Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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rhumatisme cardiaque l.m.

cardiac rheumatoid arthritis

Atteinte des diverses tuniques du cœur au cours du rhumatisme articulaire aigu (maladie de Bouillaud) .
Elle débute par une phase aigüe associant un état fébrile, une atteinte articulaire douloureuse et une endocardite.
La phase aigüe est suivie, après extinction des manifestations inflammatoires et douloureuses, par une évolution de l’endocardite vers des lésions séquellaires, principalement valvulaires.
L’antibiothérapie des angines et la corticothérapie de l’atteinte articulaire ont fait régresser spectaculairement la fréquence et la gravité du rhumatisme cardiaque.

J-B. Bouillaud, médecin français, membre de l'Académie de médecine (1840)

→ rhumatisme articulaire aigu, Bouillaud (maladie de), endocardite

[F2, I1]

Édit. 2019

rhumatisme cardiaque évolutif l.m.

evolutive rheumatic carditis

Forme d’atteinte du cœur par la maladie rhumatismale (rhumatisme articulaire aigu), dans laquelle les lésions inflammatoires spécifiques des tuniques du cœur évoluent de façon subaigüe ou chronique sans arrêt et sans cicatrisation.
Cette évolution peut être présente d’emblée ou apparaître après une période de stabilisation à l’occasion d’une récidive rhumatismale. Le rhumatisme cardiaque évolutif peut s’éteindre en quelques mois spontanément, ou sous l’effet du traitement. Il peut se prolonger des années,  aggravant les dégâts myocardiques et valvulaires et aboutissant à une défaillance cardiaque irréductible.

→ endocardite rhumatismale, rhumatisme articulaire aigu, Bouillaud (maladie de)

rhumatisme cardiaque malin l.m.

Atteinte des trois tuniques cardiaques consécutive au rhumatisme articulaire aigu, mal contrôlée par le traitement glucocorticoïde.
Il évolue vers une insuffisance cardiaque rapide. Il s'agit d'une forme historique de la maladie.

rhumatisme dégénératif l.m.

degenerative joint disease

Maladie entraînant une destruction articulaire sans s'accompagner de manifestations inflammatoires générales.
Ce terme recouvre essentiellement la pathologie arthrosique et s'oppose au terme rhumatisme inflammatoire.

rhumatisme musculaire de poitrine l.m.

epidemic myalgia

Infection due au virus Coxsackie associant douleurs thoraciques, myalgies, hoquets, céphalées, fièvres.
Vieille dénomination pour la maladie de Bornholm ou myalgie épidémique.

Étym. Bornholm, île danoise de la Baltique où eut lieu l’épidémie

→ Bornholm (maladie de)

rhumatisme scarlatin l.m.

scarlet fever rheumatism

Rhumatisme poly-articulaire inflammatoire survenant au cours ou au décours de la scarlatine.
Entrant dans le cadre des complications non septiques de la scarlatine, il débute soit dans les deux premières semaines d’évolution de la maladie, soit plus tardivement. Il se caractérise par des arthralgies des petites articulations des doigts et des mains ou par une polyarthrite ressemblant à celle du rhumatisme articulaire aigu; il guérit sans séquelles articulaires. Le risque d’endocardite y est discuté et justifie une antibiothérapie prophylactique.

→ scarlatine

Richter (syndrome de) l.m.

Transformation histologique d’une leucémie lymphoïde chronique ou d’un lymphome lymphocytique en un lymphome à grandes cellules B (ou en une maladie de Hodgkin).
Les techniques modernes d’analyse génétique moléculaire montrent que la transformation peut dériver du clone initial ou constituer un second lymphome indépendant de la leucémie lymphoïde chronique/lymphome lymphocytique.

M. N. Richter, anatomopathologiste américain (1928)

Rickettsia philipii

Rickettsia philipii
Bactérie responsable d'une rickettsiose sévissant aux Etats-Unis et transmise,
La maladie due à R. philipii est une fièvre boutonneuse associant fièvre, rash, céphalées, myalgies, fatigue et la classique tache noire au site de morsure de la tique ; les anomalies biologiques associées sont une anémie, une thrombopénie, une élévation des transaminases hépatiques. Le traitement consiste en l'administration de doxycycline  durant 7 à 14 jours. Découverte en 2008, elle est observée en Californie. Le vecteur de cette bactérie est la tique Dermacentor occidentalis. Le réservoir de germes n'est pas identifié.

rickettsiose varicelliforme l.f.

rickettsial pox

Maladie éruptive vésiculeuse due à Rickettsia akari.
Après une incubation de 7 à 10 jours, le début est brutal : fièvre élevée, frissons, myalgies, céphalée, photophobie, papule vésiculeuse au point de piqûre avec adénopathie satellite. Apparait ensuite une éruption maculopapuleuse puis vésiculeuse et enfin croûteuse. La guérison spontanée a lieu au bout de trois semaines. Cette rickettsiose urbaine a surtout été observée aux Etats-Unis, en Russie et en Corée. Le réservoir du germe est la souris domestique et le vecteur est un acarien.

Syn. rickettsial pox, fièvre vésiculeuse

→ Rickettsia akari

rigidité n.f.

rigidity, stiffness

Forme d'hypertonie musculaire se manifestant par une résistance aux mouvements passifs.
Signe classique des syndromes parkinsoniens, particulièrement de la maladie de Parkinson, elle touche les muscles proximaux, distaux et axiaux. De type plastique, "en tuyau de plomb", elle n'est pas modifiée par la vitesse donnée au déplacement du segment de membre, ni par la position d'une articulation. Elle s'oppose ainsi à la spasticité ou raideur "élastique" du syndrome pyramidal.
Bien mise en évidence dans les mouvements de flexion-extension du poignet, elle s'accompagne du phénomène de la roue dentée, qui marque la variation d'intensité de la résistance, avec des à-coups réguliers.
La rigidité parkinsonienne s'associe à une exagération des réflexes de posture, qui est la contraction réflexe d'un muscle après son raccourcissement.
Sa recherche peut être sensibilisée par la manœuvre de Froment, le malade effectuant un mouvement volontaire du côté opposé.

rire sardonique l.m.

sardonic grim, cephalic tetanus

Contracture douloureuse des muscles d’une hémiface associée à une paralysie de l’autre hémiface, observée au cours du tétanos céphalique de Rose, forme de tétanos qui survient à la suite d’une plaie de la face ou de la maladie de Wilson.

E. Rose, chirurgien allemand (1836-1914)

Étym. Étym : sardonia herba, renoncule de Sardaigne dont la toxicité se manifeste par un rire convusif.

→ faciès sardonique, tétanos céphalique, Wilson (maladie de)

risque cardiovasculaire l.m.

La notion de risque cardiovasculaire individuel se définit comme la probabilité pour un individu de développer une maladie cardiovasculaire en fonction de plusieurs facteurs de risque considérés simultanément dans un temps donné (généralement 10 ans).
Les méthodes de prédiction sont fondées sur des « équations de risque », crées a partir d’enquêtes épidémiologiques. L’équation de Framingham est la plus utilisée en France et dans le monde.

risque de récurrence l.m.

recurrency hazard

Probabilité qu'une maladie ou une malformation dont est atteint un ou plusieurs membres d'une famille réapparaisse chez un autre membre de la famille, à la même génération ou à une génération ultérieure.

évaluation épidémiologique des risques l.m.

risk factor

1) Évaluation du risque supplémentaire apporté par une nouvelle cause en prenant comme référence le risque normal dans la même situation.
Les études épidémiologiques, notamment en cardiologie, ont précisé le rôle de l'âge, du poids, du tabac, de l'alcoolisme, d'un polluant, du cholestérol, etc. Il est difficile d'évaluer ces risques de façon absolue mais on peut le faire par comparaison du rapport des cotes par rapport à un groupe témoin de sujets considérés comme normaux : par ex. si la mortalité des sujets de poids normal de même âge, sexe, etc. est deux fois moindre que celle d'un groupe de sujets comparables mais d'un poids de 10 kg au-dessus de la normale. On dit qu'une surcharge de poids de 10 kg apporte un facteur de risque égal à 2. Pour les jeunes conducteurs, une alcoolémie de 0,5 g/L apporte un risque d'accident 2 fois plus grand : le facteur de risque d'une telle alcoolémie est égal à 2, pour une alcoolémie de 0,8 g/L le facteur de risque est alors de 5.
Lorsqu'au contraire l'évaluation épidémiologique montre que le rapport des cotes est plus petit que 1, c'est-à-dire, par ex., que la mortalité est plus faible dans le groupe étudié que dans le groupe témoin, on parle d'un effet de précaution, et le facteur de risque devient un facteur de protection.
2) Dans le langage médical courant l'expression a pris le sens vague de cause (supplémentaire) d'une maladie.
 Par ex. : le tabac est un facteur de risque cardiovasculaire. On confond souvent risque  et  facteur de risque.

→ alcoolémie, cotes (rapport des), diœkétique (risque)

[E1]

Édit. 2018

risque (groupe à) l.m.

Groupe de personnes pour lequel le risque de survenue d’un phénomène de santé ou de maladie est plus élevé que celui delà population générale.

risque virtuel l.m.

virtual risk

Expression incorrecte pour qualifier un risque non évaluable.
Cette expression, d'origine américaine, a été notamment employée dans une circulaire du 11-12-95 du ministère de la Santé sur les risques de contagion apportés par la maladie de Creutzfeldt-Jakob : on y qualifie de «virtuel» un risque de 1 par million (10-6). C’est un concept à rapprocher du concept du principe de précaution.

→ précaution (principe de), risque

Robinson, Power et Kepler (test de) l.m.

Robinson, Power et Kepler’s test

Test d’appréciation d’un retard à l’élimination de l’eau en présence d’une maladie d’Addison.
Obsolète.

F. J. Robinson, N. H. Power, E. J. Kepler, médecins américains (1941)

→ Addison (maladie d')

[M1,O4]

Édit. 2017/1

Roger (signe du comptoir de ) l.m.

Roger’s sign

Dans la maladie de Parkinson, accentuation de l’hypertonie et éventuellement du tremblement du membre supérieur opposé à celui qui effectue un geste intentionnel, tel que de saisir un verre sur un comptoir.

H. R. Roger, neurologue français, membre de l'Académie de médecine  (1881-1955)

Syn. Froment (manœuvre de), Froment (signe du poignet figé de)

→ Parkinson (maladie de)

Rogers (syndrome de) l. m.

Maladie génétique associant une anémie mégaloblastique, un diabète insulino-dépendant et une surdité.
L'anémie mégaloblastique et le diabète surviennent entre l'enfance et l'adolescence. L’anémie est corrigée par la prise de thiamine à la dose de 25–75 mg par jour (besoin quotidien chez l'individu normal 1,5 mg par jour) mais la macrocytose ne disparaît pas. La surdité est irréversible.
L’affection est en rapport avec une anomalie du bras long du chromosome 1 en 1q 23,3.

L. E. Rogers, pédiatre américain (1969)

Romaña (signe de) l.m.

Romaña’s sign

Œdème palpébral avec dacryocystite et adénopathie, qui constitue un accident primaire fréquent de la maladie de Chagas.

C. Romaña, médecin infectiologue argentin (1935)

Syn. complexe ophtalmoganglionnaire

→ complexe ophtalmoganglionnaire, trypanosomose humaine américaine

Rosai et Dorfman (maladie de) l.f.

Rosai and Dorfman’s syndrome, benign sinus histiocytosis with massive lymphadenopathy

Affection rare, bénigne, d’étiologie inconnue, affectant plutôt des enfants d'origine africaine ou vivant dans le Tiers-monde.
Des adénopathies cervicales volumineuses et indolentes s'associent à un syndrome inflammatoire et parfois à des anomalies auto-immunes. L'évolution est souvent spontanément résolutive après des mois ou des années. La biopsie ganglionnaire montre une distension des sinus par des histiocytes volumineux contenant des lymphocytes.
La localisation orbitaire de la maladie survient dans 11% des cas. L’infiltration des paupières est la manifestation la plus fréquente, mais des cas d’ulcérations cornéennes, d’uvéites et d’exophtalmies avec infiltration de la glande lacrymale, ont été décrits.
Le diagnostic repose sur l’histologie (prolifération lymphohistiocytaire) et l’immmunohistochimie (histiocytes positifs pour la PS-100)

P. Destombes, anatomopathologiste français (1965), J. Rosai et R. F. Dorfman, anatomopathologistes américains (1972)

Syn. adénite sinusale cytophagique, histiocytose sinusale avec adénomégalie, syndrome de Destombes-Rosai-Dorfman, syndrome de Rosai, Dorfman et Destombes

→ adénite sinusale cytophagique, histiocytose sinusale avec adénomégalie, Destombes-Rosai-Dorfman (syndrome de), Rosai, Dorfman et Destombes (syndrome de)

Ross River (virus)

Ross River (virus)

Virus à ARN du genre Alphavirus (famille des Togaviridae), agent une polyarthrite épidémique sévère en Océanie.
L'incidence annuelle globale des infections humaines par le virus Ross River est de l'ordre de quelque 5 000 cas.
 On considère que 30% de ces infections sont cliniquement inapparentes. La maladie se présente comme un
syndrome fébrile avec céphalées, myalgies, parfois rash maculo-papuleux et surtout des polyarthralgies avec
 oedèmes inflammatoires, touchant notamment les articulations des membres. On connait aussi des formes
méningo-encéphalitiques et rénales (glomérulonéphrites). Après guérison, des séquelles  articulaires très
invalidantes peuvent persister plusieurs mois.
Le virus Ross River sévit, par épidémies, en Australie et en Tasmanie, en Nouvelle Guinée, et dans certaine
 îles du Pacifique-Sud comme la Nouvelle Calédonie, les îles Samoa et Fidji, Wallis et Futuna, etc. Il est
également impliqué dans la survenue de syndromes neurologiques chez les Chevaux en Australie. Sa transmission
 est assurée par différentes espèces de moustiques des genres Culex et Ochlerotatus, notamment
Oc. vigilax. Des marsupiaux pourraient en constituer les réservoirs naturels.

Sigle RRV

Roussy-Lévy (syndrome de) l.m.

Roussy-Lévy's syndrome

Dystasie aréflexique héréditaire de début précoce, caractérisée par des troubles de la statique et de la marche, une aréflexie ostéotendineuse généralisée, une atrophie péronière, des pieds creux et un tremblement intentionnel.
Sa situation nosologique reste discutée. Elle est considérée actuellement comme un forme de névrite hypertrophique différenciée de la maladie de Déjerine-Sottas par des troubles sensitifs et une amyotrophie peu marqués.

G. Roussy, anatomopathologiste français, membre de l'Académie de médecine et Gabrielle Lévy, neurologue française (1926)

→ Dejerine-Sottas (maladie de)

RPS19 gene sigle angl. pour ribosomal protein S19

Gène localisé en 19q13.2, qui code pour environ 80 différentes protéines des petites sous-unités des ribosomes.
Les mutations de ce gène sont à l’origine de la maladie de Blackfan-Diamond.

Syn. 40S ribosomal protein S19, DBA, RS19_HUMAN, S19

→ Blackfan-Diamond (maladie de), ribosome

Rubulavirus

Rubulavirus
Genre de virus à ARN, de la famille des Paramyxoviridae.
Il comprend le virus responsable des oreillons, les virus parainfluenza 2 et 4, à l’origine d’infections des voies respiratoires supérieures et le virus de la maladie de Newcastle, provoquant une zoonose touchant les oiseaux et transmissible à l’homme sous forme d’une conjonctivite aigüe.

→ oreillons, Newcastle (maladie de)

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