adénome thyroïdien toxique l.m.
toxic adenoma of the thyroid gland, Plummer’s disease
Nodule thyroïdien hyerfonctionnel responsable d’hyperthyroïdie.
Favorisée par la déficience iodée, cette situation résulte le plus souvent de la prolifération monoclonale de cellules affectées par une mutation activatrice du récepteur de la TSH. Le développement lent de la prolifération cellulaire finit par constituer un nodule initialement fonctionnel captant l’iode radioactif, puis progressivement extinctif vis-à-vis de la TSH, enfin hyperfonctionnel ce dont rend compte l’accroissement de la T3 puis de T3 et T4. A ce stade un état thyrotoxique apparaît cliniquement évident, souvent lorsque la taille de l’adénome excède 2 à 3 cm.
L’affirmation de son caractère autonome est traditionnellement obtenue par la scintigraphie thyroïdienne : le captage de l’iode 123 (ou du technétium) s’effectue exclusivement au niveau de la formation nodulaire cliniquement perçue (« image du drapeau japonais »). Une alternative diagnostique est constituée par l’échographie qui fait état d’un nodule typiquement isolé souvent hypoéchogène s’accompagnant d’un accroissement du débit dans l’artère thyroïdienne inférieure et d’une hypotrophie du reste de la thyroïde.
Une telle pathologie qui ne saurait être éradiquée par les thérapeutiques médicales antithyroïdiennes, nécessite le recours au traitement par l’iode rédioactif qui a réduit les indications de la lobectomie. Dans certaines circonstances sont envisageables des traitements locaux (alcoolisation, thermo-ablation, ultrasons…).
Étym. gr. adên : glande ; ome : tumeur
→ exploration fonctionnelle de la thyroïde, nodule toxique, thyréostimuline, hormones thyroïdienne, hyperthyroïdie.
[F5, O4 ]
Édit. 2020
cataracte toxique l.f.
Différentes substances toxiques d’administration systémique peuvent être à l’origine d’une cataracte
Ceux sont les hydrocarbures ou les substances dérivées (en particulier le naphtalène et le dinitrophénol), les sels de certains métaux (thallium, cobalt, sélénium, agents antimitotiques, inhibiteurs enzymatiques) et un certain nombre de substances telles que les myotiques.
articulier les inhibiteurs de la cholinestérase) la chlorpromazine et les corticoïdes.
Étym. gr. katarraktès: chute d’une trappe, d’une porte de ville, chute d’eau, kata rassô : tomber complètement, chute d’un voile (devant les yeux)
[P2,G4]
choc toxique l.m.
toxic shock syndrome
Choc d'origine toxique ou septique, dû notamment au staphylocoque.
J. K. Todd, pédiatre américain (1978)
[G1,D1]
choc toxique staphylococcique l.m.
toxic shock syndrome
Syndrome associant un état de choc, une fièvre et une éruption scarlatiniforme, dû à l'exotoxine (entérotoxine F) du Staphylococcus aureus, survenant chez des patients ayant un foyer staphylococcique et, en particulier, chez des femmes utilisant des tampons vaginaux.
L'éruption, qui évolue en 8-15 jours vers une desquamation en grands lambeaux, est fréquemment associée à un œdème des extrémités, à une langue framboisée et à une conjonctivite. L'atteinte viscérale, notamment digestive, musculaire, rénale, hépatique, etc., est responsable d'une mortalité d'environ 10%. Les hémocultures sont négatives. Le traitement associe antibiothérapie antistaphylococcique, suppression du foyer initial, traitement du choc.
J. K. Todd, pédiatre américain (1978)
→ choc septique, défaillance multiviscérale, toxémie
[G1,D1]
choc toxique streptococcique l.m.
septrococcic toxic shock
État de choc d'évolution fulminante survenant au cours d'une infection par des streptocoques du groupe Aβ hémolytique, de localisation variable (infection gynécologique, obstétricale, cutanée, des parties molles, angine), parfois favorisé par une varicelle.
Les symptômes sont : douleurs des extrémités, douleurs abdominales, myalgies, hyperthermie, frissons, diarrhée. Un rash éruptif n'est pas constant. La mortalité est élevée (30%).
→ choc septique, défaillance multiviscérale
[G1,D1]
cirrhose posthépatopathie toxique l.f.
cirrhosis due to chemical-induced liver disease
→ cirrhose posthépatopathie médicamenteuse
[L1,G5,G4]
déchet toxique l.m.
toxic waste
→ déchet générateur de nuisance
érythème néonatal toxique l.m.
toxic erythema
Eruption néonatale, transitoire, bénigne, touchant 30 à 40% des nouveau-nés, dont les lésions, rares à la naissance, apparaissent le plus souvent à partir du 3ème jour et disparaissent en deux semaines, sont à type de macules érythémateuses plus ou moins pustuleuses et respectent les paumes et les plantes; les pustules sont stériles et sont remplies de polynucléaires éosinophiles.
Une hyperéosinophilie sanguine est souvent notée. Il n'y a pas de traitement.
Étym. gr. éruthêma : rougeur de la peau
Syn. érythème toxiallergique, érythème toxique néonatal
→ mélanose pustuleuse néonatale transitoire
[J1,F3,O1]
Édit. 2018
érythème toxique gravidique l.m.
toxic erythema of pregnancy
Erythème polymorphe de la grossesse couvrant l'abdomen.
Étym. gr. éruthêma : rougeur de la peau
[J1,O3]
Édit. 2018
fumée toxique l.f.
toxic smoke
Fumée dégagée par la combustion et la pyrolyse de polymères industriels, de résines des conifères ou de graisses.
Selon la nature des corps brûlés (textiles et objets en matières plastiques, literies, rembourrages des sièges, matériaux de construction légers dans les immeubles, isolants thermiques dans les cloisons d'avion, isolants de câbles électriques, huile de cuisine, etc.) et les modalités de la combustion (température et ventilation du feu), les fumées véhiculent de nombreux toxiques : dérivés carboniques (suies, CO, CO2), dérivés cyanhydriques (CNH, CN2H2), dérivés ammoniaqués (NH3, HONH4), vapeurs nitreuses, hydrocarbures halogénés, formaldéhyde, acroléine, phosphène, hexafluoro-dichloro-butène, etc. Près du foyer de combustion, les fumées peuvent engendrer des brulures trachéales par inhalation de suies brulantes. En dehors des locaux d'habitation, les incendies génèrent des fumées particulièrement toxiques : feux de transformateurs électriques (pyralène), incendies de forêts de résineux (essences aromatiques), fumées des moteurs diesel, etc.
→ acroléine, combustion, incendie
[G2]
Édit. 2019
hépatite toxique l.f.
toxic hepatitis
Atteinte hépatique pouvant être causée par de nombreuses substances et se manifestant par des troubles de gravité croissante, témoins d'une cytolyse de plus en plus étendue selon la dose absorbée.
L'atteinte du foie est le plus souvent associée à une altération des reins, d'où le terme d'hépatonéphrite. Les ictères hémolytiques ne font pas partie de cette catégorie d'affection.
Principaux signes : augmentation des transaminases, de la gamma-glutamyl-transférase ( GT), effondrement de la synthèse des protéines, en particulier des intermédiaires de la coagulation, hépatite grave avec hémorragies, ictère de type cytolytique ou rétentionnel, puis coma. Les formes les plus graves sont qualifiées de fulminantes et correspondent à une cytolyse diffuse et spontanément irréversible : seule une greffe hépatique peut permettre la guérison.
La classification des hépatites toxiques a été longtemps basée sur des considérations métaboliques avec des troubles portant sur le métabolisme des glucides ou des lipides, telle la stéatose hépatique avec hypoglycémie par intoxication par l'Akee (fruit de la Jamaïque) ou par le charbon à glu (Atractilis gummifera riche en atractiline).
D'autre mécanismes ont été identifiés : carence en méthionine (intoxication à l'éthionine, à l'hexachlorobenzène), découplage de l'oxydoréduction phosphorylante (intoxication au dinitro-ortho-crésol), déplétion en gluthation réduit (hépatite grave par absorption de doses fortes de paracétamol (acétaminophène), réaction secondaire sur des structures endocellulaires de radicaux alcoylants comme dans l'intoxication au tétrachlorure de carbone où l'altération initiale est plutôt mitochondriale.
Les plus typiques des hépatites toxiques s'accompagnent d'une agression qui prédomine en général sur le réticulum endoplasmique et qui s'étend à tous les éléments cellulaires. Aucun schéma uniforme ne peut être proposé, les lésions portant aussi bien sur les lysosomes, les mitochondries, que sur le noyau, ce qui rend difficile une distinction entre nécrose et apoptose cellulaire.
La cytolyse est particulièrement marquée au cours des intoxications par le phosphore blanc ou par l'amanite phalloïde.
D'autres altérations, plutôt subaigües, se rencontrant au cours d'intoxications, sont considérées comme des effets adverses de médicaments (ictères par méthyl-testostérone, par chlorpromazine), elles sont dites cholostatiques à cause de la bilirubine non conjuguée circulante et des anomalies histologiques observées au cours des ictères par rétention biliaire.
Compte tenu de l'importance de l'activité métabolique du foie, il est difficile d'interpréter comme souffrance cellulaire la stéatose hépatique, fréquente au cours de l'intoxication alcoolique chronique, les variations réversibles du réticulum endoplasmique et des microsomes siège de nombreuses réactions d'hydroxylation et d'oxydation par les cytochromes et les oxydases, enzymes susceptibles de réponses d'adaptation lors de l'absorption de nombreux toxiques. De même l'interprétation des infections virales de rencontre n'a été possible que par l'identification des virus et des réactions immunitaires qu'ils provoquent.
Les hépatites, dites veinoocclusives, où l'altération prédomine sur le drainage veineux ont été identifiées pour les alcaloïdes du séneçon.
De nombreuses hépatites médicamenteuses, dites de sensibilisation, surviennent après absorption prolongée pendant plusieurs mois ou années de produits appartenant à toutes les classes de médicaments. Elles surviennent de façon sporadique surtout chez des femmes âgées et peuvent prendre une allure suraigüe d'hépatite fulminante après la reprise du médicament.
Les altérations hépatiques prolongées peuvent s'accompagner de séquelles fibrosantes, de l'apparition d'une cirrhose hépatique évolutive, affection classique au cours de l'alcoolisme prolongé pendant plusieurs dizaines d'années.
L'interprétation de l'apparition de cancers primitifs du foie observés au cours d'intoxications expérimentales est rendue complexe par l'existence d'une sensibilité génétique très variable ches certaines espèces, par l'existence de formations tumorales bénignes (adénomes) et par la prolifération de peroxysomes, chez le rat surtout. Les cancers primitifs sont à distinguer des métastases hépatiques beaucoup plus fréquentes, provenant d'autres cancers.
→ hépatonéphrite, stéatose hépatique
[L1]
mélanodermite toxique d'Hoffmann-Habermann l.f.
toxic melanoderma of Hoffmann-Habermann, melanodermatitis toxica lichenoides
Pigmentation brun ardoisé des mains et des avant-bras puis du visage, associée à des comédons, des folliculites et parfois des bulles.
Observée pendant la première guerre mondiale chez des sujets en contact avec des huiles minérales de mauvaise qualité, cette affection, dans la genèse de laquelle peut intervenir un phénomène de photosensibilisation, a été rapprochée par certains de la mélanose de Riehl.
E. Hoffmann et R. Habermann, dermatologistes allemands (1918)
Étym. gr : melas, melanos : noir ; derma : peau
Syn. mélanose des tourneurs d'obus
mucinose cutanée toxique l.f.
toxic cutaneous mucinosis
Forme de mucinose papuleuse pouvant s'observer dans divers syndromes toxiques comme le syndrome des huiles frelatées secondaire à l'ingestion d'huile de colza dénaturée, ou le syndrome éosinophilie-myalgies secondaire à l'ingestion en grande quantité de L-tryptophane.
Cette forme de mucinose est régressive après l'arrêt de l'intoxication.
myasthénique toxique (syndrome) l.m.
toxic myasthenic syndrome
Atteinte de la membrane présynaptique dans le cadre du botulisme, des morsures de serpent et de l'exposition aux organophosphorés.
nécrolyse épidermique toxique de Lyell l.f.
A. Lyell, dermatologiste britannique (1956)
→ épidermolyse nécrosante suraigüe
néphropathie toxique l.f.
toxic nephropathy
Néphropathie de type anatomoclinique varié, fréquente, relevant d'étiologies diverses.
La cause la plus courante est médicamenteuse. L'atteinte rénale peut aussi survenir après intoxication aigüe ou chronique volontaire ou accidentelle, notamment de nature professionnelle, par les métaux lourds, mercure, arsenic, plomb, sels d'or, par les solvants, les glycols, les produits méthémoglobinisants, après piqures d'insectes et de serpents, après intoxication par des champignons vénéneux, etc.
Le tableau anatomoclinique est très variable. Les lésions aigües sont habituellement de type tubulo-interstitiel. Les lésions subaigües et chroniques sont de type interstitiel, exceptionnellement de type glomérulaire. Elles exposent à la survenue d'une insuffisance rénale chronique.
poussières organiques (syndrome toxique des) l.m.
organic dust toxic syndrome
Fièvre d'inhalation consécutive à l'inhalation de poussières organiques.
rash toxique de la grossesse 1.m.
toxaemic rash of pregnancy
rash toxique gravidique l.m.
toxaemic rash of pregnancy, toxic erythema of pregnancy
Dermatose papuleuse très prurigineuse entrainant de nombreuses stries de grattage, débutant par l'abdomen puis par les bras avant de devenir plus diffuse, mais qu'il est en fait difficile de distinguer des autres dermatoses prurigineuses de la grossesse.
G. Bourne, gynécologue obstétricien britannique (1962)
Étym. angl. rash : éruption
Syn. érythème toxique gravidique
→ éruption polymorphe gravidique, herpes gestationis, prurigo gravidique, dermatite papuleuse gravidique, dermatose à IgM linéaire de la grossesse, papules et plaques urticariennes prurigineuses de la grossesse, folliculite prurigineuse de la grossesse
surdité toxique l.f.
ototoxicity
Surdité de perception irréversible, bilatérale, liée à l’administration par voie parentérale ou orale de certains produits toxiques mal identifiés et de médicaments bien connus pour être toxiques pour l’oreille.
Ces médicaments sont essentiellement les aminosides (streptomycine, néomycine, gentamycine, kanamycine), mais aussi les sels de quinine, le salicylate, l’aspirine, le cisplatine, etc.
Étym. lat. surditats : surdité
tolérance (à un toxique) l.f.
Propriété d’un organisme à supporter une substance étrangère à une certaine dose sans dommage.
Pour un même toxique et une même dose, la tolérance varie d’une personne à une autre. Par ailleurs pour certaines personnes et certains produits, on observe une accoutumance qui élève le seuil de tolérance si bien que l’effet toxique espéré exige des doses croissantes : c’est la cas pour l’alcool éthylique, les opiacés, la cocaïne, etc.
toxique adj. et n.m.
toxic
Qui agit comme un poison.
Les toxiques sont caractérisés par les effets qu'ils produisent sur les différents organes et fonctions de l'organisme. Cette action est fonction de la dose : l'effet toxique ne se manifeste que si la dose a été suffisante : «c'est la dose qui fait le toxique» (Paracelse, 1493-1541). Il existe toujours une dose limite au-dessous de laquelle le poison ne produit pas d'effet et il existe aussi une dose létale. L'essai toxicologique d'une substance se fait en laboratoire sur des animaux (souris, rats, lapins et animaux sélectionnés comme référence d'écotoxicologie).
La courbe de mortalité d'un lot d'animaux en fonction de la dose de toxique est une sigmoïde logarithmiconormale que l'anamorphose de Henry (Log-Probit) transforme en droite ce qui permet de déterminer graphiquement la dose létale moyenne, DL50, et l'écart type , correspondant au lot d'animaux utilisés.
On en tire immédiatement l'intervalle de confiance du résultat (± 2 sur le graphique ci-contre, soit une probabilité de 2,5 à 97,5%). Quant à la dose limite, le graphique montre qu'on ne peut la déterminer qu'en faisant l'hypothèse d'un risque acceptable : si l'on prend, p. ex., un risque de mortalité de 1%, la droite d'anamorphose du graphique devrait être prolongée et pour un risque de 1/10 000, il faudrait largement dépasser vers le bas le cadre de la feuille. La limite de tolérance est beaucoup plus difficile à déterminer que la dose létale car on doit choisir un critère moins bien défini que celui de la mort. Seule l'observation sur l'homme permet de déterminer cette limite, avec l'arbitraire du choix des symptômes pris en compte (subjectifs ou biologiques) et du niveau de risque considéré comme acceptable.
P.T. Bombast von Hohenheim dit Paracelse, alchimiste, astrologue et médecin suisse (1493-1541)
Étym. gr. toxikos : qui convient pour les flèches des arcs (toxon : arc), c'est-à-dire du poison pour les flèches
Lyell (nécrolyse épidermique toxique de) l.f.
Syn. épidermolyse nécrosante suraigüe de Lyel
→ épidermolyse nécrosante suraigüe de Lyel
[D1,J1, G4, 01]
Édit. 2020
Aschoff (nodule d') l.m.
Aschoff body
Lésion histologique élémentaire, arrondie ou ovoïde, parsemant le tissu conjonctif interstitiel du myocarde, évocatrice mais non pathognomonique d’une atteinte par le rhumatisme articulaire aigu.
Elle se présente sous la forme de nodules submiliaires de 50 à 100 mm de diamètre, organisés en 3 couches : une centrale fibrinoïde, une moyenne constituée de cellules histiocytaire activés (cellules d'Anitschkow ou cellules d'Aschoff), et d'une zone périphérique lymphoplasmocytaire. Ces nodules peuvent persister à l'âge adulte, sans correspondre pour autant à une évolutivité du processus pathologique.
K. A. L. Aschoff, anatomopathologiste allemand (1904)
→ rhumatisme articulaire aigu, Bouillaud (maladie de)
Bizzozero (nodule de) l.m.
Bizzozero's nodule
Terme correspondant en microscopie optique à la région du desmosome visible en microscopie électronique, qui assure la cohésion intercellulaire d'un épithélium malpighien.
G. Bizzozero, anatomiste italien (1864)
Édit. 2017