Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Henry (anamorphose de) l.f.

Henry's anamorphosis

Procédé graphique utilisé pour transformer en droite l'ogive de Galton des probabilités cumulées, P, distribuées en fonction de la variable étudiée, x, selon une loi normale de Laplace-Gauss.
Ce procédé graphique, utilisé primitivement par les artilleurs pour ajuster les tirs, permet de présenter les résultats statistiques d'une expérimentation sous une forme linéaire (échelle probit en ordonnées).
Particulièrement utilisé en toxicologie, ce procédé permet de déterminer graphiquement la médiane et l'écart type, , d'un petit échantillon et de vérifier que la distribution suit bien une loi normale (ou logarithmiconormale si l'on porte une échelle logarithmique en abscisses).
Quand on a à faire à une distribution multimodale la courbe d'ajustement n'est pas une droite. Si la répartition s'aligne sur 2 ou 3 segments de droite, cela permet de séparer les données expérimentales en groupes homogènes : chaque segment de droite permet de déterminer l'importance du groupe dans l'échantillon étudié, ainsi que sa moyenne et sa dispersion.

Colonel Henry (1840)

Étym. gr. anamorphosis : remise en forme.

[C]

Édit. 2015

Henry (loi de) l.m.

Henry's law

Loi selon laquelle un gaz inerte en équilibre au-dessus d'un liquide se dissout proportionnellement à sa pression partielle.
Le coefficient de proportionnalité est appelé coefficient de solubilité.
Ce coefficient décroit quand la température augmente, il s'annule à la température d'ébullition du liquide. Dans un espace clos, la dissolution d'un gaz est exponentielle en fonction du temps. Etant donnée la grande surface de contact qu'offrent les poumons (plus de 100 m2), le brassage de l'air et le relativement faible volume de sang en contact, la diffusion y est extrêmement rapide : le demi-temps d'équilibration est de l'ordre de 1,5 millisecondes pour un gaz inerte comme l'azote. Ce temps est plus court pour l'oxygène parce que son affinité pour l'hémoglobine accélère le processus.

W. Henry, chimiste britannique (1803)

→ échanges gazeux, solubilité (coefficient de)

[B1]

Édit. 2015

Henry (réaction de) l.f.

Floculation d’une émulsion de mélanine après addition d’un sérum de paludéen.
La disparition de la floculation permettrait d’affirmer la guérison du malade.

A. F. X. Henry, médecin français, membre de l’Académie de médecine (1927)

[D2]

Édit. 2015

Henschen (endovasculite proliférante thrombopoïétique de) l.f.

Henschen’s thrombopoietic proliferating endovasculitis

F. Henschen, anatomopathologiste suédois (1932) ; P. Masson, anatomopathologiste canadien d’origine française, membre de l'Académie de médecine (1923)

Syn. hémangioendothéliome végétant intravasculaire de Masson

→ hémangioendothéliome végétant intravasculaire de Masson

[K4]

Édit. 2020

Hensen (nœud primitif de) l.m.

Hensen’s primitiv node, Hensen's primitiv notch

Épaississement de la ligne primitive qui apparaît sur la face dorsale du disque embryonnaire didermique, vers le 17ème jour de la vie embryonnaire ou à la troisième semaine de la gastrulation, correspondant à la mise en place du troisième feuillet de l’embryon ou chordomésoblaste.
C’est à ce niveau que s’invagine le canal chordal par migration des cellules épiblastiques vers le pôle rostral de l’embryon.

V. Hensen, biologiste et zoologiste allemand (1863)

→ ligne primitive, disque embryonnaire didermique, disque embryonnaire tridermique, gastrulation, chordomésoblaste, canal chordal, épiblaste, pôle rostral de l'embryon, axes corporels embryonnaires (établissement des)

[A4,O6]

Hepacivirus

Hepacivirus
Genre de virus à ARN de la famille des Flaviviridae, ne comprenant que le virus responsable de l'hépatite C.

→ hépatite C

[D1]

Hepadnavirus

Hepadnavirus

Ensemble des virus hépatotropes à ADN (famille des Hepadnaviridae, genre Orthohepadnovirus) responsables d'hépatites aigües et chroniques chez l'Homme (virus de l'hépatite B) mais aussi chez la Marmotte (WHBV), le Canard de Pékin (DHBV), l'Ecureuil (GSHBV) et le Héron.
Chaque virus a un hôte qui lui est spécifique.
L'organisation structurale du génome de ces hepadnavirus est similaire, caractérisée par un ADN partiellement bicaténaire d'environ 3,2 Kb, avec 4 phases de lecture ouverte codant pour des protéines d'enveloppe (gène préS/S), une polymérase virale (gène P), des protéines capsidiques (gène préC/C) et une protéine X dont les fonctions ne sont pas encore précises.
Les virus des modèles animaux ont permis, par des techniques de biologie moléculaire, de définir parfaitement l'organisation structurale génomique, le cycle réplicatif original incluant une étape de transcription réverse du prégénome viral, mais aussi les mécanismes complexes de l'hépatocarcinogénèse virale B, ou de la persistance virale.

Étym. gr. hêpar : foie

→ hépatite virale, hépatite B, virus des hépatites, virus de l'hépatite B de la Marmotte (WHBV)

[D1]

héparane n.m.|]

heparan

Polyoside formé par un enchaînement de restes alternés d'acides uroniques et de glucosamines, où alternent l'acide D-glucuronique et l'acide L-iduronique.
Ce mucopolysaccharide n'est présent dans les tissus animaux que sous forme d'héparane-sulfate.

Étym. gr. hêpar : foie

héparane-sulfamidase (déficit en) l.m.

heparan sulfate sulfatase deficiency

→ mucopolysaccharidose de type IIIA, IIIB, IIIC, IIID

[C1]

héparane-sulfate n.m. |]

heparan sulfate

Polyoside sulfaté de masse moléculaire élevée formé par un enchaînement par des liaisons α (1-4) d'acides uroniques et de glucosamines, où alternent l'acide D-glucuronique ou L-iduronique et la glucosamine N-acétylée ou N-sulfatée.
Ce mucopolysaccharide ou glycosaminoglycane porte des restes sulfuriques sur le deuxième carbone des acides iduroniques et sur le sixième carbone de la glucosamine, ainsi que sur la fonction amine en 2. Ce glycane, synthétisé dans les fibroblastes, est un constituant du tissu conjonctif (derme, aorte), faisant partie de la membrane basale, dans laquelle il est lié au collagène et à la laminine. Il s'accumule chez les malades atteints de mucopolysaccharidoses de Sanfilippo, de Hunter, de Hurler.

S. J. Sanfilippo, pédiatre américain (1963) ; C. A. Hunter, médecin interniste canadien (1917) ; Gertrud Hurler, pédiatre allemande (1919)

Syn. héparitine-sulfate

→ mucopolysaccharidose

héparinase n.f.

heparinase

Enzyme catalysant l'hydrolyse de l'héparine.
Les héparinases sont des polyosidases mal définies, faisant p. ex. partie des hexosaminidases.

→ héparine

[C1]

héparine n.f.

heparin

Substance anticoagulante existant particulièrement dans le foie, le poumon, les muscles et aussi dans tous les tissus à très faibles concentrations.
C’est un polyoside sulfaté formé par un enchaînement de restes alternés de glucosamines N-sulfatées et d'acides uroniques, avec l’alternance de l'acide glucuronique et de l’acide L-iduronique, et un nombre élevé de radicaux sulfuryle. Biosynthétisé par les mastocytes dans lesquels il se trouve, ainsi que dans les polynucléaires basophiles, sous forme macromoléculaire, ce glycane est hydrosoluble et très acide. Son activité biologique est neutralisée par les protéines basiques telles que les protamines. L'héparine est capable de mobiliser des enzymes attachés aux parois vasculaires, tels que la lipoprotéine lipase, la lipase hépatique et la phospholipase A1. L’héparine est utilisée comme anticoagulant pour son activité potentialisatrice de l'antithrombine due à une séquence très spécifique de cinq dérivés (séquence pentasaccharidique).
Les préparations commerciales utilisées en thérapeutique, sont extraites soit des poumons de Bœuf (Amérique du Nord), soit de la muqueuse intestinale du Porc (Asie). De cet extrait hétérogène, on sépare des glycosaminoglycanes (mucopolysaccharides) de masse moléculaire comprise entre 3 000 et 50 000 Da, formées de longues chaînes polyosidiques diversement sulfatées, constituées par la répétition de séquences disaccharidiques. Différents radicaux anioniques fixés sur ces hexoses font de l'héparine un acide fort, chargé négativement, donc capable de se lier facilement aux cations Ca2+, K+, Na+, Mg2+ et aux molécules biochimiques (albumine, fibrine, etc.) ou médicinales cationiques.
Les méthodes d'extraction, de solubilisation et de purification de l'héparine commerciale permettent de séparer les héparines de basse masse moléculaire (HBPM, moyenne 8 000 Da) de celles à haute masse moléculaire (héparine standard non fractionnée, moyenne 20 000 Da). Les HBPM, dont la pharmacocinétique est beaucoup plus favorable (biodisponibilité, durée de vie) et qui ont moins d'effets secondaires (thrombopénie), sont préférées en thérapeutique tant pour la prévention que pour les traitements des affections ou maladies thrombotiques, en particulier veineuses.
L'activité anticoagulante de l'héparine dépend essentiellement :
- du degré de polymérisation (un niveau minimal est nécessaire),
- du degré de sulfatation de chaque chaîne et de la localisation des groupements N-sulfates,
- de l'affinité des chaînes polyolosiques à se fixer sur l'antithrombine-III ce qui requiert une structure pentasaccharidique minimale.
L’héparine non fractionnée combine une activité anti-IIa et une activité anti-Xa équivalentes. Elle est injectée par voie veineuse. Sa présentation forme d’héparinate de calcium est utilisée en sous-cutanée.
Les HBPM ont une activité anti-Xa prédominante sur l’activité anti-IIa dans un rapport variable de deux à quatre en fonction des molécules. Elles sont injectées par voie sous-cutanée.
L’héparine est indiquée dans le traitement curatif des thromboses veineuses profondes, des embolies pulmonaires, des infarctus du myocarde, des angors instables et des embolies artérielles extra-cérébrales ; dans le traitement préventif des accidents thromboemboliques veineux et/ou artériels en milieu chirurgical y compris en chirurgie vasculaire artérielle, en cas d’affection médicale aigüe, en cas de cardiopathie emboligène, et dans l’anticoagulation des circuits de circulation extracorporelle et d’épuration extra-rénale.
Sa forme utilisable par voie veineuse est également indiquée en traitement curatif de certains cas de coagulopathie.
L’héparine n’exerce par elle-même aucune action fibrinolytique.
Etant donné sa charge électrique et l'importance de sa masse moléculaire, l'héparine ne traverse ni les séreuses (plèvre, péritoine, méninges), ni la barrière placentaire. De même, elle ne passe pas dans le lait maternel et ne peut pas être absorbée par le tube digestif.
L'héparine est neutralisée par la protamine (polypeptide extrait de la laitance de certains poissons)
Le traitement par HBPM peut être surveillé par l’activité anti-Xa (mesure du pic d’activité de trois à quatre heures après l’injection sous-cutanée).

J. McLean, étudiant en médecine américain, découvrit l’héparine en 1916

Étym. gr. hêpar : foie (parce qu’on a d’abord extrait l’héparine du foie)

→ anticoagulant (médicament), antithrombine III

[F4]

Édit. 2015

héparine de bas poids moléculaire l. f.

Sigle HBPM

→ héparine

héparinémie n.f.

heparinaemia

Concentration d’héparine dans le sang ou dans le plasma.
Elle exprime l’activité anti-Xa ou anti-IIa induite par l’administration d’héparine.

Étym. gr. hêpar : foie ; haïma : sang

→ héparine

[F4]

Édit. 2015

héparinisation n.f.

Emploi thérapeutique de l’héparine,

Étym. gr. hêpar : foie ; haïma : sang

→ héparine

[F4]

hépascore n.m.

L’hépascore est un des algorithmes biologiques utilisé pour quantifier la fibrose du foie dans l’hépatite chronique virale C.
Il fait partie des marqueurs non invasifs de fibrose. Il combine quatre indices sanguins : α2-macroglobuline, acide hyaluronique, bilirubine totale et γ-glutamyl-transpeptidase, avec un ajustement sur le sexe et l’âge. C’est avec le fibrotest ® et le fibromètre un des marqueurs recommandé par la Haute autorité de santé.

→ hépatite C, marqueurs non invasifs de fibrose hépatique, fibrotest®, fibromètre

hépatalgie n.f.

Douleur de l’hypocondre droit provoquée par l’hypertrophie et la congestion du foie, en particulier dans l’insuffisance ventriculaire droite.
L’hépatalgie d’effort est considérée comme un bon signe de défaillance cardiaque sévère.

Étym. gr. hêpar : foie ; algos : douleur

→ défaillance cardiaque

[L1,K2]

hépatectomie n.f.

hepatectomy

Intervention chirurgicale consistant un l'ablation d'une partie (hépatectomie partielle) ou de la totalité du foie (hépatectomie totale).
Les hépatectomies partielles peuvent comporter l'ablation d'un segment (unisegmentectomie) ou de plusieurs segments (plurisegmentectomie). L'hépatectomie droite consiste en l'ablation du foie droit (segments 5, 6, 7, et 8 du foie étendue éventuellement au segment 4) et l'hépatectomie gauche en l'ablation du foie gauche (segments 2, 3 et 4 étendue éventuellement aux segments 5 et 8).
Après hépatectomie partielle enlevant une quantité importante de parenchyme hépatique, survient une régénération du foie restant, qui aboutit à la reconstitution d'un volume de parenchyme hépatique normal. Les hépatectomies partielles sont réalisées le plus souvent pour une tumeur maligne du foie, primitive ou métastatique. L'hépatectomie totale n'est pas compatible avec la vie.Elle est obligatoirement associée à une transplantation hépatique.

Étym. gr. hêpar : foie ; ektomê : ablation

→ lobectomie, plurisegmentectomie

[L1]

hepatic bacteriocidal protein l.angl.f.

Syn. hepcidine, Liver-Expressed Antimicrobial Peptide-1 (LEAP-1)

→ hepcidine

[C2, L1]

Édit. 2019

hépatico-duodénostomie l.f.

hepaticoduodénostomy

Anastomose du canal hépatique avec le duodénum.

[L2]

hépatico-gastrostomie l.f.

hepaticogastrostomy

Abouchement du canal hépatique dans l’estomac.

[L2]

Hepaticola

Hepaticola
Genre de Nématodes, désigné par la suite sous le nom de Capillaria, et désormais appelé Calodium.

→ Calodium hepaticum, Calodium aerophilum, Calodium philippinensis, capillariose, capillariose hépatique, capillariose intestinale, capillariose pulmonaire

[D1]

hépaticoliase n.f.

hepaticoliasis

Affection secondaire à la localisation hépatique de Nématodes du genre Hepaticolia.

→ Hepaticolia

hépaticostomie n.f.

hepaticostomy

Abouchement à la peau du canal hépatique.

Étym. gr. hêpar : foie ; stoma : bouche

[L2]

hépaticotomie n.f.

hepaticotomy

Incision du canal hépatique.

Étym. gr. hêpar : foie ; tomê : section

[L2]

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