Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

544 résultats 

BSA sigle angl. pour Bovin Serum Albumin

Séralbumine d'origine bovine utilisée comme antigène expérimental et dans le test d'agglutination à l'albumine.

Édit. 2017

Buchmann-Cüppers (test de) l.m.

Buchmann-Cüppers’ test

Test de correspondance rétinienne donnant simultanément les trois angles du strabisme (angle d'anomalie, objectif et subjectif).

C. Cüppers, ophtalmologiste allemand (1956)

Syn. test de Giessen

strabisme

Édit. 2017

CADASIL acr. angl. pour Cerebral Autosomal Dominant Arteriopathy with Subcortical Infarcts and Leukoencephalopathy

Affection autosomique dominante avec pénétrance clinique quasi complète, caractérisée par la survenue, en moyenne à la quarantaine, chez un patient non hypertendu, d'accidents ischémiques sous-corticaux récidivants, d'évolution démentielle possible.
De très fréquentes crises de migraine avec aura neurologique et/ou, dans 20% des cas environ, des dépressions sévères atypiques, résistant aux chimiothérapies, alternant rarement avec des épisodes maniaques, peuvent leur être associées. Ce type de trouble de l'humeur doit faire évoquer une possible organicité surtout en cas d'antécédents personnels ou familiaux d'infarctus récidivant, voire de démence chez un proche.
Examen essentiel au diagnostic, l'IRM montre de multiples petits infarctus lacunaires sous-corticaux et une leucoencéphalopathie diffuse (leuco-araïose). Cette dernière, parfois longtemps silencieuse, peut être détectée chez des sujets asymptomatiques.
L'atteinte non athéroscléreuse, non amyloïde, des petites artères au niveau des cellules musculaires lisses de la média qui, si elle s'exprime essentiellement au niveau encéphalique, concerne tout l'organisme, peut permettre une biopsie.
En l'absence d'anomalie biochimique connue, le gène de ce modèle unique de leucoencéphalopathie artériolaire a été localisé2 sur le bras court du chromosome 19 : le gène Notch 3, récepteur hétérodimérique dont l'expression est limitée à la cellule musculaire lisse vasculaire. Un test est en cours d'élaboration, qui permettra le dépistage du CADASIL parmi les patients atteints d'accidents vasculaires cérébraux ou de manifestations psychiatriques à type prévalent d'états dépressifs et de démences vasculaires.
Aucune thérapeutique efficace n'a été retenue jusqu'à présent.

P. Sourander, anatomopathologiste suédois (1977),2 Élisabeth Tournier-Lasserre, immunologiste française (1991-1993) ; O. Binswanger, neuropsychiatre suisse (1894)

Binswanger (maladie), leuco-araïose, leucoencéphalopathie, Notch

[N1,Q2]

Candida albicans

Candida albicans
Micromycète levuriforme se présentant sous forme de cellules ovales ou arrondies.
Par rapport aux autres levures du genre Candida, il présente deux stades morphologiques spécifiques. Le premier correspond aux chlamydospores, spores volumineuses, à paroi épaisse, produites en culture sur milieu riz-agar-tween et à 24°C. Elles apparaissent à l’extrêmité de rameaux pseudomycéliens et constituent des formes de résistance. Le second stade est un mycélium vrai résultant d’une croissance apicale, qui peut être obtenu sur de nombreux milieux et qui débute en quelques heures par la formation d’un tube germinatif (test de filamentation en sérum). Dans certaines conditions de culture, apparaissent des formes de croissance allongées, fréquemment attachées par leur apex, qui constituent le pseudomycélium. L’identification biologique de Candida albicans est réalisée par des tests d’assimilation et de fermentation des sucres. Il existe deux sérotypes, A et B, respectivement proche de C. tropicalis et de C. stellatoidea. Saprophyte du tube digestif de l’Homme et des animaux, Candida albicans peut, dans certaines conditions particulières, proliférer en grand nombre et provoquer des manifestations pathologiques, cutanées ou muqueuses ou des septicémies entraînant des localisations viscérales diverses.

candidose

[D1]

candidose œsophagienne l.f.

oesophageal candidiasis

Infection opportuniste la plus fréquente chez les malades atteints du sida.
Chez les patients séropositifs il s'agit d'un critère de passage au stade sida-maladie pour des 25% des patients.
Elle est découverte à l'occasion d'une dysphagie mais peut être asymptomatique.
Le diagnostic est évoqué sur l'aspect endoscopique et confirmé par la mise en évidence de levure ou de filaments mycéliens sur les frottis réalisés à partir de biopsies endoscopiques, qui constituent le test le plus sensible. Les cultures des prélèvements sur milieux spécialisés (Sabouraud), permet de typer l'espèce de candida et d'établir un antifongigramme. Il s'agit pratiquement toujours de Candida albicans, plus rarement de Candida krusei, glabrata, tropicalis et parapsilosis. Le traitement antifongique basé sur l'administration de kétokénazole ou de fluconazole est d'efficacité rapide en 3 à 5 jours. Les candidoses œsophagiennes peuvent se rencontrer dans d'autres circonstances : antibiothérapie, obstruction œsophagienne.

Étym. lat. candica : blanc

Syn. moniliase, monilia candidiasis

[D1,L1]

carte d'acuité l.f.

acuity card

Carte portant sur une de ses moitiés un motif calibré en fréquence spatiale, de même luminance que le fond, destiné à mesurer la résolution spatiale de sujets préverbaux, particulièrement les enfants.
Une série de cartes est présentée, dont la fréquence spatiale augmente jusqu'à ce que le seuil de discrimination soit atteint. La passation du test utilise la technique du regard préférentiel, c'est-à-dire détermine de quel côté la carte est regardée le plus rapidement ou le plus longtemps.

regard préférentiel, bébé-vision

[P2,O1]

CATT n.m.

CATT test

Test sérologique d’agglutination sur carte autrefois utilisé pour le diagnostic de la trypanosomose humaine à Trypanosoma brucei gambiense.

[D1]

Chi carré l.m.

Chi square

Test statistique paramétrique pour estimer les liens entre des variables qualitatives sur des échantillons indépendants.
P. ex. pour comparer les résultats de l’angioscanner hélicoïdal et de la résonance magnétique nucléaire dans le diagnostic d’adénome hépatique.

Symb. χ²

[E1]

chorée de Huntington l.f.

Huntington's disease

Affection neurodégénérative, rare, héréditaire de transmission autosomique dominante à pénétrance complète, caractérisée cliniquement par l'association de mouvements choréiques, d'une démence progressive, des troubles de la personnalité (impulsivité, agressivité) et de l'humeur (dépression).
Le début de la maladie a lieu entre dix et soixante ans, par des mouvements choréiques débutant à la face, prédominant aux mains, imprévisibles, irréguliers, avec maladresse, nervosité, perte d’équilibre, faiblesse musculaire, akinésie et évolution hypertonique.
Il existe des troubles mentaux, et ultérieurement une démence progressive de type sous-cortico-frontal, de niveau psychotique.
A l’examen ophtalmologique s’observent une anisocorie avec mydriase et hippus, une rétraction des paupières avec apraxie d’ouverture et fermeture spasmodique, une anomalie des saccades avec ralentissement des vitesses.
L’évolution se fait vers la mort en 10 à 25 ans, dans la cachexie et le marasme intellectuel.
Des résultats cliniques positifs, appuyés sur la tomographie par émission de positons, ont été obtenus grâce à une greffe intracérébrale de neurones fœtaux chez un petit groupe de patients.
Les plus fréquentes et les plus communes modifications neuropathologiques consistent en une atrophie et une perte neuronale affectant d'abord les structures sous-corticales du striatum (noyau caudé et putamen) et probablement, plus tard, du locus niger. À un stade ultérieur, il est communément admis que les lésions dégénératives peuvent concerner le cortex (frontal et temporal surtout), le cervelet et le thalamus.
Cette maladie semble liée à une mutation siégeant sur le bras court du chromosome 4 en 4p16.3, consistant en une amplification du trinucléotide CAG (cytosine, adénine, guanine) au-delà de 37 répétitions. Le gène responsable, dénommé IT 15, code pour une protéine appelée huntingtine. Sa recherche par une technique d'amplification génique constitue un test diagnostique de la présence de l'anomalie génétique, mais pas obligatoirement de la maladie. L'affection est autosomique dominante à pénétrance complète (MIM 143100). Le conseil génétique est difficile.

G. Huntington, médecin américain (1872)

Étym. gr. khordê : corde

Syn. Cordome, chorée chronique progressive héréditaire

démence sous-corticale, conseil génétique en neurologie,

[H1 ]

chrome 51

chromium 51, 51 Cr

Isotope artificiel du chrome, traceur utilisé pour le marquage des populations de cellules circulantes, particulièrement des hématies.
Il permet la mesure de la durée de vie des hématies (autologues) et ainsi d’apprécier leurs sites de destruction (rate, foie, tumeurs, etc.). Ce test s’applique à la mesure de la durée de vie des hématies, des plaquettes, des granulocytes et à la cinétique des lymphocytes marqués in vitro.
Chez le sujet normal, la demi-vie est de 28 jours en moyenne. Nettement raccourcie en cas d'hémolyse importante, on peut par comptage externe déterminer un ou plusieurs sites préférentiels de séquestration.

test au chrome radioactif

[B1,F1]

coagulopathie de dilution l.f.

dilution coagulopathy

État d'hypocoagulabilité causé par la dilution des facteurs de coagulation après l'administration de perfusions abondantes de substituts du plasma ou de transfusions massives de sang conservé, pauvre en facteurs de coagulation et en plaquettes.
Le taux des facteurs de coagulation est effondré, celui du fibrinogène très diminué mais le nombre de plaquettes n'est que modérément abaissé. Il n'y a pas de complexes de monomères solubles de fibrine (CMSF - test à l'éthanol négatif), pas de produits de dégradation de la fibrine (PDF).

coagulation (facteurs de)

[G4]

Cochran (test de) l.m.

Cochran Q test

Test statistique qui estime les liens entre des variables qualitatives sur plus de deux échantillons appariés.

W. G. Cochran, statisticien américain (1950)

échantillon apparié

[E1]

Édit. 2020

collagène injectable l.m.

Produit utilisé dans la technique de comblement servant à la correction temporaire des rides profondes du visage (sillon nasogénien, rides péribuccales, intersourcillères et de la patte d’oie) ou pour gonfler les lèvres.
Présenté en ampoules à usage unique, à concentrations différentes selon les rides à traiter et destiné à être injecté sous l’épiderme, seul le collagène américain, d’origine bovine et extrait du derme, est actuellement disponible sur le marché français. Jusqu’à ce que soit discutée l’éventuelle responsabilité du collagène bovin dans la transmission de l’encéphalite spongiforme, la principale complication connue de cette intervention cosmétologique était le possible déclenchement de réactions allergiques, d’où l’obligation de réaliser un double test préalable dont la positivité contrindiquait l’injection. Quelques effets indésirables transitoires peuvent néanmoins survenir, tels que érythème ou réaction granulomateuse. Le comblement obtenu persiste de 3 à 9 mois.

hyaluronique (acide)

[G5]

concentration minimale inhibitrice (CMI) l.f.

minimal inhibitory concentration

Plus petite concentration d’antibiotique qui inhibe toute culture macroscopiquement visible d’une souche bactérienne, après incubation de 18 heures à 37°C (la CMI se réfère à l’effet bactériostatique d’un antibiotique).
Plusieurs méthodes permettent de déterminer la CMI : méthode de dilution en milieu liquide, méthode de diffusion ou des disques en milieu solide, E-test, méthodes automatisées.
La mesure in vitro de la concentration minimale inhibitrice d'un antibiotique vis-à-vis d'une souche bactérienne permet de définir si cette souche est sensible ou résistante à cet antibiotique.

[G3]

contrôle croisé et transplantation l.m.

cross match and transplantation

Test pratiqué avant toute transplantation d'organes afin de détecter une pré-immunisation du receveur avec présence d'anticorps cytotoxiques préformés réagissant contre les antigènes du donneur.
Il consiste en la mise en contact, dans des conditions particulières, du sérum du receveur avec les lymphocytes du donneur. Une réponse positive fait craindre un rejet suraigu et interdit la transplantation.

Syn. cross match et transplantation

rejet de greffe, transplantation d'organes

[F3]

Corner et Allen (test de) l.m.

Corner and Allen’s test

Test sur l'animal destiné à démontrer l'activité progestative d'une substance par étude de la muqueuse utérine.
Une lapine préalablement castrée est soumise aux œstrogènes. Le produit à tester est injecté. La transformation en dentelle de la muqueuse utérine affirme les propriétés progestatives de ce produit.

G. W. Corner anatomiste et W. M. Allen, gynécologue américains (1929)

[C2,O3]

couleur des yeux (bruns/bleus et verts/bleus) l.f.

eye colour brown/blue and green/blue

Couleur brune, verte, bleue ou panachée de l'iris.
La couleur des yeux n'est pas un test de paternité et dépend d'un contrôle génétique complexe. On pensait au départ que des parents aux yeux bleus ne pouvaient pas avoir d'enfants aux yeux marron et on en concluait que le caractère bleu était récessif. En fait il doit y avoir deux locus principaux avec vert/bleu où le bleu est récessif et brun/bleu où le bleu est aussi récessif, et d'autres gènes qui interviennent et empêchent parfois l'expression de la couleur brune (MIM 227220 et 227240). Les yeux bleus avec des taches couleur marron changent de couleur avec certains collyres, il y a donc également des facteurs médicamenteux qui permettent d'exprimer plus ou moins nettement une couleur. Locus du gène (GEY) en 19p13.1-q13.11.

[P2,Q1]

criblage à haut débit l.m.

high-throughput screening

Le criblage à haut débit désigne dans le domaine de la pharmacologie, de la biochimie, de la génomique et de la protéomique, les techniques visant à étudier et à identifier dans les chimiothèques et ciblothèques, des molécules aux propriétés nouvelles, biologiquement actives.
L’expression « haut débit » évoque ici l’utilisation de la robotique, de l’informatique et de la bio-informatique pour accélérer la phase de test des molécules, protéines, catalyseurs, etc. en vue de processus de production de matériaux, médicaments, etc. Le criblage à haut débit s’appuie sur la bio-informatique, la génomique, la protéomique, la robotique, et parfois les nanotechnologies, etc.

Sigle HTS

toxicogénomique, pharmacologie, protéomique, génomique, chimiothèque, ciclothèque

Édit. 2015

Cüppers (syndrome de blocage de) l.m.

nystagmus blockage syndrome

Ésotropie congénitale ou précoce dans laquelle les deux yeux sont en forte adduction avec limitation bilatérale de l’abduction, pouvant aller jusqu’à une pseudo-paralysie des deux muscles droits externes; nystagmus manifeste quand les deux yeux se portent en abduction.
Plus rarement l’atteinte peut être unilatérale. Dans les formes atténuées, le signe du stop de Corcelle et le test du prisme base externe de Cüppers aident au diagnostic.

F. Adelstein et C. Cüppers, ophtalmologues allemands (1966); L. Corcelle, ophtalmologiste français (1962)

[P2]

Cüppers (test au synoptophore de) l.m.

Test de correspondance rétinienne effectué au synoptophore par superposition dans l'appareil d'un objet réel perçu par un œil et de houppes de Haidinger perçues par l'autre œil.

C. Cüppers, ophtalmologue allemand (1910-1995) ; W. von Haidinger, minéralogiste et physicien autrichien (1844)

[P2]

Cüppers (test maculomaculaire de) l.m.

Cüppers' maculo-macular test

Test de correspondance rétinienne effectué par visuscopie : on fait fixer la lumière de fixation (point central de la croix de Maddox) par l'œil directeur en s'aidant au besoin d'un miroir plan ou d'un prisme pour faciliter la fixation ; on promène l'étoile du visuscope sur le fond d'œil de l'œil amblyope jusqu'à ce que le sujet dise que l'étoile du visuscope se superpose au point central de la croix de Maddox.
La correspondance est anormale quand il n'y a pas superposition.

E. Maddox, ophtalmologiste anglais (1860-1933) ; C. Cüppers, ophtalmologue allemand (1910-1995)

[P2]

cyanure (test au)

cyanide test and cystinuria

Test particulièrement fiable utilisé pour détecter une cystinurie.
L'adjonction à l'urine de cyanure de sodium et de nitroprussiate de sodium induit une couleur pourpre des urines si celles-ci contiennent plus de 75 mg/L de cystine.

[C1,R1]

DAO sigle f. pour Di-Amine Oxydase

DAO

Enzyme synthétisé par le placenta qui se trouve à partir de la 20ème semaine d'aménorrhée dans le plasma maternel et dans le liquide amniotique.
Le test à la DAO est destiné au diagnostic de la rupture prématurée des membranes. Le prélèvement est effectué dans la cavité vaginale. L'activité enzymatique est évaluée par dosage radio-isotopique en mettant la DAO en contact avec une diamine, la putrescine, marquée au carbone 14.

déficit en 21-hydroxylase l.m.

21-hydroxylase deficiency

Hyperplasie congénitale des surrénales, à révélation néonatale ou tardive, en relation avec un bloc enzymatique de la 21-hydroxylase, à transmission autosomique récessive, liée à des mutations du gène CYP21A2 (locus en 6p21.1).
Le déficit ou bloc de la 21-hydroxylase constitue le type le plus fréquent (95% des cas) des hyperplasies congénitales des surrénales. Il altère la synthèse des glucocorticoïdes et détermine un excès de production des androgènes (syndrome de Wilkins) ; si le bloc altère aussi la synthèse des minéralocorticoïdes s’observe de plus un hypoaldostéronisme avec perte de sel (syndrome de Debré-Fibiger).
Dans la forme classique, la plus sévère et à révélation précoce, l’hyperandrogénie détermine un pseudohermaphrodisme féminin avec ambiguïté sexuelle : la virilisation des organes génitaux externes des filles atteintes est nettement visible dès la naissance, et dans les formes de virilisation complète, peut rendre difficile l’identification du sexe ; une macrogénitosomie est possible mais rarement reconnue chez le petit garçon. La forme virilisant pure expose à un risque de décompensation surrénale aiguë dans les situations de stess. La forme avec hypoaldostéronisme et syndrome de perte de sel présente un risque d’insuffisance surrénale aigüe dès les premières semaines, et l’état de déshydratation majeure peut conduire au décès en l’absence de prise en charge thérapeutique rapide et intensive. L’hypertrophie des glandes surrénales est décelable par l’imagerie médicale. La teneur en 17-hydroxyprogestérone, précurseur hormonal en amont de la 21-hydroxylase déficiente est élevée, et son dosage constitue le marqueur biologique de l’affection. En cours de croissance, l’apparition de la pilosité et le développement pubertaire sont précoces, la maturation osseuse est rapide avec une fermeture prématurée des cartilages de croissance ; la taille définitive est petite, la fertilité diminuée. La fréquence de la maladie (1/ 4 000 naissances) et sa sévérité ont justifié la mise en place de son dépistage néonatal par la mesure de la 17-hydroxyprogestérone.
Dans la forme non classique, à déficit hormonal moindre, le diagnostic est retardé, soupçonné devant l’hirsutisme et les troubles pubertaires. Il est confirmé par le dosage de la 17-hydroxypogestérone en base et lors du test de stimulation par la 1-24 corticotrophine qui démasque le bloc enzymatique.
Les patients doivent bénéficier du traitement par les dérivés des corticoïdes qui permettent de réduire les signes d’hyperandrogénie, et le risque de défaillance surrénale aiguë. La gestion des grossesses est à envisager préventivement dans le cadre de consultations hautement spécialisées.

hyperplasie congénitale des surrénales, Wilkins (syndrome de), Debré-Fibiger (syndrome de), CYP21A2

[O4]

dépression masquée l.f.

masked depression

Forme clinique de maladie dépressive se manifestant par des plaintes et des symptômes somatiques ou des aspects psychocomportementaux autres que manifestement dépressifs.
Le diagnostic est possible à condition de savoir identifier les éléments dépressifs sous-jacents aux symptômes les plus évidents. Ceux-ci concernent tous les appareils : cardiovasculaire, respiratoire, génito-urinaire, etc. Les manifestations psychocomportementales les plus fréquentes sont des obsessions, des phobies, des impulsions, des conduites addictives. Chez l'enfant et l'adolescent, il peut s'agir de fugues, troubles des conduites sociales, des comportements alimentaires. Le traitement antidépresseur est le test qui permet de confirmer le diagnostic en cas de succès.
D'autres concepts sont proches : dépression latente, dépression sans dépression, dépression occulte. Au sens strict, équivalent dépressif désigne le cas de troubles en apparence non dépressifs, allergie isolée rebelle aux antalgiques, anxiété, phobie isolées, en fait symptomatiques d'une dépression alors qu'un vécu dépressif sous-jacent ne peut être mis en évidence.

| page précédente | /22 | page suivante