Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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hypoxanthine-guanine-phosphoribosyl-transferase (déficit en) l.m.

→ hypoxanthine-guanine-phosphoribosyl-transférase

hypoxémie n.f.

hypoxemia, hypoxaemia

Diminution de la teneur du sang en oxygène.
Elle peut résulter d'une diminution de l'oxygène disponible (altitude, asphyxie, insuffisance respiratoire, shunt veinoartériel) ou d'une diminution de la teneur du sang en hémoglobine fonctionnelle.
L'hypoxémie entraîne l'hypoxie tissulaire, mais il peut y avoir hypoxie sans hypoxémie. P. ex. la contraction des sphincters précapillaires, sous l'effet d'une forte sécrétion d'adrénaline, fait passer directement le sang des artérioles dans les veinules et les capillaires ne sont plus approvisionnés : cela cause une hypoxie cellulaire grave amenant un état de choc, pourtant le sang est normalement oxygéné dans les artères et il est même suroxygéné dans les veines.
Une baisse de la PaO2 au-dessous de 67 hPa = 50 mm de Hg entraîne une forte stimulation des centres respiratoires d'où une hypocapnie.
On écrit aussi hypoxhémie.

Étym. gr. hupo : sous ; oxy : oxygène ; haima : sang

→ hypoxie, hypoxie (causes de l'), respiration, hypocapnie, choc (syndrome de)

[G1,G2,H1,K1,K2,K4]

Édit. 2017/1

hypoxémie fœtale l.f.

fetal hypoxaemia

Diminution de la quantité d’oxygène contenue dans le sang fœtal.
La PO2 à la naissance prélevée dans l’artère ombilicale avant tout mouvement respiratoire est normalement de 2,4 kPa ± 0,7 (24 mmHg). Au niveau de la veine ombilicale, elle est de 3,8 kPa ± 0,8 (38 mmHg).
Les caractéristiques métaboliques du tissu fœtal permettent une relative adaptation à l'anaérobiose.

hypoxémie réfractaire l.f.

refractory hypoxemia

Hypoxémie rebelle à tout traitement : une ventilation à l'oxygène pur pendant 20 minutes n'entraîne qu'une élévation modeste ou nulle de la Pa O2 alors que normalement celle-ci doit atteindre ou dépasser 450mm de Hg.
Chez l'adulte, on l'observe au cours du syndrome de détresse respiratoire aigu d'un syndrome de Mendelson, d'une inhalation massive d'eau ou d'un gaz toxique, d'une grippe maligne p. ex.
Chez le nourrisson, souvent un prématuré, elle s'observe au cours de la maladie des membranes hyalines.
Si l'on ne remédie pas rapidement à cette situation, des lésions fibreuses se développent.

C.L. Mendelson, obstétricien et cardiologue américain (1946)

→ détresse respiratoire aigüe de l'adulte (syndrome de), Mendelson (syndrome de)maladie des membranes hyalines

hypoxia inducible factor

Sigle HIF

→ facteur inductible par l'hypoxie

[C1]

Édit. 2019

hypoxie n.f.

hypoxia

Insuffisance d'alimentation en oxygène des tissus, pouvant conduire à une acidose lactique.
Chez le sujet conscient, les premiers signes d'hypoxie sont psychiques (euphorie, hilarité puis indifférence avec perte d'attention et de mémoire - amnésie rétrograde et antérograde), la motricité est modifiée, surtout pour les gestes fins tels l'écriture qui devient plus grosse et finit par être incohérente pour une PaO2 < 95 hPa = 70 mm de Hg (l'hypoxie cérébrale est l'un des principaux facteurs des modifications séniles de l'écriture). Le sujet se plaint de céphalée, de vertiges puis il somnole ; la perte de conscience survient pour une PaO2 < 50 hPa = 37,5 mm de Hg. La perte de vision nocturne commence très précocement, vers une PaO2 = 100 hPa = 75 mm de Hg), ce qui, chez le sujet non adapté, correspond à une altitude de 2 000 mètres.
Les signes objectifs d'hypoxie sont la mydriase, la cyanose du visage et des ongles. Elle peut entraîner des altérations conduisant à la mort cellulaire. La surveillance de l'oxygénation par la seule fréquence cardiaque à partir des signaux électriques du cœur peut être trompeuse (dissociation électromécanique), par contre l'oxymétrie de pouls est fidèle. Dans l'hypoxie ischémique on n'observe pas de cyanose car il n'y a pas d'hypoxémie.
Le traitement de l'hypoxie est essentiellement étiologique. L'inhalation d’O2 n'est que palliative, elle ne corrige pas toutes les hypoxies, mais elle fait gagner du temps et réduit les complications ultérieures.

Étym. gr. hupo : sous ; oxus : pour oxygène

→ cyanose, hypoxie (causes de l'), oxymètre de pouls, hypoxémie, anoxie, acidose lactique

[K1,K2,H1]

hypoxie (causes de l') l.f.p.

aetiology of the hypoxia

Les principale cause d'hypoxie sont les pneumopathies, les cardiopathies cyanogènes, les troubles ischémiques cérébraux et périphériques, les accidents par atmosphère viciée (incendie, etc.), l'inhalation de mélanges pauvres en oxygène et la vie en altitude.
L'hypoxie peut être la conséquence de l'hypoxémie, ou d'une ischémie par obstruction vasculaire liée à l'artériosclérose, à une thrombose ou à une compression, d'une diminution de la diffusion de l'oxygène dans le tissu, d'une oxygénation incomplète du sang par insuffisance cardiorespiratoire, d'une diminution de la capacité de transport de l'oxygène du sang en cas d'anémie ou d'intoxication par l'oxyde de carbone ou encore d'un exercice musculaire intense, entrainant une glycolyse lactacidogène
En suivant le passage de l'oxygène de l'air ambiant jusqu'à l'intérieur des cellules, on peut distinguer des causes exogènes ou endogènes d'hypoxie, chacune correspond à un aspect clinique un peu différent.
Dans cette énumération, à partir de l'hypoxie ischémique on n'observe pas de cyanose car il n'y a pas d'hypoxémie.
Hypoxie exogène : manque d'oxygène dans l'air inspiré (respiration en altitude, inhalation de mélanges pauvres en O2 ou n'en contenant pas du tout (gaz inertes), par ex. en anesthésie, l'inhalation d'oxyde nitreux pur (erreur humaine, appareillage défectueux). Au-dessus de 2 500 m d'altitude environ on commence à voir des signes nets d'hypoxie, au-dessus de 8 à 9 000 m il est impossible de survivre sans un apport d'O2.
Hypoxies endogènes générales, entraînant une hypoxémie artérielle :
- par consommation excessive d'oxygène, se voit la plupart du temps au cours d'exercices physiques exténuants, de l'agitation et de l'état de mal convulsif ou d'une hyperthermie grave et prolongée ;
- par oligopnée centrale : traumatisme du bulbe, action sur le centre respiratoire des anesthésiques généraux ou intoxication ;
- par insuffisance de la mécanique ventilatoire : curarisation, traumatisme du thorax, obstruction des voies aériennes ;
- par trouble de la distribution intrapulmonaire de l'air : p. ex. respiration paradoxale du volet thoracique ;
- par trouble de la diffusion alvéolocapillaire : lésion de la paroi alvéolaire par des gaz ou des vapeurs toxiques, œdème aigu du poumon ;
- par contamination veineuse : court-circuit de la circulation pulmonaire ;
- par anémie par manque d'hémoglobine (anémie, hémorragie) ;
- par hémotoxicité : par diminution de l'affinité ou destruction de l'hémoglobine (hypothermie, hémolyse, oxyde de carbone, substances méthémoglobinisantes).
Hypoxies endogènes locales (n'entrainant pas d'hypoxémie artérielle) :
- de stase : par insuffisance cardiaque ralentissant le retour veineux dans de larges secteurs ou par compression partielle des veines d'un territoire ;
- ischémique : obstruction artérielle plus ou moins complète (embolie, compression) ;
- par trouble de la distribution capillaire (fermeture des sphincters précapillaires au cours du choc) ;
- par œdème tissulaire entravant la diffusion extracellulaire ;
- histotoxique par blocage des chaines d'enzymes respiratoires (acide cyanhydrique, etc.). Il est classique de parler d'hypoxie dans ces intoxications bien qu'il s'agisse en réalité d'un défaut d'utilisation de l'oxygène au niveau des cellules.
Le traitement de l'hypoxie est essentiellement étiologique. L'inhalation de O2 n'est que palliative, elle ne corrige pas toutes les hypoxies, mais elle fait gagner du temps et réduit les complications ultérieures.

→ acidose lactique, choc (physiopathologie du), défaillance multiviscérale (syndrome de), hypoxie, respiration

[G1,G2,H1,K1,K2,K4]

Édit. 2017/1

hypoxie endogène locale l.f.

→ hypoxie (causes de l')

[G1,G2,H1,K1,K2,K4]

Édit. 2017/1

hypoxie fœtale l.f.

fetal hypoxia

Diminution de la quantité d’oxygène distribuée par le sang aux tissus dans l’unité de temps chez le fœtus.
Les caractéristiques métaboliques du tissu fœtal permettent une relative adaptation à l'anaérobiose.

hypoxie réfractaire l.f.

refractory hypoxia

Hypoxie rebelle à tout traitement usuel (ventilation en oxygène pur avec les meilleurs réglages mécaniques possibles).
Le seuil tolérable d'hypoxie est de 67 hPa = 50 mm de Hg chez le nouveau-né et le petit nourrisson et de 80 hPa = 60 mm de Hg chez l'adulte. L'hypoxie réfractaire se voit dans les atteintes alvéolaires majeures (maladie des membranes hyalines, syndrome de détresse respiratoire, syndrome d'inhalation, pneumopathies).
L'utilisation de l'hypercapnie contrôlée est souvent insuffisante, l'augmentation considérable des résistances vasculaires pulmonaires autorise alors l'emploi de certains traitements vasodilatateurs (inhalation contrôlée d'un mélange enrichi en NO). La circulation extracorporelle prolongée peut être efficace. Le pronostic dépend de la réversibilité des désordres pulmonaires : si l'on n'y remédie pas rapidement, le développement de lésions fibreuses limite les espoirs de succès.

→ hypercapnie contrôlée, inhalation méconiale, maladie des membranes hyalines, détresse respiratoire aigüe (syndrome de)

hypoxie rétinienne l.f.

retinal hypoxia

Réactions à l’hypoxie ont en commun une souffrance des cellules nerveuses du cortex et de la rétine.
Cet état perturbe la fonction visuelle en altitude.

Étym. gr. hupo : sous ; oxus : oxygène

hypoxie sans hypoxémie l.f.

Syn. territoire de non perfusion, territoire d'hypoxie

→ hypoxémie, hypoxie (causes de l')

[G1,G2,H1,K1,K2,K4]

Édit. 2017/1

hypromellose n.f.

→ hydroxypropylméthyl cellulose

hypsarythmie n.f.

hypsarrythmia

Terme électroencéphalographique désignant le tracé intercritique habituellement rencontré dans le syndrome de West.
Il s'agit d'une "succession ininterrompue d'ondes lentes et de pointes-ondes lentes de très grande amplitude (300 microvolts) associant toutes proportions, sans relation précise de phase, et distribuée sur l'ensemble du scalp, sans aucune synchronie" (H. Gastaut, 1964).

W. J. West, médecin britannique (1841), H. Gastaut, neurologue français, membre de l'Académie de médecine (1964)

→ West (syndrome de)

hypsicéphalie n.f.

hypsicéphalia

Syn. hypsocéphalie

→ hypsocéphalie

hypsocéphalie n.f.

hypsocephaly

Malformation crânienne congénitale due à la soudure précoce des sutures sagittale et coronale.
Elle est caractérisée par un considérable développement en hauteur de la région occipitale avec aplatissement latéral de la tête. La hauteur nasion-bregma est importante par rapport au diamètre antéro-postérieur maximal La base du crâne est également déformée, le sommet de la tête peut être plat. D'autres anomalies squelettiques peuvent être associées.
Parfois employé à tort à la place d'acrocéphalie qui est un état pathologique, tandis que l'hypsicéphalie est un type anthropologique.

Étym. gr. hupsos : hauteur ; kephalê : tête

Syn. acrocéphalie, hypsicéphalie

→ acrocéphalie, hypsicéphalie, turricéphalie

hypuricémie n.f.

hypuricemia

→ hypouricémie

hypusine n.f.

hypusine

Dérivé d'acide aminé résultant de la condensation d’hydroxyputrescine et de lysine,  présent chez l’Homme dans une seule protéine, l’elF5A (Facteur d’Initiation des eucaryotes 5A).
Cet acide aminé est présent en excès dans les urines d’enfants atteints d’hyperlysinémie héréditaire. Il a suscité un intérêt nouveau parce que le blocage spécifique de l’activation de elF5A en inhibant l’incorporation d’hypusine  dans la molécule  augmente la résistance à l’hypoxie, d’abord constatée chez la drosophile, puis chez les mammifères, ouvrant ainsi une perspective thérapeutique. 

Étym. collage de syllabes de d’hydroxyputrescine et de lysine: hy pu et sine

→ hydroxyputrescine, lysine, hyperlysinémie, elF

[C1, Q2, R1]

Édit. 2020

hystérectomie n.f.

hysterectomy

Ablation chirurgicale de l’utérus en totalité avec le col (hystérectomie totale), ou en laissant le col utérin en place (hystérectomie subtotale).
Elle peut être réalisée par voie abdominale (par laparotomie ou par cœlioscopie), ou par voie basse (hystérectomie vaginale). Elle comprend ou non l'ablation d'une ou des deux annexes.

→ hystérectomie abdominale, hystérectomie vaginale

[O3]

hystérectomie (retentissement psychique de l') l.m.

hysterectomy (psychical effects of)

Intervention dont le vécu dépressif et les difficultés sexuelles constituent classiquement de fréquentes complications.
Peur de la mutilation, de ses incidents et accidents, d'une perte de la féminité et du vieillissement, confondus par méconnaissance avec la ménopause, contribuent à ces troubles.
Une réduction notable des indications, la conservation des ovaires avant 50 ans, une information et une dédramatisation préalables par l'équipe chirurgicale (en dehors des rares urgences), l'évitement, si possible, d'une "psychiatrisation" (dont les chirurgiens se méfient souvent), avec respect du travail de deuil, constituent des mesures préventives efficaces.
A contrario, certaines études relatent une libido souvent accrue après hystérectomie.

hystérectomie à l'américaine l.f.

Kelly hysterectomy

Ablation chirurgicale de l’utérus menée par voie abdominale, caractérisée par la section continue transversale d’un côté à l’autre du pelvis de tout l’appareil génital.
Ce procédé peut s’appliquer aussi bien aux hystérectomies totales que subtotales. Classiquement, on commence par le côté où l’annexe est le plus facilement libérable.

H. A. Kelly, gynécologue américain (1898)

Syn. hystérectomie par section continue transverse, hystérectomie transverse, hystérectomie selon Kelly

hystérectomie abdominale l.f.

abdominal hysterectomy

Hystérectomie par voie haute, c'est-à-dire réalisée par laparotomie ou par coelioscopie.

[O3]

hystérectomie avec conservation annexielle l.f.

interadnexal hysterectomy

Ablation chirurgicale de l’utérus qui peut être menée par voie abdominale ou vaginale et qui laisse les annexes en place, après section de la trompe au niveau de la jonction isthmocornuale et du ligament utéro-ovarien.

Syn. hystérectomie interannexielle

hystérectomie d'hémostase l.f.

haemostatic hysterectomy

Ablation de l’utérus pour sauvetage maternel en cas d’hémorragie de la délivrance sévère dans le postpartum immédiat, après échec des autres techniques conservatrices.

→ hémorragie de la délivrance

hystérectomie élargie l.f.

radical hysterectomy

Intervention chirurgicale pour cancer de l'endomètre ou du col de l'utérus, comportant l'ablation de l'utérus, du paramètre, du paracervix, associée à la lymphadénectomie iliaque et/ou lombo-aortique.

E. Wertheim , gynécologue autrichien (1900) ; J. V. Meigs, gynécologue américain (1944)

Syn. opération de Wertheim, opération de Meigs

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