parties par million en volume, ppv. Les limites réglementaires diffèrent légèrement selon les pays, elles sont en France de 25 ppv pour le protoxyde d’azote N2O et 2 ppv pour les substances  volatiles  halogénées.
L’inhalation prolongée de vapeurs anesthésiques en salle d’opération ou de réveil dépend de la durée de séjour du personnel et de sa position par rapport à la source polluante (les anesthésistes, généralement près de la tête du patient, sont les plus exposés). La toxicité aigüe (loi de Haber) ne s’observe pas en pratique car on est loin du seuil de toxicité, mais les séjours répétés en ambiance polluée accumulent les risques.
Des accidents dus à l'exposition chronique à l'oxyde nitreux ont été observés : le N2O inactive la cobolamine, cofacteur de la méthionine synthétase, nécessaire au métabolisme des folates ; cette dernière intervient dans la biosynthèse de l'ADN et donc dans la multiplication cellulaire. Ainsi les principaux troubles causés par l'inhalation prolongée de N2O touchent le fœtus à la fin du premier mois de la gestation (action abortive et tératogène). Chez l'adulte on note une atteinte de la moelle osseuse (anémie analogue à celle de Biermer) et des troubles nerveux (neuromyopathie). Tous ces troubles régressent rapidement après l'arrêt des inhalations, sauf en ce qui concerne le fœtus.
Les vapeurs halogénées produisent une irritation oculaire et bronchique et, à long terme, des atteintes hépatiques chez quelques sujets prédisposés, mais les enquêtes épidémiologiques n'ont pas démontré la toxicité hépatique ou rénale.
La prévention consiste à réduire la pollution anesthésique et à en minimiser ses effets :
- les anesthésiques volatils doivent être utilisés en circuit fermé,
- les rejets doivent être aspirés et rejetés sur l'extérieur ou absorbés sur du charbon activé,
- les blocs opératoires et les salles de réveil doivent être ventilés («l'atmosphère des salles d'opération et de réveil doit recevoir un apport en air neuf au régime minimal de 15 volumes par heure et par salle avec un apport minimum de 50 m3/h/personne»),
- le personnel ne doit pas rester plus de huit heures par jour en atmosphère polluée et les séances longues doivent être compensées par des jours de travail hors pollution.

Haber (loi de), oxyde nitreux

polynucléaire éosinophile l.m.

eosinophilic polymorphonuclear

Granulocyte circulant naissant dans la moelle osseuse et constituant le dernier stade de maturation de la lignée granuleuse éosinophile.
Leur taille varie de 11 à 14µm ; le noyau est généralement d’apparence bilobée, le cytoplasme contient de grosses granulations acidophiles après coloration de May-Grünwald-Giemsa.
Les granulocytes éosinophiles constituent de 1 à 5% de la formule sanguine et 50 à 300/mL en valeur absolue. Leur nombre est anormal à partir de 500/mL. Leur demi-vie est de 4 à 5 heures dans le sang au sortir de la moelle avant de passer dans les tissus (thymus, seins, poumons, utérus et tractus digestif) où ils vivront une dizaine de jours.
Les granules des éosinophiles contiennent de nombreuses substances : protéines cationiques, médiateurs lipidiques, radicaux libres, enzymes, cytokines, chémokines.
Les polynucléaires éosinophiles sont des cellules clés de l'inflammation allergique. Les granulations éosinophiles sont riches en peroxydases et en protéines cationiques libérées lors de stimulations par certains ligands : immunoglobuline E, fractions C3b, C3d, C4 du complément et histamine. Les granulocytes éosinophiles participent aux réactions d'hypersensibilité, à la bactéricidie et à la destruction de certains parasites. Leur nombre augmente dans les réactions d'hypersensibilité immédiate et au cours des infections par des métazoaires parasites. Une hyperéosinophilie est également constatée dans des maladies systémiques et des néoplasies hématologiques.

Syn. granulocyte éosinophile

hyperéosinophilie sanguine, May-Grünwald-Giemsa (coloration de), cytokine, chemokine, peroxydase, cationique, complément, immunoglobuline, histamine, hypersensibilité, métazoaire

polytoxicomanie n.f.

polysubstance dependence

Toxicomanie à plusieurs substances, sans prédilection pour l'une d'entre elles.
On la retrouve à la fois chez les toxicomanes marginaux, les ménagères insérées et les cadres surmenés.

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