néphrite tubulo-interstitielle et uvéite l.f.
tubulo-interstitial-nephritis and uveitis syndrome
Syndrome rare, inflammatoire, associant une néphrite interstitielle aigüe et une uvéite aigüe ou subaigüe (le plus souvent antérieure), pouvant survenir une fois l'insuffisance rénale guérie.
Le diagnostic différentiel se fait avec une néphrite concomitante d'une affection systémique (sarcoïdose et néphrite à IgA), le diagnostic étant affirmé par une ponction rénale. L'étiopathogénie est mystérieuse. Le pronostic est favorable mais nécessite une surveillance prolongée.
synovite granulomateuse avec uvéite et neuropathies crâniennes l.f.
granulomatous synovitis with uveitis and cranial neuropathies
Association arthrite granulomateuse, iritis et rash cutané.
La maladie débute dès les premières années de la vie par une éruption sous forme de rash temporaire, puis s'installent les ténosynovites des poignets, genoux et chevilles, les déformations des doigts en camptodactylie et enfin, de façon inconstante, l'uvéite granulomateuse et l'atteinte oculaire globale. La paralysie des nerfs crâniens (II et VI) a régressé sous corticoïdes. La gravité de l'affection vient des complications oculaires (cataracte, glaucome et œdème maculaire cystoïde) qui mènent sans traitement à la cécité. L’affection est autosomique dominante (MIM 186580).
D. A. Jabs, ophtalmologue américain (1985) ; E. B. Blau, pédiatre américain (1985) ; I. Zayid, anatomopathologiste jordanien (1973)
Syn. Jabs (syndrome de), Blau (syndrome de)
→ dermoarthrite histiocytaire de Zayid.
uvéite n.f.
uveitis
Inflammation du tractus uvéal (iris, corps ciliaire et choroïde).
L'inflammation de la rétine (rétinite) est habituellement incluse dans la catégorie des uvéites (uvéorétinite).
L'uvéite peut être dénommée en fonction de sa position anatomique antérieure (iritis et iridocyclite), intermédiaire (cyclite, uvéite périphérique, pars planite), ou postérieure (choroïdite, choriorétinite, papillite).
Une vasculite rétinienne peut être associée à l'uvéite. Certaines uvéites sont associées à des maladies systémiques, tandis que d'autres représentent des syndromes strictement oculaires.
Dans les uvéites exogènes, l'agent causal est introduit directement dans l'œil par voie cornéenne (herpès, trauma) ou sclérale (scléro-uvéite, uvéite traumatique). Dans les uvéites endogènes, l'inflammation locale peut être liée à une pathologie proprement intraoculaire (cataracte hyperimmune, nécrose d'une tumeur), à l'atteinte du tractus uvéal au cours d'une inflammation générale, à un conflit immunitaire proprement local intraoculaire intéressant un œil déjà sensibilisé par l'antigène causal.
→ uvée, rétinite, iritis, iridocyclite, cyclite, herpès, uvéite à hypopion, uvéite antérieure, uvéite auto-immune, uvéite basale, uvéite hétéro-immune, uvéite intermédiaire, uvéite phacoantigénique, uvéite postérieure, uvéite purulente, uvéite sympathique, uvéoméningite, uvéonévraxite, uvéoparotidite, uvéopathie diabétique
uvéite à hypopyon l.f.
(l’orthographe « hypopyon » doit être préférée à hypopion)
uvéite antérieure l.f.
anterior uveitis
Inflammation aigüe ou chronique de l'iris ou iritis, du corps ciliaire ou cyclite, et des deux ou iridocyclite.
L'examen montre une injection périkératique, des modifications de l'iris : iris terne, décoloré, nodules iriens laissant place à des zones d'atrophie, myosis, des modifications de la chambre antérieure (tyndall, hypopyon), des sénéchies postérieures iridocristalliniennes, des précipités rétro-cornéens dont l'aspect et l'importance sont fonction de l'étiologie et du stade évolutif, une hypo ou hypertonie oculaire.
→ uvéite
uvéite basale l.f.
uvéite intermédiaire l.f.
intermediate uveitis
Inflammation de l'uvée, siégeant électivement au niveau de la base d'implantation périphérique du vitré.
On distingue des uvéorétinites basales (pars planitis, cyclites postérieures) et les choriorétinites périphériques. L'examen met en évidence une hyalite, signe essentiel, avec présence au verre à trois miroirs d'exsudats se présentant soit sous forme d'œufs de fourmis, soit sous celle de placards plus étendus. Une vascularite rétinienne est en règle associée. L'évolution est chronique avec réaction maculaire œdémateuse.
Syn. pars planite
→ uvéite
uvéite phacoantigénique l.f.
phakoanaphylactic uveitis
Uvéite antérieure survenant rapidement (parfois en 24 heures) après toute effraction physique ou fonctionnelle de la capsule cristallinienne avec libération de matériel antigénique (plaie traumatique ou chirurgicale du cristallin, cataracte hypermature).
Il peut y avoir sensibilisation préalable aux protéines cristalliniennes à la suite d’une extraction extra-capsulaire du premier œil, avec uveïte phacoantigénique lors de l’extraction extra-capsulaire du second œil.
→ uvéite
uvéite postérieure l.f.
posterior uveitis
Inflammation de l'uvée, limitée d'emblée à une atteinte postérieure ou d'abord associée transitoirement à une atteinte antérieure.
L'examen montre un trouble vitréen, avec myodésopsies, diffus (formes diffuses) ou localisé (formes en foyers) en regard d'un ou des foyers dits choriorétiniens, puisque l'inflammation de la rétine est en règle associée à celle de la choroïde. Ces foyers en cicatrisant se pigmentent. On peut observer des périvascularites rétiniennes avec hémorragies pouvant aboutir à une occlusion vasculaire. Le pronostic visuel est en grande partie fonction de la participation maculaire au processus inflammatoire.
uvéite purulente l.f.
pyogenic uveitis
Uvéite due à des bactéries pyogènes, d'origine exogène ou endogène.
On distingue :
- la panophtalmie dont l'évolution est fulminante avec nécrose sclérale, cornéenne et extension aux tissus périorbitaires après perforation, phtisie du globe.
- l'endophtalmie purulente : forme moins aigüe n'aboutissant pas à la perforation mais pouvant entraîner la perte fonctionnelle de l'œil.
→ uvéite, panophtalmie, endophtalmie
uvéite sympathique l.f.
sympathetic uveitis
→ uvéite, ophtalmie sympathique
auto-accusation n.f.
self-accusation
Sentiment de culpabilité portée sur soi-même, concernant soit un fait précis (délit, accident), soit une faute imaginaire ou très exagérée par rapport à la réalité, avec évocation éventuelle de châtiments.
Élément habituel du syndrome de culpabilité et d'indignité de la mélancolie.
En médecine légale, on rencontre surtout l'auto-accusation dans la mythomanie, l'hystérie et chez certains individus qui recherchent une certaine publicité en s'accusant à la suite d'un crime.
auto-activation psychique (perte d') l.f.
Inertie comportementale, perte de la résonance affective et vide mental spontanés, liés à des lésions des circuits fronto-putamino-pallido-frontaux
Typiquement, cette hypoactivité est réversible lors de stimulations extérieures, avec retour transitoire fréquent à un fonctionnement quasi normal, parfois stéréotypé. Elle évoque notamment le ralentissement psychomoteur dépressif, mais sans tristesse ni anxiété. Elle accompagne souvent des troubles de type obsessionnel-compulsif, mais sans le monde obsessionnel qui caractérise la névrose.
De telles perspectives permettent de renouveler le dialogue entre spécialistes des neurosciences, neurologues et psychiatres.
D. Laplane, neurologue français (1981)
auto-agglutinable adj.
auto-agglutinable
Se dit d'une culture bactérienne manifestant une agglutination spontanée en suspension dans l'eau physiologique.
auto-agglutination n.f.
autoagglutination
1) Agglutination des hématies sans ajout de facteur extérieur.
Elle est due à la présence d'un auto-anticorps anti-érythrocytaire ou à une anomalie des érythrocytes eux-mêmes agglutinés par des composants plasmatiques ou des anticorps naturels.
2) Agglutination spontanée des bactéries en suspension dans l'eau physiologique.
auto-agglutinine n.f.
autoagglutinin
Anticorps agglutinant présent dans le sérum et capable d'agglutiner les hématies du sujet dans certaines conditions.
auto-agressivité n.f.
self-aggressivity
Retournement de l'agressivité contre soi-même.
L'introduction en 1920 de la pulsion de mort par S. Freud implique une relecture du concept d'agressivité, tournée vers l'extérieur. Il existe au cœur du sujet une pulsion d'autodestruction qui concerne à la fois les relations à l'objet et celles entre les différentes instances. En fait, c'est l'auto-agressivité qui, point d'appui de l'agressivité, est fondement même du sujet.
En clinique, sa forme extrême est le suicide. L'acte procède du retournement sur le sujet de l'impulsion meurtrière initialement destinée à l'objet. Le moi se détruit en se traitant lui-même comme un objet auquel était originairement rattachée l'hostilité. Le suicide altruiste du mélancolique est paradigmatique de l'intrication fréquente dans les dépressions, de l'auto- et de l'hétéro-agressivité.
auto-analyse n.f.
self-analysis
Investigation sur soi-même par une technique qui se réfère aux fondements de la psychanalyse (association libre, interprétation des rêves, etc.) tout en excluant le tiers considéré comme indispensable à une analyse : le psychanalyste.
Pour S. Freud, fondateur de la psychanalyse, la logique singulière de son auto-analyse se comprend bien. Cependant, non seulement il en a situé les limites, mais toute l'orientation de son œuvre démontre que la psychanalyse n'a de sens que dans le dispositif analytique : celui qui inclut le psychanalyste et son corollaire incontournable, le transfert.
auto-anticorps n.m.
autoantibody
1) Anticorps fabriqué par un organisme contre l'un de ses propres antigènes.
.La plupart des auto-anticorps peuvent être présents dans l'organisme sain. Certains auto- anticorps ayant fait l'objet d'une commutation de classe et de mutations somatiques peuvent être à l'origine de maladies auto-immunes : anticorps dirigés contre les récepteurs de l'hormone thyréostimulante, anticorps dirigés contre les récepteurs d'acétylcholine de la jonction neuromusculaire, anticorps dirigés contre des hématies, des polynucléaires neutrophiles, des plaquettes ou des protéines des cellules de l'épiderme. Le rôle pathogène d'un auto-anticorps ne peut être démontré que par l'observation des lésions provoquées par son injection dans un organisme sain.
2) Par extension, en clinique humaine, anticorps détecté in vitro par sa réaction avec un antigène commun sans spécificité de groupe ni d'individu au sein de la même espèce.
Par ex. facteur antinucléaire, etc
auto-anticorps naturel l.m.
natural autoantibodies
Anticorps présent dans le sérum normal et dirigé contre des épitopes portés par des protéines sériques ou des épitopes cellulaires ou tissulaires.
Par ex. ADN, actine, myosine, etc.
Certains auto-anticorps naturels sont dirigés contre des idiotopes des récepteurs d’antigènes des lymphocytes T et B et participent à la régulation du système immunitaire.
auto-antigène n.m.
autoantigen
Substance capable d'induire l'apparition d'anticorps (auto-anticorps) ou de lymphocytes T autoréactifs au sein même de l'organisme dont elle est issue.
auto-épissage n.m.
self-splicing
Dans un ARN précurseur, mode d'épissage réalisé par la séquence d'ARN de l'intron.
Ce mode d'épissage est réalisé dans l'ARN précurseur des mitochondries de certains champignons.
→ gène discontinu, maturase, ribozyme
auto-érotisme n.m.
auto-erotism
Mode d'obtention de la satisfaction sexuelle en ayant recours uniquement à un organe du corps propre.
S. Freud situe le fonctionnement auto-érotique au stade le plus archaïque du développement libidinal, en rapport avec le caractère partiel de la pulsion. L'excitation sexuelle peut se résoudre là où elle a sa source, sans faire le tour de l'objet, dans un plaisir d'organe. Plus tard, le plaisir d'organe ne sera plus qu'une composante de la satisfaction libidinale.
Le narcissisme constitue un moment de dépassement de l'auto-érotisme : la libido prend l'image unifiée du corps (moi idéal) pour objet.
Dans la démence précoce, Freud note qu'il y a un retour du sujet à l'auto-érotisme par retrait de la libido des objets de la réalité.
auto-examen des seins l.m.
breast self-examination
Examen systématique et régulier des seins pratiqué par la femme elle-même, inspection devant un miroir et autopalpation, pour tenter le dépistage des anomalies du sein.
auto-immun adj.
auto-immun
Se dit d'un anticorps, d'une maladie, d'un phénomène résultant de l'apparition d'auto-anticorps ou de réaction de l'immunité cellulaire dirigée contre un constituant de son propre organisme.