Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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délivrance dirigée l.f.

active management of the third stage

Direction pharmacologique de la phase de délivrance par injection prophylactique d'ocytociques, soit de manière systématique, soit en fonction de facteurs de risques hémorragiques : utérus surdistendu, grande multiparité, antécédent d'hémorragie de la délivrance, troubles de la coagulation sanguine, césarienne.
La méthode de choix est l'injection intraveineuse d'une ampoule de 5 UI d'ocytocine au moment du dégagement de l'épaule antérieure en cas de présentation céphalique, ou immédiatement après l'expulsion de la tête en cas de présentation du siège. La délivrance dirigée accélère la délivrance, prévient les anomalies du décollement placentaire et diminue la perte sanguine. Elle présente un risque d'enchatonnement ou d'incarcération du placenta.

Delmas (technique de) l.f.

Delmas’ method

Méthode abandonnée d'accouchement provoqué par dilatation du col utérin sous rachi-anesthésie, suivie de l'extraction fœtale par version podalique ou application de forceps.

P. Delmas obstétricien français (1880-1962)

Dumoulin (classification de) l.f.

Dumoulin’s classification Méthode d'appréciation urodynamique de la gravité d'une instabilité urétrale.
La classification est la suivante :
- type 1 : variation de pression urétrale lente, supérieure à 20 cm d'eau, mais modérée,
- type 2 : variations successives et brutales de la pression urétrale qui atteignent 200 cm d'eau, sans instabilité vésicale (type 2a) ou avec instabilité vésicale (type 2b),
- type 3 : chute brutale de la pression urétrale supérieure à 20 cm d'eau sans contraction vésicale,
- type 4 : chute temporaire de la pression urétrale succédant à l'effort. Elle intéresse le col vésical ou l'urètre.

Chantal Dumoulin, physiothérapeute canadienne (2005)

déplacement anti-Stokes l.m.

anti-Stokes shift

Lors de l’excitation d’un corps fluorescent, déplacement du photon d’émission vers une longueur d’onde plus courte et donc plus énergétique que la longueur d’onde du photon d’excitation (incident).
Ce déplacement est contraire à la loi de Stokes d’après laquelle l’énergie d’un photon est inversement proportionnelle à sa longueur d’onde (λ) et, par conséquent, le rayonnement d’émission secondaire qui est moins énergétique, doit avoir une λ plus longue que le rayon d’excitation. Un effet inverse, paradoxal, est obtenu en microscopie biphotonique (ou multiphotonique) en laser pulsé où le rayonnement incident d’excitation est fait de deux photons (ou plus) émis successivement dans un temps très court (10-15s). Comme la réaction électronique du récepteur (le fluorochrome en cas d’étude en fluorescence) nécessite un temps plus long (10-9s), il ne perçoit qu’un seul impact et l’émission secondaire ne se fait qu’avec un seul photon. L’énergie de deux photons incidents récupérée par un seul photon d’émission secondaire étant plus grande, sa longueur d’onde sera plus courte. Le principal avantage de cette méthode est d’utiliser un rayonnement incident de faible énergie pour ne pas léser les tissus ou organes examinés.

G. G. Stokes, Sir, mathématicien britannique (1819-1903)

Stokes (loi de) ,microscopie biphotonique, fluorescence, fluorochrome

dérivation biliaire l.f.

bile diversion

Méthode chirurgicale visant à assurer l'écoulement de la bile en dehors des voies naturelles, soit vers l'extérieur, soit vers un autre viscère digestif.
Elle est réalisée chez les malades ayant un obstacle sur les voies biliaires.
Les drainages biliaires externes sont réalisés soit au cours d'une intervention chirurgicale, le plus souvent par un drain en T, soit par voie percutanée transhépatique après repérage des voies biliaires dilatées par échographie, soit par cathétérisme endoscopique de la papille et extériorisation du drain par le nez. En fonction du site de l'anastomose sur la voie biliaire, la dérivation interne est une anastomose cholédocodigestive ou hépaticodigestive, bilioduodénale ou biliojéjunale. Lorsque l'obstacle biliaire est localisé à la partie supérieure du pédicule hépatique, la dérivation biliaire peut être réalisée sur le confluent biliaire supérieur, le canal hépatique gauche ou le canal du segment III dans son trajet intrahépatique superficiel. Ces interventions sont réalisées le plus souvent pour traiter l'ictère et le prurit de malades ayant un rétrécissement biliaire par cancer inextirpable du pancréas ou de la voie biliaire. Plus rarement, une dérivation biliaire peut être faite chez un malade ayant un rétrécissement biliaire au cours d'une maladie bénigne : pancréatite chronique, sténose postopératoire de la voie biliaire principale.

M. Kasai, chirurgien japonais (1951)

Syn. dérivation biliodigestive

Kasaï (opération de)

dermogramme n.m.

dermogramme

Méthode d'examen cytologique, par apposition sur lame de la tranche de section d'une biopsie cutanée, pour l'étude des infiltrats dermiques tumoraux des hématodermies.
Actuellement peu utilisée.

R. Degos, membre de l'Académie de médecine et B. Ossipovski, dermatologues français (1957)

désinsectisation n.f.

disinsectization

Elimination des insectes nuisibles pour l'Homme, les animaux ou les végétaux.
En médecine humaine et vétérinaire, on cherche à éliminer (ou à en réduire les populations) les insectes qui sont directement à l'origine de processus pathologiques ou qui disséminent ou transmettent des agents infectieux. Dans ce dernier cas, la lutte antivectorielle constitue souvent une méthode essentielle de prévention des maladies transmises par des insectes vecteurs. Les techniques utilisées dans ce but sont très variées (lutte mécanique, écologique, chimique, génétique, biologique, ...). La désinsectisation a pour objectif, selon les cas, de détruire les insectes endo- ou ectoparasites, les insectes présents dans certains écosystèmes naturels (mares et rivières par exemple) ou d'origine anthropique (maisons, étables et bergeries, bateaux et avions, collections d'eau artificielles, etc.). Ces techniques ne peuvent être mises en œuvre selon des protocoles rigoureux que par des entomologistes expérimentés.
Dans le domaine phytosanitaire, il s'agit de lutter contre les insectes ravageurs de cultures ou vecteurs d'agents pathogènes.

lutte antivectorielle, vecteur, ectoparasite, insecticide

déviométrie l.f.

deviometry

Méthode qui permet une étude chiffrée, très précise, des variations de l’angle du strabisme, selon la direction du regard.
On utilise un déviomètre et deux règles de prismes.
Toute la valeur des prismes doit être mise devant l’œil non fixateur dont on examine le mouvement lors de l’occlusion unilatérale intermittente. Cet examen est très important pour le calcul du protocole opératoire, en particulier dans les syndromes alphabétiques.

J. Lavat, ophtalmologiste français (1918-1973)

dextrine n.f.

dextrin

Polyoside ou oligoside résultant de l'hydrolyse partielle de l'amidon ou du glycogène.
La structure et la taille des dextrines dépendent de la méthode de préparation.
On distingue trois types de dextrines :
1) les dextrines linéaires à chaine courte, de six à huit glucosyles, résultant de l'action d'endo-amylases, comme celle de la salive, du suc pancréatique ou de champignons ;
2) les dextrines "limite", à chaines plus longues, de dix à douze glucosyles, dues à l'action d'exoamylases végétales, qui s’arrêtent avant les points de branchement en 1-6' ;
3) les dextrines cycliques de Schardinger, formées de six à huit unités glucosyle, résultant de l'action d'un type spécial d'amylase de certains bacilles, comme Bacillus macerans.
Les dextrines du commerce sont des mélanges de dextrines obtenues par hydrolyse acide de fécule de pomme de terre, dont le degré d'hydrolyse est variable depuis de grosses molécules encore colorables par l'iode, dites amylodextrines ou érythrodextrines, jusqu'aux oligosides non colorables, dits achrosodextrines.

F. Schardinger, biochimiste autrichien (1903)

dialyse n.f.

dialysis

Technique permettant des échanges entre deux liquides de composition différente séparés par une membrane semi-perméable, p. ex. échange entre le sang et un liquide dit de "dialyse".
Les petites molécules diffusent à travers la membrane allant du compartiment où la solution est la plus concentrée vers celui où elle est plus diluée (loi de Fick). En raison de leur taille, les grosses molécules telles que les protéines ne franchissent pas la membrane. L'eau se déplace suivant le gradient osmotique transmembranaire.
Les techniques de dialyse sont utilisées comme méthode "d'épuration" dans le traitement de l'insuffisance rénale aigüe et chronique. Elles permettent la soustraction d'éventuelles substances toxiques et la correction de désordres hydro-électrolytiques (p.ex. l'hyperkaliémie). Elles font appel le plus souvent à des membranes artificielles - c'est la technique de l'hémodialyse - mais aussi à des membranes naturelles comme le péritoine et l'intestin.

A. Fick, physicien et physiologiste allemand (1829-1901)

Étym. gr.dia : à travers ; luô : je délie, je laisse passer

diffusion, Fick (loi de), pression osmotique, hémodialyse, épuration extrarénale, membrane de dialyse

dialyse intestinale l.f.

intestinal dialysis

Méthode d'épuration extrarénale qui utilise la muqueuse intestinale comme membrane de dialyse.
Elle repose sur l'irrigation continue de l'intestin par un liquide introduit grâce à une sonde jéjunale et évacué par une sonde rectale. Cette technique utilisée dans le traitement de l'insuffisance rénale aigüe a été abandonnée au profit de l'hémodialyse et de la dialyse péritonéale.

Étym. gr. dia : à travers ; luô : je délie, je laisse passer

dialyse péritonéale l.f.

peritoneal dialysis

Méthode d'épuration extrarénale utilisée dans le traitement de l'insuffisance rénale aigüe et surtout chronique, reposant sur le principe d'un échange entre le sang des capillaires mésentériques et un liquide de dialyse introduit dans la cavité péritonéale pendant quelques heures puis évacué.
La dialyse péritonéale peut être intermittente suivant des rythmes variables (p.ex. trois nuits par semaine). Elle est le plus souvent continue (dialyse péritonéale chronique ambulatoire ou DPCA) grâce à l’introduction dans la cavité péritonéale d’un liquide de dialyse contenu dans des sacs en plastique mis en élévation. Ces sacs mis en déclive recueillent le liquide de dialyse en fin de séance; 4 à 5 cycles par 24 heures sont nécessaires. En France, environ 6% des patients atteints d’insuffisance rénale chronique terminale sont traités par DPCA ; les autres bénéficient soit de l’hémodialyse, soit de la transplantation rénale.
La surface relativement limitée du péritoine rend ce procédé moins efficace que l’hémodialyse mais il est plus simple à mettre en œuvre. Il peut être suffisant chez certains malades et convenir à leur mode de vie. Il peut aussi être utilisé pour pallier des difficultés d’hémodialyse. Il n’est évidemment pas envisageable en cas de péritonite, danger majeur de cette technique qui exige des précautions d’asepsie méticuleuses..

Étym. gr. dia : à travers ; luô : je délie, je laisse passer

dialyse

diamine-oxydase n.f.

diamine oxidase.
1) Substance biosynthétisée par le placenta dès la 20e semaine de grossesse et qui, recherchée par méthode radio-isotopique sur papier Whatman, est utilisée pour faire le diagnostic d'écoulement de liquide amniotique lors de la rupture prématurée des membranes. Sigle DAO
2) Enzyme catalysant l'oxydation d'une fonction amine d'une diamine.
Cet enzyme présent dans de nombreux tissus agit sur les diamines telles que la spermine, la spermidine, l’agmatine, l'histamine. Il transfère deux atomes d'hydrogène arrachés en ab de l'azote aminé sur une molécule de FAD, puis sur le dioxygène pour former de l'eau oxygénée, et le composé obtenu perd une molécule d'ammoniac par l'action d'une molécule d'eau en formant un aldéhyde.

J. Whatman, fabricant britannique de matériel de laboratoire (1702-1759)

Syn. diamine-oxhydrase, histaminase

diaphanoscopie n.f.

diaphanoscopy

Méthode d’exploration des sinus de la face par éclairement de la cavité buccale.

diazoréaction n.f.

diazoreaction

Méthode décrite par Ehrlich en 1883 sur laquelle est basée le dosage de la bilirubine.
Dans la diazoréaction, l’acide sulfanylique diazoté clive la molécule de bilirubine pour produire de l’azobilirubine colorée, mesurable par spectrophotométrie.

P. Ehrlich, médecin et sérologiste allemand (1854-1915), prix Nobel de médecine (1908), A. A. Hijmans van den Bergh, médecin interniste néerlandais (1869-1943)

Hijmans van den Bergh (réaction d')

Dieck (méthode de) l.f.

retro-alveolar X-ray method

Méthode de réalisation classique d'un cliché radiographique dentaire par film intrabuccal, préconisée dès 1911, et utilisant la règle d'isométrie.

W. Dieck, stomatologue allemand (1911)

dilatation prostatique au ballon l.f.

prostatic balloon dilation (PBD)

Traitement mécanique de l'obstruction cervico-uréthrale de l'adénome prostatique par dilatation, obtenue grâce à un ballonnet introduit par voie endo-uréthrale et gonflé à haute pression.
La dilatation rompt la commissure antérieure de l'adénome et peut-être les fibres conjonctives intraparenchymateuses de façon analogue à l'ancienne divulsion prostatique. Les résultats de cette méthode se sont avérés décevants.

dilution limite l.f.

limiting dilution.
Méthode de culture cellulaire destinée à déterminer la fréquence des lymphocytes spécifiques d'antigène par distribution d'un nombre connu de cellules dans chaque puits de culture, observation de la réaction (+ ou -) et application de la loi de Poisson.

S. D. Poisson, mathématicien français (1837)

Poisson (loi de)

diméthyl-IDA n.m.

acid diméthyl-iminodiacétique

Analogue fonctionnel de la bilirubine, dérivée de l'acide iminodiacétique (IDA), marquée au technétium puis injectée par voie intraveineuse et utilisée en scintigraphie biliaire.
Cette molécule est captée par les hépatocytes puis éliminée dans la bile. L'étude du traceur porte sur la courbe de captation hépatique (témoin de la fonction hépatocellulaire) et sur la courbe d'élimination biliaire (témoin de la cinétique biliaire). Elle est une méthode d'imagerie plus souvent utilisée en Amérique du Nord qu'en Europe. Sa principale indication est le diagnostic de cholécystite aigüe. Elle est également employée pour apprécier la cinétique biliaire sous cholécystokinine et pour détecter les fuites biliaires.

dissociation n.f.

dissociation

1) En cardiologie : dissociation entre l’activité des oreillettes et celle des ventricules provoquée par des altérations organiques ou fonctionnelles du tissu nodal qui entraînent un ralentissement ou une interruption de la transmission de l’excitation.
On en distingue trois degrés de gravité croissante.
2) En microbiologie : modification phénotypique d'une souche bactérienne donnée.
3) En ophtalmologie : interruption des mécanismes sensorimoteurs qui contrôlent l'alignement des yeux.
Cette dissociation qui peut être spontanée, est en général provoquée par une méthode orthoptique.

Étym. lat. dissociatio : séparation

dissociation complète, dissociation incomplète

dissociation de l'oxyhémoglobine (courbe de) l.f.

dissociation of the oxyhemoglobin (curve of)

Méthode de mesure à l'équilibre de l'affinité pour l'oxygène de l'hémoglobine.
On fait varier la pression partielle en oxygène (mesurée par une électrode de Clarke) et on enregistre simultanément le pourcentage d'oxyhémoglobine (mesuré par spectrophotométrie) présent dans l'échantillon.

Étym. lat. dissociatio : séparation

doppler continu l.m.

continuous Doppler

Méthode d'utilisation de l'effet Doppler fondée sur l'émission continue d'un faisceau d'ultrasons.
La céramique émettrice est distincte de la céramique réceptrice. Le glissement en fréquence du faisceau émetteur est proportionnel à la vitesse de la cible mobile. Les informations obtenues sur le trajet des ultrasons peuvent se superposer et gêner l'analyse.

doppler fœtal cérébral l.m.

fetal cerebral doppler

Méthode de dépistage de la souffrance fœtale cérébrale avant ou pendant le travail par mesure de la vélocité sanguine dans les vaisseaux de la base du cerveau.
La mesure est faite par Doppler pulsé pendant la grossesse, par Doppler continu pendant le travail, le cristal étant appliqué sur le lambda. Le rapport de la vélocité maximale télédiastolique D dans l'artère cérébrale moyenne sur la vélocité maximale systolique S définit un index cérébral moyen D/S qui augmente d’abord en cas de souffrance fœtale, puis s’effondre en phase ultime pré-agonique.

Dormia (sonde de) l.f.

wire basket extractor

Sonde urétérale conçue par Dormia comportant un dispositif en cage ou panier rétractile permettant l'ablation des calculs.
Malgré le contrôle radiographique et endoscopique, cette méthode comportait de nombreux risques d'accidents : incarcération, retournement de l'uretère, etc. Les sondes à panier actuelles modifiées et miniaturisées, sont utilisées au sein des techniques d'urétéroscopie.

E. Dormia, chirurgien urologue italien (1928-2009)

sonde à panier

dosage hormonal l.m.

hormonal titration

Méthode d'appréciation des sécrétions hormonales d'une femme, soit par dosage dans les urines émises pendant 24 heures des catabolites des hormones, soit, actuellement, par dosage plasmatique radio-immunologique de l'hormone circulante elle-même.
Deux types de dosages plasmatiques hormonaux existent :
- les dosages plasmatiques statiques, qui explorent le taux circulant d'une hormone, par exemple les hormones stéroïdiennes, la testostérone, les œstrogènes, la progestérone ;
- les dosages dynamiques, qui étudient la fonction de secrétion hormonale d'une ou plusieurs glandes endocrines. P. ex. pour l'axe hypothalamo-hypophyso-gonadique : test de freinage à la bromocriptine, test au citrate de clomifène, épreuve de freinage par la dexaméthasone, test à la LH-RH, test à la progestérone, test à la thyrolibérine

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