Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

59 résultats 

conduite agressive chez l'enfant et l'adolescent l.

faggressive behaviour in childhood and adolescence

Composante fondamentale de la nature humaine, l'agressivité peut se manifester chez l'enfant et l'adolescent de façon variée : sous forme de fantasmes destructeurs, de passages à l'acte, dans certaines attitudes d'opposition ou, sous une forme plus sublimée, par un goût pour la compétition.
Très tôt, l'enfant peut présenter des réactions de rage lors d'une frustration. Vers deux à trois ans, il passe souvent par une phase d'opposition active. À l'âge scolaire, l'agressivité s'exprime sous forme de jeux, coups, bousculades, agressions verbales ou rêves à thèmes agressifs. Chez l'adolescent, par leur intensité, leur forme et leur persistance, ces conduites peuvent prendre un caractère pathologique. L'intolérance à la frustration se traduit alors par des colères clastiques, des conduites violentes en groupe, pouvant aller jusqu'au meurtr

[H3,O1]

dyspraxie chez l'enfant et l'adolescent l.f.

dyspraxia among children and adolescents

Perturbations de l'organisation du schéma corporel et de la représentation spatiale avec troubles des coordinations motrices, à la base d'une maladresse et d'une dysharmonie gestuelle.
Dans ces tranches d'âge, en dehors d'une forme mineure d'apraxie, ce terme désigne des manifestations rappelant l'apraxie constructive de l'adulte, accompagnées habituellement d'un retard du développement psychomoteur (débilité motrice) et fréquemment de difficultés d'apprentissage de l'écriture, mais sans retard intellectuel majeur.

Étym. gr. praxis : action

instrumentaux (troubles) chez l'enfant et l'adolescent l.m.p.

instrumental learning disorders in childhood and adolescence

D'après la classification française des troubles mentaux de l'enfant et de l'adolescent, les troubles instrumentaux comprennent, isolés ou associés à une autre pathologie : retard du langage ; troubles isolés de l'articulation ; troubles complexes du langage oral ; troubles lexicographiques ; dyscalculie ; troubles du raisonnement ; bégaiement ; achoppement ; mutisme électif ; hyperkinésie, instabilité psychomotrice ; hyperkinésie associée à des mouvements stéréotypés ; retard psychomoteur ; autres troubles psychomoteurs ; tics isolés ; maladie de Gilles de la Tourette ; intrication de troubles psychomoteurs et du langage, etc.

G. Gilles de la Tourette, neurologue français (1885)

maladie bipolaire chez l'enfant et l'adolescent l.f.

bipolar psychosis, disorder among children and adolescents

Des formes analogues à celles observées chez l'adulte sont tout à fait exceptionnelles avant la puberté.
Chez l'enfant, des manifestations hypomaniaques de lutte contre les angoisses dépressives peuvent cependant être notées. Agitation, exubérance, bonne humeur factice, familiarité exagérée, excitation anxieuse, logorrhée, fuite des idées sont souvent au premier plan, mais peuvent se mêler à des manifestations proprement dépressives.
Chez l'adolescent, la dépression mélancolique est rare, alternant ou non avec des accès maniaques. Le diagnostic de dépression inaugurant une telle psychose est difficile à poser lors d'un premier accès. L'existence d'antécédents familiaux aidera au diagnostic.
La mise en route d'un traitement par le lithium ou d'autres thymorégulateurs sera présentée avec une extrême prudence.

fugue n.f.

fugue

On désigne comme fugue le fait de s’enfuir du lieu de vie habituel de manière inattendue, déraisonnable, pour un temps limité, souvent sans but précis.
On doit distinguer 2 types de fugues :
- la fugue incoercible dont le prototype historiquement décrit est la fugue épileptique ( pré ou post critique ,parfois sous forme d’équivalent épileptique ). Ce type de fugue se produit soit dans un moment d’altération des facultés cognitives ( confusion mentale de type épileptique, accès mélancolique ou maniaque...), soit dans le cours évolutif d’une pathologie altérant durablement ces mêmes facultés cognitives (démence sénile, schizophrénie ).Cette catégorie de fugue est totalement ou partiellement amnésique ;
- la fugue réactionnelle souvent brève, de quelques heures à quelques jours .Elle survient notamment chez l’enfant (à partir de l’âge de 6 ans) ou l’adolescent face à une situation trop angoissante, souvent scolaire ou familiale. Elle peut être une fugue à 2 lorsqu’existe une relation dominant-dominé entre 2 enfants ou adolescents. Une fugue réactionnelle peut aussi se produire chez l’adulte impulsif ou confronté à une situation de catastrophe objective (catastrophe naturelle, situation de guerre..) ou affective (rupture familiale ). La fugue peut alors être le prélude à un voyage pathologique. 
 

Étym. lat. fuga : fuite

voyage pathologique en psychiatrie, dromomanie, vagabondage, errance

[H3]

Édit. 2019

adolescent (répercussions psychiques d'un handicap somatique majeur chez l') l.f.

reactions to severe somatic handicap among adolescents

Ces handicaps entravent de façon plus ou moins évidente le processus maturatif propre à cette période de la vie.
Ainsi sont exacerbés les conflits et favorisés les mouvements défensifs qui visent à les dénier, retardant l'entrée dans l'adolescence à proprement parler. La maladie peut s'intégrer dans l'histoire précoce de l'enfant, qui grandit avec elle. Elle marque alors les interactions parents-enfant dans le processus d'adolescence. Il en est de même de la gravité du handicap. Les traitements, le pronostic vital pèsent sur le développement de l'adolescent.
Toute attaque du corps à cette période où il est en voie de transformations rapides et visibles liées à la puberté, est très douloureuse.

Étym. lat. adolescere : grandir, se développer

[E1,H3,H4,O1]

Édit. 2017

caractère (troubles du) chez l'adolescent l.m.

adolescent with character disorders

troubles du caractère chez l'adolescent

[H4]

handicap somatique majeur chez l'adolescent (répercussions psychiques d'un) l.f.p

reactions to severe somatic handicap among adolescents

handicap, adolescent (répercussions psychiques d'un handicap somatique majeur chez l')

[H4]

morosité chez l'adolescent l.f.

moroseness in adolescence

État caractérisé par l'ennui, la tristesse, un désenchantement, avec difficulté de trouver un quelconque intérêt au monde environnant et aux activités qu'il propose (P. Mâle).
La tonalité d'allure dépressive se distingue de la dépression proprement dite par l'absence de sentiment de culpabilité et d'inhibition et par le maintien d'une possibilité d'activité.
Cet état, situé à la limite de la normale, serait lié à la reviviscence, au moment de l'adolescence, des premières difficultés d'individuation de l'enfance, mais il serait susceptible d'induire des passages à l'acte.

P. Mâle, psychiatre français (1971)

Étym. lat. morositas, de mores : usages, mœurs

répercussions psychiques d'un handicap somatique majeur chez l'adolescent l.f.p

reactions to severe somatic handicap among adolescents

adolescent (répercussions psychiques d'un handicap somatique majeur chez l')

[H4]

suicide (tentative de) chez l'adolescent l.

suicidal attempt in adolescence

Malgré l'absence de statistiques valables, car beaucoup restent inconnues et leur très grande majorité n'aboutit pas, cette conduite est fréquente.
Seront mis à part les suicides bien souvent achevés des psychotiques, des mélancoliques avérés, qui ne représentent qu'une faible proportion des tentatives.
Quelle que soit leur apparence d'inauthenticité, on ne peut accepter l'idée simpliste et rassurante d'un chantage au suicide, ni commettre la grave erreur de s'en tenir au postulat d'une crise passagère (récidives très fréquentes, de 30 à 50%) ou du désir d'attirer l'attention sur soi.
Le plus souvent, il s'agit, sans idée de mort, d'une fuite devant une situation apparaissant sans issue ou entraînant une tension d'une telle acuité que le passage à l'acte s'effectue sans préméditation, pour mettre fin à ce qui est vécu comme insupportable. La disproportion est souvent considérable avec le registre en général pauvre et banal de la cause déclenchante invoquée (échec scolaire, crainte d'un examen, refus de sortie de la part des parents, déception sentimentale sans grande consistance, etc.).
Ces tentatives doivent donc être assimilées à d'autres conduites morbides si fréquentes au cours de l'adolescence, avec lesquelles elles alternent souvent : fugues, toxicomanie, etc. Autant de moyens d'évasion vers un monde autre mais nullement défini, avec abandon du sujet aux puissances protectrices du destin et au jeu mortifère du hasard. Dans bien des cas, le suicidaire reconnaît qu'il ne recherchait pas la mort, mais l'oubli, le calme d'un sommeil dont il n'exclut pas qu'il pouvait peut-être sortir. Les moyens employés plaident dans ce sens : toxiques, phlébotomies.
Sur ce terrain d'une extrême vulnérabilité, la moindre incident rompt un équilibre précaire.

Étym. lat. sui caedere : de soi, abattre, couper

suicide 

troubles du caractère chez l'adolescent l.m.

adolescent with character disorders

Troubles observés chez les adolescents instables, agressifs, hyperémotifs, anxieux, renfermés ou excités, opposants ou versatiles, coléreux, dont le trait le plus marquant est l’incapacité à se contrôler.
Cette incapacité porte sur: l’acceptation d’une frustration, d’un reproche, d’une simple remarque, ou la prévision des conséquences d’un acte et l’évitement d’un geste impulsif, ou encore la réflexion sur soi. L’adolescent caractériel vit dans le présent et agit dans l’immédiat.

[H4]

vol par l'enfant et l'adolescent l.m.

stealing, theft by children and adolescents

Observé plus souvent chez le garçon que chez la fille, le vol représente 70% des conduites délictuelles des mineurs.
Sa fréquence augmente avec l'âge. On ne peut parler de vol avant que l'enfant ait acquis une claire notion de la propriété et d'une certaine éthique, soit vers six ou sept ans.
Le vol est d'abord domestique, puis s'élargit aux voisins, aux amis, à l'école, enfin à la rue et aux étalages des grands magasins. Anodin au début et significatif de la demande (bonbons, nourritures, jouets), il deviendra plus utilitaire : argent, objets convoités, collectionnés. Le vol de véhicule motorisé est surtout vécu comme un emprunt, avec pour but un bref usage.
Vis-à-vis de cet acte, le malaise et la culpabilité existent rarement au début. Tantôt on observe une lutte anxieuse contre le geste, suivie d'un sentiment de culpabilité. Dans certains cas, l'objet volé sera abandonné de façon visible, comme si l'enfant cherchait à être découvert et dénoncé, ou bien il est cassé et détruit, ou encore donné et distribué aux autres : c'est le vol généreux. Tantôt il n'existe ni tension, ni culpabilité.

état limite de l'enfant et de l'adolescent l.m.

child and adolescent borderline personality disorder

Cadre hétérogène de troubles se démarquant de la névrose autant que de la psychose, volontiers retenu dans ces tranches d'âge pour souligner les potentialités évolutives plus diversifiées des troubles de l'enfance et de la crise maturative de l'adolescence, ainsi que leur pronostic moins défavorable si l'on intervient en temps opportun et avec des moyens adaptés.
Cet arrêt du développement comporte notamment l'impossibilité d'assumer le second processus de séparation-individuation(1). Une telle incapacité est liée surtout au refus maternel de participer à la première phase de ce processus. Des facteurs précipitants éventuels l'accentuent (séparation objective, perte, etc.). En résulteraient une angoisse et une réaction dépressive, elles-mêmes à la base de mécanismes de défense primitifs (clivage, déni, en particulier).

J. F. Masterson (1), psychiatre américain (1971)

[H3,O1]

Édit. 2018  

accident chez l'enfant l.m.

children's accident

Cause la plus fréquente de morbidité et de mortalité chez l'enfant à partir de l'âge d'un an, avec un maximum à l'adolescence : en France le quart des accidents concerne des mineurs.
Les principales causes d'accident chez l'enfant sont les intoxications, les traumatismes (défenestrations, accident du trafic, brulures) et les noyades. De nombreux facteurs favorisent l'accident : l'enfant n'a pas terminé la maturation de ses fonctions sensorielles, il n'a pas conscience du danger.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

[G2,O1,O2]

Édit. 2016

anorexie mentale chez l'enfant prépubère l.f.

anorexia nervosa among prepuberal children

Trouble plus rare qu'à l'adolescence, mais sévère sur le plan somatique et psychique.
Majoritaire chez le garçon, précédée d'importants désordres prémorbides (principalement alimentaires et phobo-obsessionnels), l'anorexie peut s'accompagner d'un refus d'hydratation, d'une forte hyperactivité physique, d'une perte de poids rapide (atteignant parfois 40 p. 100 du poids corporel, avec alors menace vitale), d'un ralentissement ou d'un arrêt de la croissance.
Par suite d'un développement cognitif moins avancé, le vécu psychique, en particulier la peur de grossir, est peu élaboré par rapport à l'adolescence. Des signes dépressifs sont fréquents.
Le pronostic apparaît plutôt défavorable, pouvant comporter une anorexie persistante, une vie émotionnelle réduite, une fragilité narcissique. Des liens familiaux ambivalents et dysfonctionnels rendent difficile la relation thérapeutique.
  

Étym. gr. a(n) : sans ; orexis : appétit

[L1,H4,N1,O1,O4,R2]

Édit. 2017

caractère (troubles du) chez l'enfant l.m.

child with character disorders

E. Dupré, psychologue et psychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1862-1921)

troubles du caractère chez l'enfant

[H4]

complications chez l'enfant de l'hématome rétro-placentaire l.m.

complications in the child of a abruptio placentae

hématome rétro-placentaire (complications chez l'enfant d'un)

[O1,O3]

dysorthographie chez l'enfant l.f.

dysorthographia in children

Trouble de l'apprentissage de l'orthographe sans déficit intellectuel ni sensoriel, ni atteinte neurologique, qui accompagne souvent la dyslexie, mais peut en rester indépendant.
Le dépistage et une intervention rééducatrice éventuelle doivent être précoces, prévenant les diverses conséquences de l'échec scolaire.

échelle objective d'évaluation de la douleur chez l'enfant l.f.

objective pain scale

Échelle adaptée à l'évaluation de la douleur chez l'enfant de 1 à 5 ans.
L'échelle comprend 5 items cotés de 0 à 2, dont la somme donne le score (maximum 10).
-
Augmentation de la pression artérielle systolique par rapport à la valeur préopératoire
<10%-->0
de 10 à 20 %-->1
de 20 à 30 %-->2
- Pleurs
pas de pleur-->0
présents, mais enfant consolable-->1
présents, mais enfant inconsolable-->2
-
Mouvements (un enfant immobile et prostré peut avoir une douleur majeure)
enfant calme et endormi-->0
agitation modérée, ne tient pas en place-->1
agitation désordonnée et intense, peut se faire mal-->2
-
Comportement
enfant endormi ou calme-->0
contracté, voix tremblante, accessible aux tentatives de réconfort-->1
non accessible aux tentatives de réconfort, apeuré, accroché aux bras de ses parents ou d'un soignan-->2
-
Expression verbale ou corporelle localisée
endormi ou calme-->0
exprime une douleur modérée non localisée (inconfort global ou position jambes fléchies sur le thorax, bras croisés sur le corps)-->1
douleur localisée verbalement ou désignée par la main ou position jambes fléchies sur le tronc poings serrés, l'enfant porte sa main vers une
 zone douloureuse ou cherche à la protéger-->2

Sigle OPS

[H1, O1]

Édit. 2019

hypoacousie chez l'enfant l.f.

child hypoacousia

Acuité auditive insuffisante pour permettre à l'enfant d'apprendre sa propre langue, de participer aux activités normales de son âge, de suivre avec profit l'enseignement scolaire.
Cinq catégories sont distinguées : audition normale ou subnormale, déficience légère, moyenne, sévère et profonde. De la précocité du diagnostic dépendent les mesures à prendre, qu'elles soient thérapeutiques, psychologiques ou éducatives.

inhalation d'un corps étranger chez l'enfant l.f.

foreign body inhalation and emergency in children

Passage d'un corps étranger, obstruant plus ou moins les voies aériennes supérieures ou les bronches, responsable, en règle, de détresse respiratoire.
Il se traduit par le syndrome de pénétration : brusquement l'enfant, qui avait un objet ou un aliment dans la bouche (ce qui a pu passer inaperçu), étouffe dramatiquement et cherche de l'air désespérément. Il ne pleure ni ne crie, mais porte la main à son cou tout en faisant de très violentes secousses inefficaces de toux. Cela peut aussi tourner court et la situation semble redevenir normale. Mais on constate souvent une dyspnée avec des signes de lutte. La dyspnée peut être uniquement inspiratoire avec tirage et cornage, traduisant un obstacle laryngé. Purement expiratoire, avec des sibilances, ces signes orientent vers un siège bronchique ou «bronchiolaire». Lorsque la dyspnée porte sur les deux temps de la respiration l'obstacle est localisé entre le cricoïde et les grosses bronches.
En cas de détresse grave avec une gêne purement inspiratoire il est possible de chercher à expulser le corps étranger par deux ou trois tapes violentes dans le dos, l'enfant étant placé en procubitus, tête en bas. Sinon l'extraction peut être faite à la pince sous laryngoscopie. Faute de mieux, une trachéotomie ou la pose d'une ou deux grosses aiguilles dans la trachée cervicale permettent de sauver l'enfant de l'asphyxie. Les manœuvres coincer le corps étranger au niveau du cricoïde. Une intubation trachéale refoulant le corps étranger dans une externes d'expulsion sont contre-indiquées quand la dyspnée se manifeste surtout à l'expiration, car elles peuvent grosse bronche permet de sauvegarder provisoirement une ventilation acceptable.
Si le corps étranger est passé au-delà de la carène, l'enfant peut présenter secondairement un tableau clinique moins inquiétant mais l'existence d'un syndrome de pénétration doit être recherchée avec insistance devant un pneumothorax, un emphysème sous-cutané, une dyspnée asthmatiforme, une atélectasie ou une infection localisées.
Dans tous les cas, même si tout semble être redevenu normal, une endoscopie s'impose, en urgence s'il y a asphyxie, sinon dans les heures qui suivent. Elle réclame un opérateur entraîné, un bronchoscope oxygénateur et un jeu de pinces d'extraction adaptées afin de rétablir la liberté des voies aériennes. Après l'extraction, un contrôle endoscopique soigneux doit être fait.
Un volumineux corps étranger œsophagien peut induire une dyspnée en comprimant la face postérieure de la trachée qui se laisse déprimer.
Étant donné le risque de fausse route il ne faut pas laisser des cacahouètes ou objets analogues à la portée des jeunes enfants et, avant l'âge de trois ans, il est interdit d'administrer des comprimés ou gélules sans les écraser ou les vider au préalable.

H. J. Heimlich, médecin américain (1975)

Étym. lat. inhalare : souffler

asphyxie, dyspnée laryngée, Heimlich (manœuvre d'), inhalation (syndrome d')

laryngite chez l'enfant l.f.

children laryngitis

Inflammation d'origine infectieuse des muqueuses ou des structures sous-muqueuses du larynx pouvant causer une dyspnée obstructive grave.
La laryngite sous-glottique est la plus fréquente. Elle est presque toujours virale (Virus parainfluenzæ, ou grippal), causant un œdème des structures sous-muqueuses, entre les cordes vocales et le cricoïde. Cet œdème se développe progressivement après une rhinopharyngite peu fébrile. Un enrouement et de la toux précèdent la dyspnée qui apparaît progressivement. Il n'y a pas d'adénopathie cervicale et l'examen de l'oropharynx ne montre rien. L'hospitalisation est nécessaire et le traitement par corticoïdes est efficace dans 90 % des cas, sinon une courte intubation ou une trachéotomie permet de passer un cap difficile.
La laryngite sus-glottique correspond à un œdème de la glotte ou à une épiglottite et représente à peu près 3 % des laryngites.
Le croup est caractérisé par un dépôt de fausses membranes diphtériques sur les cordes vocales entraînant une dyspnée laryngée, précédée d'une toux rauque et d'une extinction de voix dans un contexte général d'infection avec une note toxique. Les ganglions cervicaux sont gros mais peu douloureux. Outre la pratique de l'intubation, il faut administrer du sérum antidiphtérique et des antibiotiques ; l'hospitalisation prolongée est nécessaire à cause des complications possibles (myocardite ou paralysies) liées à la toxine diphtérique.
Les laryngites ulcéreuses correspondent à des lésions bactériennes sous-glottiques qui compliquent une rougeole, une hémopathie maligne ou des séquelles d'intubation. La cicatrisation peut évoluer vers une sténose de la glotte.
Les laryngites striduleuses sont le fait d'un spasme de la glotte survenant sur les muqueuses enflammées par une rougeole en période d'incubation. C'est un phénomène bénin qui ne nécessite pas l'hospitalisation.

Étym. gr. larugx : larynx ; ite : inflammation

dyspnée laryngée, épiglottite, glotte (œdème de la)

mensonge chez l'enfant l.m.

lying among children

On peut parler de mensonge quand l'enfant est capable de distinguer le vrai et le faux, c'est-à-dire aux alentours de l'âge de raison, vers sept ans.
Il est classique de distinguer trois types : le mensonge utilitaire, pour retirer un avantage ou s'éviter un désagrément ; le mensonge compensatoire, à la recherche d'une image que le sujet croit inaccessible ou perdue ; la mythomanie, proche du délire de rêverie, qui caractérise des enfants vivant en permanence dans un monde de rêve à thème mégalomaniaque, où la distinction entre délire et rêverie décrite par G. Heuyer n'est pas toujours aisée.

G. Heuyer, pédopsychiatre français, membre de l’Académie de médecine (1930)

familial (roman)

mutisme chez l'enfant l.m.

mutism in childhood

Disparition du langage chez un enfant ayant antérieurement parlé, en l'absence de toute cause organique et de tout facteur susceptible de rendre compte d'une aphasie. Elle peut être passagère ou durable, totale ou élective.
De durée variable mais fréquemment passager, le mutisme total ou émotionnel survient le plus souvent après un choc affectif.
D'origine névrotique ou réactionnelle, le mutisme électif peut être : extrafamilial, électivement scolaire, se déclenchant le plus volontiers au moment de l'entrée en cours préparatoire ; ou intrafamilial, débutant à des moments variables de la vie de l'enfant et s'adressant à un ou plusieurs membres du groupe familial avec qui il reste obstinément mutique.

Étym. lat. mutus : muet 

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